C’est quoi, au fait, un « vrai » jeu vidéo ?

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Lise joue à des tas de jeux vidéo différents. Bizarrement, certains sont vus comme plus légitimes que d'autres. Elle se penche donc sur cette question épineuse : c'est quoi, un bon jeu vidéo ?

C’est quoi, au fait, un « vrai » jeu vidéo ?

Ces dernières décennies, notre rapport aux jeux vidéo a beaucoup évolué. De loisir pour nerds dans les premières années, c’est devenu une industrie à part entière, mobilisant beaucoup de personnes et d’argent dans le monde entier.

Inévitablement, quand un loisir devient « mainstream », des gens se sentent obligés d’expliquer qu’ils s’y intéressaient avant que ce soit cool, et de juger les jeux ainsi que les personnes qui y jouent.

Dans le monde du jeu vidéo, ce phénomène est extrêmement présent. L’élitisme est tel qu’il peut cristalliser de véritables tensions. Du coup, il est parfois difficile de parler de gaming, d’exprimer nos passions et nos préférences.

Pourtant, chacun•e peut trouver un jeu à sa mesure, qui lui plaira et l’amusera. Aujourd’hui, j’ai envie de faire passer un message à toi qui penses qu’Abzû n’est pas un vrai jeu vidéo, mais à toi aussi qui as honte de dire que tu joues aux Sims. C’est parti !

Ces jeux vidéo qui ne sont « pas de vrais jeux »

On a tendance à mettre en place une hiérarchie dans l’univers du jeu vidéo. En parlant comme ça, je donne peut-être l’impression de taper sur le noyau dur des haters. Mais en vérité, je pense qu’on est nombreux•ses à pouvoir facilement tomber dans ce type de travers.

Je vais vous donner un exemple tout simple : en décembre 2016, je publiais mon top quatre des meilleurs jeux vidéo de l’année. J’avais placé Uncharted 4 en premier, Overwatch en second, Pokémon Go en troisième et Abzû en quatrième.

Une fois l’article partagé sur Facebook, j’ai eu droit à des commentaires particulièrement virulents. Ce qui m’a étonnée, ce n’était pas le nombre de réactions : les protestations étaient au nombre d’une petite dizaine seulement. Ce qui m’a surprise en fait, c’était le côté sans appel des critiques.

À propos d’Abzu, on m’expliquait que le jeu ne proposait qu’une feature (une seule fonctionnalité) et qu’il ne méritait donc pas sa place au classement.

C’est clair, on voit d’emblée qu’il a été créé avec les pieds.

Comment dire. Que le jeu propose peu de features, ON S’EN FOUT.

Ce qui compte, c’est l’effet que le jeu a produit sur vous : est-ce que vous le trouvez addictif, au point d’y retourner tous les jours ? Est-ce qu’il vous a fait verser une larme de joie à la fin ? Est-ce que son scénario vous a scotché•e du début à la fin ? Est-ce que vous vous sentez carrément en transe quand vous jouez ?

Comme le cinéma, la littérature ou la bande dessinée, le jeu vidéo n’est pas forcément beau dans sa complexité. Il peut être simple et vous scotcher quand même. Et dans ce cas, vous avez le droit de le considérer comme un bon jeu.

J’ai pleuré comme une madeleine à la fin de RiME, un jeu fascinant de simplicité mais aussi de beauté et de poésie. Et il atterrira probablement dans mon top 4 des meilleurs jeux de 2017.

Le jeu mobile, cette question qui dérange

L’autre point qui a fait débat, c’est bien évidemment Pokémon Go. Certaines personnes ont décrété que comme il s’agissait d’un jeu mobile, ce n’était pas un vrai jeu vidéo.

Cette question divise énormément les joueurs et joueuses. Le jeu mobile est souvent considéré comme un genre inférieur, qui ne compte pas vraiment.

Là encore, je maintiens fermement mon opinion : Pokémon Go a sa place dans mon classement. Tous les médias traitant de jeux vidéo en ont parlé. Et on y a évidemment pas fait exception.

Même si moins de gens y jouent aujourd’hui, il fut une véritable révolution à sa sortie. Des groupes de joueurs et de joueuses se formaient pour chasser les Pokémons, des foules entières couraient après des Lokhlass, des Léviator ou encore des Ronflex dans les parcs.

Ignorer cet engouement général, c’est faire preuve de snobisme.

Même John Travolta s’y est mis.

À lire aussi : Non, Pokémon Go ne crée pas une armée de « zombies asociaux », au contraire !

Il va d’ailleurs falloir songer à arrêter avec le snobisme anti jeux mobiles. Avec le temps, de plus en plus d’éditeurs se placent sur cette catégorie, pour une raison toute simple : aujourd’hui, presque tout le monde a un smartphone. Donc de très nombreuses personne auront accès aux jeux.

Nintendo préparerait un jeu mobile Zelda et un Animal Crossing, Square Enix s’est déjà lancé avec Hitman Go, Electronic Arts présente Star Wars et FIFA sur mobile…

Alors soit on décide de se boucher les oreilles en répétant « non non les jeux vidéo sur smartphone ça n’existe pas », soit on commence à profiter de l’offre croissante de jeux mobiles. Parce qu’avec le temps, il y en aura de plus en plus ! D’ailleurs, Razer travaille sur son tout premier smartphone gaming.

Donner son avis, oui : juger, non

C’est pas tout ça, mais qu’est-ce qu’on fait du coup ? On arrête de dire « j’aime pas » ? Certainement pas !

Depuis un an et demi que je suis aux manettes de la rubrique jeux vidéo sur madmoiZelle, j’ai publié tout un tas de tests de jeux. Et je n’ai pas hésité à dire quand il y avait des trucs qui ne me plaisaient pas.

C’est normal de ne pas aimer certaines choses, et ce n’est pas un souci de le dire. Prenons un exemple pratique : je n’apprécie pas la série Plus Belle la Vie. Par contre, je ne vais pas aller insulter des gens parce qu’ils aiment bien.

Et vous m’imaginez dire « Dans Plus Belle la Vie y’a pas de rebondissement, les personnages sont sans intérêt, donc ce n’est pas une vraie série » ?

Même Barack trouve ça chelou.

Non, évidemment, parce que ça n’aurait pas de sens comme remarque. Je suis pour les débats, pour les échanges d’opinions et d’idées. Je suis contre les « tu n’as pas le droit de penser ça », « ce n’est pas un jeu vidéo » ou pire, « tu n’es pas un•e vrai•e gameur•euse ».

Faites-vous plaisir, un point c’est tout !

En définitive, je pense qu’on se met souvent des barrières quand il est question de jeux vidéo. On s’empêche de jouer à certains jeux parce qu’ils sont mal vus. J’ai longtemps refusé de jouer à des jeux de drague, et puis j’ai découvert Emily is Away et Dream Daddy et je me suis éclatée.

Ce n’est pas parce qu’un jeu ou un genre est méprisé qu’il est forcément mauvais.

Moi, quand j’ai découvert Tearaway et que je n’ai plus lâché la manette pendant quatre heures d’affilée.

Pensez à votre plaisir avant tout : un jeu vidéo doit pouvoir vous mettre des étoiles dans les yeux, vous permettre de vous évader, vous faire vous sentir bien.

Tant pis si certain•es considèrent que ce jeu qui vous procure autant de plaisir n’est pas « un bon jeu ». C’est votre bien-être qui est important avant tout !

À lire aussi : Pourquoi y a-t-il des cartouches Atari enterrées dans le désert, et autres anecdotes sur le jeu vidéo

Lise F.

Tombée dans la marmite du jeu vidéo à l’adolescence, Lise cause gameplay, graphismes et OST en toute tranquillité. Pendant son temps libre, elle écrase des gens sur Splatoon avec un grand rire machiavélique et donne des coups de pelle à ses voisins sur Animal Crossing. Ses autres passions sont faire et manger des cookies, dormir et râler.

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Commentaires
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  • Hannah-Scarlett
    Hannah-Scarlett, Le 27 août 2017 à 10h13

    @Lady Stardust
    Déso pour ma réponse en retard! Alors pour moi évidemment, par définition, les jeux mobiles sont des jeux vidéos. J'entends par casual les jeux qui sont là pour "occuper les mains" (je ne dis pas vraiment ça de manière péjorative, vu que je passe ma vie sur two dots). Mais peut on comparer ce genre de jeux à des oeuvres d'art (scénarios, musiques et graphismes travaillés) tels que des blockbusters ou certains jeux indépendants? Il y a un monde entre ces catégories non?

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