Dans l’hémisphère de ma chevelure – Chroniques de l’Intranquillité

Pondu par Ophelie le 26 février 2012     

Ce dimanche Ophélie vous raconte sa récente virée chez le coiffeur et tient à partager ses considérations capillaires de première importance.

Ah, mes amies, si vous pouviez savoir tout ce que je vois, tout ce que je sens, tout ce que j’entends dans mes cheveux. Je n’entrevois pas de ports fourmillant d’hommes vigoureux mais c’est une poésie tout aussi belle que me murmure l’ondoiement fantastique de ma crinière.

[rightquote]Dans l’hémisphère de ma chevelure il y a eu des batailles violentes, des soins sans silicone ni efficacité à dix euros le flacon.[/rightquote]Certains rustres affirment que les longs cheveux des femmes sont un symbole de leur féminité et d’une certaine forme de séduction. Personnellement, je suis comme Charles et je pense qu’ils sont davantage une accumulation de souvenirs; un témoignage de mois et d’années passées à les laisser tant bien que mal s’agrandir.

Dans l’hémisphère de ma chevelure il y a eu des batailles violentes, des massacres au Paranix dans les tranchées de mes racines, des soins sans silicone ni efficacité à dix euros le flacon, des tresses trop serrées qui donnent mal au crâne et des mèches perdues dans une pyromanie occasionnelle.

J’ai semé mes cheveux dans tous les endroits que j’ai fréquentés comme pour laisser une trace de mon passage, un souvenir d’un bout de moi généreusement offert à l’entourage. Je les ai dispersés aux quatre vents comme un petit Poucet qui marquerait son territoire pour mieux y retrouver ses pas; ils m’ont souvent ramenés vers le siphon de ma baignoire mais c’est une histoire que je trouve moins poétique à raconter.

Expédition chez le coiffeur

Si je vous parle de mes cheveux cette semaine c’est parce que je me suis rendue chez un coiffeur; c’est une activité que je pratique une à deux fois par an, sous la menace de la torture ou la nécessité absolue d’une coupe-des-pointes-mais-pas-plus-de-trois- centimètres-merci.

J’aime le shopping, les cosmétiques, les comédies sentimentales, le punk, les casques à pointes et manger des salades aux graines germées comme toutes les filles du monde et de Navarre mais je ne supporte pas d’aller chez le coiffeur; je n’ai même jamais compris comment les autres femmes pouvaient y prendre du plaisir.

Qu’en dit Google ?

Bien évidemment, j’ai commencé par chercher une réponse à mon désarroi capillaire là où tout commence, là où toutes les réponses se trouvent, là où tout fait sens : sur Google.

La requête « J’aime pas aller chez le coiffeur » compte d’ailleurs 4 800 000 résultats : Je crois qu’il faut parler de ce qui s’apparente désormais à un problème de société ou un mensonge social évident : en vérité personne n’aime aller chez le coiffeur (sauf les vieilles mais c’est parce que leur salut réside dans la bonne tenue d’une mise en pli et la permanente de leur caniche.)

Plus jeune, lorsque j’étais résolument punk et que j’écoutais Les Betteraves et les Bérurier Noir avec une conviction jamais égalée depuis, j’étais une kamikaze capillaire.

Récits de guerre capillaire

J’ai écumé, bave aux lèvres, les rayons colorations des supermarchés à la recherche du rouge le plus éclatant, du violet le plus brillant, je suis allée jusqu’à tester ces couleurs temporaires en six shampoings qui ne partent pourtant jamais dans de charmantes teintes orangées ou noir bleuté.

[rightquote]Dans l’hémisphère de ma chevelure il y eut davantage de drames que d’histoires heureuses…[/rightquote]Lorsque l’arc-en-ciel pigmenté fût délavé et que l’ammoniaque eût bien imprégné mes cellules grises j’ai gratifié mon scalp d’une nouvelle expérimentation : les atebas. Ces morceaux de laines multicolores que l’on enroule autour d’une mèche de cheveux préalablement transformée en dread.

OH NE ME JUGEZ PAS, je sais que vous en avez fait autant. Les mèches coloriées aux fards à paupière, le mascara pour cheveux des années 90, le henné qui vous a rendues rousses ou auburn à la rentrée en Seconde B, la coiffure de Nicolas Sirkis que la plèbe néo-gothique arborait en 2001.

Dans l’hémisphère de ma chevelure il y eut donc davantage de drames que d’histoires heureuses et c’est afin de mettre un terme à cette inconstance capillaire que j’ai décidé d’arborer le même style de coupe composé d’une frange; à vingt-trois ans comme lorsque j’en avais six.

Par la force des choses je suis passée quasi-maître dans l’art de recouper un demi-millimètre de frange tous les quinze jours mais hélas ce talent ne m’empêche pas de fréquenter, occasionnellement, ces fils de Satan que sont les coiffeurs.

Les coiffeurs au peigne fin (pouet)

Avant de me rendre dans l’antre du diable j’ai tout d’abord cherché des informations sur le salon que j’envisageais de fréquenter : sur ciao.fr j’ai lu des avis de cinquante-cinq lignes rédigés par des clientes prêtes à tout pour vanter les mérites d’un brushing aux ions négatifs, sur beauté-test on se plaignait d’avoir obtenu un marron-chocolat fadasse alors qu’on voulait un marron glacé-cappucino lumineux.

Dans les trois-quarts des messages que j’ai pu lire, ces femmes étaient ravies d’avoir été coiffées par un homme; car il paraît que dans le milieu de la coiffure ce sont les hommes qui dominent haut le peigne.

[rightquote]C’est avec trois Xanax que je me suis rendue « au salon » comme on se rend « à l’échafaud »[/rightquote]Personnellement je ne connais que deux garçons coiffeurs : Fabrice Luchini, qui, s’il n’a pas percé dans le domaine du cheveux est néanmoins devenu un grand homme et Franck Provost, élu meilleur coiffeur du monde de la coupe-brushing en 1977.

C’est dire si je me sentais bien informée et c’est avec toutes ces références en poche et trois Xanax que je me suis rendue « au salon » comme on se rend « à l’échafaud ».

Un échec total

J’ai à peine eu le temps de feuilleter un passionnant Biba daté de septembre 2010 qu’une coiffeuse (qui portait le même prénom qu’une chanteuse de variété pour adolescentes du début des années 2000 – peut être aurais-je dû me méfier ?) est venue me palper la tignasse et faire son diagnostic : « Faut couper au moins dix centimètres ».

J’ai négocié âprement pour sauver quelques longueurs et au vu du résultat, je reconsidèrerai à l’avenir mes talents oratoires ainsi que mon argumentation féroce. Je n’ai évidemment pas atteint mes objectifs et je suis sortie avec exactement la même coupe que j’avais un an auparavant, lors de ma dernière visite.

En apportant une photo de ma star préférée, en étant plus directive et plus rigide qu’un dirigeant politique nord-coréen ou en laissant au coiffeur une totale liberté artistique, j’ai toujours fait ce même constat d’échec capillaire.

Heureusement ma force ne réside pas dans mes cheveux mais dans mon obstination forcenée à ne jamais repasser entre leurs mains assassines ; ils n’auront pas ma peau – ni mon scalp.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. elke02elke02

    Le 27 février 2012 à 09:48

    Cet article sur l'épreuve du coiffeur est vraiment bien! Pour moi aller chez le coiffeur est vraiment une épreuve, limite une torture. Je dois y aller une fois par an mais je trouve déjà trop… j'y pense pendant des mois pour repousser la date au maximum… et après en être sortie je suis déçue pendant un bon mois…
    Même si cela rend folle ma mamie qui y va toutes les semaines ! (toutes les semaines…) je crois qu'on ne se comprendra jamais sur ce point….
    Mais aller chez le coiffeur c'est vraiment bizzare.. J'aimerai bien comprendre pourquoi beaucoup de filles adorent y aller. Moi je vois çà juste qu'on quelque chose de vachement long , cher, et une vraie intrusion dans ma vie. (c'est mes cheveux, ma tête! je m'amuse à lui toucher les cheveux à la coiffeuse ??? non alors je vois pas pourquoi elle aurait le droit de toucher les miens comme çà).
    ça doit être de la pudeur qui ressort…
    Bref, je m'égare un peu…. Le coiffeur une fois par an c'est déjà pas mal (et puis faut avoir le budget pour y aller + )
  2. 25abril197425abril1974

    Le 27 février 2012 à 10:49

    Je vais chez le coiffeur assez souvent, car j'ai une frange et je suis trop stressée pour la couper moi même.
    A chaque fois c'est la même histoire : symétrie, droiture. NON NON ce n'est pas symétrique là, regardez bien. Les coiffeurs me détestent.
  3. isa1510isa1510

    Le 27 février 2012 à 16:57

    D'accord avec Maitsuya:
    il faut trouver le bon coiffeur! Depuis que j'ai trouvé une coiffeuse qui m'écoute et ne fait pas sa tête de mule, ça va beaucoup mieux!

    Je me suis reconnue dans cet article:
    "Par la force des choses je suis passée quasi-maître dans l’art de recouper un demi-millimètre de frange tous les quinze jours mais hélas ce talent ne m’empêche pas de fréquenter, occasionnellement, ces fils de Satan que sont les coiffeurs."

    => je fais pareil! (mais il y a eu des ratés au début….:pff:)

    Encore un article très bien écrit et tordant à certains passages:
    "J’ai semé mes cheveux dans tous les endroits que j’ai fréquentés comme pour laisser une trace de mon passage, un souvenir d’un bout de moi généreusement offert à l’entourage. Je les ai dispersés aux quatre vents comme un petit Poucet qui marquerait son territoire pour mieux y retrouver ses pas; ils m’ont souvent ramenés vers le siphon de ma baignoire mais c’est une histoire que je trouve moins poétique à raconter."
    => :yawn:
  4. Leopoldine.Leopoldine.

    Le 27 février 2012 à 23:11

    Baudelaire en titre :coeur:
  5. Nola-ifeNola-ife

    Le 27 février 2012 à 23:32

    Quelqu'un aurait il une adresse de coiffeur "compétent" sur Lyon ?
    (J'aimerais une coupe pas trop figée, une frange peut être, un peu décoiffée comme la mannequin Freja Beha)

    Cheveux en berne depuis trop longtemps (pas de coupe … je coupe les pointes moi-même tous les 6 mois depuis 5 ans).
    Je cherche quelqu'un qui pourrait me dire quelle coupe serait la plus adapté à mon visage, ma nature de cheveux (nombreux et très épais, ondulés mais pas vraiment ^^).
  6. isa1510isa1510

    Le 28 février 2012 à 13:18

    @ Nola-ife:
    Je ne connais pas la ville de Lyon mais il doit sûrement y avoir un salon Dessange. Personnellement, cela fait un an que je confie ma tignasse au salon Dessange de Valenciennes (dans le Nord) et je suis très contente du résultat. Ils sont à l'écoute et ils sont aussi visagistes (ce qui te conviendrait bien donc).
    Je paie 50 euros pour une coupe: certes, c'est pas donné, mais je peux attendre trois bons mois avant d'aller chez le coiffeur (j'ai les cheveux longs) : mon dégradé tient le coup!
    Donc, pour moi, il n'y a pas mieux que Dessange (j'ai testé pas mal de salons avant et j'ai souvent été déçue :mad:).
  7. isa1510isa1510

    Le 29 février 2012 à 21:38

    Posté par Elisabeth Vogler
    C'est marrant, je suis de la région et on m'a bien loupée chez Dessange :xd:
    Du coup je vais chez un autre qui se situe à moins de 100m et j'adore ! :D


    Ah, désolée pour toi :(
    t'es peut être pas tombée sur la bonne coiffeuse! Certaines dans ce salon ne sont pas agréables et se contentent de faire la coupe qu'elles ont envie de faire sans tenir compte de ton avis… (j'en ai eu l'expérience dans ce salon, je n'y ai plus mis les pied pendant un bon moment, jusqu'à ce que j'y revienne et que j'ai affaire à une autre coiffeuse… et là, bingo! :top:)
  8. isa1510isa1510

    Le 01 mars 2012 à 16:34

    Posted by Elisabeth Vogler
    Oui, c'est souvent le cas de toute façon. Même là où je vais maintenant, tous ne se valent pas ! ;)


    Et tu vas où maintenant? je suis curieuse ^^
  9. Iris.TIris.T

    Le 02 mars 2012 à 12:07

    Comme nombreuses d'entres vous je détestais aller chez le coiffeur, elle coupait toujours trop court, brushingait pendant des heures et en sortant j'avais juste envie d'aller me laver le cheveux et d'aller me cacher sous ma couette pour pleurer en paix. Et puis un jour, je suis allée à Rock Hair, et j'ai enfin vécu ce que c'était de sortir de chez le coiffeur en se sentant belle, nouvelle et ayant envie de courir partout en chantant la beauté de la vie. Bref, c'est pas de la pub, mais parisiennes en désespoir capillaires allez chez Rock Hair !
  10. ErzebethErzebeth

    Le 04 mars 2012 à 13:38

    J'ai tellement ri notamment sur les colorations qui partent en 6 shampooings mais sont toujours là 6 mois après.

    Sinon il y a aussi le coiffeur comme traumatisme de la petite enfance (dans mon cas) même si aujourd'hui je vis au dessus d'une échoppe dans laquelle une dame manie le peigne et le ciseau!

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