Harding Was Here (Adam & Midam)

L’art survit à l’homme… mais pas à la griffe de Harding Thomas Harding, sorte de Largo Winch mâtiné de Doc Emmett Brown, est un négociant d’art qui aime à se vautrer dans le luxe. Or, il se trouve aussi que, incidemment (voyez comme le hasard fait bien les choses), ce professeur hédoniste est aussi l’heureux […]

Harding Was Here (Adam & Midam)

L’art survit à l’homme… mais pas à la griffe de Harding

Thomas Harding, sorte de Largo Winch mâtiné de Doc Emmett Brown, est un négociant d’art qui aime à se vautrer dans le luxe. Or, il se trouve aussi que, incidemment (voyez comme le hasard fait bien les choses), ce professeur hédoniste est aussi l’heureux inventeur d’une fabuleuse machine à remonter dans le temps. Dès lors, quoi de plus logique que d’utiliser cette petite merveille pour faire fortune… Remonter le temps et acheter, à moindre coût, de futures grandes toiles aux plus grands maîtres de l’art, puis revenir au présent et les revendre à prix d’or : voilà le plan machiavélique mis au point par le professeur Harding.

L’astuce était bien huilée, et la machine à remonter le temps avait bien son plein de plutonium… Ca aurait du glisser comme sur des convecteurs temporels, mais…

C’était sans compter le fameux effet papillon…

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités…

L’artiste, comme chacun le sait, est un être fragile, sensible, et perpétuellement borderline… Suggère-lui de mettre du rouge là où il s’apprêtait à coller du jaune, et c’est toute son œuvre qui s’en retrouve chamboulée. C’est sa passion pour la peinture, même, voire sa carrière, qui sont remises en cause !

A force de jouer les apprentis sorciers auprès des plus grands maîtres, le professeur Thomas Harding finit par infléchir le cours de l’histoire, et se retrouve avec de magnifiques tableaux… dont le peintre est totalement inconnu dans le nouveau présent !

D’allers-retours en manigances, il en vient pourtant à quelque peu oublier son but premier (se remplir les popoches de sousous) pour s’intéresser à l’histoire de l’Art, la vraie.

Nom de Zeus !

Un scénario original, porteur de possibilités infinies. Un tandem qui a fait ses preuves, mais qui se retrouve là où on ne l’attendait pas (Adam & Midam sont les créateurs de Kid Paddle et Game Over, deux séries pour jeunes futurs geeks s’il en est). Une très bonne documentation sur l’histoire de l’art, et de quatre artistes en particulier. Et surtout, cette thématique du paradoxe temporel, source de joyeux bordel et de complications sans fin. Le tout servi par un trait dynamique et un humour potache dès plus hilarant, et mis au service d’une belle leçon d’histoire. En voilà des ingrédients qui font les bonnes BD !

Et c’est vrai que l’on ne s’ennuie pas, au fil des pages.

Harding was here se décompose en quatre histoires : les quatre tentatives d’achat du professeur. On rencontre donc l’instable Vincent Van Gogh dans le (presque) Paris de 1890, Rembrandt et ses déboires avec l’église hollandaise du XVIIème siècle, l’italien Lorenzo Lotto qui peine à peindre son martyre de Saint Pierre au début du XVIème, et enfin, le flamand Jan Van Eyck, celui là même qui inventa la peinture à l’huile au XVème siècle.

Au fil des rencontres, nos deux auteurs se sont allègrement amusés à manipuler l’histoire de l’art, sans toutefois la faire mentir : aucun historien n’était capable d’expliquer l’origine de ce tableau de Rembrandt mettant en scène un bœuf écorché ? Ben tiens… devinez un peu qui est passé par là, entre deux coups de pinceaux, mm ?

 

Le boeuf écorché – Rembrandt
Amsterdam, 1655

Comme un papillon sur la brèche

Mais ces bonnes idées ne nous empêchent pas de regretter un scénario parfois fragile (les « bourdes » temporelles de Harding ne sont pas toujours bien crédibles, et les évènements s’enchaînent un peu trop facilement). L’intrigue cède trop vite la place à l’humour. Dommage, car l’idée était excellente.

Un public adolescent sera certainement d’avantage séduit par ce récit humoristo-historique.

Harding was here, par Adam & Midam aux éditions Quadrants.

Cette BD fait partie de la sélection officielle du festival d’Angoulême 2009.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AnonymousUser
    AnonymousUser, Le 26 janvier 2009 à 11h59

    L'intrigue est originale, j'imaginais pas ce genre de sujet traité en bd !

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