Comment (et pourquoi) faire durer le plaisir au lit ?

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Ola bijou ! QueenCamille aime prendre son temps, qu'il s'agisse de flâner dans la campagne ou dans le slip d'un jeune éphèbe. Plaidoyer pour que le sexe ne soit pas une course de vitesse.

Comment (et pourquoi) faire durer le plaisir au lit ?

J’adore les Ferrero Rocher. Mais je n’en mange presque jamais.

J’attends les fêtes, comme un rendez-vous… Ou plutôt comme une partouze chocolatée annuelle avec aussi des Raffaellos, des papillotes, des roses des sables, des orangettes. Indécent.

J’adore prendre mon temps. C’est une autre des caractéristiques de ma complexe et chatoyante personnalité qui me vaut le sobriquet de « Jeannette Lenteur ».

Bref, quand je mange un Ferrero Rocher, je commence par ronger (avec élégance) le chocolat qui l’entoure.

Une fois la boule devenue une sorte d’hostie mise à nue, je l’ouvre délicatement pour lécher le chocolat à l’intérieur, je la croque et je termine par la noisette.

Ça me prend trois minutes environ.

Je pourrais aussi bien me le jeter dans le bec et gober ça en moins de temps qu’il ne faut pour dire « Madame l’Ambassadeur ». Mais puisque c’est bon, pourquoi se presser ?

Tu vois où je veux venir ma jeune amie ? Plus c’est long, plus c’est bon. Alors, tout doux bijou !

Des préliminaires expédiés, une confusion récurrente entre vitesse et précipitation, des gestes mécaniques exécutés comme si ta vie en dépendait… Laissons-nous donc le temps de kiffer ! Tel pourrait s’intituler mon plaidoyer de ce jour.

Pourquoi prendre son temps au lit ?

Rappelons que le sexe est quand même le seul plaisir gratuit ET bon pour la santé de cette vie, pas comme les Ferrero Rocher.

Raison de plus pour l’apprécier pleinement.

J’ai pas envie de sonner fleur bleue en te vendant que le sexe est un moment spécial, ou de verser dans le réac en avançant qu’il faut respecter le sacré de la chose.

Loin de moi également l’idée de discréditer la pragmatique pratique du quickie debout dans la cuisine.

Non, là où je veux en venir, c’est à l’idée que le sexe ne sera pas meilleur en allant vite et fort.


Trankchil Émile

Prendre le temps de faire monter le désir et l’excitation, ça fait partie du jeu !

L’impatience peut même créer la confusion et des situations gênantes. J’ai reçu ce mail qui m’a attristée il y a quelques jours :

C’est dommage que l’on ne prenne pas plus notre temps au lit.

Cela m’entraîne malgré moi dans la zone grise car parfois on me presse pour faire l’amour et je cède à la précipitation, alors que je dirais « Oui » avec plus de sincérité si on me laissait le quart d’heure nécessaire pour m’exciter.

Mais que voulez-vous, ma bonne Madame l’Ambassadeur, l’heure est à la « tinderisation » des relations. Je te vois, je te veux, je te baise.

La frénésie normée, issue en partie du porno, s’insinue sous nos draps, sans laisser au plaisir l’opportunité de naitre, grandir et se développer.

Pas le temps de prendre son temps en 2018. Le kif doit être immédiat, livré chez vous en 24h et consommé sans délai. 

Halte ! Voici quelques pistes pour ralentir le rythme au lit et déguster lentement ce bonbon de l’existence.


À fond la forme

Ralentir au lit

Bien sûr les conseils qui vont suivre seront difficiles à appliquer si vous êtes effectivement dans le rush.

Prendre le temps de sexer, ça commence par choisir le moment opportun, celui que ni la fatigue, ni un train dans 15 minutes, ni la visite d’un cousin éloigné ne viendront perturber.

Pour apprécier pleinement le moment et laisser libre cours à de chronophages explorations, une plage horaire raisonnable est à prévoir. À vos agendas.

À vous aussi de tempérer les ardeurs d’un•e partenaire pressé•e et de montrer que vous êtes toute disposée à prendre votre temps. Par exemple, en lui proposant cette caresse que vous aviez en tête ou juste en adoptant une attitude chill, « y’a pas le feu aux flaques ».

Les préliminaires, c’est quand tu veux bb

Les préliminaires désignent étymologiquement ce qui arrive avant le début.

Ils peuvent prendre la forme de baisers, caresses, branlette, cuni, pipe… et sont souvent indispensables pour préparer le terrain, c’est-à-dire faire durcir un zizi à point et/ou faire en sorte que la cyprine coule à flots.

Leur nom est trompeur car il sous-entend :

  • Que LE sexe n’a pas vraiment commencé
  • Qu’on ne peut les pratiquer QUE au début du rapport sexuel
  • Qu’ils sont censés durer moins longtemps que l’acte lui-même, comme une entrée est censée être plus petite que le plat

C’est tout à fait fallacieux car les préliminaires (ou « l’autre nom » moins moche et con qu’il faudrait leur trouver du coup) sont un bon moyen d’étirer le temps et de faire durer le plaisir.

Un préliminaire, ça peut aussi être un regard langoureux ou un baiser torride au beau milieu d’une conversation, et ce bien avant de s’engager dans le concret de la chose. Juste de quoi planter la petite graine de l’excitation, en attendant la suite…

Ou pas, car finalement le jeu sexuel n’a pas vraiment de début ou de fin. 


Que le sexe commeeeenceee !

Faire l’éloge de la lenteur, c’est aussi déconstruire les figures imposées et les enchaînements mécaniques.

Ce qui s’appelle préliminaires peut tout à fait être donné et reçu avant, pendant, après, bref à n’importe quel moment du rapport où l’envie s’en ferait sentir. 

Les préliminaires peuvent très bien constituer LE SEXE en lui-même et mener à l’orgasme, so what ? 

Ils constituent par ailleurs le parfait service après-vente d’une éjaculation inattendue qui serait frustrante pour le ou la partenaire. À méditer.

La pénétration n’est pas un but en soi

Sacro-sainte péné ! Alors qu’elle est rarement orgasmique pour les femmes, la pénétration pénienne (c’est-à-dire le zizi dans la zézette) semble pourtant érigée comme la colonne vertébrale du sexe hétéro.

La puissante bite pénètre, le vagin moumou accueille.

Ainsi la sacralisation du coït enfonce le clou du cliché de la passivité sexuelle féminine et s’impose comme un but à atteindre. Les préliminaires seraient limite là uniquement pour le rendre possible et tchop, tchop, dès que ça glisse, on s’y jette. 


Direct dans le trou

Dans le porno, l’action coïtale est souvent purement mécanique. Ça rentre, ça sort, ça rentre, ça sort. Le rythme s’accélère crescendo jusqu’à bourriner sévère et déclencher l’orgasme masculin. Et puis voilà, terminato !

Pourtant, retarder le moment de la pénétration pénienne et ralentir son rythme peut donner d’excellents résultats en terme de plaisir décuplé. Le coït peut être vu comme une connexion plutôt qu’une intrusion.

Considérer la pénétration comme un échange, une façon de « se brancher » à l’autre, ça invite à y aller piano piano pour se concentrer sur les sensations provoquées. 

Le vagin peut être très actif pendant la pénétration (contractions, angles différents induits par le mouvement des hanches…) et ainsi transformer cette activité en réel moment de partage.

Faire des pauses, c’est possible

Freeze !

Le sexe n’est ni une course de vitesse, ni d’endurance, ni d’orientation. Le but n’est pas d’aller d’un point A à un point B, en empruntant toujours le même chemin.

D’ailleurs, cela insinuerait qu’il y a un but à atteindre (l’orgasme, au hasard). Mais comme dirait l’autre, « l’important n’est pas la destination mais le voyage lui-même » et qui veut aller loin, ménage sa monture, comme chacun sait.


Minute papillon en rut

Être à l’écoute des rythmes de chacun

Pendant que le monde entier essaie d’être un bon coup en visant la performance et tente de faire jouir un maximum de peuple, personne ne s’exprime et, de toute façon, personne ne s’écoute.

Dommage, car la communication est importante pendant le sexe, notamment lorsqu’il s’agit d’accorder les rythmes de chacun.

Pendant le seske, il n’y a, en soi, rien à réussir.  Il n’existe pas d’étapes prédéfinies à exécuter dans l’ordre pour gagner à tous les coups.

Peut-être que ce qui marchait avec quelqu’un rebutera complètement une autre personne, et il faudra alors prendre un autre chemin, explorer.

Un peu comme dans une chasse au trésor ! Le trésor, c’est le plaisir et les indices, ce sont les différentes indications verbales ou non de ta/ton partenaire.

Tendre l’oreille et prêter attention au ressenti de l’autre permet aussi de ralentir la cadence, pour le plaisir de tous.


Le suspenseeee

Voilà mes chamois d’or, j’arrête ici mon ode à la lenteur, à la langueur et à la traînasserie… J’espère que ces conseils vous enjoindront à profiter pleinement du sexo pour kiffer toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus lentement !

Et vous, vous trouvez parfois que le sexe va trop vite, telle une caissière caféinée qui bip les articles à toute bringue sans vous laisser le temps de les ranger ? Quelles sont vos techniques pour ne pas vous emballer ?

À lire aussi : Quel est le bon moment pour coucher avec quelqu’un ?

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QueenCamille


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Commentaires
  • Plopipou
    Plopipou, Le 17 avril 2018 à 3h32

    C'est marrant parce que mon expérience m'a bien prouvé que plus c'est long plus c'est bon.
    Tous les amants que j'ai eu (sauf le dernier - j'y viens), étaient du style pressé. Les préliminaires ça va bien 5 minutes (:stare:).
    Du coup, j'ai toujours pensé que le sexe, ça fait mal, et c'est normal.
    Comme j'avais tort.
    Mon copain actuel, aime les préliminaires ... genre beaucoup. Les bisous, les calins et tout le tintouin. Limite il aime encore plus que moi.
    Dans la totalité, une partie de jambe en l'air prend minimum 1 heure. Si ça prend dans les 30 minutes, on appelle ça un quickie (ça arrive quand on l'a pas fait depuis longtemps et qu'on a les crocs, on s'excite vite).
    Et ça a totalement changé mon rapport au sexe (bleh ce jeu de mot).
    Effectivement, quand c'est bien fait, le sexe ne fait pas mal. C'est même super génial, et les préliminaires font toute la différence.

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