Étudiantes, nous partons en Antarctique en voilier pour observer le réchauffement climatique

Esther a rencontré Floriane Eonnet et Aurélie Schwartz. Toutes deux étudiantes à l’école des Mines d’Albi, elles se sont embarquées dans une sacrée aventure, à l’initiative d’un de leurs camarades de promo, Robin Amaz.

Étudiantes, nous partons en Antarctique en voilier pour observer le réchauffement climatique

« Partir un mois en Antarctique sur un voilier, en autonomie.

Faire de la recherche sur le plancton, les micro-plastiques, et le cardio-vasculaire dans un milieu extrême. »

Une expédition étudiante… en Antarctique !

Ça en jette non ? C’est l’objectif d’une expédition menée par 4 étudiants et étudiantes, et elles m’ont expliqué comment elles sont devenues de telles aventurières !

Floriane raconte :

« Un jour, Robin est venu me voir pour présenter le projet en 10 minutes. Il m’a donné une semaine pour y réfléchir, mais dès ce moment-là, je savais que j’allais dire oui. »

Même scénario pour Aurélie.

Pour compléter cet équipage : un autre camarade de promo, Clément, ainsi que deux scientifiques, trois skippers, et trois « mécènes ».

Les quatre étudiants prêts pour l’aventure en Antarctique.

Et évidemment, un bateau, présenté comme tel sur le site de leur projet :

« Le Podorange est un voilier de 20m possédant une coque en acier, un pont en inox et une voilure au près de 223 m². C’est ce qui fait qu’il est idéal pour ce type de voyage. Il a une capacité d’accueil de 12 personnes.

Il a été construit dans le but de participer au Global Challenge de 96/97 (course autour du monde à l’envers, en équipage). C’est pour cette raison qu’il dispose d’une grande autonomie. »

Amazing-Antarctique, un projet pour l’environnement

Aurélie explique avoir toujours eu la fibre scientifique. Elle s’est naturellement orientée vers la biologie et a choisi de poursuivre à l’école des Mines « pour son parcours en environnement ».

Floriane, quant à elle avait classiquement suivi le parcours de la « bonne élève » en sciences.

Ensemble, elles ont monté les projets de recherche qui n’étaient pas tout à fait définis lorsque Robin leur a proposé d’embarquer avec lui.

Aurélie précise :

« On a voulu travailler sur le plancton car c’est un sujet d’actualité.

Il n’a jamais évolué aussi rapidement que depuis cette hausse des températures, or il est à la base de la chaîne alimentaire et il fait office de « poumon » de la planète, donc on veut explorer les conséquences. »

Même tonalité pour la question du micro-plastique :

« On veut voir si y compris en Antarctique, on trouve des quantités énormes de micro-plastique. Malheureusement on sait déjà qu’il y en aura, on veut évaluer l’ampleur des dégâts.

L’idée est de montrer l’échelle du problème, de faire prendre conscience aux gens de la situation pour qu’ils adoptent de bons gestes écolo. »

Floriane ajoute que « l’Antarctique, on a l’impression que c’est très loin, mais nos gestes ont un impact jusque là-bas ».

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Un voyage sur « les mers les plus violentes de la panète »

À bord, elles seront à la fois chercheuses… et cobayes.

Le planton et le micro-plastique, c’est leur affaire, mais ce seront leurs corps qui feront office d’objet d’étude pour Camille Amaz, la bio-statisticienne qui les accompagne et qui étudiera leurs corps dans ce milieu extrême.

En parlant de conditions extrêmes, est-ce qu’un tel voyage effraie les jeunes femmes, qui n’ont jamais réellement navigué sur de longues périodes ?

— On part d’Ushuaïa, pour aller jusqu’à la péninsule Antarctique. Il faut passer par le passage de Drake. ça dure cinq jours, et c’est réputé comme étant « les mers les plus violentes de la planète ». C’est à ce moment-là que je vais sans doute avoir peur…

— Mais pour le moment on essaie de rester positives et enthousiastes !

Toujours est-il qu’une fois sur place, il leur faudra tout un équipement :

« Un tee-shirt technique, une polaire, un petit manteau pour tenir chaud, ainsi qu’un gros typique de marin pour couper le vent et protéger du sel.

En bas un collant technique, des bottes, une salopette de marin. Des gants, un masque pour se protéger des UV, un bonnet. »

L’équipe est parrainée par deux explorateurs scientifiques : Stéphane Lévin et Jean-Louis Etienne. Ce dernier fut le premier à aller au pôle Nord en solitaire.

De quoi être bien préparées !

Très très au sud de la Terre donc.

Objectif : donner des ailes à tout un chacun !

Les jeunes femmes ont dû négocier avec leur école pour partir dès le mois de février. Mais vu les compétences accumulées en chemin, le choix est vite fait, car avec Clément et Robin elles ont tout monté de A à Z.

« Le budget total s’élève à 125 000€.

On a chacun avancé des fonds personnels. De base, le coût incluant billets d’avion, voilier, ainsi que les trois semaines en Argentine qui précèderont le départ, c’est 12 000€ par personne.

On fait des recherches de subventions, de sponsors et c’est cette somme qu’on espère réduire un maximum avec la levée de fond. »

Voilà pourquoi elles ont lancé un crowdfunding !

À l’heure où je vous parle, le premier palier, de 8000€, est financé à 80%. Il reste jusqu’au 21 décembre pour financer la totalité de la somme nécessaire !

L’aventure ne s’arrêtera pas au retour puisque l’équipe souhaite valoriser ce qu’ils auront appris en chemin, aussi bien en termes scientifiques que personnels.

« On veut faire de la sensibilisation, aller dans des écoles et des collèges pour cela. Mais pas seulement pour l’aspect environnemental des choses, aussi pour pousser les élèves à croire en leurs capacités à réaliser leurs rêves !

Et bien sûr l’idée est également de partager les résultats de nos recherches », explique Floriane.

Pour soutenir Floriane et Aurélie, tu peux retrouver la page de leur projet sur Ulule, sur Facebook, et parcourir leur site pour en savoir plus !

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Pagodroma
    Pagodroma, Le 13 décembre 2018 à 19h46

    Ce n'est pas un brise glace donc ils ne peuvent pas. Mais s'ils partent en plein été austral, il n'y aura, normalement, plus ou peu de banquise. Sinon ils peuvent également longer la banquise, ça reste l'océan antarctique.

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