Éducation des filles et des garçons : y’a du boulot

Pondu par Fab le 25 novembre 2008  

Rebondissant sur la publication du Global Gender Gap Report, le psychiatre Serge Hefez revient sur son blog sur une étude menée en Suède (région par ailleurs déclarée par le Global Gender Gap Report comme championne de l’égalité hommes-femmes). Les conclusions sont rudes pour l’égalité des sexes : même au XXIème siècle, les stéréotypes inconscients inhérents aux petites filles et aux petits garçons ont la peau dure.

Les adultes laissaient ainsi beaucoup plus de place aux garçons, qui utilisaient en moyenne les deux tiers du temps de parole. Lors des échanges avec les enfants, les éducateurs acceptaient sans difficulté que les garçons interrompent les filles alors qu’ils demandaient aux filles d’attendre patiemment leur tour. Enfin, ils avaient deux registres de discours : des phrases courtes et directives pour les garçons, des discours plus longs et plus détaillés pour les filles.

Lors des repas, ces différences tournaient à la caricature : les films tournés en 2004 montrent des petites filles de 3 ou 4 ans servant docilement des verres de lait ou des assiettes de pommes de terre à des petits garçons impatients. Une répartition des rôles encouragée, bien involontairement, par les éducateurs. « Sans nous en rendre compte, nous demandions aux filles de nous aider à porter les plats et à participer au service, sourit Barbro Hagström, l’une des éducatrices. Nous ne sollicitions jamais les garçons. »

Edifiant, n’est-ce pas ?… Comme quoi, même si les suédois sont on ne peut plus sensibles au problème, ce n’est pas si évident de modifier des siècles (que dis-je, des millénaires) de schémas sociaux burinés dans le marbre de l’inconscient collectif… Je te laisse lire le post du blog de Serge Hefez et l’article d’Anne Chemin sur l’étude suédoise et je t’invite à revenir en causer sur le forum de discussion : que tu sois maman ou pas encore, quel avis as-tu sur le sujet ?

Ca vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 5 commentaires

  1. Le 25/11/2008 à 23h21

    L'autre jour je suis allée chez McDo, j'ai pris un Happy Meal. J'ai du gueuler pour avoir le jouet garçon. Bordel, j'ai 23 ans et le type a la caisse me demande même pas mon avis, ils me fourgue automatiquement une boîte à maquillage avec des autocollants de chiots.

    Et quand je me fais draguer dans la rue en sortant du boulot, on me demande toujours si je suis hôtesse ou secrétaire à cause de mon beau tailleur; mes potes mecs on leur demande s'ils sont traders ou businessmen. Apparemment il y a des boulots pour fille, et d'autres pour gars, c'est comme ça.
  2. Le 25/11/2008 à 23h59

    Je travaille tous les midis dans une école primaire, et on parle autant aux garçons qu'aux filles, et on agit pareil avec les filles qu'avec les garçons.

    Au niveau des catalogues de jouets, faut quand même avouer qu'il est trés rare de voir une fille jouer avec un Spiderman et un garçon avec une poupée Barbie... Et puis, si le gamin il décide de commander une poupée, c'est pas la couleur de la page qui l'en empêchera.
    Barbie, dinette tout ça, ce sont des jeux auxquelles les petites filles jouent. Je pense que psychologiquement, c'est dans le processus d'identification à l'adulte. C'est plus souvent leur maman que leurs papa qu'elles voient repasser.
    Pour en revenir à l'école primaire, les garçons jouent à la bagarre, les filles aux Pet shop. Et personne ne les forcent.
    A mon avis, il faut arrêter de voir le mal partout. Certes, il y a encore du boulot dans le combat hommes/femmes, mais de là à dire que les adultes laissent plus de place aux garçons, ça me fait doucement sourire...

    Aprés lecture de l'article (oui tapez-moi, je ne l'avais pas lu avant), je trouve les conclusions un peu "paranoïaques". En effet, quand je lis "Et le résultat ne s’est pas fait attendre : lorsque les enfants jouent ensemble, les garçons prennent toute la place, accaparent les jeux et les filles finissent par s’effacer, se retrouvant à bavarder dans les coins. Entre elles, elles reprennent confiance, et jouent librement au toboggan, à sauter et à courir. Elles se dirigent joyeusement vers les jouets associés à l’autre sexe…ce que font aussi les petits garçons qui trouvent beaucoup de plaisir à s’amuser entre eux avec les dînettes et les peluches. Pendant les repas pris séparément, les garçons se débrouillent très bien pour se servir et débarrasser la table." j'ai envie de rire. Les enfants garçons sont des tortionnaires!!! Bouuh les petites filles ne peuvent pas jouer sans se faire dominer. Il est quand même fréquent de voir des filles envoyant balader les garçons. Pour l'histoire de la table, c'est aussi aux adultes qui entourent de savoir remettre l'enfant à sa place, en lui expliquant qu'un tel ou un tel n'est pas sa boniche.

    Je trouve qu'ils poussent vachement l'exemple en fait.
  3. Le 28/11/2008 à 16h54

    J'avais lu l'article sur Le Monde, mais je ne suis pas vraiment d'accord avec Lisaloup, du moins en sport, les garçons prennent vraiment toute la place. Faire des sports-co mixtes c'est surtout : les garçons jouent et les filles courent après mais n'ont jamais la balle.

    (Je me souviens qu'au cours de danse (auquel j'ai assisté pdt 4mois grand max) le petit frère d'une camarade voulait faire de la danse il voulait s'inscrire (sa mère était d'accord etc etc...) on l'a refusé parceque c'était un garçon, c'était n'importe quoi ...)
  4. Le 28/11/2008 à 17h10

    Citation:
    Posté par lisa-loup Voir le message
    Au niveau des catalogues de jouets, faut quand même avouer qu'il est trés rare de voir une fille jouer avec un Spiderman et un garçon avec une poupée Barbie... Et puis, si le gamin il décide de commander une poupée, c'est pas la couleur de la page qui l'en empêchera.
    Excuse-moi de te dire ça, mais les propos que tu tiens là me semblent un peu naïfs (ce n'est pas méchant) :icon_3nodding:

    Pourquoi une fille ne pense pas à jouer avec un Spiderman et un garçon avec une poupée Barbie ? Parce que les minots intériorisent de façon excellente les stéréotypes sociaux, notamment ceux qui concernent les genres. C'est comme ça. Ce n'est pas parce que c'est "dans leur nature" de jouer à tel ou tel jeu !

    Mon professeur de psychologie sociale racontait qu'un jour, il avait filé à son fils une feuille de brouillon d'examen (tu sais, celles de toutes les couleurs : bleues, roses...) qui était... Rose. Son fils l'a regardé avec des gros yeux et a refusé la copie. Quand son père lui a demandé pourquoi il réagissait de cette façon, l'enfant a répondu "Parce que le rose, c'est pour les filles".

    Mon professeur expliquait que même s'il n'éduquait pas son fils de cette façon, il existait la pression sociale, les médias, bien sûr... Mais aussi d'autres choses toutes bêtes qu'il a illustré de cette façon : lui-même, quand il feuilletait les magazines de jouets, il sautait automatiquement les pages "roses" pour passer aux pages "bleues" (oui parce que souvent les pages sont teintées afin de rendre le repérage des jouets selon le genre plus facile - et pourquoi pas d'ailleurs). Et son fils n'était pas aveugle.

    Voilà pour la petite anecdote, mais il doit bien en exister des centaines comme ça.

    Est-ce que tu comprends où je veux en venir ? Les stéréotypes de genre sont intériorisés. Il n'est pas dit clairement que machin doit jouer à truc (quoique des fois, si !), c'est implicite. Cela passe par une lecture inconsciente et subtile de la vie des adultes et du fonctionnement de la société.

    J'ai du mal à m'exprimer.
  5. Le 28/11/2008 à 17h56

    Mes parents font partie de ces gens qui reproduisent ce qu'ils dénoncent. J'entends par là qu'ils ont tendance à agir en fonction du sexe de la personne en face. Mon père me demandera si je suis allé chez le coiffeur. Il demandera à mon ex, comment ça se passe à son travail et comment il évolue. Même s'il m'encourage dans mes études, je sens bien qu'il le vit comme un "passe temps". Ce n'est pas censé être ma préoccupation première.
    Ma mère prendra des nouvelles des enfants de sa secrétaire mais elle demandera à un patient homme s'il n'a pas trop subi la crise financière.

    Pourtant, ils font partie de ces gens qui ne s'offusqueront pas qu'un garçon joue avec une Barbie.
  6. Le 29/11/2008 à 00h51

    Je suis vraiment partagée par rapport à cet article.

    D'un côté je dirai que c'est une bonne chose de vouloir l'égalité de traitement entre filles et garçons, sans stéréotypes abusifs. Mais en venir à la non mixité pour tenter de laisser la place aux filles d'exister, ça me bloque. D'une part parce que ça donne l'impression que les filles sont obligatoirement en difficulté par rapport aux garçons. Ce qui n'est pas toujours le cas, ils suffit d'observer une classe de maternelle, et je vous jure que la forte tête de la classe est bien plus souvent une fille qu'un garçon.
    Mais aussi, on en viendrait à une négation de l'apport d'un des genres par rapport à l'autre, nécessitant une protection. Or, chacun apporte à l'autre, et pour cela il faut une coopération. Et donc, séparer les filles et les garçons pour qu'ils puissent jouer, ça annule tout ça. C'est bien joli de mettre 15 garçons pour jouer avec des poupées, mais plus tard, ils ne cotoyeront pas que des garçons, et devront bien apprendre à laisser la place à l'autre genre, idem pour les filles.

    Enfin, et j'espère que ça ne va pas être mal compris, je pense que cette coopération amène à garder une certaine "différence". Pas une différence d'infériorité, mais une différence d'égalité. Pour réussir à savoir qui l'on est, s'approprier son corps et ce que l'on va être plus tard, il est nécessaire de pouvoir se "comparer" à d'autres. Et par exemple dans le sport, si on met toujours les filles ensemble et les garçons ensemble, quand vont ils prendre compte qu'il y a une différence physiologique dans les performances?

    Pour conclure, je dirais que personnellement, je n'ai pas l'impression d'avoir été éduquée différemment de mon frère. D'ailleurs, on a joué tout les deux aux petites voitures, il a eu un établi j'ai eu une grue, il a eu le camping car de barbie et moi la ferrari de barbie, il a eu une cuisine et moi la marchande. Chez moi, c'est les mêmes tâches pour tout le monde, ménage, cuisine, et bricolage, et on a fait tout les deux les mêmes sports, de la gymnastique au judo. Comme quoi, une éducation relativement "égalitaire" ça existe, sans avoir besoin obligatoirement de séparer.
    Aujourd'hui, je suis femme, il est homme, mais nous sommes aussi capable de nous occuper d'autres personnes, de faire à manger, de changer une ampoule, de conduire, de faire des maths, de comprendre un plan, de faire des courses. Et j'en suis bien heureuse

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