Dylan Marron échange avec un hater de son propre camp : « l’appel venait de l’intérieur de la maison »

Par  |  | 2 Commentaires

Dylan Marron a publié un nouvel épisode de Conversations with People who hate me, très surprenant : le hater de cette semaine est quelqu’un qui lui ressemble énormément.

Dylan Marron échange avec un hater de son propre camp : « l’appel venait de l’intérieur de la maison »

Le nouvel épisode de Conversations with People who hate me porte un titre inspiré d’un trope de thriller…

Si tu ne vois pas de quoi je parle, voici une brève séance de rattrapage : Dylan Marron est un jeune artiste engagé qui s’exprime sur les réseaux sociaux.

Sur sa chaîne YouTube, il est notamment connu pour ses parodies d’unboxing : au lieu d’ouvrir des colis de produits cosmétiques comme la plupart des youtubeuses beauté/lifestyle, Dylan Marron « unbox » des concepts sociologiques complexes.

Élise unbox la madbox du mois d’août, par exemple. Tu veux celle de septembre ? Par ici !

C’est sarcastique, militant, pédagogique d’une certaine façon, mais clairement pas consensuel. Alors, forcément, comme environ toute personne qui prend la parole en public sur Internet pour exprimer ses opinions, Dylan Marron reçoit un nombre non négligeable de commentaires violents, colériques, haineux.

Le fait qu’il soit ouvertement gay s’ajoute aux prises qu’il offre à ses haters.

Conversations with People who hate me : les vertus du dialogue

En 2017, Dylan Marron a lancé un nouveau projet : une série de podcast intitulée Conversations with People who hate me. Son principe ? Il contact la personne qui lui laisse un commentaire particulièrement salé (euphémisme !), et entame avec elle un dialogue, pour essayer de comprendre ce qui motive sa réaction haineuse.

Sans surprise, les 2 premiers épisodes du podcast amènent Dylan à échanger avec deux personnes très éloignées des thématiques féministes, d’égalité, de respect et de diversité.

Son premier hater tient un discours très conservateur, et bouge très peu de ses positions. En revanche, toutes les personnes que Dylan a eu en ligne jusqu’à présent regrettent effectivement leur ton et la virulence de leurs propos à l’encontre du jeune activiste.

Le titre du 2ème épisode était très fort de sens : « Les gens blessés blessent des gens ». Je ne vais pas en dire plus, car Esther en a très bien parlé dans son commentaire de cette conversation.

Et le nouvel épisode de la série lancée par Dylan Marron a un titre un peu plus éngimatique : « L’appel venait de l’intérieur de la maison ».

« L’appel venait de l’intérieur de la maison », CWPWHM épisode 4

Le 3ème épisode de Conversations with People who hate me a été consacré aux événements de Charlottesville. C’est donc le 4ème épisode qui s’intitule « The call was coming from inside the house ». Dylan Marron explique ce titre, qui est une référence à un trope de film d’horreur.

Une jeune femme, souvent une baby sitter, est seule dans une grande maison. Les enfants dorment. Un homme appelle le numéro de fixe de la résidence et la terrifie. Elle appelle la police. Ils la rappellent et lui annoncent :

« On a tracé l’origine l’appel. Ça vient de l’intérieur de la maison ».


Extrait de When a Stranger Calls (Terreur sur la ligne)

ANGOISSE BONJOUR.

Pourquoi ce titre ? Car cette semaine, Dylan Marron ne dialogue pas avec un hater qui n’est pas d’accord avec lui. Celui qui lui a laissé le commentaire haineux de la semaine est un militant LGBT, tout comme lui.

Bande-annonce.

Matthew, le hater venu « de l’intérieur de la maison »

Matthew, c’est son nom, est extrêmement remonté contre Dylan Marron, non pas en raison des idées qu’il défend, mais de la manière dont il les défend.

Sur le fond, Matthew et Dylan se battent pour la même cause, mais pas avec les mêmes moyens, pas avec les mêmes objectifs. Ils ne partagent pas forcément les mêmes priorités.

Et cette divergence de point de vue est suffisamment forte pour mettre Matthew en colère, au point de laisser à Dylan un commentaire public d’une violence comparable à celles que ses opposants idéologiques peuvent poster.

« Dylan Marron représente ce qu’il y a de pire dans le libéralisme social aujourd’hui.

Ses vidéos d’Unboxing débordent de condescendance, et elles ne parlent qu’aux gens qui sont déjà d’accord avec lui.

On n’a vraiment pas besoin de ce type de discours actuellement.

On a besoin de gens capable de parler aux deux camps d’un problème, capable d’établir une communication entre les gens, les amener à faire des compromis, s’ouvrir à une autre perspective, et changer concrètement.

J’en ai vraiment assez de ce genre de discours libéral ultra prétentieux »

Cette critique est particulièrement difficile à encaisser pour Dylan, comme il l’explique avec sa métaphore du coup de fil qui vient de l’intérieur de la maison. Être attaqué par quelqu’un qu’on considère de son propre camp laisse un sentiment de trahison particulier.

Comme beaucoup d’activistes progressistes, Dylan ne travaille pas pour la reconnaissance : son but n’est pas de devenir le héros des militants LGBT sur les réseaux sociaux. Il se fiche pas mal d’être reconnu et acclamé pour ce qu’il fait. Le but, c’est de faire progresser les idées qu’il défend, pas son capital sympathie ni sa notoriété.

Sauf qu’il y a un monde entre ne pas compter sur la reconnaissance de ses pairs… et devoir composer avec leur haine.

C’est de cela dont Dylan et Matthew parlent dans cet épisode de Conversations with People who hate me. J’ai eu la sensation qu’il était très court, sans doute parce qu’il ne contient aucun véritable débat de fond : ces deux hommes sont déjà d’accord. C’est sur les méthodes que leurs avis divergent.

Dylan Marron, un progressiste entre deux feux

Dylan Marron aurait dû publier ce podcast la semaine dernière, mais entre temps, de vraies armes ont été brandies dans la rue, une violence physique a été déchaînée contre « les gens à l’intérieur de la maison ». Une jeune femme a été tuée.

La conversation de Matthew et Dylan n’est pas celle de deux hommes qui se vouent une haine l’un envers l’autre. C’est celle de deux activistes qui ne se comprennent pas.

Cette incompréhension est source de colère, de souffrance et de violence, oui. Mais c’est une violence que la réalité des événements tragiques survenus récemment à Charlottesville vient remettre en perspective.

Si tu es toi-même militant•e d’une cause, ou que tu es familièr•e des milieux militants, cette conversation a des chances de te parler.

Je te laisse écouter, viens me dire ce que tu en as pensé dans les commentaires!

À lire aussi : Féminisme, militantisme et pédagogie, un équilibre délicat

7 surprises choisies par la rédac
18.90€ + 4€ de livraison

Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

Tous ses articles

Commentaires
Forum (2) Facebook ()
  • TrustMe I'm a (al)chemist
    TrustMe I'm a (al)chemist, Le 23 août 2017 à 20h15

    (Je sais bien que la publicité lui permet de financer sa vidéo, mais c'est long : 10:53 > 14:47.)

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!