Le délit de belle gueule : un nouveau motif de licenciement

Il y a deux mois, une employée japonaise de la maison Prada se retrouvait mise à la porte au motif qu’elle était « trop laide ». Si on ne peut plus aller bosser avec son nez de travers et ses dents ébréchées, où va le monde ? Bientôt quoi, les nourrissons devront se faire recoller les oreilles […]

Le délit de belle gueule : un nouveau motif de licenciement

Il y a deux mois, une employée japonaise de la maison Prada se retrouvait mise à la porte au motif qu’elle était « trop laide ». Si on ne peut plus aller bosser avec son nez de travers et ses dents ébréchées, où va le monde ? Bientôt quoi, les nourrissons devront se faire recoller les oreilles et porter des perruques pour bébés ?

Non, bientôt, la paranoïa : vous pouvez aussi être virée parce que vous êtes trop belles. C’est ce que nous montre le cas Debrahlee Lorenzana.

Même sur fond vert, elle est belle. Photo © Carrie Schechter

L’affaire résonne comme une rediffusion d’un mauvais C’est Mon Choix, et pourtant c’est très sérieux : Debrahlee Lorenzana, Newyorkaise de 33 ans décrit par le Village Voice comme étant « la fille cachée de J.Lo et Jessica Simpson avec l’allure d’Audrey Hepburn », attaque son ancien employeur Citybank. La raison ? Elle aurait été licenciée après plusieurs remarques sur son physique de la part de son boss. Elle avait pour ordre de ne plus porter de talons ni de jupe crayon, et encore moins d’afficher son décolleté, car cela « déconcentrait ses collègues masculins ».

Après avoir appelé le service des ressources humaines sans réponse, les reproches se sont intensifiés : « je fais comme tout le monde, je m’habille chez Zara », a tenté d’expliquer Debrahlee, pour finalement recevoir une lettre d’avertissement stipulant qu’elle était arrivée en retard à deux reprises. En vérifiant les dates, Debrahlee s’aperçut qu’il s’agissait d’un samedi et d’un dimanche. Mazette, il y a de ces supérieurs hiérarchiques qui savent ouvrir les hostilités. Ce n’est qu’après quelques longues semaines de harcèlement moral que la jeune femme d’origine portoricaine fut remerciée. Lessivée, déprimée et à sec, Debrahlee Lorenzana décida de porter plainte.

Quand je vois à quel point le monde se barre en testicules, il m’apparait nécessaire de citer Monsieur Manatane : « ne laissez pas les gens être beaux à votre place ».

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(merci à Mabel de nous avoir suggéré ce sujet)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mido
    Mido, Le 6 février 2016 à 11h14

    Llits
    Ouais mais la restauration et l'hôtellerie, c'est assez spécial, il y a comme une sorte de représentation en permanence. Une serveuse mignonne vends plus, donc autant la prendre, en gros c'est bon pour le chiffre d'affaires. Comme les hôtesses etc... Mais par contre, j'ai trouvé que c'était moins prononcé au niveau des hommes : les filles qui bossaient au bar avec moi étaient mignonnes, les mecs n'étaient pas franchement affriolants.
    Tout à fait, les filles moches c'est comme les arabes : ils font peur aux clients, c'est pas bon pour le chiffre d'affaires, faut pas les embaucher.
    ON REVE LA ! Les filles qui trouvent "normal" la discrimination sexiste, surtout pour un prétexte aussi honteux que flatter les pires penchants (supposés) des clients, réveillez-vous bordel !

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