Curry & Coco à la conquête d’Avignon

Occuper une première partie n’est jamais une mince affaire ; surtout quand le public que l’on a en face de soi se déplace pour un groupe aussi éloigné de l’univers que l’on s’apprête à lui proposer. Ce soir là, il aura fallu beaucoup d’aplomb aux deux membres de Curry & Coco, un groupe autoproclamé « pop […]

Occuper une première partie n’est jamais une mince affaire ; surtout quand le public que l’on a en face de soi se déplace pour un groupe aussi éloigné de l’univers que l’on s’apprête à lui proposer. Ce soir là, il aura fallu beaucoup d’aplomb aux deux membres de Curry & Coco, un groupe autoproclamé « pop de danse » pour apprivoiser les frileux avignonnais qui attendaient l’arrivée sur scène des pop-rockeurs de Luke.

curry & coco

Extinction des feux à 20h30 passées de quelques minutes, lumières rouges et sons électroniques pour accueillir Curry & Coco (qui aurait pu aussi choisir de s’appeler Petit chat dans les bois) : la scène s’éclaire progressivement, au son de l’instrumentale qui se fait de plus en plus furieuse. Thomas, batteur choriste à bretelles et chaussures marrons à bouts vernis, et Sylvain, aux claviers et au chant, cheveux en brosse blonde platine sont loin d’être des débutants : leur mécanique est bien huilée et leur show bien rôdé. Ils accomplissent les morceaux de leur premier album, We Are Beauty, avec une grande maîtrise de l’équilibre entre rythmes et mélodies d’une part, et de leur gestuelle aérobique de l’autre : l’ambiance se réchauffe peu à peu… Jusqu’à ce qu’une crêpe au fromage se coince dans la grosse caisse.

Blague de Sylvain mise à part, s’engagent alors une drôle de scène de manège avec les va-et-vient des techniciens ; et une drôle de scène de ménage entre les deux garçons qui meublent comme ils peuvent en attendant de pouvoir reprendre, et le public. Dans ce vaudeville improvisé, il sera question d’un batteur moustachu voulant conseiller les musiciens, et Thomas de lui demander « T’es batteur ? Et tu bats quoi ? » tandis qu’un nouveau protagoniste élève la voix « Sa femme ! » ce qui semble amuser Sylvain qui demande des applaudissements. Les boutades fusent, la glace est brisée et la musique reprend, talonnée par un jeu de lumières vert et rosé, couleurs complémentaires, aussi complémentaires que nos deux compères, l’un indissociable de l’autre.

S’en suivra notamment une tentative semi-infructueuse de faire chanter le public sur le refrain Yummy Mummy, public au demeurant de plus en plus conquis par la formule décapante des Lillois. Soudain d’ailleurs, l’on se croit au milieu des années 80, avec de faux semblants de quelque Émile ou Images (le ringard en moins) ou un Début de soirée (ultra branchée), avec cet apport si précieux de la batterie et du chant exclusivement en anglais qui fait toute la différence et offre de nouvelles saveurs au new wave et à l’électro que l’hexagone a pu produire jusqu’ici.

À la fin, ils nous offrent une reprise déjantée de Girls just want to have fun de Cindy Lauper au cours de laquelle le public assiste à un délirant solo de synthé assez kitch pour terminer le concert à leur image : délirants, kitch et déjantés. Et ils s’évaporent avant le coup de 21h15, ne laissant ni démons de minuit qui m’entraînent jusqu’au bout de la nuit, ni de chevaleresques pantoufles de vairs mais des stickers, étonnement très sobres, distribués dans la fosse par des jeunes gens recrutés au petit hasard de la toile.

Une jolie découverte qui mérite que l’on s’y intéresse quelques instants, comme madmoiZelle avait su le flairer en avril dernier lors de cette petite session acoustique :

Leur album We Are Beauty est toujours disponible, sans oublier que madmoiZelle est partenaire de ce bien bel opus !

Photos article et home ALIOSHA

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