Nous avons été, pour la plupart, élevées aux contes de fées made in Disney & Co, avec leurs jolies couleurs, leurs princesses si élégantes, leurs princes beaux gosses et surtout, leurs happy ends qui nous laissaient rêveuses… Mais qu’en est-il vraiment ? Si on se penche sur les œuvres originales, on se rend bien vite compte qu’elles n’étaient pas faites pour mettre les enfants sur la route de rêves merveilleux, et que les fins heureuses étaient plutôt rares. En fait, j’aurais bien aimé voir la gueule de notre génération si on avait été élevés aux originaux.
La Petite Sirène
J’ai eu la chance (?) de découvrir la version originale peu de temps après avoir fait connaissance avec la version Disney, dans laquelle Ariel se trouve une paire de jambes et un joli mari en un temps record, et où tout se termine bien. Mais dans la version originale, écrite par Hans Christian Andersen, on est très très loin de la fin heureuse.
Le début ne change pas des masses. A quinze ans, la petite sirène est autorisée à aller jeter un oeil à la surface, où elle repère un prince sur un bateau qui chavire suite à une tempête. Elle sauve la vie du prince mais, et là ça se complique, est interrompue par l’arrivée d’une jeune femme, la forçant à s’éclipser. Du coup le prince est persuadé que c’est cette jeune femme qui l’a sauvé.
La petite sirène apprend de sa grand mère que les hommes vivent moins longtemps que les sirènes, mais qu’ils ont une âme immortelle. Elle décide qu’elle en veut une elle aussi et va donc s’adresser à la sorcière des mers, qui lui donne une potion lui permettant de changer sa queue de poisson en une paire de jambes en échange de sa langue. Sauf que, et c’est là que les choses commencent à se corser, non seulement l’ingestion de la potion provoque une douleur atroce, mais en plus, chaque pas qu’elle fera lui donnera l’impression de marcher sur des couteaux de cuisine (sachant qu’elle danse pour le prince, on imagine un peu sa joie). Puis elle apprend que si elle échoue et que le prince en épouse une autre, elle se dissoudra dans l’eau à l’aube, pour se transformer en écume.
Elle se rend sur la plage, où elle est recueillie par le prince qui s’attache à elle sans pour autant oublier celle qui l’a sauvé, et comme la petite sirène n’a plus de langue, elle ne peut pas lui dire la vérité. Et un beau jour, le roi ordonne à son fils de naviguer jusqu’au royaume d’à côté pour épouser la fille du souverain local. Pas content du tout, le prince refuse et déclare préférer épouser sa jeune copine muette. Sauf qu’une fois arrivé sur place, il se rend compte que la princesse est en réalité la jeune femme en question, à qui il croit devoir la vie.
Le prince et la princesse se marient donc, et le coeur de la petite sirène est littéralement brisé. Mais avant de devoir faire face à sa disparition à l’aube, ses soeurs lui apportent un couteau magique. Si elle plante ce couteau dans le coeur du prince, elle redeviendra sirène et aura la vie sauve. Mais elle refuse de tuer l’homme qu’elle aime et, à l’aube, se jette elle-même dans la mer, où elle se transforme en écume.
C’est quand même cent fois plus déprimant qu’une sirène qui s’amuse toute la journée avec un gros poisson et un crabe qui chante, et dont le seul problème est la présence d’une vilaine pieuvre maléfique. Point de mariage blanc à l’origine, juste une série d’injustices et une fin qui donne envie de se pendre. Merci Andersen.
Blanche-Neige
Dans la version Disney, Blanche-Neige avait déjà des côtés terrifiants – la scène de la forêt en a fait flipper plus d’un – mais si on va voir du côté des frères Grimm, on a encore de quoi bien rigoler.
Pour commencer, l’âge de Blanche-Neige dans la version originale était sept ans. Ouaip. En revanche, elle triomphe bel et bien de la vilaine belle-mère, qui est alors punie d’une manière plutôt inventive. Elle fut condamnée à chausser des escarpins de fer rougis et à danser jusqu’à ce qu’elle tombe raide morte. Mais dans la toute première édition du conte, la méchante n’est pas la belle-mère de Blanche-Neige, mais sa mère biologique, jalouse de sa beauté.
Mais il existe d’autres versions dans lesquelles la belle-mère est une cannibale qui veut manger certaines parties du corps de Blanche-Neige, le plus souvent son coeur et ses intestins. Bon ceci dit, chez Disney on avait l’histoire du coeur que le chasseur avait habilement remplacé par un coeur de biche, sauf qu’à trop prendre la reine pour un jambon, il s’est fait marave.








Le 07/07/2010 à 12h41
Il est sympa cet article. Par contre, je ne suis pas d'accord avec toi en ce qui concerne La Petite Sirène. La fin est au contraire heureuse, elle a obtenu ce qu'elle désirait. Ce n'est pas épouser le prince son voeu le plus cher, mais obtenir une âme immortelle (ce que devait lui apporter le mariage avec un humain). A la fin, grâce à son geste (ne pas avoir tuer le prince et son épouse) elle est transformée en génie de l'air. A Terme, elle obtiendra ainsi son âme immortelle.Quant à Cendrillon, il s'agit bien d'une pantoufle de verre. On est dans le registre merveilleux, c'est donc normal. C'est au XIXeme siècle que les 'savants' ont changé le mot. Au XVIIe siècle, on disait d'ailleurs "petit gris" et non "vair".^^
Le 12/07/2010 à 00h31
Très bon article. Je ne suis pas surprise, la révélation a eu lieu en terminale quand nous avons étudié les contes de Perrault. Maintenant j'ai digéré le chocLe 13/07/2010 à 10h50
(c'était le commentaire inutile du jour, merci.)
Pour rester dans le sujet, j'ai tôt été informée des véritables contes. J'avais un gros bouquins avec les contes d'Andersen, un peu édulcorés mais respectant tout à fait l'histoire, et je trouvais déjà ça très sombre. En fait, les contes d'Anderson sont à mes yeux les moins "glauques" de tous, mais aussi les plus romantiques, mélancoliques. Sans doute les plus difficile à adapter d'ailleurs (à part la petite sirène, essayez donc de me faire une very-happy-end à "La Petite marchande d'allumettes"
En sixième nous avions étudié differentes versions du "Petit Chaperon rouge", j'étais l'une des rares à avoir préféré la version la plus "originale", où la petite fille se faisait tout simplement bouffer, point. Je me suis donc beaucoup interressée à ce sujet, et aussi à l'interpretation qu'on en fait (j'étais même hyper fière d'avoir trouvé à l'époque toute seule que la Belle aux bois dormant traitait de l'adolescence, le sang s'écoulant de la piqure faisant réferance aux premières règles etc.), et je trouve que ce sujet est l'un des plus fascinants de la littérature.
Les articles sont vraiment super, c'est sympa de montrer toutes les versions possibles.
Edit : je suis fanissime du conte de Blanche-Neige, j'en adore toutes les adaptations. Il est tellement malsain ! Il y avait eu un spectacle de danse contemporaine sur ce conte, d’Angelin Preljocaj. C'était vraiment sympa à voir (je ne l'ai vu qu'à la télé sur Arte, amis déjà ça valait le coup d'oeil), et on retrouve bien le châtiment de la mère/belle-mère (ce n'est pas dit) dans cette version. Le tableau du miroir est particulièrement réussi. (et pour les fans de mode : costumes créés par jean-Paul Gauthier
Le 13/07/2010 à 18h57
à vrai dire la première réalité est toujours aussi cru (après tout ils avaient une sens de l'humour assez développer dans ce sens làJe crois que tout les mondes devraient connaitre les version originaux , moi ça m'a toujours beaucoup plu .
Le 31/07/2010 à 11h14
Je suis choquée ! Je savais quelques trucs, mais pour La belle au bois dormant je suis définitivement choquée ! Dire qu'en maternelle on avait fait un petit livre de dessins où on racontait l'histoire. Le pire c'est l'autre version quand le prince la viole dans son sommeilPinocchio pendu :'(
J'ai envie de dire : vive Disney qui nous a épargné ces atrocités ! On pourrait faire des films d'horreurs avec ces histoires, bwaah.
Le 12/08/2010 à 10h51
Frenchement génial le sujet, je connaissais déjà un peu les versions originales mais c'est vrai que l'on a tendance a les oublié, vu tout ce que disney nous met en tête !Le 12/08/2010 à 11h24
A les conte originaux sont souvent cru mais bien meilleur.C'est vrai que la version de la belle aux bois dormant peu choquer mais souvent ça reste un peu n'importe quoi (comment accoucher de 2 gamin quand on est dans le "coma" ?)
Après si vous voulez les contes les plus connus remanier d'une version "adulte" et assez noir je vous conseil "les contes de crimes" (d'ailleurs dedans le petit chaperon rouge fini en livre)
Le 12/08/2010 à 19h58
c'est pour sa que j'ai jamais aimé les disney et leur princesse.j'adore allé sur wikipedia est regardé les vrai histoire =)
Le 13/08/2010 à 00h17
Vous savez quand la belle au bois dormant monte le long d'un escalier trèèès long = le chemin vers le plaisir et le sexe.
L'introduction de la clef dans la porte pour ouvrir le donjon = Introduction du pénis dans le vagin.
Le sang qui coule lorsqu'elle se pique = Les régles.
Je ne vous parle pas du petit chaperon rouge et du loup, le loup symbolisant les hommes un peu pervers ( la "morale" originale de Perrault est assez explicite sur le sujet. )
Je crois qu'on peut rester longtemps sur ce sujet ...