La Vérité sur les Contes de Fées (1/2)

Pondu par Jack Parker le 4 juillet 2014     

Nous avons été, pour la plupart, élevées aux contes de fées made in Disney & Co, avec leurs jolies couleurs, leurs princesses si élégantes, leurs princes beaux gosses et surtout, leurs happy ends qui nous laissaient rêveuses… Mais qu’en est-il vraiment ?

Publié initialement le 12 août 2010

Si on se penche sur les œuvres originales, on se rend bien vite compte qu’elles n’étaient pas faites pour mettre les enfants sur la route de rêves merveilleux, et que les fins heureuses étaient plutôt rares. En fait, j’aurais bien aimé voir la gueule de notre génération si on avait été élevés aux originaux.

La Petite Sirène

La Vérité sur les Contes de Fées (1/2) sireneJ’ai eu la chance (?) de découvrir la version originale peu de temps après avoir fait connaissance avec la version Disney, dans laquelle Ariel se trouve une paire de jambes et un joli mari en un temps record, et où tout se termine bien. Mais dans la version originale, écrite par Hans Christian Andersen, on est très très loin de la fin heureuse.

Le début ne change pas des masses. A quinze ans, la petite sirène est autorisée à aller jeter un oeil à la surface, où elle repère un prince sur un bateau qui chavire suite à une tempête. Elle sauve la vie du prince mais, et là ça se complique, est interrompue par l’arrivée d’une jeune femme, la forçant à s’éclipser. Du coup le prince est persuadé que c’est cette jeune femme qui l’a sauvé.

La petite sirène apprend de sa grand mère que les hommes vivent moins longtemps que les sirènes, mais qu’ils ont une âme immortelle. Elle décide qu’elle en veut une elle aussi et va donc s’adresser à la sorcière des mers, qui lui donne une potion lui permettant de changer sa queue de poisson en une paire de jambes en échange de sa langue. Sauf que, et c’est là que les choses commencent à se corser, non seulement l’ingestion de la potion provoque une douleur atroce, mais en plus, chaque pas qu’elle fera lui donnera l’impression de marcher sur des couteaux de cuisine (sachant qu’elle danse pour le prince, on imagine un peu sa joie). Puis elle apprend que si elle échoue et que le prince en épouse une autre, elle se dissoudra dans l’eau à l’aube, pour se transformer en écume.

Elle se rend sur la plage, où elle est recueillie par le prince qui s’attache à elle sans pour autant oublier celle qui l’a sauvé, et comme la petite sirène n’a plus de langue, elle ne peut pas lui dire la vérité. Et un beau jour, le roi ordonne à son fils de naviguer jusqu’au royaume d’à côté pour épouser la fille du souverain local. Pas content du tout, le prince refuse et déclare préférer épouser sa jeune copine muette. Sauf qu’une fois arrivé sur place, il se rend compte que la princesse est en réalité la jeune femme en question, à qui il croit devoir la vie.

Le prince et la princesse se marient donc, et le coeur de la petite sirène est littéralement brisé. Mais avant de devoir faire face à sa disparition à l’aube, ses soeurs lui apportent un couteau magique. Si elle plante ce couteau dans le coeur du prince, elle redeviendra sirène et aura la vie sauve. Mais elle refuse de tuer l’homme qu’elle aime et, à l’aube, se jette elle-même dans la mer, où elle se transforme en écume.

C’est quand même cent fois plus déprimant qu’une sirène qui s’amuse toute la journée avec un gros poisson et un crabe qui chante, et dont le seul problème est la présence d’une vilaine pieuvre maléfique. Point de mariage blanc à l’origine, juste une série d’injustices et une fin qui donne envie de se pendre. Merci Andersen.

Blanche-Neige

La Vérité sur les Contes de Fées (1/2) blancheDans la version Disney, Blanche-Neige avait déjà des côtés terrifiants – la scène de la forêt en a fait flipper plus d’un – mais si on va voir du côté des frères Grimm, on a encore de quoi bien rigoler.

Pour commencer, l’âge de Blanche-Neige dans la version originale était sept ans. Ouaip. En revanche, elle triomphe bel et bien de la vilaine belle-mère, qui est alors punie d’une manière plutôt inventive. Elle fut condamnée à chausser des escarpins de fer rougis et à danser jusqu’à ce qu’elle tombe raide morte. Mais dans la toute première édition du conte, la méchante n’est pas la belle-mère de Blanche-Neige, mais sa mère biologique, jalouse de sa beauté.

Mais il existe d’autres versions dans lesquelles la belle-mère est une cannibale qui veut manger certaines parties du corps de Blanche-Neige, le plus souvent son coeur et ses intestins. Bon ceci dit, chez Disney on avait l’histoire du coeur que le chasseur avait habilement remplacé par un coeur de biche, sauf qu’à trop prendre la reine pour un jambon, il s’est fait marave.

La Belle au Bois Dormant

La Vérité sur les Contes de Fées (1/2) belleLà encore, Disney avait su donner une dimension inquiétante à ce dessin animé qui m’avait laissée perplexe étant petite. La scène où Aurore est sous l’influence de la méchante reine qui l’attire vers le fameux fuseau sur lequel elle se piquera le doigt par exemple, m’avait méchamment marquée. Mais malgré tout, l’histoire finit bien, puisque le prince vient la réveiller d’un doux baiser, et que tout le monde fait la teuf au château. On imagine bien sûr que le mariage et les nombreux enfants font partie du futur proche du jeune couple.

MAIS, c’est pas vrai en fait. Contrairement aux croyances populaires, le conte (raconté chez nous par Perrault) ne s’arrête pas au réveil d’Aurore. D’ailleurs, comme souvent, la princesse n’a pas de nom dans la version originale. Accrochez-vous, y a du lourd.

Une première version raconte que le prince épouse la princesse en secret et lui fait deux beaux enfants (la petite Aurore et le petit Jour) dont le prince cache l’existence parce que sa mère en plus d’être une reine, est une Ogresse qui a un goût développé pour la chair humaine. Une fois sur le trône, le prince confie la princesse et ses enfants à sa cannibale de mère (un petit malin ce prince hein) et s’en va faire la guerre. A la surprise générale, l’Ogresse décide de faire cuisiner le petit Jour par un cuistot dans une cabane au fond des bois. Mais le cuistot n’est pas de cet avis, il décide donc de faire cuire un agneau à la place du garçon, avec une petite sauce spéciale pour tromper la reine. Suite à ça, elle demande à ce qu’il s’occupe de la fille, que le cuisinier remplace par une chèvre, cuite dans la même sauce. La princesse n’étant pas dans la confidence, elle demande au chef de lui trancher la gorge pour qu’elle puisse rejoindre ses enfants dans la mort, mais lorsqu’il lui montre que ses enfants sont toujours en vie, ils se font griller par la reine, pas contente du tout.

Elle ordonne alors qu’ils soient tous jetés dans un fossé rempli de créatures mortelles, mais le roi revient à temps de guerre pour sauver sa petite famille, et la reine décide qu’il vaut mieux pour elle qu’elle se jette dans le fossé.

Une autre version change complètement la donne puisqu’elle nous apprend que ce n’est pas un baiser qui a réveillé la princesse. En réalité, le prince l’a trouvée endormie et décide donc de la violer dans son sommeil (ce que tout prince charmant digne de ce nom ferait, bien entendu). Elle se retrouve enceinte de deux enfants et c’est l’un d’entre eux qui la réveille en suçant le doigt qu’elle s’était piqué sur le fuseau, aspirant le poison. Entre temps, le prince s’est marié avec une autre et lorsqu’il apprend que sa victime s’est réveillée, décide de garder le secret. Mais sa femme le surprend en train de crier les noms de la princesse et de ses deux enfants dans son sommeil, et décide que ses enfants doivent être cuisinés et servis à leur père.

Le cannibalisme était donc chose courante dans le temps.

Cendrillon

La Vérité sur les Contes de Fées (1/2) cendrillonAh, Cendrillon. Pauvre petite fille maltraitée par une vilaine marâtre et ses pestes de filles. Pas de grand changement côté Disney, si ce n’est la scène du soulier de vair. Alors que dans la version de Perrault, Cendrillon décide de pardonner le comportement de ses soeurs, chez les frères Grimm ça rigole nettement moins.

Alors que toutes les filles du royaume s’acharnent à faire rentrer leurs vilains pieds banals dans le fin soulier, les soeurs de Cendrillon décident d’y aller à la sauvage. La première se coupe le gros orteil, mais un petit oiseau fait remarquer au prince que la chaussure dégouline de sang, et elle est disqualifiée. La deuxième se scie le talon, mais se fait également griller, ce qui permet à Cendrillon de prouver qu’elle est bien l’inconnue du bal.

Mais ça ne s’arrête pas là. Comme punition, les deux soeurs sont condamnées à se faire picorer les yeux par des oiseaux puis à mendier aveuglement pour le reste de leur vie. Parce que marcher sur des pieds mutilés à vie, c’était pas suffisant.

Pinocchio

La Vérité sur les Contes de Fées (1/2) pinoPour finir, on sort un peu des histoires de princesse pour se pencher sur le cas de la petite marionnette qui voulait devenir un vrai petit garçon. Là encore, violent traumatisme vers l’âge de onze ans, lorsque j’ai découvert l’œuvre originale de Carlo Collodi.

A l’origine, c’est loin d’être une histoire pour enfants. La vie de Pinocchio était cent fois moins marrante que dans nos souvenirs fabriqués par Disney. Gepetto a la réputation de haïr les enfants, alors il est envoyé en prison, tout le monde étant persuadé qu’il maltraite Pinocchio. Ce dernier est bien content parce qu’il voit là l’occasion de vivre sa vie comme bon lui semble, sans avoir à obéir à un père qui ne peut même pas subvenir à ses besoins. Point de Jiminy Cricket ici, il s’agit d’un véritable criquet sans nom qui tente de raisonner Pinocchio en lui rappelant qu’il ferait mieux d’obéir à Gepetto, et qu’après tout il est fait de bois et que franchement, il mériterait une bonne correction. Après ça, Pinocchio le tue accidentellement avec un marteau.

Puisque son père est en prison, Pinocchio en est réduit à mendier dans les rues pour gratter un peu de nourriture, sans succès. A vrai dire, il se fait balancer de l’eau glacée sur la tronche, et rentre chez lui tout gelé. En tentant de se réchauffer près de la cheminée, il s’endort, et ses pieds prennent feu.

Gepetto finit par être relâché et retrouve son fiston pour enfin… continuer à vivre dans une extrême pauvreté. Gepetto est même forcé de vendre son manteau pour acheter des livres d’école à Pinocchio (qui est loin d’être un élève assidu). Mais il doit bien y avoir une fin heureuse pour une histoire comme celle-ci non ? Faux. Après avoir vécu toutes les aventures qu’on lui connait, Pinocchio finira pendu pour toutes ses fautes. Zi end.

Et pour 5 autres vérités, c’est par ici !

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Jack Parker est rédactrice multifonction pour madmoiZelle depuis janvier 2009. Elle aime tout ce qui se rapporte à la pop culture américaine, aux animaux, aux trucs bizarres qu'on trouve dans le monde et se nourrit essentiellement de films d'horreur et de nouilles instantanées.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. mystickgrisemystickgrise

    Le 06 mai 2013 à 15:02

    Posté par shlagapouf
    A l'origine, c'était bien une pantoufle de vair, mais la chaussure en peau de bête, ça devait pas être très vendeur pour Disney, alors ils ont changé ! :taquin:

    Es tu sûr car pour une fois il me semble que ce n'est pas disney qui est en tord ;)
    Je dis ça car dans le conte original il est bel et bien écrit "verre".
    De plus les versions traduites en anglais datant d'avant le dessin animé parlent de "Little Glass Slipper"
  2. LubellileLubellile

    Le 06 mai 2013 à 16:18

    Posté par jack-parker
    Sisi, elle est bien là ! :) (Et merci :coeur: ;).

    Oh merci :)
  3. ShlagapoufShlagapouf

    Le 06 mai 2013 à 16:25

    Posté par mystickgrise
    Es tu sûr car pour une fois il me semble que ce n'est pas disney qui est en tord ;)
    Je dis ça car dans le conte original il est bel et bien écrit "verre".
    De plus les versions traduites en anglais datant d'avant le dessin animé parlent de "Little Glass Slipper"

    Vu toutes les versions qui existent, j'ai du en lire une qui parlait de chaussure en poil d'écureuil, quand j'étais petite ! C'est vrai que la version avec la pantoufle en verre semble être la plus ancienne, mais comme on se racontait les histoires oralement, elles ont évolué, c'est pareil pour celle là ! Honnêtement, on trouve tellement de versions différentes, avec des chaussures en verre/vair/fer… Dans tous les cas, ça doit pas être hyper confortable ! :eh:
    Et puis imaginer la Cendrillon de Disney avec ces godasses… comment dire… :surprised:
  4. Jack ParkerJack Parker

    Le 06 mai 2013 à 16:55

    Posté par shlagapouf
    Vu toutes les versions qui existent, j'ai du en lire une qui parlait de chaussure en poil d'écureuil, quand j'étais petite ! C'est vrai que la version avec la pantoufle en verre semble être la plus ancienne, mais comme on se racontait les histoires oralement, elles ont évolué, c'est pareil pour celle là ! Honnêtement, on trouve tellement de versions différentes, avec des chaussures en verre/vair/fer… Dans tous les cas, ça doit pas être hyper confortable ! :eh:
    Et puis imaginer la Cendrillon de Disney avec ces godasses… comment dire… :surprised:

    Et voilà, maintenant j'imagine le Prince Charmant qui chante "Je suis fou de toi Cendri-Cendrillon".
  5. mystickgrisemystickgrise

    Le 06 mai 2013 à 16:57

    Posté par shlagapouf
    Vu toutes les versions qui existent, j'ai du en lire une qui parlait de chaussure en poil d'écureuil, quand j'étais petite ! C'est vrai que la version avec la pantoufle en verre semble être la plus ancienne, mais comme on se racontait les histoires oralement, elles ont évolué, c'est pareil pour celle là ! Honnêtement, on trouve tellement de versions différentes, avec des chaussures en verre/vair/fer… Dans tous les cas, ça doit pas être hyper confortable ! :eh:
    Et puis imaginer la Cendrillon de Disney avec ces godasses… comment dire… :surprised:

    Arggg! Beaucoup moins glamour.
    Je vais essayer de garder en tête la jolie pantoufle de verre de disney mais ce n'est pas gagné ^^
  6. SillSill

    Le 14 décembre 2013 à 00:18

    J'avais lu le comte d'Andersen de La Petite Sirène quand j'étais assez jeune, ça m'avait rendu tellement triste cette fin :(.
  7. NettleNettle

    Le 04 juillet 2014 à 09:57

    A propos de cette fameuse pantoufle qui fait débat, on trouve dans le livre Contes (de Perrault donc), édition Le livre de poche, une note de bas de page qui dit :

    "L"édition de 1697 porte bien verre, donnée traditionnelle dans le folklore, puisqu'on retrouve des pantoufles de verre ou cristal dans des contes catalans, écossais, irlandais. Il n'empêche que Balzac et Littré voulaient, au nom de la raison, corriger cette graphie en vair (petit-gris, écureuil). Cendrillon irait alors danser en chaussures fourrées. Cette correction n'apporte cependant pas toute satisfaction, car outre que l'on ne fourra jamais par le passé de petit-gris des chaussures, de tels souliers ne semblent pas adaptés à la danse. Sagement, il faut conserver ces poétiques et merveilleuses pantoufles de verre."
  8. lafeemandarinelafeemandarine

    Le 04 juillet 2014 à 12:49

    Pour être parfaitement honnête, je préfère DE BEAUCOUP la version d'Andersen.

    Dans les deux cas, on a une ado qui veut épouser un type avec qui elle n'a jamais eu une seule conversation (très malin). Seulement, chez Andersen, la sirène souhaite avant tout acquérir une âme immortelle, ce qui fait un peu plus "philosophique". Quand elle apprend que le type dont elle est amoureuse en aime déjà une autre, au lieu de crier à l'injustice et de se plaindre d'être dans la "friendzone", elle accepte qu'il puisse ne pas être attiré par elle (ça peut arriver à tout le monde, après tout). Après sa "mort", elle évolue en un être qui peut acquérir une âme immortelle.

    En plus de ça, il y a chez Andersen une solidarité féminine qu'on ne retrouve pas chez Disney, avec les sirènes qui sacrifient leurs cheveux pour aider leur petite soeur. Les sirènes de Disney ne lèvent même pas le petit doigt quand la petite dernière se met en danger et je trouve ça vraiment triste.

    Le message de Disney est clair: si un-e partenaire ne veut pas de toi, c'est une injustice! Insiste encore et encore, même s'il a déjà une copine! C'est une excellente idée d'abandonner tes soeurs et tout ce qui compte pour toi pour un type à qui tu n'as jamais parlé! De toute façon, ta rivale est forcément méchante et obèse (bonjour la grossophobie, j'aimerais bien que Disney nous ponde une héroïne sympa taille 46 un jour, ça nous changerait un peu).

    Je conçois qu'on puisse trouver la version d'Andersen très triste mais pour moi, elle sonne comme un avertissement: tout plaquer pour un type qu'on ne connaît même pas, c'est une mauvaise idée. En outre, d'une certaine façon, je trouve la fin du Disney assez triste aussi: la fille veut toujours épouser le prince alors qu'elle a la preuve qu'il ne l'aime que pour sa voix (il s'est détourné vers Ursula quand elle lui a fait entendre la voix d'Ariel). Imaginez qu'elle attrape, mettons, un problème aux cordes vocales et qu'elle perde sa voix pour de bon: que fait-il? Il demande le divorce?

  9. agapanthe7agapanthe7

    Le 04 juillet 2014 à 17:22

    Posté par lafeemandarine
    Pour être parfaitement honnête, je préfère DE BEAUCOUP la version d'Andersen.

    Dans les deux cas, on a une ado qui veut épouser un type avec qui elle n'a jamais eu une seule conversation (très malin). Seulement, chez Andersen, la sirène souhaite avant tout acquérir une âme immortelle, ce qui fait un peu plus "philosophique". Quand elle apprend que le type dont elle est amoureuse en aime déjà une autre, au lieu de crier à l'injustice et de se plaindre d'être dans la "friendzone", elle accepte qu'il puisse ne pas être attiré par elle (ça peut arriver à tout le monde, après tout). Après sa "mort", elle évolue en un être qui peut acquérir une âme immortelle.

    En plus de ça, il y a chez Andersen une solidarité féminine qu'on ne retrouve pas chez Disney, avec les sirènes qui sacrifient leurs cheveux pour aider leur petite soeur. Les sirènes de Disney ne lèvent même pas le petit doigt quand la petite dernière se met en danger et je trouve ça vraiment triste.

    Le message de Disney est clair: si un-e partenaire ne veut pas de toi, c'est une injustice! Insiste encore et encore, même s'il a déjà une copine! C'est une excellente idée d'abandonner tes soeurs et tout ce qui compte pour toi pour un type à qui tu n'as jamais parlé! De toute façon, ta rivale est forcément méchante et obèse (bonjour la grossophobie, j'aimerais bien que Disney nous ponde une héroïne sympa taille 46 un jour, ça nous changerait un peu).

    Je conçois qu'on puisse trouver la version d'Andersen très triste mais pour moi, elle sonne comme un avertissement: tout plaquer pour un type qu'on ne connaît même pas, c'est une mauvaise idée. En outre, d'une certaine façon, je trouve la fin du Disney assez triste aussi: la fille veut toujours épouser le prince alors qu'elle a la preuve qu'il ne l'aime que pour sa voix (il s'est détourné vers Ursula quand elle lui a fait entendre la voix d'Ariel). Imaginez qu'elle attrape, mettons, un problème aux cordes vocales et qu'elle perde sa voix pour de bon: que fait-il? Il demande le divorce?


    Tiens, je voyais pas le conte d'Andersen sous cet angle la.
    J'y voyais davantage une satire sociale, la sirène n'étant pas du même monde que le prince, et ne pouvant donc prétendre être sa femme.

    Pour les représentations caricaturales de la bonne qui est belle(sirène) et de la méchante moche, j'imagine que Disney a voulu rendre la chose la plus manichéenne possible pour en venir au fait…Enfin, on aime bien cracher su Disney(parfois à raison), mais je sais que leurs travaux sur des dessins animés plus adultes et profonds ont été mal reçus à l'époque(Fantasia, Taram, Bernard et Bianca), du coup, un peu par facilité et beaucoup pour des raisons pécuniaires, ils se sont rabattus sur le nunuche et le mièvre.
  10. MsOriginalDollMsOriginalDoll

    Le 16 juillet 2014 à 13:30

    La pire histoire selon moi reste celle de la Belle au Bois Dormant où elle se fait violer, c'est quand même hyper glauque… :/

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