Les Colts de l’Or Noir, un acid western landais

Si Sergio Leone avait eu quelques dollars de moins, il aurait sûrement planté sa tente de tournage aux abords de Cestas et de Bretagne-de-Marsan comme Perre Romanello, jeune réalisateur de vingt-neuf piges qui voit aujourd’hui son film, Les Colts de l’Or Noir, sortir en salles. L’affiche fleure bon le whisky bon marché, la barbe crasseuse […]

Les Colts de l’Or Noir, un acid western landais

Si Sergio Leone avait eu quelques dollars de moins, il aurait sûrement planté sa tente de tournage aux abords de Cestas et de Bretagne-de-Marsan comme Perre Romanello, jeune réalisateur de vingt-neuf piges qui voit aujourd’hui son film, Les Colts de l’Or Noir, sortir en salles.

L’affiche fleure bon le whisky bon marché, la barbe crasseuse et la gâchette facile. Avec un budget de 8000 euros bouclé à coups de subventions du Conseil Général des Landes, de la région Aquitaine et la CAF des Landes (entres autres), Les Colts de l’Or Noir invente un nouveau genre : le western cassoulet. L’action se place dans la petite ville de Fort River, à la fin du XIXème siècle, où un sale type véreux entend bien conquérir les terres des fermiers pour en puiser le pétrole. Il y a Mike, le « bon », John McCandle, « la brute » et Mr. Trevis, « le truand », des pedzouilles pugnaces, et bien sûr des cowboys aux pantalons maculés de poussière grisâtre. On y voit même même des chevaux au regard suspicieux (cf bande-annonce) :

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Pour autant, faut-il se moquer ? Les décors ont certes été construits à partir de deux-trois bouts de ficelle, les acteurs ne sont pas tous professionnels (le journal Sud Ouest raconte que certains d’entre eux ont un accent gascon bien prononcé, oh ironie !), et c’est presque regrettable que ce premier long-métrage ait été tourné en caméra HD numérique : un léger grain aurait fini d’achever mon pré-amour pour Les Colts de l’Or Noir. Mais s’il y a bien un genre où le kitsch et l’imperfection siéent à merveille, c’est le western. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un réalisateur français bercé aux mélodies d’Ennio Morricone se lance à la conquête de l’Ouest, puisqu’il existe aussi :

Les Pétroleuses, de Christian-Jaque, sorti en 1971 avec les sublimes Brigitte Bardot et Claudia Cardinale, très réussi, au même titre que Viva Maria ! de Louis Malle… sans oublier Une Corde, Un Colt, réalisé par Robert Hossein, et dans le registre humour pouet-pouet à la française, Fernand Cow-Boy :

Malheureusement, pour des raisons financières, la distribution des Colts de L’Or Noir est faible. On le trouve :

– au cinéma Le Royal de Mont-de-Marsan.
– à l’Appolo de Pontault-Combault.
– au Publicis, sur les Champs-Elysées à Paris à partir de samedi.
– au cinéma Le Paris de Forbach.

Tout ceci me donne envie d’acheter un ranch dans le Tennessee.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Fée Paradis
    Fée Paradis, Le 16 juin 2010 à 17h10

    il ne faut pas oublier "l'inoubliable" prestation de Johnny Halliday dans Le Spécialiste de Sergio Corbucci ... Du grand art !
    Je regrette beaucoup de ne pas pouvoir voir celui-ci en salle, j'espère qu'il sortira un jour en DVD.

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