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Réforme du CMG : une « bombe sociale » pour les parents et les assistantes maternelles

Le 1ᵉʳ octobre 2025 marque le passage à une nouvelle formule du Complément de libre choix du mode de garde (CMG). Conçu pour simplifier les aides à la garde d’enfant, ce dispositif révisé suscite au contraire une profonde inquiétude : l’UNAF (Union nationale des associations familiales) alerte sur des effets délétères, tandis qu’une pétition lancée par des assistantes maternelles met en lumière une détresse grandissante. Cet article décrypte les enjeux de cette réforme et ses conséquences sur les familles.

Un changement présenté comme simplification, mais générateur de perdants

Le CMG, qui aide les parents à financer la garde de leurs enfants (assistante maternelle, garde à domicile, etc.), subit une refonte du mode de calcul de ses aides. L’objectif annoncé était d’harmoniser les dispositifs, de réduire les écarts injustes et de rendre le système plus lisible. Mais dans les faits, de nombreux parents et professionnelles dénoncent des « pertes financières » importantes.

Selon le récit d’Angélique, assistante maternelle à l’initiative de la pétition, « des milliers de parents employeurs [sont] en grande détresse face aux nouvelles charges financières » liées à cette réforme.

Elle pointe des hausses de charges patronales que certaines familles ne peuvent plus assumer, ce qui fragilise les contrats de garde, voire les rend inaccessibles.

La pétition appelle le gouvernement à revoir le dispositif en concertation avec les représentants des familles et des professionnels. Le texte insiste : la garde d’enfants doit rester accessible sans conduire à une précarité accrue.

L’UNAF, de son côté, appelle les parents à témoigner des impacts vécus et à faire remonter les situations critiques afin de nourrir l’évaluation à venir.

Une pétition comme cri d’alerte collectif

Une semaine après son lancement, la pétition atteint déjà près de 5000 signatures. Dans ses commentaires, assistantes maternelles et parents décrivent des situations très concrètes : contrats supprimés, heures réduites, salaires remis en cause, insécurité sur l’avenir professionnel.

Une parent isolée aurait perdu son contrat périscolaire, incapable de faire face au surcoût lié à la réforme. Plusieurs professionnelles craignent que le métier ne devienne trop précaire pour être viable à long terme.

Mais quelques voix mentionnent aussi des cas de situations moins défavorisées, où le gain serait neutre ou même positif — selon le nombre d’heures, la structure des gardes, etc. Toutefois, le sentiment dominant est celui d’un dispositif mal calibré et injuste pour de nombreux foyers.

Une évaluation prévue d’ici 12 à 18 mois

Face à la montée de contestations, le gouvernement défend encore la réforme et promet des ajustements futurs. Pauline Domingo, de la DGCS, rappelle que l’efficacité du nouveau dispositif sera évaluée dans une fenêtre de 12 à 18 mois. Elle évoque également une possible hausse progressive des salaires médians des assistantes maternelles.

Mais ce calendrier soulève déjà des critiques : pour les familles qui subissent des pertes dès aujourd’hui, attendre plus d’un an pour des ajustements peut s’apparenter à une promesse trop lointaine.

Un représentant de la CGT services à la personne note que la réforme crée mécaniquement des perdants — qui seraient au nombre de 42 %. Tout en appelant à la prudence sur les chiffres diffusés sur les réseaux sociaux, il reconnaît le malaise latent.

Ce que les parents peuvent faire pour se protéger

À ce stade, il y a peu de marge de manœuvre pour inverser les effets immédiats, mais quelques pistes peuvent aider :

  • Témoigner auprès de l’UNAF ou via la pétition pour documenter les situations réelles (charges, pertes de contrat, etc.).
  • Vérifier avec l’assistante maternelle ou le service de garde les nouveaux calculs appliqués et demander des simulations.
  • Considérer d’autres modes de garde (crèche, halte-garderie) si ceux-ci restent plus stables ou moins pénalisés.
  • Suivre les communications des associations familiales, des syndicats et des structures d’accueil petite enfance pour être informé·e·s des évolutions.

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