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Pourquoi Scream est un slasher plus féministe qu’il n’y parait // Source : Scream 6
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Pourquoi Scream est un slasher plus féministe qu’il n’y parait

Alors que Ghostface reprend du service dans Scream 6, analyse d’une franchise qui accompagne plusieurs générations de femmes depuis la fin des années 90.

Sous-genre horrifique popularisé à la fin des années 1970 par Halloween, le slasher (de « to slash », soit « trancher ») met en scène un groupe de personnes, en général des jeunes gens fêtards, aux prises avec un tueur masqué bien décidé à les trucider un par un. Parfois, la psychopathe est une femme (dès Vendredi 13, en 1980) et les protagonistes masculins en prennent aussi pour leur grade. Mais le slasher a toujours eu tendance à mettre en scène des tueurs masculins en train de courser de jeunes femmes en petite tenue, qui s’époumonent dans tous les sens, tombent inexplicablement dans des couloirs sans obstacles, avant de mourir dans d’atroces souffrances. 

Les nouvelles guerrières

Sorti en 1996, le premier Scream, écrit par Kevin Williamson, dézingue les tropes sexistes du genre. Dans une scène, Sidney Prescott (Neve Campbell), explique pourquoi elle n’aime pas les films d’horreur :

« C’est toujours le même scénario, toujours le même débile mental qui poursuit une jolie petite minette avec des gros seins qui court s’enfermer dans sa chambre au lieu de se tirer de chez elle, c’est consternant ! »

Héritière de Laurie Strode, Sidney représente l’archétype de la « final girl », la seule qui survive dans ce genre de films. Kevin Williamson explique : « En tant qu’enfant gay, je m’identifiais à la ‘final girl’ et à son combat parce que c’est aussi ce qu’il faut faire pour survivre en tant que jeune gay. Vous regardez cette fille survivre à l’horreur et aux traumatismes qu’elle subit. »

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Au fil des volets de Scream, Sidney Prescott est devenue un role model, une combattante résiliente, qui refuse d’être cantonnée à son statut de victime. Elle n’est pas la seule final girl. Dans un autre film, l’ambitieuse journaliste Gale Weathers (Courteney Cox) aurait fini en chair à canon. Dans Scream et ses suites, ce personnage fun et intelligent a le loisir d’évoluer. Sidney et Gale sont des guerrières pleines de ressources, qui triomphent toujours de Ghostface, en général pas très futé. À part quand c’est une femme ? La psychopathe la plus proche de réussir son coup reste Jill Roberts (Emma Roberts) dans le quatrième volet. La cousine de Sidney a réussi à se faire passer pour la nouvelle final girl avant de révéler son vrai visage.  

Scream aborde également des sujets féministes. Billy explique à Sid qu’il a tué Maureen Prescott, car elle entretenait une relation extra-conjugale avec son père. Pour le tueur, tout est de la faute de la mère de Sidney. Vous avez dit double standard sexiste ? Sorti en 2000, Scream 3 revient sur le passé de Maureen à Hollywood, où elle a été victime d’un viol collectif. Le producteur John Milton raconte :

« C’était les années 70, tout était différent. Rina connaissait le topo [….] Rien ne lui est arrivé qu’elle n’ait provoqué, d’une façon ou d’une autre. »

Argument d’une autre époque (utilisé dans l’affaire Polanski), technique du victim-blaming, slut-shaming, impunité… L’intrigue résonne avec le mouvement Me Too, médiatisé 17 ans plus tard par plusieurs actrices hollywoodiennes, victimes du prédateur sexuel Harvey Weinstein.

Les personnages racisés dans Scream : de la BFF noire à l’héroïne latinx 

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Scream 2 pose la question de la représentation des personnes racisées. Dans la scène d’introduction, Maureen (Jada Pinkett Smith) pointe du doigt la blanchité des films d’horreur. Hallie (Elise Neal), la meilleure amie de Sidney, correspond au cliché de la « meilleure amie racisée », uniquement présente pour mettre l’héroïne en valeur. Le caméraman de Gale, Joel, a lui bien conscience de sa couleur de peau : « On sait que les Noirs ne font jamais de vieux os dans ce genre de situations ». Si les deux volets suivants s’avèrent très blancs, la franchise se rattrape depuis 2022. Scream 5 a introduit deux nouvelles final girls, Sam et sa petite sœur Tara Carpenter, interprétées par l’actrice mexicaine Melissa Barrera et Jenna Ortega, comédienne américaine, d’origine mexicaine-portoricaine.

Sorti le 8 mars dernier, Scream 6 – qui se passe pour la première fois de Neve Campbell en raison d’un conflit salarial – est déjà un succès au box-office, notamment auprès du public latinx. Preuve, s’il en fallait, que deux actrices racisées peuvent porter sur leurs épaules une franchise horrifique. Cette dernière explore avec justesse le lien sororal qui unit Sam et Tara. Les deux derniers Scream ont aussi invité au massacre un attachant duo de frère et sœur noirs, Chad (Mason Gooding) et Mindy Meeks-Martin (Jasmin Savoy Brown). Ouvertement lesbienne, Mindy devient le premier personnage LGBTQ+ de la franchise.

Dans la lignée du final de Scream 5, le sixième volet se penche sur la violence féminine, en particulier celle de Sam. Fille cachée de Billy Loomis, cette héroïne dark ne se défend pas, elle riposte. Toute sa rage explose quand elle fonce sur Ghostface pour lui régler son compte à l’aide d’une dizaine de coups de couteau. Aurait-elle hérité de la violence de son père ? On avancera une autre théorie : Sam a le culot de répondre à une violence patriarcale par de la violence féminine. Et la violence des femmes, ces petites choses si douces et si fragiles, fait peur. C’est à tous les Ghostface de ce monde de trembler désormais.


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