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Pop culture

Miguel, une réflexion sur l’adoption et ses enjeux

11 avr 2018
Comment être le père d’un enfant qui refuse d’être votre fils ? C’est la question douloureuse à laquelle Miguel, la série israélienne présentée à CanneSeries, tente de répondre.

Hier soir, au Palais des festivals, deux séries inédites avaient droit à leur projection.

J’étais placée deux rangs derrière les équipes, et pouvaient lire, lorsqu’elles sont arrivées dans la salle, l’émotion sur leurs visages.

La première est en grande partie israélienne, et a tout donné au niveau du style.

Une immense traine en tulle, des lunettes noires, une jupe très colorée : les talents de Miguel, on les remarque.

Et encore plus à l’écran…

Miguel, les difficultés de l’adoption

canneseries

Avant d’aller en projection, je ne vais quasiment jamais lire les synopsis. Je ne regarde même pas les photos.

Parce qu’en général, le pilote ne fait que poser des bases et présenter des personnages. Le cœur de l’intrigue n’y réside pas toujours.

Du coup, lire le synopsis, qui révèle les axes principaux de l’action, non merci. Je me ferais spoiler à tous les coups.

Par exemple, pour la série Mother, le résumé présent sur le site CanneSeries, dévoilait déjà se qui se passerait à partir de l’épisode 2. Je n’aurais donc eu aucun plaisir à découvrir les plot twists du pilote.

Pourquoi je te raconte ça ?

Parce qu’hier, en arrivant à la projection de Miguel, je n’avais AUCUNE idée de ce qu’était son sujet.

Depuis des jours, je voyais les acteurs déambuler sur la Croisette avec des looks toujours plus surprenants.

Dans un coin de ma tête, je les imaginais camper des rôles complètement excentriques, dans une fiction humoristique.

J’étais loin du compte…

Cette série israélienne s’ouvre sur deux visages lumineux. Un jeune homme aux cheveux blonds platines, et une femme typée à la tignasse bouclée.

Ils parlent hébreux. Autour d’eux, on parle espagnole.

Ils sont au Guatemala, et ne lâchent jamais leur petite caméra. Car ils s’apprêtent à vivre un moment fort : l’adoption d’un petit garçon.

En pénétrant dans l’orphelinat, la condition des enfants leur saute aux yeux. Mais peu importe, ils sont là pour en tirer un de cette misère.

Tom attend l’arrivée de son futur fils dans une petite salle pleine de couleurs. On lui sert un verre d’eau. Il s’impatiente. Sort 10 cadeaux de sa valise, les dispose par terre comme aux pieds d’un sapin. Souffle. Boit son verre d’eau. Transpire.

Sa femme, qu’il a épousé pour pouvoir adopter plus facilement (Tom est gay), le prévient au dernier moment :

« Tu fais une erreur »

L’enfant pénètre dans la salle. Apparemment abattu, il ne montre aucune chaleur.

Débute une succession de scènes douloureuses, dans lesquelles l’enfant rejette son nouveau père.

À tel point que celui-ci manque de baisser les bras…

Miguel, à deux époques de sa vie

La série oscille entre l’adoption et la vie de jeune adulte de Miguel.

On suit donc Tom et son fils à deux époques distinctes.

Un secret est là, qui se cache. La rancœur est latente.

16 ans après son adoption, le jeune homme retourne au Guatemala, pour retrouver sa mère et renouer avec ses racines.

Tom l’y suit, pour l’empêcher de découvrir le secret qu’il dissimule depuis toutes ces années…

Miguel, c’est l’histoire d’un drame. Celui qu’on imagine pas forcément.

La série ose les questions douloureuses :

  • Est-il possible de ne pas aimer son enfant adoptif, et réciproquement ? 
  • Comment créer un lien avec un enfant inconnu ? 
  • Comment être le père d’un enfant qui refuse d’être votre fils ? 
  • Peut-on cohabiter longtemps avec quelqu’un pour qui on n’éprouve aucune affection ?
  • Peut-on forcer l’amour ? 

Autant d’interrogations qui m’ont trotté dans la tête toute la soirée.

J’ai beaucoup souffert avec l’un comme avec l’autre personnage, hier soir. L’intrigue est façonnée de telle sorte qu’il est possible de se mettre dans les pompes de Tom ET dans celles de Miguel.

Cette fiction en plusieurs épisodes, créée par Daphna Levin, m’a placée face à une réalité jusqu’alors ignorée. 

Et c’est aussi à ça que sert le divertissement. À éduquer, à instruire, et à poser des questions nécessaires.

Je n’ai pas encore d’infos sur la distribution de Miguel, mais celles-ci devraient tomber rapidement.

À lire aussi : Mother, une nouvelle série coréenne puissante et douloureuse

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