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Au Kenya, « No Means No » apprend le consentement aux garçons et aux filles

Au Kenya, depuis 2010, un programme apprend aux filles à se défendre contre les violences sexuelles, et aux garçons à ne pas agresser. Et ça porte ses fruits !

Au Kenya, les chiffres du viol sont plus qu’inquiétants : une femme sur quatre a déjà été violée, selon des chiffres fournis par l’organisme de bienfaisance Ujamaa Africa, qui souligne que le phénomène touche aussi les écolières dans les bidonvilles les plus pauvres de la capitale. Une étude menée par le gouvernement kenyan en 2009 montrait quant à elle qu’au moins une femme entre 15 et 45 ans sur cinq avait été victime d’agression sexuelle.

Pour lutter contre ce phénomène, Ujamaa Africa a lancé en 2010 un premier dispositif, No Means No Worldwide. Il proposait des cours d’autodéfense aux femmes et aux écolières de Nairobi et des régions pauvres du pays, pour leur apprendre à se battre contre le viol et à reprendre le pouvoir. En effet :

« L’entraînement à l’auto-défense peut élever les chances pour une femme ou un enfant de reprendre le dessus dans une agression sexuelle à 85%. »

Au fil des sessions de cours avec les femmes et filles kenyanes, il s’est avéré que la menace venait souvent d’hommes proches, qui considéraient que le port d’une mini-jupe, un rendez-vous amoureux onéreux ou le fait de sortir seule et tard, représentaient autant de points qui, dans leur tête, justifiaient le viol.

À lire aussi : Le consentement expliqué par des métaphores toutes simples

Pour que les choses évoluent vraiment, il ne suffit pas d’apprendre aux femmes à se défendre contre les agressions : il faut surtout apprendre aux hommes à ne pas agresser. C’est donc l’objectif que s’est donné Ujamaa Africa avec un second programme, Your Moment Of Truth, cette fois destiné aux hommes et aux garçons :

« Nous pensons que la meilleure réaction face à cette épidémie d’agressions sexuelles est de faire prendre conscience, à nos étudiants comme à nos étudiantes, des causes et effets de la violence sexuelle liée au genre, et de leur donner les capacités d’intervenir ou de l’éviter. »

Actuellement, l’organisme organise des sessions de six semaines par an, trois fois dans une année scolaire, et touche entre 7000 et 9000 élèves par session.

Et si l’on en croit les récents événements, le dispositif commence à porter ses fruits ! En mars 2015, un écolier qui avait été formé à la lutte contre le viol a alerté ses camarades après avoir vu un homme entraîner une fillette avec lui et tenter de lui retirer sa couche-culotte, rapporte Reuters. Il a ainsi évité une issue qui aurait pu s’avérer dramatique.

Les chiffres du viol par des amis et petits amis ont diminué de 20% dans les écoles où les garçons ont suivi le programme Your Moment of Truth, rapporte Upworthy cette année. Le Journal of Interpersonal Violence a également réalisé une étude (pas encore publiée) qui montre que les garçons qui ont suivi le programme sont plus susceptibles d’intervenir lorsqu’ils voient une fille se faire agresser, et ont tendance à moins harceler les filles verbalement.

À lire aussi : Messieurs, l’égalité hommes-femmes ne se fera pas sans vous

D’ici 2017, tous les élèves de l’enseignement secondaire à Nairobi devraient avoir suivi ce programme de prévention des agressions sexuelles. Une bien belle idée pour l’avenir, dont on pourrait s’inspirer même chez nous !


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Les Commentaires

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Avatar de MllsOwl
12 septembre 2015 à 14h09
MllsOwl
Je ne pense pas que l'éducation sexuelle soit vraiment adaptée aux élèves de France , dans notre société actuelle les collégiens savent déjà assez de chose sur le sujet étudié en classe. Les questions sur le consentement comme cette très belle initiative ou même le respect de l'autre ne sont pas assez ( voir pas du tout ) évoquées alors que bon, lors de la reproduction entres deux êtres humains cela me semble quand même être le plus important. ( avec la contraception bien évidemment ) .
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Voir les 5 commentaires

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