L’état d’urgence sanitaire est levé, mais il faut rester vigilantes

Le gouvernement va lever l'état d'urgence sanitaire. C'est l'été, tu pars peut-être en vacances et tu en as marre qu'on te rabâche les gestes barrières ? Attention : un relâchement pourrait avoir des conséquences !

L’état d’urgence sanitaire est levé, mais il faut rester vigilantesCrédit : Anna Shvets / Pexels

En mars dernier, le gouvernement a décrété l’état d’urgence sanitaire, et avec lui, tout un tas de mesures permettant de protéger les citoyens et entreprises les plus fragiles. Ce 11 juillet, cet état d’urgence sanitaire va être levé.

Cela signifie, en vrac, que les stades et hippodromes vont réouvrir, la trêve hivernale et les expulsions locatives vont reprendre (c’est le 31 mars habituellement), le délai de carence lors d’un arrêt maladie sera réappliqué et les heures supplémentaires au-delà de 5000€ seront resoumises au prélèvement.

En parallèle, depuis plusieurs jours, le conseil scientifique et des experts tentent d’alerter la population sur la possible reprise de la pandémie du Covid-19.

Tu es peut-être déjà en vacances, tu as peut-être voulu relâcher tes efforts après un début d’année très compliqué, tu as peut-être envie d’oublier tout ça… C’est complètement normal !

Malheureusement, le virus circule toujours sur le territoire et si nous n’y prenons pas garde collectivement, les risques sont conséquents.

Santé Publique France, l’institution qui établit chaque semaine un bulletin national sur l’état de la pandémie, note une forte diminution des précautions et gestes barrières, ce qui pourrait faire craindre un rebond plus rapide que prévu.

Les signes que le virus Covid-19 circule toujours

Si tu n’es pas scotchée à l’actu au quotidien, tu es peut-être passée à côté de plusieurs infos au sujet du coronavirus.

Si en Guyane, à Mayotte et en Mayenne, le virus circule à un niveau élevé et engendre une pression très forte sur le système hospitalier, la situation en France métropolitaine reste contrôlable.

D’après Santé Publique France :

En France et à l’exception de la Mayenne, de la Guyane et de Mayotte

  • Nouvelle tendance à l’augmentation de la circulation du virus SARS-COV-2, mais maintien de la circulation virale à un niveau bas
  • Nombre hebdomadaire de clusters signalés stable sur les 5 dernières semaines

Avant mi-avril 2020, 6,7% de la population de France métropolitaine était infectée par le SARS-CoV-2, soit 4 368 000 personnes.

Ce jeudi, la France dénombrait 29 979 morts depuis le début de l’épidémie et 129 foyers étaient en cours d’évaluation.

En parallèle des dépistages et des malades dans les hôpitaux, les autorités planchent sur de nouvelles méthodologies pour repérer des niveaux de contamination sans test.

L’Agence régionale de santé (ARS), Eau de Paris et le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne tentent de traquer les traces de virus dans les eaux parisiennes.

Ces analyses permettraient de déployer de nouveaux dispositifs très localisés :

« L’analyse des eaux usées est un outil intéressant pour déployer des mesures ciblées : mise en place de barnums [où les habitants peuvent aller se faire tester], envoi de bons par l’Assurance-maladie [pour un dépistage gratuit]», énumère M. Rousseau, en précisant que 700 000 courriers ont déjà été envoyés en Ile-de-France.

L’idée serait de mettre en place des capteurs, à des points précis, afin de pouvoir relier le flux d’eaux analysées à un quartier par exemple, et de recouper ces données avec les résultats de tests virologiques enregistrés dans la base Sidep (service intégré de dépistage et de prévention).

La dernière semaine de juin, les appels à SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 ont augmenté de 39% en Île-de-France, et de nouveau de 39% la semaine suivante.

Que se passe-t-il si la pandémie de Covid-19 rebondit ?

Il ne s’agit pas ici de céder à la panique, mais il faut prendre conscience collectivement que notre relâchement n’est pas sans conséquences.

Dans un entretien accordé au Monde, l’infectiologue Jean-François Delfraissy affirme qu’il « ne voit pas comment » on éviterait une résurgence du Covid-19 dans l’hémisphère Nord à l’automne :

« Le virus continue à circuler, certes de façon beaucoup plus lente, beaucoup plus contrôlée, mais il est toujours là. L’été pourrait se passer dans des conditions optimales, à condition que les mesures de distanciation sociale se poursuivent.

Or, je suis frappé de voir que ce n’est pas le cas. Le port du masque dans les transports publics est bien respecté, à la fois parce que c’est obligatoire, et aussi parce que les citoyens eux-mêmes n’hésitent pas à demander à ceux qui n’en portent pas de descendre à la prochaine station.

En revanche, les mesures de distanciation sociale sont en train de nous échapper. Il faut que tout le monde comprenne que – sans même parler de la deuxième vague – nous sommes à la merci d’une reprise en France.

On le sait maintenant : il suffit qu’il y ait un supercontaminateur dans une assemblée et ça repart comme à Mulhouse. »

Le directeur général de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, confiait cette semaine au Figaro le plan d’action prévu en cas de rebond :

« Si la situation se dégrade à nouveau, nous avons à disposition plusieurs mesures de gestion du risque : l’information locale, la protection des plus fragiles, le renforcement des mesures barrières, envisager des mesures de limitation des déplacements par exemple. »

Comment éviter la propagation du Covid-19 ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (l’OMS), la transmission aérienne du virus ne peut pas être exclue.

En clair : les postillons (aussi appelées gouttelettes) peuvent rester en suspension et être inspirés par d’autres personnes… ce qui peut amener à une contamination.

Pour minimiser les risques d’infection, tu peux mettre en application des habitudes très simples.

Évite de parler fort et trop près des gens

Plus tu parles fort, plus tu émets de microgouttelettes.

En soirée dans un bar, sur une terrasse bondée, dans un espace particulièrement bruyant, essaie de garder tes distances avec les gens qui t’entourent et si possible, porte un masque.

En intérieur, crée régulièrement un courant d’air

Dans une simulation visuelle, une équipe japonaise démontre comment les gouttelettes se déplacent dans l’air lorsqu’une personne éternue ou parle fort.

Ouvrir la fenêtre et faire un courant d’air régulier permet d’éliminer les potentielles microgouttelettes en suspension en les empêchant de stagner.

Maintiens les gestes barrières

Porter un masque dans les transports, éviter les embrassades, se réunir uniquement en petits groupes, se laver régulièrement les mains, maintenir une distance avec les gens, éviter de se toucher le visage…

Toutes ces mesures de précaution n’ont pas disparu : elles ont un vrai impact sur la réduction de circulation du virus.

D’ailleurs, je te recommande vivement cette vidéo de Numerama pour comprendre les risques lorsqu’on porte mal son masque !

Avec la chaleur et les vacances, c’est bien sûr plus compliqué à appliquer mais chaque effort compte.

Et toi, observes-tu des changements de comportement autour de toi ? Vas-tu être plus vigilante ? Parlons-en dans les commentaires.

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Marie Camier Théron

Marie Camier Théron

Marie est responsable des événements pour madmoiZelle et Rockie. Elle prend parfois le clavier pour écrire sur la société numérique et la culture japonaise.

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Commentaires

TheMadTink

J'habite en région Parisienne et dans les bus quand les passagers montent sans masque c'est la berezina. Ça fait deux fois que des groupes de jeunes homme (est on surpris ?) montent dans le bus sans masque et les deux fois ils se sont fait embrouillé hyper vite par des petits vieux. Une fois tout le bus s'y est mit même, on les a foutu dehors.
 

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