Donne ton sang, les réserves sont basses !

Donnez votre sang, si vous le pouvez ! La journée mondiale des donneurs de sang a lieu le 14 juin, l'occasion de se sensibiliser à ce geste qui peut sauver bien des vies.

Donne ton sang, les réserves sont basses !
Donne ton sang

Une fois de plus, l’EFS appelle chacun et chacune d’entre nous à donner son sang (lorsqu’on le peut).

En effet, à l’approche de l’été, les réserves s’amenuisent pour cause de départ en vacances des donneurs réguliers… pourtant les besoins eux ne décroissent pas.

Les infos essentielles pour donner son sang :

Donnez votre sang !

Article initialement publié le 14 juin 2013

Aujourd’hui, 14 juin, se tient la journée mondiale des donneurs de sang !

C’est c’est l’occasion de revenir sur ce geste ô combien précieux qu’est le don de sang, et peut-être aussi de convertir quelques-unes d’entre vous à ma cause.

Heureusement pour toute la planète, je ne suis pas du genre « militante » ou « engagée ». Sauf pour le don du sang.

Vous savez, cette fanatique particulièrement agaçante qui vous fait bien comprendre que vous devriez mourir écrasé sous le poids de votre honte parce que vous n’adhérez pas à sa cause* ?

C’est moi (« Oui, mais ça compte pas, parce que là c’est pour sauver des vies », aha, vive la mauvaise foi).

Mais aujourd’hui, j’ai appris de mes erreurs. Je reviens donc avec vous sur cet acte généreux et magnifique, mais que vous ferez ou non, selon votre envie.

*J’exclus bien sûr les personnes incapables de donner pour des raisons médicales ou autres.

Le don du sang, à quoi/à qui ça sert ?

Le don du sang, donc, c’est quand quelqu’un vient gentiment donner son sang pour aider… pour aider qui, au juste ?

Eh bien, il y a deux utilisations principales aux petites poches rouges (pas que rouges d’ailleurs, comme vous le verrez plus bas) :

  • Soit elles seront utilisées lors d’opérations impliquant une hémorragie, dans des situations d’urgence, dans le cas des grands brûlés, bref, à la demande et de façon assez aléatoire*
  • Soit pour les personnes souffrant de maladies « du sang », des formes de cancers comme les leucémies qui réclament, de par la mauvaise qualité ou la quantité insuffisante de sang dans leur organisme, des transfusions régulières.

Exception faite pour l’auto-don, qui n’a pas grand-chose à voir.

En cas d’opération qui risque de te faire perdre beaucoup de sang, le chirurgien peut te proposer de prélever ton propre sang longtemps à l’avance, le temps que le stock se reconstitue, histoire d’avoir du rab d’un donneur forcément compatible (logique).

Donner « son sang », d’accord, mais pas uniquement

En effet, le « don du sang » n’est pas limité à ce qu’on appelle le don de sang total. Tu as aussi la possibilité de donner tes plaquettes ou ton plasma uniquement.

  • Dans le cas du don de sang total, on te prélèvera une poche de sang, hop hop hop, c’est fini mon kiki.
  • Dans les deux autres cas, on prélèvera le liquide visé par aphérèse : c’est-à-dire qu’on te prélève tout ton sang, qui part dans une machine qui trie tout ça, et te renvoie tout sauf le plasma/les plaquettes.

Tu peux te décider entre ces options pour des raisons médicales, parce que certaines de ces opérations ne sont pas possibles, ou au contraire décider de donner un peu de tout ça.

Leurs utilisations sont différentes, tout comme les conditions de don et les intervalles entre chaque don (deux semaines pour le plasma, quatre pour les plaquettes, huit pour le sang total).

Le don du sang, comment ça se passe ?

D’abord, si tu n’as jamais donné ton sang, il faut te présenter avec une pièce d’identité, voilà, c’est tout (par la suite, si tu donnes une deuxième fois, tu obtiendras une carte de donneuse de sang, qu’il te suffira de présenter).

Ensuite, comme pour tout le monde, tu iras voir d’abord un-e secrétaire, qui te donnera à remplir un questionnaire pré-don.

Une fois le questionnaire rempli, tu passeras voir dans son cabinet un médecin de l’EFS (Établissement Français du Sang), toute seule (ou accompagnée, si tu es d’accord), pour l’entretien médical.

Il reviendra avec toi sur ton questionnaire, te posera des questions sur ta santé, ton état de fatigue, tes allergies, tes derniers rapports sexuels aussi, parce que oui, ça compte (cf. plus bas), puis t’expliquera le déroulement du don.

Le prélèvement du sang

Et donc, que se passe-t-il ensuite ? Ensuite, on t’installe dans un fauteuil, où on te pique le bout du doigt pour une première analyse rapide, histoire de savoir si ton taux d’hémoglobine est suffisant ou non pour un prélèvement.

Ce taux dépend déjà de ton taux « naturel » (certains personnes ont plus d’hémoglobine que d’autres, c’est comme ça), de ton régime alimentaire, de tes dernières règles (quand tu les as ou qu’elles viennent de finir, forcément, ton taux est plus faible), etc.

Ensuite seulement, un-e infirmier-e te piquera dans le creux du coude avec une aiguille reliée à un tube lui-même relié à la fameuse poche de sang (enfin, future poche de ton sang qui va y descendre sous peu, quoi, là c’est juste une poche vide).

Dix minutes plus tard, donc, c’est techniquement bien une poche de sang, et hop, on te retire l’aiguille, te bande le bras, et tu peux descendre. Le tout dure de 30 à 45 minutes.

S’ensuit une collation obligatoire, à base de sauciflard, de Nutella ou de jus de fruit, ou tout ça en même temps si tu veux. Manger et boire en bonne quantité est très très fortement recommandé après le don (obligatoire, quoi).

En général, si tu as du temps devant toi, on te conseille de rester une vingtaine de minutes, comme ça tu es encore sous le nez des infirmier•es si jamais tu viens à te sentir mal.

Pourquoi donner son sang ?

Là, c’est mon couplet, celui avec lequel j’assomme les récalcitrants de mon entourage. Mon préféré.

Pourquoi donner ? Parce que le sang, c’est la vie, qu’avec cette pochette de sang, tu sauveras peut-être une vie, ou tu aideras à le faire : tu permettras qu’une opération se déroule au mieux, tu amélioreras la vie d’une personne souffrant d’une maladie chronique…

En bref, tu répandras le bieeeen autour de toi, et le karma te le rendra (enfin j’espère).

Parce qu’il est possible/probable (selon ta condition) que toi aussi, tu aies besoin de sang, un jour. Pourquoi ne pas rendre ce qui t’a été ou te sera si gracieusement offert ?

Et si tu n’en as pas besoin – je ne te souhaite que ça – eh bien, vas-y quand même dans le doute, on ne sait jamais.

Non, plus sérieusement, comme pour tout don, il s’agit de ton envie. Parce que tu trouves la cause noble, parce que tu trouves ça normal, parce que tu connais quelqu’un qui a besoin de sang, parce que tu as l’âme généreuse tout court, peu importe.

Et si ça ne te tente pas, eh bien, à ton aise ; parce que la vérité, c’est que tu fais bien ce que tu veux, surtout de ton corps et de ce qu’il contient.

Qui peut donner son sang ?

C’est là que les choses se corsent. Si les paragraphes précédents t’ont donné l’envie de donner (et dans ce cas laissez-moi mourir dans la paix, car ma mission sur Terre aura été accomplie), voici les conditions à remplir :

  • Avoir entre 18 et 65 ans.
  • Peser au moins 50 kg (rapport au volume prélevé par unité de sang : on prélève minimum 400 ml, ce qui rapporte à 50 kg) : parfois on te pèse, parfois pas. Il faut en peser 60 pour le don de plasma/plaquettes.
  • Ne pas avoir de maladie auto-immune, cancer, IST, toute maladie transmissible pas le sang, et donc ne pas être malade en général. Si tu l’as été récemment, une période de 15 jours est à observer avant de donner.
  • Il ne faut pas être fatigué, anémié, diabétique ou sujet aux crises d’épilepsie.
  • Ne pas avoir changé de partenaire sexuel dans les quatre derniers mois, ni être allé à l’étranger ou s’être fait percer ou tatouer n’importe quelle partie du corps.
  • Si tu es un homme homosexuel, des conditions d’abstinence spécifiques s’appliquent.

Témoignage d’une donneuse de sang

J’aurais pu envoyer ce petit mot à l’EFS, qui se fait une joie de les publier, mais je préfère le partager avec vous, les madmoiZelles, parce que, eh bien, vous êtes formidables, voilà.

Tout ça remonte à un souvenir, alors que j’avais 4 ans (souvenir probablement erroné car mes parents ne me laissaient jamais seule chez moi, mais passons).

J’ouvre la porte à mes parents qui reviennent du don du sang, et sur leur veste ils portent chacun une médaille : une goutte de sang sur une croix argentée (la croix grecque de la Croix Rouge hein, pas la croix de ce pauvre Djisus).

C’était ce que je voyais de plus beau, plus beau que tout ce que j’avais vu auparavant, et j’étais terriblement fière de mes parents. Ma Maman est infirmière, mon Papa travaille dans la police, ils donnaient leur sang : pour moi ils étaient des sauveurs de vie, plus que n’importe quel médecin.

Et ce jour-là, j’ai décidé : quand je serai grande, je donnerai mon sang aussi.

Est arrivée la fameuse majorité (déjà qu’avec mon année d’avance, j’avais dû en terminale regarder piteusement les majeurs y aller sans moi). Un mois après mon anniversaire, une collecte avait lieu à la fac.

Mais voilà, il me manquait bien 3 ou 4 kilos.

J’ai appelé mon médecin pour savoir comment prendre du poids rapidement sans me faire de mal, j’ai mangé comme une goinfre pendant les deux mois précédents, et finalement, j’y suis allée avec mon jean le plus épais, deux pulls et un sweat, et des sous-vêtement rembourrés de livres sterlings (histoire véridique).

Tout le monde me disait que je m’angoissais pour rien, que ce n’était pas ma pauvre pochette de sang qui allait faire la différence de toute façon (tout le monde sauf une amie précieuse, avec qui j’ai fait chacun de mes dons).

On me faisait comprendre que mon attitude était malsaine.

Peut-être que oui, d’ailleurs, c’est même ce que j’ai pensé en me relisant, seulement voilà : c’était mon rêve.

Je pourrais vous dire que le rêve de ma vie, c’était de laisser ma marque quelque part, de devenir mondialement connue pour une action héroïque, mais non : moi, je voulais donner mon sang, et c’est tout.

Finalement, on ne m’a pas pesée. Pourtant, avec toutes ces précautions, je les pesais, ces 52 kg, puisqu’on m’avait dit qu’ils enlevaient 2kg à notre poids habillé (enfin, disons 50 kg + 1,5 kg de vêtements + 0,5 kg de livres).

J’ai reçu fièrement ma carte de donneuse de sang, et depuis celle de potentielle donneuse de moelle, et bientôt celle de donneuse d’organes.

De la même façon que je trouve qu’être institutrice est le plus beau métier du monde, je suis heureuse, tous les jours, parce que quelque part, un jour, j’ai aidé quelqu’un.

Je ne saurais jamais qui, le don de sang étant bien sûr gratuit et anonyme, pour le donneur comme pour le receveur, je ne saurais jamais si ce sang est allé à quelqu’un qui est mort malgré tout, ou si, peut-être, j’ai contribué à sauver une vie.

Mais j’aurais fait tout ce que je pouvais pour, et ça me permet d’aborder toute ma vie de façon sereine.

Tu n’es heureusement pas obligée de le vivre de façon aussi intense, mais dis-moi quand même… Et toi alors, tu as envie d’aller donner ?

À lire aussi : « Point de vue social » décrypte le don du sang

Commentaires

Astipalaya

Je ne peux que te plussoier @Lady Stardust j'ai souvent vu sur des discussions comme celle là des commentaires extrêmement auto-centré ou limite les personnes n'étaient pas en train d'insulter les centres de collectes de sang pour oser refuser leur don. Alors que comme dit donner son sang n'est pas un droit, c'est un acte volontaire qu'on peut faire si on répond à certaines conditions. J'ajouterais aussi qu'il y a d'autre moyen d'aider si le don du sang vous tient tant à coeur. Par exemple il y a la possibilité de donner du sang pour la recherche et l'industrie, suivant comment les conditions ne sont pas autant restrictives pour du sang qui servira à la recherche. Ou en tout cas en Suisse, lors des collectes dans les villes ou villages il y a souvent des équipes de samaritains pour faire les bandages et assurer la collation post-don donc à voir si vous pouvez les rejoindre.

J'ai souvent vu des gens de moins de 50kg être fâché parce "YAKA prendre des poches plus petites pour les enfants" (oui YAKA FOKON :lunette: c'était ça dans l'idée). Alors je peux vous expliquer pourquoi ça ne se fait pas. Déjà logistiquement c'est compliqué parce que tous les appareils utilisé pour la préparation des poches est calibré pour une certaine taille et un certain poids de poche, donc ça nécessiterait de coûteux aménagement. Passé 4 mois de vie les enfants reçoivent des poches adultes standards, les soignants leur transfusent la quantité nécessaire (qui dépend de plein de facteurs, mais elles sont parfois passée en entier, par exemple dans le cas de chirurgie cardiaque). Avant 4 mois on prépare des concentré pédiatrique (à la demande) à partir d'une poche adulte (on obtient 4 petites poches). Mais il faut que la poche réponde à certaines conditions, notamment être de groupe O, avoir un phénotype particulier, à voir été prélevée il y a moins de 9 jours. En sachant qu'on passe parfois plusieurs jours sans passer de poche à un bébé (et je suis dans un centre universitaire donc tous les bébés mal en point du canton atterrissent chez moi), ça voudrait dire qu'on dépenserait des centaines de milliers de francs pour adapter la logistique pour quelques centaines de don dont 80% finirait à la poubelle. Pas une affaire très rentable :hesite: d'autant que ça ne changerait rien pour le receveur.

D'un côté c'est cool qu'autant de personne se sentent tellement concernées par le don du sang mais parfois ça tend un peu sur la mauvaise foi :lunette: j'ai vu récemment un post Facebook d'un mec qui disait en gros que "des milliers de personnes en Suisse souffrent du manque de sang du fait que les conditions sont plus restrictives pour les HSH" alors je ne veux pas recréer le débat sur les HSH et le don du sang, tant mieux si les autorités sanitaires valident des allègements de restrictions parce qu'elles ont pu prouver l'innocuité de ce changement, mais c'est quand même un peu de mauvaise foi de prétendre que des gens sont en attente de sang qui n'arrive pas (ce qui n'est pas vrai :lol: perso j'ai jamais vu un patient ne pas avoir une transfusion parce qu'il n'y en avait plus, or cas exceptionnel du style une personne qui n'est compatible qu'avec 30 personnes dans le pays en entier) et que le problème serait résolu des le moment où les HSH pourront donner aux mêmes conditions que le reste :dunno:
 

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