Deux amis racontent comment ils sont tombés amoureux


La plus belle histoire d'amour de cette lectrice est de celles qui commencent par de l'amitié, et qui ont le temps long. Alors pour vous la raconter au mieux, on a aussi fait témoigner son compagnon !

Deux amis racontent comment ils sont tombés amoureuxBernie Almanzar / Unsplash

Vous n’avez jamais rêvé de savoir ce qui s’était passé dans la tête de la personne qui allait devenir votre partenaire, au moment de votre rencontre ou à l’instant où vous vous êtes déclaré votre flamme ?

Il y a quelque temps, nous avons lancé un appel à témoignages ayant pour thème « Votre plus belle histoire d’amour ». Clarisse y a répondu, et nous avons proposé à son conjoint Jérémie de nous donner sa version de leur récit, pour en faire un témoignage à deux voix.

Clarisse et Jérémie nous racontent chacun leur rencontre, et les errements qui les ont éloignés, puis rapprochés, jusqu’à ce qu’ils ne tombent éperdument amoureux l’un de l’autre.

Jérémie, lycéen à 13 ans

Quand Jérémie rentre au lycée, il a 13 ans et de l’avance sur son parcours scolaire. Mais il se sent beaucoup trop jeune pour son environnement ; il s’adapte beaucoup aux autres et à leur regard. Il le raconte ainsi :

« J’avais beau avoir une certaine maturité, entrer au lycée avec autant d’années d’avance ne m’a pas vraiment aidé à faire des rencontres, ou à me découvrir moi-même. Entre cette situation et mon manque de confiance en moi, on a le cocktail parfait du mec qui ne vit pas de jeunesse et fait un saut à vitesse grand V dans le monde adulte de l’université… à 16 ans.

Pourtant, ces années de ma vie ont été géniales —  et j’ai grandi avec le regret de ne pas avoir pu les vivre dans de meilleures conditions. J’ai passé des moments intenses, découvert des univers et des cultures que je ne connaissais pas… je me suis ouvert au monde. Et grâce à mon meilleur ami, un peu plus âgé que moi, qui m’a introduit dans sa bande, j’ai fait de belles rencontres.

Dans les années qui ont suivi, peu de personnes ont su m’intéresser, me captiver autant que celles que j’ai connues lycéen. Et parmi elles, il y a cette fille qui m’avait particulièrement marqué. Clarisse. Je l’avais vue à quelques reprises hors du lycée, lors de soirées ou de sorties, et elle avait même réussi à me conseiller.

Elle m’est restée en tête. Longtemps. »

Pour Clarisse, la différence d’âge est un frein

« En 2010, j’ai débarqué en 1ère L dans un nouveau lycée. Je me fais une bande d’amis, les geeks du lycée, où je rencontre celui qui s’apprêter à devenir mon meilleur ami : Jérémie. »

La jeune femme explique que leur différence d’âge est assez marquée, mais ne les empêche pas de créer un lien fort.

« Lui, il est en seconde. On fréquente le même groupe de potes et peu à peu, on apprend à se connaître. On discute, jusqu’à devenir amis, puis meilleurs amis. Il a 13 ans, j’en ai presque 16 : autant dire qu’être en couple avec lui ne m’avait vraiment pas effleuré l’esprit — ce n’était même pas envisageable.

À ce moment-là, je rencontre un garçon de terminale, et nous vivons une histoire qui a durera deux ans et demi. Je passe le bac, et mon Jérémie arrive en terminale quand je rentre à la fac, dans une autre ville de la région. »

Après le lycée, les amis s’éloignent

Le temps passe. Jérémie le confie : il pense à Clarisse, souvent, et apprécie ce qu’ils partagent. Mais il sait qu’elle est en couple, et ils sont loin d’entretenir un rapport de séduction. Pour lui, elle ne peut être qu’une amie. Alors qu’il termine ses études dans leur Nord natal, la jeune femme quitte la région.

« En septembre 2013, je vis une rupture. Quelque temps plus tard, je rencontre quelqu’un d’autre, un homme avec qui je passerai presque 7 ans de ma vie. En 2017, après mon master, je le rejoins et pars vivre dans une autre région, à des centaines de kilomètres du Nord.

Pendant toutes ces années, Jérémie et moi nous voyons très peu. Pendant une période, on ne se parle même plus du tout. Pas pour cause de différend entre nous, juste parce que la vie passe et que la distance n’aide pas. Quand on se parle, c’est souvent pour que je lui raconte mes problèmes de couple ou au contraire pour lui partager mon bonheur.

Lui reste plus ou moins éternel célibataire. Il est plus jeune que ses camarades de fac, mais aussi beaucoup plus mature que certains. »

Comme pour tant d’autres relations amicales, leurs débuts dans l’âge adulte les éloignent doucement. L’une s’épanouit dans sa relation amoureuse et dans sa nouvelle ville, l’autre termine ses études dans sa région natale. Jusqu’à ce que leurs vies, comme les nôtres, se trouvent bouleversées par la pandémie.

Des retrouvailles — virtuelles — sur fond de Covid

Au moment du premier confinement, la vie de Clarisse est en train de changer. Elle ressent alors le besoin de reprendre contact avec Jérémie ; ils n’ont pas échangé depuis longtemps. Elle relate :

« En 2020, mon couple bat vraiment de l’aile, en particulier après le premier confinement. Je me sens seule, loin de ma famille et pour une raison qui m’échappe complètement, un jour, j’ai ressenti le besoin d’appeler Jérémie.  J’avais envie de prendre de ses nouvelles. On s’est fait un visio sur Messenger, lui dans son bureau et moi dans mon salon. On s’est raconté nos vies, à quel point elles avaient changé, lui entrant dans la vie active, moi dans les galères de l’auto-entrepreneuriat.

Il est très peu actif sur les réseaux sociaux, et on ne s’envoyait jamais de photos. Je ne savais pas à quel point il avait changé, à quel point il n’était plus cet adolescent que j’ai connu : je l’ai découvert à ce moment-là.

Nous avons pris l’habitude de nous appeler, plus souvent. Parfois même quand j’avais cinq minutes, et que j’allais à la Poste à pieds. J’avais besoin d’entendre sa voix. »

Pour Jérémie, qui est d’un naturel très casanier, les restrictions sanitaires ne sont pas trop difficiles à vivre. Ses études maintenant terminées, il est à la recherche d’un premier emploi et y passe beaucoup de temps, pendant ces semaines sans sorties. Lui qui se décrit comme « un peu geek, toujours derrière son ordi » confie prendre plaisir à ces discussions avec Clarisse, qui passent très vite, mais durent des heures.

Au fil de ces conversations, ils retrouvent leur complicité d’antan, et se rapprochent. Mais Clarisse l’affirme : à ce moment-là, elle n’a pas une once de sentiment amoureux pour lui.

« Au début de l’été 2020, j’ai compris que j’avais envie de revenir vivre dans le Nord, et que mon couple alors n’avait plus ni espoir ni avenir. Avec Jérémie, pour lequel je ne ressens alors rien de plus que de l’amitié, on s’est rapprochés. On parle beaucoup, tous les jours, et on réalise qu’on a beaucoup plus de choses en commun que ce qu’on pensait. Nous sommes tous deux hypersensibles, nous parlons de nos émotions, de ce qui nous passionne et nous révolte…

Une blague entre nous est devenue une idée sérieuse : faire une coloc à deux, à Lille, entre amis.

Spoiler : on n’a pas fait de coloc “entre amis” à Lille. »

Quand soudain : « je suis amoureuse »

À ce moment-là, pour la jeune femme, il est impensable de se remettre en couple de sitôt. Elle qui vient de vivre deux relations assez longues a très envie de faire « un bout de chemin seule ». Oui, mais…

« Comme dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu, je suis tombée amoureuse de Jérémie. De ce garçon que je n’avais pas vu “en vrai” depuis très longtemps.

Vraiment amoureuse.

Je ne savais pas quoi faire, quoi lui dire. Il n’y avait jamais eu de rapport de séduction ou de drague entre nous, juste deux potes qui parlent de tout sans tabou. C’est comme ça que j’ai aimé sa personnalité, ses valeurs, sa sensibilité, sa voix…

D’un seul coup, j’ai eu l’impression d’avoir à nouveau 15 ans. Ces sentiments étaient beaux, mais ils me faisaient aussi très peur tellement ils étaient forts, et inattendus. C’est un peu le ciel qui me tombait sur la tête. C’était beaucoup trop intense pour moi.

Alors, un soir, je lui ai envoyé un message pour tout lui avouer. »

À ce moment-là, Jérémie, qui a n’a pas encore vécu de relation amoureuse significative, commence à faire la paix avec sa solitude.

« Je m’étais résigné à me dire “Si tu te sens à peu près bien dans la vie que tu mènes, c’est déjà un premier pas. Tu fais du bon taf, tu vas avoir ta petite vie tranquille dans ton appartement, et tu pourras être fier de toi.”

Arrive ce fameux samedi ou nous passons la journée à s’écrire. Moi, je pensais que Clarisse était encore en couple, ou loin d’être prête à se lancer dans une relation, et encore moins avec moi.

Et pourtant, elle m’annonce qu’elle m’aime.

Pour moi, quand le corps réagit avec la tête, c’est un signe très positif. Or, à ce moment-là, je me suis mis à trembler, comme si un frisson me parcourait le corps, et je n’ai plus réussi à réfléchir à quoi que ce soit. Moi qui suis habitué à faire deux ou trois choses en même temps en permanence, j’étais soudain incapable d’en faire une seule. J’avais l’impression d’avoir 13 ou 14 ans à nouveau.

Même dans mes rêves les plus fous, je n’imaginais pas ça : j’ai réalisé que j’étais amoureux d’elle aussi ! Un geek, planqué derrière son ordinateur 25h/24 avec une artiste adepte des vernissages et des expositions, quel duo improbable… »

Des retrouvailles  — réelles  — toujours sur fond de COVID

Clarisse raconte que Jérémie lui avoue alors qu’il l’attend, depuis 10 ans. Qu’il pense à elle, s’imagine à la place de ceux qu’elle fréquente… Et que cela marque le début de leur histoire d’amour. Après ces déclarations, il faut alors au jeune couple quelques semaines pour organiser des retrouvailles bien méritées, à Paris. Jérémie confie :

« Nous prévoyons de nous revoir pour la première fois depuis des années, mais en tant que couple. De mon côté, j’étais mort de peur et je m’imaginais des milliers de scénarios : ce qui pouvait bien ou mal se passer, comment nos retrouvailles allaient se dérouler…

Je n’ai jamais été aussi stressé de ma vie que dans le train qui m’emmenait à Paris. Je ne savais plus comment je m’appelais, où j’habitais, tout était noué en moi. »

Le jeune homme marche longtemps, et finit par retrouver Clarisse sur les bords de Seine. Il poursuit :

« Le Covid nous empêche d’enlever nos masques quand nous marchons ensemble, mais avoir sa main dans la mienne et sentir qu’elle est près de moi est la meilleure sensation au monde. Le soir, nous sommes tellement stressés que nous ne pouvons presque rien manger : un pauvre quart de pizza… à deux. Jamais une pizza ne m’avait fait aussi peu d’effet !

Ce week-end sera le plus marquant de ma vie, parce qu’il marque la transition entre les potes que nous étions et le couple que nous sommes devenus. »

Depuis, ils vivent leur plus belle histoire d’amour

Dans leurs deux témoignages, Clarisse et Jérémie le disent presque avec les mêmes termes : leur relation n’est semblable à aucune de celles qu’ils ont vécues auparavant.

Là où la jeune femme affirme « Je vis la plus belle histoire d’amour de toute ma vie », le jeune homme raconte que « J’ai su dès nos premiers moments, un mois après qu’on se soit mis ensemble, que ce n’était que le début d’une histoire incroyable, qui n’allait ressembler à aucune autre. »

Chacun à leur façon, ils mettent l’emphase sur la manière dont ils communiquent librement. Clarisse l’exprime ainsi :

« On parle toujours de tout et sans tabou, même quand ça va pas. Comme de bons vieux potes, avec les sentiments en plus ! Je découvre en lui un homme exceptionnel, ultra respectueux, à l’esprit ouvert sur le monde comme personne, et à la sensibilité et la gentillesse sans limites. »

Dans le témoignage de Jérémie, le son de cloche est le même.

« Ce que j’aime, c’est cette capacité qu’on a a parler de tout. Le fait d’avoir été potes nous permet de ne pas — ou très peu — avoir de tabou, et cela apporte une liberté d’esprit précieuse ! Je n’envie pas celles et ceux qui doivent réfléchir 15 minutes avant d’envoyer un SMS à leur moitié. »

Une relation à distance, mais un amour sans faille

Après un moment de relation à longue distance, Clarisse est rentrée chez ses parents, dans la région où vit Jérémie. Mais c’est désormais le confinement qui les tient éloignés et les empêche de se voir, alors qu’ils ne sont qu’à 80km l’un de l’autre. La jeune femme reste positive :

« Cela fait maintenant huit mois que nous sommes ensemble, et actuellement, en plein confinement assez loin l’un de l’autre, nous sommes privés de nous voir. Pour passer cette période, on s’envoie des courriers par la Poste ! »

Mais si ces restrictions les tiennent éloignés, Jérémie affirme pourtant — et c’est probablement l’une des seules personnes à le faire — qu’il retient cette pandémie comme un des plus beaux moments de sa vie. Il explique :

« Paradoxalement, cette période de Covid a été la meilleure période de ma vie. J’ai trouvé un emploi en CDI, j’ai rencontré une femme dont je n’osais rêver, et je suis peut-être sur le point d’acheter un appartement pour que nous puissions vivre tout les deux sous le même toit, après tant de mois de distance. »

Ils concluent chacun leurs témoignages en faisant le bilan de cette histoire : deux amis qui se retrouvent dix ans plus tard, à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, sur un fond de pandémie mondiale. Comme quoi, l’amour est partout, alors gardons espoir !

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Aïda Djoupa

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