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Baby, la série sulfureuse de Netflix rend-elle la prostitution glamour ?

Après Élite, Netflix a mis en ligne la série italienne Baby, qui suit elle aussi des ados riches en quête d’identité. Et à peine sortie, Baby fait déjà polémique !

Ce week-end, j’ai essayé de me tenir à jour sur les nouvelles séries, par pur professionnalisme. Pas du tout parce que j’avais envie de glander sur mon canap !

Entre Sick Note, Dirty John, Nightflyers (qui n’est pas parvenu à me conquérir) et Baby, mes journées ont été bien remplies.

Ce matin je suis donc venue bosser avec un objectif net : te donner mon avis sur toutes ces nouveautés.

Et en ouvrant mon ordi, je suis tombée sur une polémique à laquelle je m’attendais un peu…

Baby, une série sulfureuse signée Netflix

Chiara et Ludovica viennent de milieux privilégiés.

Élevées à Rome par des parents riches, elles fréquentent un lycée privé et ne manquent de rien.

Mais les deux jeunes femmes ont envie de tester leurs limites, au-delà du cocon abimé dans lequel elles ont grandi.

Sur fond d’amours interdites, de pressions familiales et de secrets partagés, Baby propose une immersion au cœur d’un groupe de lycéens en quête d’indépendance, qui mènent une double vie et tombent dans la prostitution. 

À lire aussi : Je veux comprendre… les enjeux du débat sur la prostitution

Je tiens à préciser une chose : Baby s’inspire librement d’un fait divers survenu à Rome il y a quelques années, surnommé « le scandale Baby Squillo ».

En 2014, deux jeunes femmes se prostituaient à Parioli, un quartier très chic de Rome.

Ce qui a provoqué pas mal de ramdam dans la capitale italienne, d’autant plus que Mauro Floriani, époux de la députée européenne Alessandra Mussolini avait avoué avoir entretenu une liaison avec l’une des jeunes femmes, persuadé qu’elle était majeure. 

Il a été condamné à 1200 euros d’amende et à un an de prison.

Baby, au cœur d’une controverse

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Le Centre national de lutte contre l’exploitation sexuelle, une organisation américaine, accuse Netflix d’encourager le trafic sexuel.

Dans un article de Entertainment Weekly, l’organisation déplore :

« Baby décrit en réalité comment un groupe d’adolescents se lance dans la prostitution de manière glamour, dans cette histoire de passage à l’âge adulte. » 

Dawn Hawkins, directrice exécutive du National Center on Sexual Exploitation poursuit :

« Malgré le tollé suscité par les victimes de la traite à caractère sexuel, les experts en la matière et les employés des services sociaux, Netflix encourage le commerce à caractère sexuel en persistant avec la diffusion de Baby. Clairement, Netflix donne la priorité aux bénéfices par rapport aux victimes de maltraitance. »

Alors bon, la dame y va très fort.

Personnellement, j’ai trouvé la série plutôt adroite dans son traitement de l’intrigue, même si le produit entier est en effet très esthétisé.

D’après moi, Netflix ne fait qu’adapter un fait divers, en l’enrobant d’apparats modernes comme une belle BO et des images très soignées, sans porter de jugements sur les jeunes femmes ou ceux qui les entourent.

Elle aborde des thématiques fortes comme le slut-shaming, la prostitution infantile et interroge le rôle des parents et de l’éducation nationale dans les choix des enfants.

Cette intervention du National Center on Sexual Exploitation soulève d’après moi une question intéressante :

  • Peut-on remettre en doute la légitimité et la morale d’une chaine ou d’une plateforme parce qu’elle adapte une histoire vraie ? 

Et toi, quel est ton avis, douce lectrice ?

À lire aussi : 5 nouvelles séries à voir en ce moment


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

Les Commentaires

12
Avatar de -Lorelei-
9 décembre 2018 à 16h12
-Lorelei-
Je suis totalement d'accord avec vous, et j'ajouterais même que ce sont deux gamines à qui à un moment tout le monde tourne le dos, et au delà de l'ennui qui sont dans une profonde souffrance liée au fait qu'elles sont déjà toutes les deux traitées de traînées.
Surtout qu'il y en a une des deux qui fait ça pour un besoin réel d'argent.

Enfin bref, je viens de tout regarder d'une traite, j'ai adoré, et je n'ai pas trouvé une seconde que ça glamourisait le truc, au contraire, ça pose la question du consentement de plein de façons, et de la manière dont on peut percevoir les femmes.
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