Typologie des voyageurs relous en avion

Les voyageurs relous, c'est un peu comme les cafards : il y en a partout, même quand on les voit pas. Alfrédette vous présente ceux qui naviguent dans les airs, loin au-dessus de nos têtes.

Typologie des voyageurs relous en avion

L’avion, c’est un peu comme la jungle : dès que nous avons posé un demi-orteil à son bord, nos derniers vestiges d’humanité s’évanouissent et nous nous transformons en bêtes sauvages et assoiffées de sang. Certes, les maints périls de l’aéroport (la fouille de votre intimité par une douanière aussi douce qu’un pull en laine de verre, les hordes de touristes japonais qui vous photographient alors que vous enlevez vos chaussettes, les retards chroniques de dame Air France, etc.) peuvent expliquer cet étrange phénomène. Ou peut-être pas, d’ailleurs. Toujours est-il que voici une typologie qui vous sera peut-être bien utile, si vous décidez de partir céans pour une destination lointaine et ensoleillée.

Celui qui a peur de l’avion

Qui est-il ? Telle une moule géante vissée à un rocher, celui qui a peur de l’avion s’agrippe aux accoudoirs en récitant des prières en latin.

Pourquoi est-il si fourbe ? Jusque là, rien de bien grave : on a toutes une peur bleue de quelque chose. Jack Parker n’aime point vomir, votre servante dévouée a peur de ne pas avoir de chapeau sur la tête, et on raconte que Céline Dion craint de se briser les tympans à l’aide de sa propre voix. Mais là où le phobique de l’avion est particulièrement vicieux, c’est qu’il parvient à semer le trouble dans VOTRE cerveau : et si vous en croisez un, il y a fort à parier que vous passerez les 24 heures de votre Paris-Sidney à trembler comme un chaton devant un film d’horreur.

Comment s’en débarrasser (à tout jamais) ? Si vous avez la bosse des maths, vous pourrez toujours faire à votre charmant voisin un exposé du faible pourcentage d’accidents d’avion comparés aux accidents en trotinette. Vous avez passé un bac littéraire ? Contentez-vous de l’assommer avec le gilet de sauvetage qu’il serre contre son coeur. Dieu vous le rendra, et les autres passagers aussi.

Celui qui n’aurait jamais dû procréer

Qui est-il ? Il a un marmot braillard vissé à chaque membre, et serre le Guide du Routard entre ses dents. Les prénoms de sa progéniture sont toujours fort étranges (Eugénie-Samantha, Eustache-Kévin, Eulalie-Shanon, Tancrède-Brandon, etc. ), et il sent la couche sale à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Que fait-il ? Rien, malheureusement. Alors que ses (charmants bambins) infâmes rejetons sèment le chaos dans tout l’appareil en se livrant à une dantesque bataille de petits pois congelés, celui qui n’aurait jamais dû procréer dort du sommeil du juste, ou encourage sa marmaille d’un sourire fiérot. Moins de deux minutes après l’avoir rencontré, vous aurez remarqué que ce vil personnage est à l’éducation ce que Mickaël Vendetta est à l’intelligence : un sacré bras d’honneur.

Comment s’en débarrasser (à tout jamais) ? Assassiner un père de famille en lui faisant ingurgiter ses propres enfants, c’est mal. Mais tentant. Mais mal. Mais tentant. Bref, à vous de voir, mes chéries.

Celui qui produit autant de nuisances sonores qu’un troupeau de jeunes enfants bovins

Qui est-il ? Il se déplace en meute, avec des congénères qui lui ressemblent en tous points. Avec ses potos, il embarque pour une destination où la cervoise coule à flots et est bien décidé à faire de son vol une grande fiesta à 20 000 kilomètres d’altitude (exagérer, moué ? Jamais).

Que fait-il ? Tel un jeune chimpanzé fraîchement échappé du zoo, ce sinistre individu repousse en permanence les frontières de la vilenie. Dans un délai d’une minute, ce génie du mal est capable de chanter une chanson paillarde en néerlandais, de filer des coups de pieds au voisin du devant et des coups de coude au voisin d’à côté, avant de vomir quelques litres d’alcool frelaté dans l’allée de l’avion (NB : c’est du vécu).

Comment s’en débarrasser (à tout jamais) ? Lui dire avec un grand sourire que dans le pays pour lequel il part, l’alcool ainsi que les boîtes de nuits sont interdits au moins de 25 ans. Dans sa panique et son désespoir, il trouvera toujours un moyen de sortir de l’avion. Toujours.

Celui qui veut absolument tout savoir de ta vie, au cas où l’avion s’écraserait, on ne sait jamais

Qui est-il ? À peine assis sur le siège à côté du vôtre, il vous a demandé votre nom, votre prénom, votre groupe sanguin, le nom de vos pâtes préférées, votre numéro de sécu, de carte bleue, de téléphone. Il a un léger air de ressemblance avec (insérer nom de tueur en série très méchant et qui fait très très peur), mais après tout, ils sont peut-être juste cousins. Ou frères. Ou clones, qui sait.

Que fait-il ? Il passe chaque minute du vol à vous assaillir de questions inutiles – voire franchement stupides – en se curant les ongles avec un couteau de boucher. Puis il vous raconte sa vie de son premier caleçon à son dernier soupir, en vous disant que si vous faisiez des enfants ensemble, ils auraient de très jolis orteils.

Comment s’en débarrasser (à tout jamais) ? Malheureusement, quiconque est dans un avion ne peut fuir très loin en hurlant quelque chose comme « MAMAN J’AI PEUR VIENS ME SAUVER ». Mais vous pouvez toujours prétendre être sourde, ou Nord-Coréenne, ou fille naturelle du Pape. Ce n’est pas très crédible, mais cela peut vous sauver la vie.

Et vous ? Quels sont les pires spécimens que vous avez croisés en avion ?

Big up
Viens apporter ta pierre aux 29 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • ThinkAboutIt
    ThinkAboutIt, Le 1 mai 2013 à 3h10

    nevez;4088095
    elwingrocks;4088082
    Il y a quoi de mal à applaudir à un atterissage moi ça me fait plutot rire ,j'trouve pas ça dérangeant quoi  ...
    nevez;3696379
    Comme Trigger   , tout le monde me soûle en avion, les gens qui descendent leur siège après deux minutes de vol, ceux qui ouvrent / ferment les hublots à des moments totalement inappropriés, ceux qui applaudissent à l'atterrissage, les enfants qui pleurent, les gens qui prennent des putains de plombe à l'enregistrement des bagages, les gens qui regardent le même film que toi avec 5 minutes d'avance au rang de devant, les gens qui me marchent sur les pieds si j'ai le malheur de les faire dépasser dans l'allée, les gens qui ouvrent les coffres à bagage à 30 secondes du départ / 30 secondes après qu'on ai atterri, bref, TOUT LE MONDE. C'est vraiment un moment où je suis gravement intolérante :shifty:
    Ben je sais pas quoi te dire, ça m'agace, je n'applaudis pas quand le train arrive à l'heure, quand le serveur m'amène un plat au restaurant ou quand le mec de la Fnac répare mon ordi alors je ne comprends pas pourquoi les gens applaudissent à un atterrissage alors que c'est la même chose (accomplissement d'un service pour lequel j'ai payé), je trouve ça puéril.

    Je ne vais pas me mettre à insulter les gens qui le font hein, et j'oublie ça dès que je suis sortie de l'avion, mais simplement je ne comprends pas pourquoi on applaudit un mec qui a fait son boulot.
    Oui je suis d'accord si on le prends dans ce sens la mais essaye de le voir dans le sens ou c'est une sorte de défoulement des flippés de l'avion, notre pilote c'est un boss on est vivants ^^

    Moi je le prends comme ça c'est pour ça, ça me fait rire ^^

Lire l'intégralité des 29 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)