Comment j’ai appris à aimer mes seins en poire et mes fesses boutonneuses

Dans le deuxième Corps à coeur Coeur à corps, Léa Castor donne la parole à Mymy pour parler de son complexe sur ses seins et ses boutons sur les fesses. C'est plein de tendresse et un peu de drôlerie aussi.

Comment j’ai appris à aimer mes seins en poire et mes fesses boutonneuses

Salut toi !

C’est Léa Castor, graphiste et illustratrice chez madmoiZelle. On est dimanche, et qui dit dimanche dit : Corps à coeur Coeur à corps. Et je sais pas toi, mais perso, ça me met en joie !

Si tu n’as pas suivi, il s’agit d’une série de témoignages illustrés, mettant en avant des personnes qui ont décidé d’avoir un regard plus positif vis-à-vis de leurs complexes physiques.

Il ne s’agit pas de se sentir bien À TOUT PRIX (ça suffit les injonctions, oh !) ou de dire qu’il y a des complexes plus importants que d’autres, mais d’observer les chemins que prennent différentes personnes pour se sentir plus en paix avec elles-mêmes.

Tous les corps sont différents, ça te dit de les célébrer avec moi chaque semaine ?

Les illustrations sont faites par mes petites mains et à partir de photos envoyées en même temps que le texte. J’en reçois plusieurs et je choisis celle qui m’inspire le plus.

Donc, sans plus attendre, le témoignage de cette semaine.

Mymy, 26 ans, parle de ses seins et de ses fesses

Mes seins, je ne les ai jamais aimés.

Au départ, ça venait d’un complexe créé
par ma mère, un genre de « creux »
entre les seins qui se transmet dans ma famille,
une petite particularité physique qu’elle n’aimait
pas chez elle et donc m’a appris à ne pas aimer
chez moi, en me disant « remonte ton col,
on voit ton creux », des choses comme ça.

Impossible pour moi d’avoir un décolleté
« comme dans les films », où les deux seins
se rejoignent en une ligne verticale
qui disparaît sous l’encolure.
Je ne suis tout simplement pas faite comme ça.

Et puis un jour, un garçon avec qui je sortais
m’a spontanément fait un compliment dessus,
après l’amour.

« J’aime trop ton creux, là. »

Je ne lui avais jamais parlé de ce détail physique,
ni des paroles de ma mère. Et juste comme ça,
le complexe (relativement léger, je l’admets)
a disparu.

Je me suis souvenue que « c’est moche »,
ça n’existe pas : il n’existe que « ça plaît,
ou ça ne plaît pas ».

À ma mère ça ne plaît pas,
à ce garçon, ça plaît.

Et à moi aussi, maintenant !

Par contre, la forme de mes seins a été
un complexe plus long à abattre.

Mes deux soeurs ont des seins ronds, assez
haut perchés, bref : des seins hollywoodiens.
Moi j’ai hérité de cette forme en poire,
qui se tient bien dans un push-up
mais me donne l’impression de dégouliner
jusqu’au nombril quand j’enlève
mon soutien-gorge, et s’étale sur les côtés
quand je suis allongée sur le dos…

Je m’étais dit que si, à mes 30 ans,
je détestais toujours mes seins, je me ferais
opérer pour les « remonter », les arrondir.
En faire des seins de pub de lingerie. Je n’ai pas
honte de cette pensée, si j’arrive à réunir l’argent
et que j’ai envie d’une opération esthétique,
c’est mon droit, même si c’est pour coller
à un diktat de beauté arbitraire.

Je n’ai pas 30 ans, mais ça va, je peux casser
ma tirelire : je ne me ferai pas refaire les seins.

Je ne trouve toujours pas qu’ils sont les plus
beaux du monde et je ne les aime pas
spécialement, mais j’ai appris à avoir un rapport
différent avec eux. Ils ne sont pas « faits » pour
être beaux, pas plus que mes coudes,
mes genoux, mes oreilles. Ils ont une fonction,
c’est tout. Les divers projets body-positive
montrant la diversité des poitrines
m’ont pas mal  aidée, car c’est la première fois
je pense que j’ai pu voir des seins
comme les miens. Dans les médias,
on ne les montre jamais.

Avec leur creux entre les deux
et leur forme de poire, mes seins sont un peu
comme un gros pull-doudou : pas forcément
super jolis, pas classes ni fièrement portés,
mais j’ai avec eux le rapport confortable
qu’on a avec son pull préféré,
celui dans lequel on est toujours à l’aise.

 

Mes fesses, pour le coup, je les aime bien.
Elles sont rebondies, moelleuses, elles tiennent
bien dans mes poum-poum short,
les garçons ont été nombreux à aimer les pétrir.

Mes fesses dans une jolie culotte en coton,
c’est ma passion.

Cellulite, vergetures, je m’en fous :
mes fesses sont cool.

Par contre, sur mes fesses j’ai des boutons.
Comme plein de gens, bon. Et des cicatrices
d’anciens boutons. Et ça, j’aime pas.

J’aimerais avoir les fesses peau de pêche,
immaculées à part un ou deux grains de beauté
qui donnent envie d’y faire des bisous…
mais nan, j’ai des boutons.

Pour dépasser ce complexe, j’ai appliqué
ma technique préférée. La flemme.

C’est-à-dire que je pourrais agir contre
mes boutons occasionnels sur les fesses.
Faire des gommages, hydrater la peau, voire
demander conseils à un dermato.

Mais ouloulou comment j’ai LA FLEMME.

Ne serait-ce pas plus simple d’accepter
mes fesses comme elles sont et de rester le cul
sur le canapé à jouer à Zelda ?

Je crois bien que si.

Alors c’est ce que j’ai fait.

Je ne peux pas davantage expliquer : c’est
littéralement ce que j’ai fait. Est-ce un problème
assez énorme pour que j’ai la motivation
de mettre en branle les étapes permettant
d’y remédier ? Non.

Alors ce n’est pas un problème. Magie magie !

Voir ses complexes illustrés, ça fait quoi ?

J’ai également demandé à Mymy de faire un retour sur cette expérience : témoigner et voir ses seins et ses fesses illustrées. Voici sa réponse !

En soi, ça ne m’a pas chamboulée en profondeur
de voir mes seins ou mes fesses
devenir des dessins. C’est un truc que j’ai déjà
vécu, notamment avec le projet de nudes
illustrées de Monsieur Q.

Ça ne me bouleverse pas, mais ça me fait
du bien.

Dans les projets body-positive, je trouve
rarement mon corps. Je vois des bourrelets
et des poils (que j’ai aussi !)
mais rarement des seins en poire.
Et jamais des fesses boutonneuses.

Je faisais totalement confiance à Léa pour rendre
hommage à mon corps comme à mon texte.
Je suis heureuse que ces dessins existent,
et j’espère que d’autres s’y reconnaîtront !

Ce que je voudrais dire pour finir,
c’est qu’il n’est pas grave de ne pas trouver
tout son corps beau. Il n’est pas là pour ça.

Il est là pour vous porter, vous permettre de rire,
de jouir, de courir, de voler, de danser, de sauter,
de dormir, de manger, de savourer, d’aimer.
Et c’est bien plus important qu’être juste beau,
vous ne trouvez pas ?

À lire aussi : Corset orthopédique mon amour — Le Dessin de Cy.

Au sujet des complexes de Mymy…

Comment participer à Corps à coeur Coeur à corps ?

Toi, oui, toi qui as lu avec attention. Toi qui as envie de dire à ton corps que tu veux enterrer la hache de guerre. Que même s’il y a des jours avec et des jours sans, ça serait déjà un premier pas de partager ton expérience.

Bienvenue dans Corps à coeur Coeur à corps !

Concrètement, si tu veux participer, qu’est ce que je te demande ?

Le témoignage sera en 2 parties : un texte et une illustration.

  • Le texte, c’est toi qui l’écris : tu m’expliques ton rapport à ce(s) complexe(s), pourquoi tu as envie de changer de regard dessus, comment tu t’y prends…
  • Pour l’illustration, j’ai besoin de 5 photos de cette partie de ton corps et/ou de ton corps en entier.

Tu peux les prendre seul·e ou avec un·e proche ; l’essentiel est que ça soit ton regard avant de devenir le mien. Ça peut être un exercice difficile, j’en ai conscience, donc je laisse le plus de liberté possible ! Mise en scène, spontanéité… c’est toi qui vois.

Je choisis la photo qui m’inspire le plus et j’en fais une illustration.

Envoie-moi ça à lea.castor[at]madmoizelle.com avec « Corps à cœur Cœur à corps » en objet du mail !

Pour suivre Léa Castor, rendez vous sur Instagram et Facebook !

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Léa Castor

Graphiste et illustratrice Castor voyageuse, j'ai décidé de poser mon sac-à-dos et ma palette d'aquarelle dans la madmoiZelle family pour un moment.

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Commentaires
  • MissNo48
    MissNo48, Le 17 mars 2018 à 17h24

    Cc les gens, qui peut me dire ou aller voir la sainte fresque je ne la trouve pas. merci

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