Le spleen de l’intérimaire

Yza est intérimaire. Enchainer les missions, ça donne quoi ? Est-ce que s'adapter à trois entreprises différentes en moins d'un an c'est facile ? Elle vous explique tout !

Le spleen de l’intérimaire

Je suis intérimaire depuis un an. Trois missions dans ce que la plupart des acteurs du milieu du recrutement appelleraient « belles boîtes ». Traduction : entreprises du CAC 40, groupes internationaux avec une notoriété indéniable, des noms qui font briller les yeux des recruteurs parce qu’évidemment, dans leur esprit tu es bien plus compétente et « commercialisable » après avoir travaillé là-bas que dans une petite société lambda peu connue. Mais c’est une autre histoire.

Je suis tombée dans l’intérim par hasard après avoir subi des entretiens où j’avais la nette impression de devoir me brader, voire me prostituer pour obtenir tel ou tel poste en CDI à peine mieux payé que le SMIC. Aujourd’hui les agences d’intérim peuvent aussi te proposer des CDI, il est donc intéressant de se faire connaitre en période de recherche d’emploi.

Ma première mission devait durer 2 mois et demi, de quoi renflouer mes finances mises à mal par le chômage. Le travail confié était absolument inintéressant (pour résumé ce n’était que de la saisie) mais la proximité de mon domicile, le salaire mirobolant compte tenu des tâches à réaliser et les horaires (8h – 16h) qui me permettaient d’avoir une vie après le travail ont fini de me convaincre. De toute façon, j’avais faim et remettre un pied dans le monde du travail ne pouvait pas faire de mal à mon CV.

Réussir sa mission peut permettre de voir celle-ci être prolongée. Dans mon cas, j’ai été envoyée du jour au lendemain sur un autre site du groupe et sur un poste totalement nouveau, avec, enfin, des contacts humains et des tâches réclamant la sollicitation de plusieurs neurones. En atterrissant dans un minuscule service, j’ai fait de très jolies rencontres. Toutefois, mon statut d’intérimaire me bloquait l’accès à certaines ressources informatiques, et l’absence de formation m’a donné quelques sueurs froides les premiers jours lorsque j’étais livrée à moi-même. Mais l’intérim est ainsi. Tu es une ressource devant être opérationnelle immédiatement ou presque, et ta faculté d’adaptation est ta plus-value , ton argument de vente.

Cette deuxième mission a duré trois mois. J’ai passé le dernier mois à former ma remplaçante issue d’une mobilité interne sur un poste que j’avais occupé deux mois. A l’issue de cette mission j’ai eu des entretiens pour des CDI, mais à nouveau rien de passionnant (il faut reconnaître que mon profil est atypique). Je suis tout de suite retombée dans l’intérim et cette fois ci par choix. J’avais trouvé une mission intéressante, d’une durée suffisamment longue pour apprendre, « belle boîte »…

J’écris ceci aujourd’hui parce que je sens la fin de la mission approcher et l’angoisse poindre. Le « et après ? » qui tord le ventre et surtout la tristesse de quitter un milieu où j’ai créé des liens, eu la chance d’expérimenter une réelle cohésion d’équipe et où je suis reconnue et appréciée pour mes compétences. Souvent je tente de me raisonner en me rappelant que c’est le jeu de l’intérim, que je l’ai choisi et devrait l’assumer. Je ne devrais pas être si possessive envers ce poste qui ne sera bientôt plus le mien ‘et qui ne l’a jamais vraiment été) mais celui d’une personne en mobilité interne.

Ce que je souhaite te dire, c’est que l’intérim peut être une formidable occasion d’apprendre et de tester ses aptitudes à s’adapter et s’intégrer. L’intérim peut également te permettre à toi indécise madmoiZelle, de découvrir des métiers et des secteurs différents afin que tu puisses mieux définir ton projet professionnel. Comme je l’ai dit précédemment, les belles rencontres sont possibles mais trop d’attachement rend le départ plus douloureux et angoissant. Il faut certainement savoir faire preuve de recul, ne pas trop s’investir émotionnellement et surtout : garder en tête que la situation n’est que temporaire, ce qui est parfois une avantage et qui permet de tenir le coup en cas de mission difficile.

Pour finir, voici les 7 commandements de l’intérimaire :

  • Tu seras opérationnelle immédiatement, ou tout du moins tu feras semblant
  • Tu rempliras religieusement tes relevés d’heures chaque semaine (ou relevés mensuels si tu es cadre)
  • Tu ne prendras pas la mouche quand on t’interdira quelque chose à cause de ton statut d’intérimaire
  • Tu ne seras pas jaloux de tes collègues qui profitent très bien de leurs chèques cadeaux et autres bénéfices du Comité d’Entreprise, merci
  • Tu feras semblant de t’intéresser à la santé de l’entreprise (et pas que semblant : la suite des évènements peut en découler)
  • Tu profiteras pleinement de ton statut d’externe : « Veuillez m’excuser, je viens d’arriver, je suis intérimaire » (tu es là depuis 6 mois, mais on s’en fiche)
  • Tu te transformeras en éponge afin de mettre à profit ta mission et d’apprendre le plus possible.
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Regan.
    Regan., Le 5 novembre 2011 à 20h17

    Je suis hôtesse d'accueil (et étudiante ahah) depuis presque 1 an et jongler entre les sites, les différents types de missions et les différentes procédures c?est vrai que c?est galère (avec la putain de disponibilité n'importe quand), mais je dois aussi avouer que je n'aurais jamais autant appris sur le monde de l'entreprise (et comment se débrouiller à l'intérieur) que durant cette année!

    Après mes études j'envisage aussi de faire un peu d'interim parce que ça fait quand même une super expérience.

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