J’ai envie de faire l’amour, mais mon corps refuse, c’est grave Docteur ?

Parfois, on peut avoir très envie de sexe, se sentir très excitée... et finalement le corps ne veut pas. Mais quand ça arrive à chaque fois, que faut-il faire ?

J’ai envie de faire l’amour, mais mon corps refuse, c’est grave Docteur ?
Ma dernière fois, c'est quoi ?

Ma dernière fois, ce sont des récits d’ébats sexuels dans tout leur naturel et leur intimité.

Le but c’est de raconter sans fards des intimités, des rapports sexuels, dans leur diversité, et en détails ! Parce que les allusions ou demi-mots, dans cette rubrique, ce n’est pas ce qu’on recherche.

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J’ai 23 ans, je suis en couple depuis 3 ans avec un homme que j’aime et que, la plupart du temps, je désire.

Seulement voilà, tous les mois, quand j’entre dans la semaine précédente de mes règles, mon corps ne répond pas à ma libido.

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Je ne mouille pas assez

Impossible alors pour moi de « lubrifier » correctement ce qui rend la pénétration vaginale extrêmement douloureuse…

C’est à tel point que même en utilisant du lubrifiant ça ne fonctionne pas.

C’est ce qui m’est arrivé la dernière fois que j’ai fait l’amour. J’étais excitée, j’embrassais mon copain, je le caressais, et il me rendait ces gestes de désir.

Mais quand il a commencé à caresser mon sexe, j’ai senti que mon vagin était comme irrité. L’histoire se répétait, je ne mouillais pas assez.

Généralement, quand je me rend compte, l’action est déjà lancée.

C’est tout le problème de mon problème : dans ces moments-là, j’ai ENVIE de faire l’amour (ou de baiser, c’est selon) et j’ai envie d’être pénétrée (oui, je me sens plus vaginale que clitoridienne).

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Je force mon corps quand j’ai envie

Alors quand ça m’arrive, je me force. Enfin je devrais plutôt dire : je force mon corps. 

C’est ce qui m’est arrivé lors de ma dernière fois.

Oui je sais, je vois déjà les regards désapprobateurs de toutes les madmoiZelles du monde, je ne devrais pas me forcer si ça ne marche pas comme voulu…

Mais dans ces moments, je me sens :

  1. Coupable d’avoir parfois engagé l’action avec mon copain, de l’avoir tant désiré, pour que la pression finisse par redescendre comme un pétard mouillé
  2. En colère contre mon corps qui ne m’obéit pas, qui m’échappe sans que je sache expliquer pourquoi
  3. Résignée, parce que tous les mois c’est pareil, parce que je ressors de cette période frustrée.

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Est-ce que le sexe vient en… sexant ?

Alors à chaque fois, je me dis que l’appétit vient en mangeant.

Et comme à chaque fois, je n’ai rien dit pendant le sexe. Comme à chaque fois, j’ai cherché le plaisir, tenté certaines positions qui seraient plus confortables que d’autres : allongée sur le ventre ou avec mon partenaire au-dessus de moi, par exemple.

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La dernière fois, et comme souvent, une fois que mon copain a joui, il me demande si ça m’a plu.

Dans ces moments-là, je lui dis presque toujours la vérité : j’ai eu mal.

Je sais qu’ensuite, dans les jours qui suivent, il se retient de me faire toutes propositions sexuelles.

Cela rend notre vie sexuelle parfois un peu chaotique, parce qu’il ne sait plus trop quand j’ai envie ou pas. Et puis souvent, j’ai du mal à prendre les devants…

Sécheresse vaginale pendant le sexe : qu’est-ce qui m’arrive ?

Je n’explique pas ce qui m’arrive. J’ai pris la pilule de mes 17 ans à mes 19 ans, et depuis 4 ans, je porte un DIU au cuivre en guise de contraception.

Donc plus d’hormones pour moi.

Ça ne m’était jamais arrivé avec la pilule. J’avais bien des problèmes de sécheresse, mais j’ai toujours considéré que c’était un effet indésirable de la pilule.

Je pensais qu’une fois les hormones évacuées de mon organisme, tout s’arrangerait.

Pourtant ça n’est pas le cas, et aujourd’hui j’ai parfois du mal à accepter mon corps ou ma sexualité à cause de ça.

Le corps qui ne suit pas, ça arrive à d’autres femmes ?

Voilà, c’est l’histoire de ma dernière fois et de tant d’autres fois où mon corps ne suit pas mon envie, juste avant mes règles.

Les « pannes » sexuelles, ça arrive à tout le monde, mais quand l’histoire se répète tous les mois, ça finit par être usant.

Ma grande question, qui restera peut-être sans réponse, est de savoir si cela arrive à d’autres femmes, et de savoir quelles solutions elles ont trouvé pour y faire face ?

L'avis de la gynéco

Laura Berlingo est gynécologue et co-anime le podcast Coucou le Q sur la sexualité avec QueenCamille sur madmoiZelle.

Elle explique au sujet des sécheresses vaginales :

« Il peut y avoir sécheresse vaginale pendant les rapports sexuels (on parle alors de défaut de lubrification), ou pendant et en-dehors des rapports, avec une gêne tout le temps. »

Selon elle, les sècheresses vaginales peuvent avoir plusieurs causes :

  • Hormonales (baisse du taux d’oestrogènes) : pilule ou autre contraception hormonale, après accouchement, ménopause, périodes de la vie ou du cycle…
  • Dues à une perturbation flore vaginale : mycose, vaginose, déséquilibre simple, infection. Ça peut être lié à une IST ou à un épisode de stress, une prise d’antibiotiques, de la fatigue, une utilisation exclusive de tampons pendant les règles…
  • Des soins locaux agressifs : douche vaginale (à proscrire !), une épilation irritante, les frottements… Tout cela peut irriter la vulve et le vagin.
  • Une irritation traumatique, suite à des rapports sexuels traumatiques s’il n’y pas assez de lubrification.
  • Des causes psychologiques : une grande fatigue, un événement de vie difficile, un gros chamboulement / ou un déménagement, une rupture ou un nouveau travail…
  • Enfin, d’autres pathologies « générales » graves avec une prise de certains médicaments.

Des sécheresses vaginales pendant les rapports sexuels

Laura rapporte que si les sécheresses surviennent « exclusivement pendant les rapports » et ne sont « pas systématiques et pas très invalidantes », il faut surtout bien insister sur la montée de l’excitation.

Elle explique également :

« On peut être excitée intellectuellement et ne pas être très lubrifiée et vice versa.

Il faut prendre le temps de la lubrification « naturelle » (la cyprine, la « mouille » quoi) avec l’imaginaire sexuel et les pratiques sexuelles en-dehors de la pénétration (ou préliminaires mais je n’aime pas ce mot). »

Enfin elle précise qu’il ne faut pas hésiter à se servir de lubrifiant si besoin, facile à trouver en pharmacie ou en grande surface :

« Il existe plusieurs types de lubrifiants, ceux vendus en grande surface peuvent être une aide ponctuelle à la lubrification.

D’autres peuvent être prescrits par un ou une professionnelle de santé, selon le souci de la patiente, s’il y en a un. »

Des sécheresses vaginales hors des rapports sexuels

Il arrive que les sécheresses persistent en dehors des rapports sexuels. Elles provoquent parfois une gêne régulière, des douleurs systématiques à la pénétration…

Dans ces cas-là, Laura conseille de « consulter pour rechercher les causes mentionnées au-dessous.»

Elle suggère également de faire un prélèvement vaginal pour tenter de débusquer (ou non) une IST, un déséquilibre de la flore, une mycose ou une vaginose.

Une fois le diagnostic établi, un traitement peut être choisi avec un professionnel de santé, selon la cause des sécheresses.

Comment se prémunir des sécheresses vaginales

Il existe des gestes simples pour éviter au mieux les sécheresses vaginales, explique Laura Berlingo :

  • Surtout pas de douche vaginale !
  • Éviter tout ce qui est irritant pendant la toilette intime.
  • Ne pas « s’automédiquer » ou « essayer de mettre un ovule » sans consulter auparavant. Comme le mentionne Laura, « cela peut aggraver les choses si le traitement pas adapté ».
  • Consulter si la sécheresse est très gênante ou associée à d’autres symptômes.
  • Ne pas « se forcer » à avoir des rapports sexuels avec pénétration si la lubrification n’est pas bonne car cela peut accentuer le problème. Laura ajoute :

« Cela devient un cercle vicieux. On finit par avoir peur de la douleur, des angoisses, et donc moins de lubrification et encore des douleurs, ainsi de suite… »

  • Mettre du lubrifiant pendant les rapports sexuels si la lubrification ne se fait pas.

Enfin, elle conclut que le mieux est de consulter :

« Il est possible d’aller voir son médecin généraliste, une sage femme qui fait de la gynécologie, ou bien un ou une gynécologue. »

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JulietteGee


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Commentaires
  • Ursinae
    Ursinae, Le 21 décembre 2018 à 16h15

    La douleur à la vulve et à l'entree du vagin ca peut etre dermatologique aussi, il y a des pathologies des muqueuses qui peuvent etre terribles et empêcher de lubrifier (le.corps cesse pour éviter les rapports sexuels afin de proteger la zone, sauf que la plupart du temps on cesse toute activité et ca continue, ou on se force et ca continue...) enfin bref oubliez pas le dermato.

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