Je suis en relation libre — Témoignage [Mise à jour]

La relation libre, qu'est-ce donc ? C'est un couple dans lequel la fidélité n'est pas un passage obligé. Voici le témoignage d'une madmoiZelle qui vit ça avec son copain depuis un an !

Je suis en relation libre — Témoignage [Mise à jour]
Notre madmoiZelle en relation libre revient vous donner des nouvelles ! Rendez-vous à la fin de l’article !

Article du 20 octobre 2013 :

Je suis avec mon copain depuis plus d’un an, et nous sommes en relation libre. Ce qui veut dire que nous pouvons, chacun de notre côté, aller fricoter avec d’autres personnes sans que cela ne soit vécu comme une trahison ou comme une raison de rompre. Voici ma petite histoire !

La fidélité, un passage obligé ?

Déjà, il faut dire que la fidélité, ça n’a jamais trop été mon truc. Pendant longtemps, incapable d’avoir le courage de rompre avec mes copains lorsque mon couple ne me satisfaisait plus, j’allais voir ailleurs — mais ça finissait toujours par se savoir, et par blesser tout le monde assez méchamment.

Sans compter le stress énorme causé par mes mensonges incessants, des histoires façon Inception avec plusieurs gros mensonges emboîtés, le tout saupoudré d’une grosse dose d’omission ; j’étais assez jeune (fin du lycée/début de mes études) et clairement, je n’avais pas les nerfs assez solides pour ça.

Seulement, je n’avais jamais pris le temps de réfléchir sur cette fidélité, cette monogamie obligatoire. Parce que c’est comme ça qu’on m’a appris à être en couple, comme ça que tout le monde (enfin, je le pensais à l’époque !) était en couple, et que je ne me voyais pas demander à mon mec « Au fait, si je passais la nuit avec un autre, t’en penserais quoi ? » — d’où les mensonges aussi.

Plusieurs de mes ex m’ont dit que j’aurais dû leur en parler quand je les ai trompés, et que ça aurait été beaucoup plus simple pour eux de gérer « seulement » ça, par rapport à la somme de mensonges qui finissaient par remonter à la surface et qu’ils devaient affronter en bloc !

Apprendre à s’écouter et à être en couple différemment

Après plusieurs mois de célibat — une première pour moi depuis le lycée — et pas mal de découvertes diverses sur moi-même mais aussi sur le monde, j’ai appris à m’écouter, à réfléchir sur mes envies et mes pratiques, sur ce qui était bon pour moi. Quand j’ai rencontré mon copain, ce fut très naturel : une première nuit passée ensemble, puis des rencontres de plus en plus fréquentes, et surtout une liberté quasi-totale.

Moi qui avais été pendant des années l’amoureuse fusionnelle et torturée, celle que l’amour écrase, étouffe, celle qui vient gueuler à l’interphone à 4h du matin, je découvrais l’amour serein. On s’appelle une fois par semaine, on s’écrit de temps à autres, on se voit environ une fois par mois, et on le vit bien — et on s’aime.

Je ne pensais pas que l’amour pouvait aussi être comme ça, puisque ma seule relation à distance avait été très compliquée, mais en fait… c’est bien. Et pour moi, là, maintenant, c’est parfait !

Je n’ai pas de comptes à rendre, et lui non plus. S’il ne répond à mon SMS que deux jours après, je ne le prendrai pas mal. Si je lui dis que je ne peux pas le voir tel week-end, il ne va même pas demander pourquoi, on va juste s’arranger pour trouver une autre date. Et si on a un souci, une urgence, on peut toujours compter l’un sur l’autre.

Et la relation libre, alors ?

Je pense que cette liberté et cette « décontraction » globale nous aide aussi à être en relation libre. C’est lui qui a amené le sujet, assez tôt d’ailleurs, au bout de deux ou trois mois. Il m’a dit « Tu sais, si jamais tu rencontres un mec et qu’il te plaît, tu peux faire ce que tu veux, hein, ton corps ne m’appartient pas et ta sexualité non plus ; par contre si tu veux que moi je sois fidèle, tu me le dis, tu en as le droit ». Et en fait, c’est venu comme une évidence : non, je ne le voulais pas.

Parce que pour moi, comme pour lui, la fidélité ne passe pas par la monogamie, mais par le respect de l’autre et l’amour qu’on se porte ; je m’en fiche de ce qu’il a fait jeudi soir avec une autre fille, tant que samedi il est toujours aussi gentil et aimant avec moi. Et réciproquement.

La seule règle, c’est que si ça devient « sérieux » avec quelqu’un d’autre, et que ça peut remettre en question notre couple, là il faut en parler. Sinon, on n’a même pas à se le dire. Oh, et on se protège si on couche avec d’autres personnes, évidemment !

La relation libre, en pratique, ça donne quoi ?

C’est bien beau tout ça, mais c’était de la théorie. J’avais quand même une sale petite voix qui me disait « Oh ben oui, c’est facile de lui dire d’aller faire ce qu’il veut, on va voir comment tu réagis s’il le fait, on va voir si tu vas pas redevenir aussi dingo que tu l’étais avant ».

Eh bien non. La dernière fois qu’on s’est vus, le sujet est venu sur le tapis et il m’a dit que oui, il a été avec deux autres filles depuis qu’on est ensemble. Et… je m’en fiche ! Youpi ! J’étais soulagée de me rendre compte que ça ne me faisait pas de mal, parce que j’avais vraiment peur de voir ce beau rêve de relation libre s’effondrer.

Personnellement, je n’ai pas encore « consommé » mon droit au taktak sauvage. Je ne suis pas très sociable et je ne rencontre pas souvent de nouvelles personnes, donc aucun mec ne m’a tapé dans l’oeil, et je ne ressens pas l’envie d’aller sur un site de rencontres pour un coup d’un soir. Donc on verra quand ça arrivera.

De l’importance de remettre en question les évidences

En tout cas, je suis heureuse. Et je pense que connaître cette option plus tôt aurait pu éviter beaucoup de souffrances, pour moi comme pour d’autres. Loin de moi l’idée de vous encourager toutes à arracher votre slip et à opter pour la relation libre ! Bien sûr, ça ne convient pas à tout le monde. Mais le modèle monogame/fidèle de base non plus — et ça, je l’ai découvert sur le tard.

Je pense qu’il est toujours bon de remettre en question les évidences qu’on a intégrées, en général, surtout quand ça touche aux relations qu’on entretient avec les autres. Et d’en parler à son/sa partenaire, bien sûr !

Ça ne peut être qu’instructif (bon, sauf si vous êtes avec une personne maladivement jalouse, certes) et même si vous êtes du genre 100% fidèle, vous vous coucherez peut-être en connaissant un peu mieux celui ou celle qui partage votre vie !

Mise à jour du 6 août 2014 :

Eh bien voilà, je ne suis plus en relation libre. Enfin, je ne suis plus en relation tout court !

Mon copain et moi avons rompu, d’un commun accord. La distance géographique et le fait qu’on a tous les deux grandi de notre côté pendant deux ans, en suivant chacun notre chemin, ont fini par nous rattraper, et on se sépare dans la douceur, la tendresse et le respect, sans armes ni haine ni violence (ça aussi, c’est une première pour moi).

En discutant de tout ça, on a parlé de notre relation libre, de nos expériences. J’ai appris que bien qu’il a été avec deux filles l’an dernier, il n’a en réalité pas couché avec elles, mais simplement flirté au cours de soirées, avec embrassades et câlins, mais rien de plus. De mon côté, j’ai connu « bibliquement » deux autres mecs pendant ces deux ans, sans me sentir coupable, sans me sentir mal, et sans que mon copain (mon ex, donc, maintenant) ne m’en veuille le moins du monde. Ils savaient tous les deux que j’étais en couple, mais aussi et surtout que ça n’avait rien à voir avec ma « capacité » à coucher avec eux ou non, qu’en passant une nuit dans mon lit ils ne feraient pas de mon mec un cocu.

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais je ne me vois pas retourner à une relation « non-libre ». Si je tombe amoureuse d’un homme pour qui ma fidélité physique est non-négociable, je ne sais pas comment je réagirai. Je vous tiendrai au courant si ça arrive !

En tout cas, je suis vraiment heureuse d’avoir vécu ça, d’avoir découvert une autre forme de couple, d’amour et de fidélité basée non pas sur qui voit sous ma culotte, mais purement sur la confiance et l’honnêteté. Ça ne peut jamais faire de mal de questionner les schémas « évidents », même si, répétons-le encore une fois, la relation libre n’est pas pour tout le monde… et le couple « non-libre » non plus !

— Merci à Cy. pour son joli dessin ! Retrouvez-la sur madmoiZelle, sur son blog et sur sa page Facebook !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 146 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Adonox
    Adonox, Le 27 août 2016 à 8h04

    Bonjour tout le monde !

    Je suis déçue d'avoir raté la mise à jour de l'article, j'aurais bien aimé pouvoir en discuter sur le forum à ce moment là.

    Pour ma part, je vis ma première relation et dans deux mois on fêtera nos deux ans. On s'est rencontrés en terminale, tout juste 17 ans, et moi j'étais bien jeune dans ma tête et n'avait pas vraiment réfléchi aux différentes questions qui peuvent être liées au couple. Nos premières expériences se sont extrêmement bien passées, on a découvert beaucoup à deux, et étions très heureux sexuellement (et sur tous les plans).

    Et l'année avançant, on discutait de nos visions du couple, de la vie qu'on voulait avoir, et petit à petit on en est venus à l'idée d'un couple libre. C'est un peu parti du fait qu'étant tous les deux notre première et seule expérience sexuelle, ce serait dommage de ne connaître que nous s'il s'avérait que notre histoire durait longtemps. On a fini de théoriser notre vision du couple libre avant notre premier été, mais c'est à la rentrée que nous avons eu l'occasion d'essayer chacun de notre côté.

    Au début, j'en avais assez peur, étant incapable d'anticiper réaction quand il me dirait qu'il avait couché ou flirté à un niveau avancé avec une autre fille. Au début j'ai tiqué un peu, mais c'est très bien passé et lui l'a très bien pris quand je lui ai parlé de ma relation.

    La plupart de nos amis sont au courant car c'est quelque chose que nous ne cachons pas. Beaucoup comprennent tout en sachant que eux ne pourraient pas. J'en parle moins autour de moi à la fac pour éviter d'être cataloguée ou jugée trop vite, sait on jamais. Nos camarades de lycée nous connaissaient tous les deux, c'était forcément différent.

    Nous vivons chacun très bien cette relation, comme j'ai pu le lire avant, j'aime flirter et me sentir attirante. Pour moi tout est une question de rigueur avec ses sentiments, et de capacité à distinguer. J'aime mon copain, j'en suis très amoureuse, et heureuse dans mon couple. Lui faire l'amour, et coucher avec quelqu'un d'autre n'a rien avoir, puisque qu'il n'y a pas d'amour dans le deuxième cas. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier la personne, ne n'ai pas vraiment envie de coucher avec quelqu'un pour lequel je n'éprouve pas plus de sympathie que ça. Hier soir j'ai flirté avec un garçon, nous ne sommes pas passés à l'acte car lui n'était pas libre, mais le flirt était très agréable. Cela ne m'a pas empêchée de rentrer le soir et de penser amoureusement à mon copain que je revois bientôt.

    Je m'arrête là pour mon témoignage, mais si vous lisez ça par la suite, n'hésitez pas à relancer le sujet ou à m'en parler en MP, j'y ai évidemment beaucoup réfléchi avant d'en arriver là et suis toujours ravie d'en discuter

Lire l'intégralité des 146 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)