Comment je me suis installée dans un refuge d’animaux sauvages en Afrique du Sud

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Kalindi est cheffe de rubrique cinéma/séries. Mais dans une autre vie, le temps d'un été, elle était apprentie ranger en Afrique du sud. Chaque semaine, elle te raconte un morceau du plus beau voyage de sa vie.

Comment je me suis installée dans un refuge d’animaux sauvages en Afrique du Sud

Dans le premier épisode de Ma vie d’apprentie ranger, je te laissais sur mon arrivée au Moholoholo, un centre de réhabilitation pour animaux sauvages.

J’y faisais mes premiers pas, la tête pleine de questions et le corps agité par l’impatience.

Cette semaine, on entre dans le vif du sujet. Les grilles du centre se sont ouvertes, il n’était plus possible de faire machine arrière. Il allait me falloir travailler dur, je le savais.

Mais tant pis, j’étais là pour suer.

L’arrivée au refuge pour animaux sauvages

La Jeep conduite par le grand Yann s’est introduite dans le centre. Première surprise : un bébé rhinocéros s’est mis à poursuivre la voiture. Yann en est descendu comme si de rien n’était, pendant que je restais coite.

Sans menacer le ranger le moins du monde, l’animal frottait sa corne contre sa jambe…

Jusqu’à présent, c’était la chose la plus dingue que j’avais jamais vue de ma vie. Une telle proximité entre l’animal et l’humain ! Fou !

Et je n’étais là que depuis 3 minutes…

Yann m’a ensuite accompagnée jusqu’au dortoir, où j’allais crécher avec 5 autres meufs. Le stress me prenait la gorge. Est-ce-que j’arriverais à m’intégrer ?

En pénétrant dans la chambrée, je restais ébahie. Tout était ravissant. J’allais dormir avec plein d’inconnues, mais au moins le cadre était superbe.

Perdu dans une partie du centre, entourée par les arbres bas et secs, les herbes hautes, et les animaux, le dortoir ressemblait à une maison imaginaire.

Tout à côté, une grande pièce principale mettait à notre disposition de grands canapés et une cuisine à peu près équipée. Tout les revêtements étaient jaunes d’or, bruns et ocre. Bref la savane s’invitait même dans la déco.

Très vite, j’ai compris que la chaleur serait un problème. J’étais arrivée depuis à peine 30 minutes, et j’avais déjà des envies de siestes.

Le refuge pour animaux sauvages, comme un rêve éveillé

Sans pouvoir m’assoupir, j’allais ranger mes affaires dans la chambre en désordre. J’y rencontrais mes camarades, toutes adorables et passionnées.

Le constat s’est imposé très vite : ici, la bienveillance régnait. J’allais devoir mettre mon instinct de « méchante pom-pom girl » de côté, ça ferait des vacances à tout le monde.

Les filles et moi avions le même désir : en apprendre le plus possible sur les animaux.

D’ailleurs, sous le drap du lit qui m’avait été attribué, je remarquais quelque chose qui bougeait.

En me penchant dessus avec crainte (ça aurait pu être une saloperie d’araignée), je tombais nez à nez avec un écureuil culotté, qui dévorait les miettes d’un paquet de gaufrettes probablement oublié par la précédente occupante du lit.

J’ai eu peur que ce con tombe malade et l’ai surveillé toute la journée, ce qui nous a beaucoup rapprochés (#creepy).

Finalement, il a très bien digéré les gaufrettes. Merci pour lui. À compter de ce moment là, il était convenu qu’il logerait SUR MA TÊTE.

Bref, l’ami de ma mère grâce auquel j’étais là est ensuite venu me chercher, pour me faire visiter le centre.

L’endroit était immense.

Armé de patience, il m’a tout montré : les volières à oiseaux (la passion de Bryan, le directeur), les enclos qui abritaient les hiboux, les mangoustes, les parcs dans lesquels se prélassaient les lions, ceux des guépards, celui du léopard trop gras, ceux des vautours, ceux des chiens sauvages, des hyènes, etc.

Je me baladais dans un fantasme. Bon, un fantasme dans lequel il faisait quand même une chaleur à crever, et où je sentais les pieds, mais de partout !

James, l’ami de ma mère, me parlait des bêtes, de leurs habitudes, de leurs caractères. Je rencontrais petit à petit les rangers et les autres étudiants en stage, au détour d’un enclos, ou d’un parc.

Très vite, je suis tombée amoureuse du lieu.

Un emploi du temps conséquent au refuge pour animaux sauvages

L’un des rangers m’expliquait en quoi aller consister mes journées.

Lever à 6h du matin, puis découpage de poussins morts et congelés. Cette première étape me faisait déjà grimacer.

Mais elle était obligatoire et essentielle. Il fallait bien nourrir les animaux dont j’avais la charge : les hiboux et autres volatiles.

Certains étaient aveugles. Ils ne pouvaient pas se démerder seuls. Alors la mission était claire : foutre les poussins dans l’eau chaude pour les décongeler, puis les découper et leur retirer les entrailles et enfin distribuer les morceaux aux bêtes.

J’ai oublié de te préciser une chose importante. Les pensionnaires du centre sont souvent malades ou blessés. D’où leur présence à l’institut : les rangers les soignent, les surveillent, les aiment, puis les relâchent si possible !

Il ne faudrait donc pas que je rechigne à la tâche. C’était pour la bonne cause.

Après la distribution de poussins, il faudrait donner à boire aux vautours. Des individus peu aimables, qui s’avèreront de très mauvaise compagnie.

Puis, nettoyer tous les enclos, à l’aide de brosses, d’eau, et d’un produit dont j’ai oublié le nom — un machin rose, qui se diluait dans l’eau et n’était pas nocif pour les bêtes.

Des travaux multiples dans le refuge pour animaux sauvages

Enfin, il faudrait s’assurer que tous nos animaux étaient bien nourris, que tout était propre. Puis nous pourrions petit-déjeuner, plus loin dans le centre, dans une sorte de restaurant ouvert absolument magnifique.

Tout y serait : des fruits, des oeufs, du pain, pour nous faire tenir toute la matinée.

Mais pour accéder à cet endroit idyllique, nous devrions passer devant l’enclos des lions, qui dormaient paisiblement au soleil, et des lionnes qui surveillaient nos moindres mouvements.

Elles, ce sont les gardiennes. Celles qui ont toujours l’oeil alerte. Les lions, eux, ils se prélassent au soleil, l’oeil feignant et la crinière paresseuse !

Après le petit-déjeuner, retour au boulot pour nourrir les fauves, puis nettoyer leurs parcs. C’est-à-dire enlever les excréments IMMENSES qui jonchaient les sols.

Puis récurer les abreuvoirs des Wild Dogs.

Après tout ce travail, l’heure serait à la bouffe ! Un déjeuner en général plutôt rapide, puis… viendrait la partie temps libre, où nous pourrions vaquer à nos occupations.

Puis, retour au boulot ! Rebelote : donner à bouffer, nettoyer, puis ranger la « clinique » dans laquelle sont enfermés les animaux qui ont besoin de sécurité et de soins particuliers.

Une surprise de bienvenue au refuge pour animaux sauvages

Bref, le programme avait l’air INTENSE !

James et Yann ont alors éprouvé l’envie de me faire une surprise.

« Saute dans la Jeep », m’a glissé le premier.

Ni une ni deux, je me suis jetée dans le véhicule boueux pour une destination inconnue.

« Monte sur le toit de la caisse ! » a  susurré le second, souriant, en pénétrant dans l’immense enclos d’un guépard.

Un peu fébrile, j’ai obéi.

Il faisait chaud, et sec. Seuls les oiseaux émettaient des sons lointains. Quand soudain, un sifflement aigu a entamé le silence de la savane. James avait deux doigts dans sa bouche. Il était l’auteur du bruit.

Moi, j’attendais que quelque chose se passe, le coeur battant, sur le toit de la Jeep. James est monté à son tour, et Yann a placé une gamelle sanglante entre nous deux.

La plus belle des rencontres, avec un guépard

Cette sagesse !

Tout à coup, une tache jaune s’est élancée vers la voiture. Un guépard courait. Sa musculature saillante tranchait les paysages. En moins de temps qu’il en faut pour le dire, l’animal majestueux sautait sur la voiture.

Il se trouvait désormais à quelques centimètres seulement de mon visage.

Il a dévoré sa gamelle de viande en un temps record, et moi je retenais mon souffle.

24h avant, j’étais en France, occupée à regarder une série. Là, j’étais au bout du monde, sur le toit d’une bagnole, à regarder un guépard se goinfrer avec élégance.

Lorsqu’il a eu terminé son repas, il s’est retourné vers moi, et m’a contemplée. Nous sommes restés tous les deux un instant, à s’observer. Mon coeur battait si fort que j’étais à deux doigts de vomir.

Entre admiration et effroi, je contemplais l’animal, qui étalait ses muscles sur le fer brûlant.

Yann m’a demandé de respirer, et de ne pas avoir peur. Plus facile à dire qu’à faire !

Mais après tout, les rangers savaient ce qu’ils faisaient. Alors j’ai respiré, et le guépard a… ronronné.

Le guépard, animal affectueux

Les yeux (et les aisselles) humides, j’ai cédé à une caresse, puis à une deuxième. Il était plus affectueux que mon chat. Son oeil vif me regardait à la dérobée. Le soleil entamait sa descente, les buissons secs nageaient dans une lumière orange.

Je vivais un des plus beaux moments de ma vie. Yann m’a fait descendre de la voiture, il était l’heure de laisser le félin en paix.

J’ai pleuré un peu. C’était le début de l’aventure…

Dans l’épisode suivant, je te raconterai mes premières journées de travail, et m’attarderai sur la recherche d’un hippopotame très peu ponctuel.

Si tu veux participer à l’aventure et réaliser ton rêve, je t’encourage à aller sur le site Internet du centre, où tout est très bien expliqué ! 

À lire aussi : Ma vie d’apprentie ranger en Afrique du sud, dans un centre de réhabilitation pour animaux sauvages

Commentaires
  • Zoliecherry
    Zoliecherry, Le 27 mars 2018 à 15h03

    Et la suiiiiite ? :sad:

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