Vincent Peillon veut faire de la santé des adolescents sa priorité 2014

« Nous avons des problèmes de prévention, d’accompagnement, de bien-être de notre jeunesse », a déclaré le ministre de l'éducation nationale ce matin sur iTélé. Il a annoncé vouloir faire de la santé des jeunes sa priorité pour 2014.

Vincent Peillon veut faire de la santé des adolescents sa priorité 2014

La consommation d’alcool, de tabac et de cannabis est en hausse chez les lycéen-ne-s. La moitié d’entre eux/elles a déjà fumé au moins une fois du cannabis.

L’expérimentation en hausse

Selon une étude de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, réalisée en 2011, la consommation de cannabis et de tabac des lycéens français est en hausse. L’étude de 2011 comparait la consommation des Français-es aux autres pays européens, mais ces données ont été complétées pour analyser la consommation de cannabis, de tabac et d’alcool des lycéen-ne-s :

« La moitié des lycéens (49%) précise avoir déjà fumé du cannabis, les garçons plus souvent que les filles (51% contre 46%).

La consommation de cannabis connaît parmi les lycéens une diffusion comparable à celle du tabac, avec toutefois des niveaux moindres et un décalage dans le temps d’environ une année scolaire.

Le passage au lycée correspond à l’une des plus importantes phases d’initiation au cannabis. Les premières expérimentations sont observées dès la classe de 4ème (11% des élèves) mais les niveaux progressent rapidement vers la suite, avec un doublement des niveaux en 3ème (24%) puis de nouveau en 2de (41 %). »

La consommation régulière est « nettement masculine », et concerne 11% des élèves de 1ère.

Des dépistages obligatoires au lycée ?

Éric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes, a déposé une proposition de loi visant à rendre obligatoire un dépistage annuel dans les lycées français.

La mise en place d’un dépistage obligatoire pourrait avoir, selon lui, un effet dissuasif, et permettrait d’avertir les parents du jeune, qui ignorent souvent que leur enfant consomme du cannabis :

« Force est de constater que malgré les actions de sensibilisation qui sont menées auprès des jeunes, celles-ci ont du mal à atteindre leur objectif puisqu’au lieu de régresser, la consommation de drogues chez les mineurs s’aggrave d’année en année »

En cas de contrôle positif, un accompagnement serait proposé aux jeunes concernés.

Et si la consommation de cannabis relèvait davantage du symptôme que d’un problème en lui-même ? Qu’est-ce qui amène les adolescents à fumer de plus en plus et de plus en plus tôt ?

L’étude de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies relève une baisse de la consommation de cannabis en Terminale. Il y aurait un « effet bac » : les jeunes auraient un comportement responsable à l’approche d’une échéance importante.

Un problème de « bien-être de la jeunesse »

La consommation de cannabis reste bien inférieure à la consommation de tabac par exemple : 74 % des lycéens ont déjà fumé, et la consommation régulière de tabac concerne 30 % d’entre eux, soit 3 fois plus que les consommateurs réguliers de cannabis.

Interrogé par Christophe Barbier lors du face à face d’iTélé, Vincent Peillon ne partage pas l’approche répressive préconisée par Eric Ciotti. « Si seulement c’était suffisant ! » s’est-il exprimé à propos de la proposition du député d’effectuer un dépistage annuel obligatoire dans les lycées.

Selon le ministre de l’éducation nationale, il s’agit d’un problème de santé publique : « nous avons des problèmes de prévention, d’accompagnement, de bien-être de notre jeunesse ». Il a annoncé une collaboration dans les prochains mois avec la ministre de la santé Marisol Touraine, afin de préparer une action commune sur la santé des enfants.

La « théorie du genre » n’existe toujours pas, monsieur le ministre

Vincent Peillon semble toujours confus à propos de ce qu’il continue d’appeler, à tort, « la théorie du genre ».

Toujours sur le plateau d’iTélé, le ministre de l’éducation nationale a déclaré : « la théorie du genre consiste à dire dans le fond qu’il n’y a pas de différence entre les garçons et les filles, j’y suis défavorable », avant de préciser qu’il était en revanche tout à fait convaincu par la nécessité de combattre les stéréotypes de genre à l’école, compte tenu de leurs conséquences sur les choix d’orientation des jeunes.

Non, monsieur le ministre. « La théorie du genre », ça n’existe pas. Et c’est pas parce qu’une poignée d’obscurantistes continue de brandir « le djendeur » comme menace pour l’humanité qu’il faut adopter leur vocabulaire.

À ceux qui clament leur volonté de « défendre les stéréotypes de genre », contentons-nous de leur opposer les conséquences néfastes de ces stéréotypes sur les jeunes, et laissons-les surtout s’obstiner dans l’ignorance. Mais de grâce monsieur le ministre, ne légitimez pas leur paranoïa en reprenant à votre compte un vocabulaire tout à fait inapproprié.

Pour aller plus loin :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Pijmoissa
    Pijmoissa, Le 20 janvier 2014 à 19h22

    Un dépistage des élèves dans les lycées, la belle blague, je doute que les élèves collaborent ! C'est une méthode très intrusive, et j'imagine que ce sera obligatoire. Si c'est une test salivaire, ils vont récupérer bon nombre de glaires !

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