J’ai 18 ans, et pas de but dans la vie — Témoignage

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Lola a 18 ans et elle ne sait pas ce qu'elle veut faire dans la vie. Dans une société et un entourage prônant la réussite, ce n'est franchement pas facile à vivre.

J’ai 18 ans, et pas de but dans la vie — Témoignage

– L’image d’illustration est tirée de la série Girls.

Aujourd’hui quand on est jeune (ou pas), on entend souvent les gens qui nous entourent nous dire de faire ce qui nous plaît le plus dans la vie et de nous donner à fond pour ça. On lit aussi ça dans beaucoup de magazines et plein de livres, et ce n’est franchement pas une mauvaise chose !

Avoir une passion dans laquelle on s’investit, c’est bien. Avoir un but « ultime » comme être le meilleur dresseur Pokémon, c’est même génial ! Ça nous permet de guider notre vie, de savoir où on veut aller.

Mais voilà… quand on a aucun but, qu’est-ce qu’on fait ?

L’obligation de trouver un but

Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je vais faire de moi et de ma vie ? Quel est mon but ? Qu’est-ce que j’aime suffisamment pour m’efforcer de l’atteindre à tout prix ? Qu’est-ce qui me motive ?

Ces questions, je me les pose chaque jour depuis que j’ai obtenu mon sacro-saint baccalauréat. J’ai 18 ans et je n’arrête pas de me remettre en question. Je vois tou•tes mes ami•es se diriger joyeusement vers leur première année de fac/prépa/apprentissage en admirant ce qu’ils voudraient accomplir grâce à leurs futures études.

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Tandis que moi je me retrouve à aller étudier l’anglais par défaut (et aussi parce qu’on est obligés de voyager minimum trois mois en pays anglophone pour valider la licence). Je ne dis pas que je n’aime pas l’anglais et que j’ai choisi ça uniquement parce que j’avais une bonne moyenne en spé anglais (filière L représente), attention !

Mais maintenant que le lycée est terminé, je ne sais plus quoi faire de ma vie. C’est sûr que le lycée c’était bien pratique, je n’avais pas tellement à réfléchir à ce que je voulais faire l’an suivant : je suivais le parcours tracé le plus simple pour moi et je ne cherchais pas plus loin. Désormais je me sens quasiment obligée de trouver rapidement un métier ou quelque chose qui me passionnerait au risque de rater ma vie entière.

Oui, je me mets peut-être un peu trop la pression… ça ressemble beaucoup à un complot de la société et de moi-même envers moi.

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J’aime trop de choses… mais je n’ai pas de passion

Je me sens oppressée et au final je suis totalement perdue. Et à force de chercher sans relâche, je me rends compte qu’en réalité ce n’est pas que je n’aime rien, c’est que j’aime TROP de choses mais pas assez. Prenons un exemple : j’aime beaucoup le tatouage, je me suis dit que je pourrais en faire mon métier. Le problème ? Je ne dessine pas suffisamment, même si j’aime ça.

J’aime aussi beaucoup la danse classique et je rêverais d’être aussi gracieuse, élégante et souple que ces magnifiques danseuses de ballets. Le problème ? J’ai arrêté la danse classique il y a un an, et depuis cet été je ne m’entraîne plus du tout niveau souplesse.

C’est pareil avec énormément de choses : je n’arrive jamais à avoir la motivation suffisante pour parvenir à tout cela. À la place, je passe mes journées devant mon écran d’ordinateur à rêver ma vie.

« Vis tes rêves et ne rêve pas ta vie. »

Combien de fois ai-je pu entendre ce proverbe plutôt très gnangnan qui pourtant n’a pas l’air si faux ?

Je passe des heures à réfléchir à qui je suis et ce que j’aime pour enfin clarifier tout ça mais je finis toujours par avoir l’impression d’être totalement vide. Pourtant sans vouloir me vanter, je ne pense pas être si inintéressante que ça ! Et malgré tout, je continue de me comparer aux autres (juste un peu) et je me sens involontairement rejetée par la société, un peu comme le vilain petit canard (c’est fou, j’adorais cette histoire quand j’étais enfant).

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Ne pas vivre sa vie en « métro-boulot-dodo »

Au final, je ne fais que suivre les autres. Le modèle le plus courant autour de moi c’est le bac, la fac, les diplômes et le travail. Cependant je sais d’ores et déjà que ce n’est pas ce que je veux. Je ne veux pas vivre ma vie en « métro-boulot-dodo » avec un métier alimentaire, une belle maison, un mari ou une femme et d’affreux marmots gluants de morve des enfants qui à leur tour grandiront et reproduiront le même schéma.

Cette vie idéale (ou pas) que la société me présente m’apparaît comme un immonde cercle vicieux où se réaliser est impossible. Mais si je ne sais pas plus précisément ce que je veux être plus tard, comment parvenir à éviter une vie qui me paraîtrait ennuyeuse ? Si je n’ai aucun but, comment je fais ?

Alors si je réfléchis encore, j’ai bien identifié un but, mais il est tellement vague que quasiment tout peut y être associé.

Grâce à mes cours de philosophie (et aussi à moi quand même), je sais que l’Homme en général cherche la reconnaissance pour être heureux et se réaliser, et je n’échappe pas à la règle en ayant pour envie de vouloir impressionner les gens.

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Mais malgré toutes ces belles réflexions sur moi-même, les autres et la société, j’en reste au même point. Je ne bouge pas et ça fait pourtant des mois et des mois que je réfléchis à ce que j’aimerais vraiment pour ne trouver que quelques idées vagues et peu approfondies.

J’en viens même à me dire que la mort est la fin de toute vie et que ce qu’on fait entre notre naissance et notre mort n’est qu’un moyen d’y parvenir. Je tiens à préciser que je ne considère pas la mort comme quelque chose de forcément mauvais mais simplement comme une nouvelle/dernière expérience de la vie, un peu comme dans le bouddhisme.

Un crise passagère ?

Tout cela me mène à des émotions et des sentiments pas toujours top qui m’accablent de plus en plus. Sans compter, évidemment, la pression familiale et sociale au sujet de la réussite.

Ce qui en ressort, c’est qu’à mes yeux et aussi à ceux des autres, je ne semble être qu’une énorme feignante, pire qu’un Ramoloss ou qu’un Ronflex alors que ce n’est probablement pas le cas (déjà parce que je suis peut-être une dresseuse Pokémon virtuellement mais je ne suis pas un Pokémon, je suis un être humain presque « normal »).

pokemon-interrogationNon, je ne ressemble pas à ça.

Au plus profond des abysses de mon petit être ridicule, j’espère que tout cela n’est que passager. Que ce n’est qu’une sorte de petite crise comme la très célèbre « crise de la quarantaine ». Parce que bon, vous vous en doutez, je ne tiens pas énormément à être aussi indécise toute ma vie.

Et si un jour je parviens enfin à trouver les réponses à toutes ces questions, les ami•es c’est juré, j’fais une p’tite fête avec du bon son et des confettis et vous serez invité•es !

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Mélissa fait les témoignages, mais ce n'est pas elle qui vit toutes les histoires qu'elle raconte - et heureusement parce que sa vie serait un peu compliquée ! Elle aime les pois et s'empiffrer de Kinder en sirotant son thé.

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Voici le dernier commentaire
  • Kaus Australis
    Kaus Australis, Le 17 juillet 2017 à 9h01

    Wow. Ça fait de l'écho chez moi.
    J'ai pas de passion, par contre j'arrive à me fixer des mini objectifs:
    -faire telle compétition de sport, si le résultat me plaît pas, recommencer
    -lire cette pile de bouquins
    -finir ce jeu vidéo
    -faire un dessin/jour (ça j'ai du mal)
    -faire 1h de gammes au piano et à la guitare/jour

    Et aujourd'hui mon but c'est de gérer mon plâtre, c'est ridicule mais je peux pas faire mieux. Tout ça c'est des objectifs dérisoires, qui forgeront pas l'Himalaya, mais ça peut permettre d'ouvrir des portes, de progresser dans un domaine-et comme en appétit il n'y a pas de passion si on ne commence pas.

    Perso ça allait mieux quand j'ai commencé à arrêter de me poser des questions. Je regardais des oeuvres faites au feutre à alcool, sur internet, en comatant un peu de rien foutre. J'osais pas en commander par peur de ne jamais réussir à faire un truc pareil. Et dix minutes après coup de tête, boum, une dizaine dans mon panier :shifty: comment sont ils arrivés là telle est la question, mais j'arrête de tergiverser et quand je les reçois je m'y mets, je me disais. Bah sans se comparer, sans penser à ce que tu ne sauras jamais faire, sans se mettre la pression soi même et croire que l'amateurisme n'a aucun intérêt, qu'il faut absolument maîtriser, maîtriser, maîtriser, bah finalement ça rend la création super sympa à défaut d'être originale/recherchée/réussie, et même si je fais de la merde, je sens que je m'améliorer.
    On a besoin d'un chemin pour maîtriser les choses, Taylor Davis à une époque ne savait pas jouer du violon :vieux:

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