Une panne d’érection a aidé mon plan cul à comprendre le féminisme

Cette madmoiZelle a couché avec un homme qui ne se sentait pas concerné par le féminisme. Jusqu'à ce que son érection ne se fasse la malle...

Une panne d’érection a aidé mon plan cul à comprendre le féminisme

Je suis une jeune femme célibataire, vivant à Paris, qui cherche un plan cul régulier. Je rencontre donc pas mal de mecs, principalement via des appli de rencontres.

Et aujourd’hui j’ai envie de vous parler de l’un d’entre eux.

Ma rencontre avec un potentiel plan cul

En naviguant sur OkCupid, je finis par discuter avec un beau jeune homme blond, athlétique et fort sympathique, qui me trouve très chou.

Il est allemand et vient d’arriver à Paris, c’est son premier stage en entreprise. Il cherche à faire divers types de rencontres… Mais quand on décide de se voir, c’est assez limpide que c’est dans l’espoir de se plaire, et de finir au lit.

Le plan « parc près de chez lui » étant littéralement tombé à l’eau pour cause de pluie, on a bu un verre dans un bar avant de finir dans son appart.

Féminisme et masculinité au premier date

On discute pas mal, mais c’est un peu laborieux : notre anglais est approximatif, et surtout on est tous les deux épuisés par notre journée de boulot.

Comme je m’intéresse beaucoup au féminisme, le sujet vient dans la conversation. Mon date n’est pas sexiste (heureusement !), je dirais qu’il est… neutre.

En gros, il ne se sent pas concerné.

Je glisse alors sur l’autre thème qui me passionne, celui des masculinités et de la déconstruction des critères de virilité (je suis super fun en soirée).

The Boys Club, le meilleur podcast pour réfléchir à ces sujets 

Là encore, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Il m’explique qu’étant blanc, jeune, hétéro, sportif, etc., il ne ressent aucune forme de pression.

Eh bien écoutez, tant mieux pour lui si tout va bien dans sa vie. Direction : son lit !

Une panne d’érection au premier date

Tout se passe bien, on s’embrasse, on se câline, on se chauffe, on se déshabille, il chope un préservatif et nous commençons à faire l’amour, de façon fort agréable.

Et puis il débande.

Au début, il ne me le dit pas, il choisit simplement de se concentrer plutôt sur moi que sur la pénétration, donc je mets un peu de temps à comprendre ce qu’il se passe même si je le sens un poil gêné.

Je finis par comprendre, et franchement ça ne me dérange pas du tout ! Ça arrive, c’est la vie, et je me doute que le moindre signe de déception de mon côté ne ferait qu’empirer les choses…

Donc je fais attention à ne pas faire passer cette idée, même inconsciemment.

Son érection revient, on reprend les festivités, et pouf, elle repart. On papote, j’essaie de vérifier qu’il va bien, je le sens frustré, soûlé.

Ultime tentative : une fellation, dans l’espoir de le mener à l’orgasme quand même. Au final, je sens bien que je m’acharne pour rien, alors je finis par m’arrêter.

Rassurer un mec après une panne d’érection

Il reste frustré et perturbé, ça se voit, alors j’essaie de le rassurer, je lui réaffirme que j’ai passé une super soirée (ce qui est vrai), que ça ne me dérange pas du tout de m’arrêter là.

Il m’explique, maladroitement, rester un peu sur sa faim de son côté, et puis être déçu de ne pas avoir pu me satisfaire davantage.

C’est clair que je ne vais pas dormir chez lui, mais on continue quand même à papoter un peu puisque le courant passe bien. Et là, il me donne une info qui rend la situation beaucoup plus limpide !

Je suis sa première partenaire depuis sa rupture avec son ex, quelques mois auparavant. Selon ses propres mots, il se « sentait prêt »… mais force est de constater qu’il ne l’était pas vraiment.

En ajoutant à ça la fatigue plus un ou deux verres, ce petit souci d’érection n’a rien d’étonnant !

De la panne d’érection à l’utilité du féminisme

Au fil de la conversation, il finit par avoir la révélation.

« Ah ouais, donc en fait quand je pensais ne pas subir de pressions liées à la masculinité, je me trompais ! »

Il comprend que s’il vit aussi mal son incapacité à « performer » au lit, c’est en partie parce qu’il lui a été inculqué qu’« un homme, un vrai », ça bande fort et dur, sans souci ni interruption, jusqu’à l’orgasme.

Notre discussion de début de soirée sur le féminisme et l’importance de la masculinité a fait son petit bonhomme de chemin, mais il a fini par admettre que oui, il est concerné !

Ce jeune homme n’a pas grandi dans un endroit où les femmes sont harcelées dans la rue, où elles ont peur de rentrer tard. Les problématiques féministes qui touchent les femmes lui semblent donc assez lointaines.

Il ne dénigre pas l’importance du féminisme, ça lui semble juste être l’affaire d’autres gens.

Mais en reliant les points, il a mis le doigt sur une problématique à laquelle il peut s’identifier, qu’il peut ressentir pleinement.

Le féminisme, ce n’est pas juste une affaire de femmes en danger : c’est aussi une volonté de questionner les rôles genrés, qui peuvent être désagréablement pesants pour les meufs comme pour les mecs.

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir parlé féminisme et masculinité au premier date : j’ai un petit peu élargi les horizons de ce garçon !

(Et non, il n’y a pas de happy end : il n’a jamais répondu à mon message mignon du lendemain. Désolée.)

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Une madmoiZelle


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Commentaires
  • Witch'Daughter
    Witch'Daughter, Le 1 décembre 2018 à 15h00

    PingouinMasqué
    Moi je rêve d'un monde où le genre, cette construction sociale basée sur des stéréotypes débiles, sera détruit et qu'enfin on pourra juste être des personnes, point.
    En attendant, et comme on est bien loin de là... Ben que les mecs s'intéressent au féminisme quand ça les touche, c'est finalement plutôt classique. On s'intéresse plus facilement à quelque chose quand ça nous touche plus ou moins directement ou que ça touche des gens très proches, alors ça ou autre chose comme porte d'entrée je dis banco.
    Après, le jour où tous les bande-mous seront féministes, bordel on aura avancé!!
    Pardon, j'étais mal réveillée donc je reformule : je reve d'un monde où le concept de genre aura été détruit, démoli, aneanti, mais vu qu c'est pas pour demain la veille, je souhaite d'un monde où les hommes ne s'intéresseront plus à leur nombril, ça m'a lair plus facilement atteignable (quoique...).

    Car je pense qu'il est bien plus facile d'être 'neutre' (tout en sachant que dans le cas d'oppression systémique, si tu ne luttes pas contre le système bah tu y participes involontairement) quand on ne se prend pas toutes les conséquences négatives de ce système dans la gueule tous les jours. J'en peux plus des mecs qui se disent neutre alors qu'ils tirent tout les avantages d'un système qui tuent des femmes chaque jour et en achèvent d'autres à petit feu. L'autre jour encore y a un mec qu'il disait qu'il s'en foutait du viol comme beaucoup d'hommes car il était pas concerné. Eh connard, plus de 90% des violeurs sont des hommes donc si, vous êtes tous concernés.

    Sans compter que ce mec là rien ne dit qu'il va plus s'intéresser au féminisme. Perso je le vois plus s'intéresser à ce qui le concerne lui (la masculinité toxique) en s'en foutant du reste (les femmes exploitées tout ça ce genre de détails) car c'est le plus souvent le genre de comportements que je vois des mecs quand on leur parle de ça.

    Moi je finirai sur un autre dicton : Pas touts les hommes abusent des femmes mais tous les hommes en profitent.

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