Orientation scolaire : 5 (plus ou moins) bons conseils

Forte de son parcours étudiant chaotique, Sophie-Pierre Pernaut revient avec vous sur les pièges à déjouer et les résolutions à prendre pour se ramasser le moins possible.

Orientation scolaire : 5 (plus ou moins) bons conseils

On va pas tourner autour du pot de cornichons : question orientation, j’ai passablement déféqué dans la glue. Pourtant, j’étais plutôt bien partie puisque j’ai eu la chance de savoir relativement tôt ce que je voulais faire de ma vie (en l’occurrence, du journalisme). Malheureusement, entre des phases où j’ai manqué de confiance en moi, des phases où je me suis laissée influencer par autrui et d’autres où j’ai tout simplement eu des problèmes « techniques » m’empêchant de me rapprocher un peu plus du jour où j’aurais ma carte de presse, j’ai perdu un peu de temps.

Si aujourd’hui, j’ai repris du poil de la bête et me suis par la même occasion remise sur la bonne bretelle d’autoroute, ça n’a pas été facile tous les jours. Alors pour éviter à celles d’entre vous qui ont des feuilles de voeux pour l’après-bac à remplir et qui s’apprêtent à y mettre des trucs au hasard ou celles qui galèrent en plein milieu de leurs études, voici les conseils qu’avec le recul, j’aurais aimé qu’on me donne (ou qu’on m’a donnés mais que je n’ai pas su suivre).

Viens dans notre bus magique !

Apprendre à dire non

Si tu es encore au lycée, tu vas sûrement te retrouver face à des professeurs tellement enthousiasmés par tes résultats dans leur matière qu’ils te conseilleront de continuer dans leur voie. Si tu en as envie et si cela fait partie de ton projet à long terme (si tu en as un), pourquoi pas : tu pourrais t’y découvrir une vocation. Sinon, fuis : au mieux, tu apprendras des choses intéressantes, mais tu ne sauras pas forcément quoi en faire une fois le diplôme en poche. Au pire, tu y tourneras en rond.

En règle générale, je conseillerais à quiconque réfléchissant sur son orientation de le faire seul afin de ne pas laisser sa pensée se faire parasiter par quelqu’un d’autre (parents, petit(e)-ami(e), potes,…). Il ne faut jamais perdre de vue que le but est de trouver les études qui te donneront envie de te lever le matin, avec un travail qui te fera frétiller du cerveau par la suite.

Échanger et savoir profiter de l’expérience d’autrui

Grâce à internet, tu as à ta disposition de vraies mines d’or pour t’aider à trouver ta voie. Il y a bien évidemment le forum Études, stages et emploi de ton magazine préféré, mais tu peux aussi te balader sur les réseaux sociaux à la rencontre de personnes qui exercent le métier que tu as en tête. En quelques clics, tu peux leur poser quelques questions basiques sur leur parcours en message privé ; au fond, tu n’as rien à perdre. Au mieux, ils prendront le temps de te répondre, au pire, ils t’ignoreront. Quoiqu’il en soit, ils sont les mieux placés pour répondre à tes questions (bien plus que la plupart des conseillers d’orientation qui, s’ils font souvent très bien leur travail, n’ont la plupart du temps qu’une connaissance théorique des métiers qu’ils présentent).

Avoir un projet défini, c’est bien, mais ça fait pas tout

Si tu as en tête le projet d’études qui t’amènera à la carrière de ton choix, c’est génial. En revanche, savoir qu’il y a de fortes probabilités pour qu’il y ait un morceau d’ail dans le pâté à un moment donné, c’est mieux. Et je dis pas ça pour te décourager, bien au contraire : prenons à nouveau mon exemple. Quand j’ai eu mon bac, j’avais un projet bien défini. Un projet dont j’étais tellement sûre de la fiabilité qu’au premier obstacle, je suis me suis écrasée tel un pot de géranium jeté du douzième étage pendant une dispute conjugale et qu’il m’a fallu trois ans pour rebondir (et encore : il a fallu qu’on vienne me tirer par les cheveux pour me faire rebondir). Maintenant, je suis parée : je me suis créée un bouclier anti-découragement.

Une fois que tu as bien compris ça, tu devrais pouvoir faire face aux ronces qui vont venir te rendre le chemin de l’orientation un peu moins praticable.

Note – Si tu n’as pas de projet précis, que tu comptes t’inscrire dans un cursus qui te tente mais que tu n’es pas sûre de vouloir en faire ta vie, rien de grave : il y a peu de chances pour que tu ailles en maths sup alors que tu as un profil exclusivement littéraire (ou l’inverse) et donc, la probabilité que tu te vautres totalement est restreinte. En outre, tu es jeune et tu as le temps. Dans mon entourage, j’ai des exemples de personnes complètement différentes qui ont trouvé ce qu’elles souhaitaient faire sur le tard (à 23, 30, voire 36 ans) et qui sont très bien placées pour y arriver. A tout moment, avec de la volonté plein le sac à main et en se donnant les moyens (souvent pécuniers) d’y arriver, une réorientation est possible. Néanmoins, autant te rendre compte le plus rapidement possible que les études que tu mènes ne te correspondent pas pour éviter de perdre encore plus de temps (et d’argent).

Rappelons d’ailleurs que la légende veut que notre génération sera davantage amenée à exercer plusieurs métiers que celle de nos parents.

Ne jamais, JAMAIS perdre espoir

Parmi les obstacles qui pourraient te décourager, on compte :

  • des imprévus aux conséquences plus ou moins grosses,
  • des échecs potentiels (aux partiels d’un semestre au concours d’une école en passant par un oral raté),
  • la compétition inter-promotion ou à des concours importants, qui peut t’handicaper comme te motiver.

Balle anti-stress, cuisine, écoute de chansons phares du disco et du funk, forfait de téléphone illimité pour appeler tes soutiens quand bon te semblera, visionnage d’émissions de télé-réalité pourries… Toutes les méthodes sont bonnes pour trouver LE moyen de te détendre après une épreuve à forte teneur en abattement.

Aller faire un tour sur les sites internet d’orientation

Haha, j’déconne.

Enfin, quoique… Pas totalement non plus. Les sites internet traitant d’orientation ne sont pas le Mal à proprement parler ; il y a du bon comme du mauvais. Souvent, comme sur L’Étudiant, on y trouve des témoignages d’individus ayant fait tel cursus universitaire, ou exerçant tel métier. Le tout est simplement de ne pas prendre le contenu total de ces sites pour argent comptant et de se confronter à des avis divergents grâce à d’autres moyens.

Voilà, tu te sens parée à gérer ton chemin vers l’avenir ? Force, courage, et auto-coup de pied aux fesses.

(En complément de cet article, je t’invite à aller lire ou relire celui de Daria Marx).

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aalia
    Aalia, Le 6 février 2012 à 16h23

    En plus, avant de se lancer dans la vie, on ne connait bien souvent que peu de métiers/études, dont on se fait une idée préconcue.
    J'ai une amie comme ça, qui ne voulait pas du tout exercer le métier qui était "destiné" avec notre diplôme. Elle s'est lancée dans l'audit, elle a craqué. Elle s'est lancée dans autre chose, (je sais plus trop quoi) c'était encore pire. Ensuite elle voulait devenir commédienne mais elle a arrêté parce que marre d'avoir des mini rôles dans des assos amateurs (bah ouais mais...). Et maintenant elle veut être prof donc elle bosse le Capes chez elle en fantasmant sur la joie de transmettre son savoir à des élèves de collège avides de savoir (bah ouais mais.. bis).
    J'ai peur, j'ai très peur, que la chute soit à nouveau rude et que sa vie ne soit qu'éternelle tentative à chercher une herbe plus verte ailleurs.
    Donc oui, attention à ne pas trop rêver à des postes imaginaires, même s'il ne s'agit pas de se décourager dés que la réalité change par rapport au rêve.

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