Ces moments (un peu) ridicules où pleurer fait quand même du bien

Dans la vie, il y a ces moments tellement tristes que pleurer devient inévitable. Et puis il y a les autres.

Ces moments (un peu) ridicules où pleurer fait quand même du bien

Pleurer c’est naturel. C’est évacuer le trop-plein dans la tête, c’est laisser déborder son esprit. C’est parfois obligatoire. Les larmes ne sont pas toujours sous contrôle : parfois, elles glissent sans même avoir pris la peine de demander la permission. Il fait parfois si froid en nous qu’elles décident de nous réchauffer les yeux, de nous piquer les joues.

Pleurer c’est triste… Enfin, en théorie.

Les torrents de larmes n’arrivent pas toujours dans les moments les plus tragiques de notre existence sur Terre. Parfois, pleurer, c’est aussi déplier des dizaines de mouchoirs et se cacher derrière une montagne de morve, en silence, parce que la honte s’empare de nous. Mais peu importe : ça fait du bien.

Voici quelques situations un peu ridicules face auxquelles les sanglots libèrent plus qu’un verre d’Hépar.

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Et pourquoi pas ? 

Devant ton écran (mais sans lunettes 3D)

Je ne compte plus les fois où j’ai écarquillé bien grand les yeux histoire de faire sécher mes pupilles humides dans une salle noire. Petite, je me battais contre les scènes tristes en explosant de rire — expression nerveuse qui voulait faire croire aux grandes personnes que je gérais comme une pro. Ce que je ne savais pas, c’est que je ressemblais alors à une étrange personne constipée se tordant sur son fauteuil pour ne pas éclater en sanglots.

Et puis, un jour, j’ai vu Bruce Willis s’envoyer en l’air dans une combinaison orange pour sauver toute l’humanité. La fin d’Armageddon m’a fait plier. Le patriotisme ambiant, Aerosmith et mes hormones on eu raison de mon intégrité face à la tristesse simulée d’autrui.

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Ceci n’est pas une métaphore. 

Aujourd’hui, il ne se passe pas vingt-quatre heures sans que je ne réfrène une envie de sangloter lamentablement devant mon petit écran. Pour des choses réellement tristes, parfois. Pour des trucs complètement cons, encore plus souvent. Ainsi, me voilà les deux yeux rivés devant le générique du téléfilm M6, tremblante face aux embrassades d’au revoir de Super Nanny à la famille et le nez rouge à la simple vue de Sophie Davant. #MartikaEnLarmes est devenu mon mantra ; Glue, la petite saimiri d’Une Saison au Zoo, mon nouveau Harry Stamper. Je ressemble à rien, les cils collés et la bouche tordue à quatre heures de l’après-midi… Mais sous mon plaid, bercée par Karine Lemarchand, ça va tout de suite mieux.

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En repensant à un truc

Parfois, il suffit de se remémorer un souvenir pour que l’émotion s’empare de ton âme. Tu es en train de passer ton pack de lait à la caisse automatique quand tu te rappelles du décès de ton lapin, il y a sept ans. Tu finis ta longueur de brasse-coulée et les premières notes de Breathe Me te reviennent soudain en tête. Tu t’apprêtes à commander un muffin au McCafé, quand tu sembles reconnaitre le portrait de la Vierge ton ex dans la mousse d’un chocolat chaud.

La vie est quand même chelou parfois.

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Pendant la pause de 10h

Les larmes, ces fourbes, profitent souvent de notre faiblesse pour nous défier. Imagine : tu as effectué un travail harassant, de longues heures enfermée dans un bureau sans machine à café ni Pringles à lancer sur tes collègues. C’est la dèche, quoi.

Soudain, tu décides de laisser parler ton esprit surentraîné : il est temps de faire une pause.

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La réunion plénière ne passera pas sur ce corps. 

Tu fermes ton tableau Excel et ouvres Facebook, histoire d’envoyer un autocollant « huître animée » à ton crush du moment. Quand, tout à coup, c’est le drame. La page Câlin sur le sable chaud (dont tu n’avais aucun souvenir depuis ton entrée en seconde) vient de poster une vidéo d’un sauvetage de chiens de prairie au Mexique. C’en est trop : le combo tension/animal poilu te fait craquer.

Te voilà ouvrant les narines au maximum pour éviter de laisser entendre un bruit de reniflement, tenant ta tête entre tes mains pour simuler une intense migraine. Désoleé mais tu es grillée. Tout le monde est grillé face à une vidéo de sauvetage d’animaux. De papy mignon. De demande en mariage. De casting d’X-Factor.

Obligé.

Quand tu payes la dernière tournée…

…et que tu t’étouffes dans tes larmes, à force de rire et de marcher pas très droit.

Avec un casque sur les oreilles

Si les images ont un pouvoir conséquent sur mon palpitant sensible, la musique est une source d’émotion que je qualifierai d’intersidérale. Il suffit d’un son pour me transformer en éponge humide, d’une note pour faire de moi une serpillère mal coiffée.

Je me rappelle de cette nuit où j’ai écouté Spring Nicht de Tokio Hotel environ 1500 fois, les oreilles lovées dans mon faux casque SkullCandy. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps jusqu’à ressembler à un vieux pruneau d’Agen dénoyauté. J’avais seize ans. C’était un des grands moments de mon existence.

Hyperbole du mal-être de l’humanité (et du sèche-cheveux)

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Aujourd’hui, je ne me liquéfie plus au moindre trémolo allemand vibrant dans mon pavillon auriculaire. Pourtant, la musique (même de qualité discutable) reste plus efficace que n’importe quel oignon. D’ailleurs, je me méfie toujours de la BO de Spirit l’Étalon des Plaines : ce monstre a la fâcheuse tendance de se glisser dans la playlist aléatoire de mon iTunes. Son effet est radical.

Quand tu es sous pression

La vie c’est comme une yaourtière. Elle est calme, douce et à température constante. Pourtant, parfois, il lui arrive parfois de faire face à quelques petits dérèglements. Ton existence douce et paisible se transforme alors en cocotte minute. Tu te sens sous pression et à l’étroit. Le replay des Princes de l’Amour est indisponible et il ne reste que du pain de mie pour tartiner tes rillettes de saumon ? Tu n’as plus d’eau chaude, demain il pleut et c’est la cinquième fois que ton téléphone sonne pour te vendre un Velux (alors que tu habites en rez-de-chaussée) ?

Évidemment c’est ce moment précis que ton petit doigt de pied choisit pour aller embrasser amoureusement le coin de ta table basse.

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Vas-y, pleure. Laisse filer les larmes comme une passoire. Même si tu as pu retenir ton pied afin qu’il n’entre pas en contact avec cet instrument de torture suédois. Même si tu écoutes l’intégrale d’Emmanuel Moire. Même devant la bande-annonce de Gladiator. Pleure, gémis, couine comme un chaton d’une semaine. Roule-toi sur le tapis en le recouvrant de morve. Ensuite, tu pourras enclencher le processus de redémarrage.

Ensuite, tout ira mieux.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • La_chieuse
    La_chieuse, Le 19 novembre 2015 à 15h02

    Je me suis déjà retrouvée à pleurer dans le métro parce que je lisais... Moment de solitude assurée! Quand j'ai levé la tête avec mon mascara coulant le long des joues et que j'ai vu la tête génée des gens qui m'avait vue à l'oeuvre, j'ai pris du recul et imaginé la scène vue de l'extérieur: Une femme de 30 ans, habillée en working girl, qui lit derrière ses lunettes Michel Strogoff de Verne et qui renifle comme un gamin de 4 ans à qui on vient de supprimer son goûter!!

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