16 mensonges sur le sexe qu’il faut arrêter d’enseigner aux garçons

Si les adolescents (et les hommes) pouvaient lire cet article et faire une croix sur ces stéréotypes erronés, nos relations sexuelles à tou-te-s y gagneraient. Oui, vraiment.

16 mensonges sur le sexe qu’il faut arrêter d’enseigner aux garçons

Publié initialement le 6 mai 2014

Les idées reçues sur la sexualité sont nombreuses, et tandis qu’on commence à apprendre le consentement aux filles, on en oublierait presque de rassurer les garçons sur les standards fantasques et nocifs auxquels ils sont exposés. C’est sans compter sur la plume de Kate Hakala, qui dégomme allègrement 16 mythes (trop) largement répandus sur la sexualité masculine.

La version originale de l’article est à lire sur Nerve. Comme il nous a bien plu, on l’a traduit intégralement !

« Arrêtez de me charrier, un rapport sexuel ne dure pas des heures.

Récemment, le site Policy Mic a compilé une liste très pertinente des mythes sur le sexe qu’il faut arrêter d’enseigner aux jeunes filles impressionnables. Mais les filles ne sont pas les seules à voir leurs relations sexuelles profondément influencées, tout au long de leur vie, par une éducation formatée.

Selon une étude menée par le CDC, 81% des garçons seulement apprennent à dire « non » à des avances sexuelles avant le bac, et malheureusement, seulement 62% connaissent les différentes méthodes de contraception.

Les représentations obsolètes des stéréotypes de genre ont un impact sur les hommes tout comme sur les femmes. De Blurred Lines aux viols de Steubenville, en passant par la pub Old Spice, tout contribue à définir la façon dont les hommes se perçoivent eux-mêmes et perçoivent leur sexualité.

Avant que nous puissions tou•te•s avoir de meilleurs relations sexuelles, voici quelques-uns des mensonges que nous devons arrêter de mettre dans la tête des garçons, concernant la façon dont « les vrais hommes » font l’amour.

1. Un gros pénis est le seul moyen de donner du plaisir à sa partenaire

La prévalence de la taille et les gens qui disent « mais la taille compte vraiment » font du mal à la vie sexuelle de tout le monde. Les estimations des études placent la taille moyenne du pénis entre 12 et 15 cm. Mais ce n’est certainement pas ce à quoi sont exposés les hommes en regardant du porno, ou les rares fois où l’on peut voir un pénis dans les films grand public.

Toutes ces discussions sur la taille du pénis filent des angoisses aux hommes sur la circonférence de leur membre et leur capacité à donner du plaisir à leur partenaire, mais les études estiment à 77% la part de femmes qui n’en ont rien à faire de la taille du pénis. Comme le veut l’adage, ce n’est pas la taille de l’outil qui compte, mais la manière de s’en servir.

2. Le sexe dure au minimum une heure

On insiste lourdement sur la capacité des hommes à avoir de l’endurance au lit, avec de nombreux produits destinés à prolonger l’effort et à les faire « tenir » pendant des heures et des heures. Mais la durée moyenne d’un rapport sexuel vaginal est seulement de 7.3 minutes.

Le « sexe rapide » n’est pas « rapide », il correspond à la norme. C’est aux partenaires d’être respectueux l’un envers l’autre, et de s’assurer que chacun est satisfait, quelle que soit la durée du rapport en lui-même.

3. Les hommes ont toujours envie de sexe

De la même façon qu’il existe un mythe selon lequel les femmes ont moins envie de sexe que les hommes, la société estime également que les hommes sont d’infatigables zombies sexuels.

Il est tout à fait acceptable de ne pas avoir envie de sexe, et parfois, les hommes n’ont pas envie.

4. Le sexe se termine par un orgasme de l’homme

De la même façon que de nombreuses femmes n’atteignent pas l’orgasme uniquement par un rapport vaginal, un rapport sexuel peut être en être un sans qu’il n’y ait d’orgasme masculin. L’homme met en moyenne 7 à 14 minutes pour atteindre l’orgasme pendant un rapport, alors que la femme met en moyenne 10 à 20 minutes.

Ce qui signifie qu’un rapport sexuel ne doit pas nécessairement finir parce que l’homme a éjaculé. Penser le contraire contribue à mettre la pression sur l’orgasme masculin et à faire passer le plaisir de l’autre partenaire au second plan.

5. Ce qu’on voit dans le porno est conforme à ce qu’il se produit dans les rapports sexuels

Le porno est plein d’énormes poutres, de femmes gémissant constamment, d’éjaculations faciales, de fétichismes spécifiques et d’actes sexuels extrêmes. Mais, comme beaucoup d’hommes le réalisent en acquérant de l’expérience, se contenter de marteler comme un âne n’est généralement pas la meilleure façon de s’y prendre.

Ne pas faire la part des choses entre le porno et le sexe — entre la fiction-divertissement et la réalité — est dommageable pour les deux partenaires et met beaucoup trop de pression sur le rapport quotidien et ordinaire au sexe.

6. Les hommes devraient toujours initier la relation sexuelle

Ce n’est tout simplement pas vrai. Les hommes subissent une pression continue à faire le premier pas — appeler en premier, inviter à sortir en premier, initier le mouvement vers la chambre à coucher — mais prendre l’initiative n’est pas une constituante de la virilité, et décider du bon moment devrait appartenir aux deux partenaires.

7. Un bon pénis est un pénis circoncis

[NDLR : aux États-Unis, la circoncision est bien plus répandue qu’en France, avec 54,7% des enfants circoncis en 2010 selon le CDC.]

La circoncision est un tout autre débat, qui ne nous occupe pas ici. De la même façon qu’il existe une multitudes de choix esthétiques et religieux, il n’y a pas de standard unique dans la manière d’être.

Contrairement à une légende urbaine, la circoncision n’a aucune influence sur le plaisir. Si 33% seulement des femmes interrogées lors d’un sondage déclarent préférer les pénis non-circoncis, une large part de cette appréhension du pénis non circoncis est due au fait que les femmes y sont moins exposées. Mais posez la question à celles qui ont eu affaire à un pénis non circoncis, elles sont probablement indifférentes à ce critère !

8. C’est aux hommes d’acheter les préservatifs

Comme le souligne Policy Mic, on attend des hommes qu’ils achètent les préservatifs, et des femmes qu’elles ignorent la question de la protection. Il est certes parfaitement logique que certains hommes préfèrent acheter leurs propres préservatifs histoire de les avoir à la bonne taille, d’avoir la marque et du parfum qui leur conviennent, mais ce n’est pas uniquement à eux de prévoir la protection.

9. Tous les hommes naissent avec un pénis

Avoir des relations sexuelles avec un homme n’est pas uniquement déterminé par la capacité de cette personne à avoir une érection. Les hommes transgenres, les personnes transgenres ont des relations sexuelles aussi. La définition d’un « vrai homme » consiste à se sentir homme soi-même, point.

10. Autour de toi, tout le monde a des relations sexuelles

C’est bien connu, tous les lycéens forniquent activement ! Eh non, une étude de 2013 révèle que seuls 35% des garçons de 16 ans ont des rapports sexuels. Ce qui veut dire que tous les jeunes ne sont pas en train de baiser, tout le temps.

Des films comme 40 ans toujours puceau font passer l’inactivité sexuelle pour une espèce de stigmate honteux, mais la vérité est que les envies de sexe et la fréquence des rapports évoluent constamment durant la vie d’une personne.

11. Aimer les stimulations anales rend gay

Voici une petite leçon : tous les hommes, homo ou hétéro, ont une prostate. C’est une glande de la taille d’une noix qui fait partie du système reproducteur masculin. Les hommes peuvent atteindre l’orgasme par un rapport sexuel anal, ou par simple stimulation de la prostate. Ce qui signifie que lorsqu’un homme sollicite une stimulation anale, comme un doigt ou un anulingus, ça n’indique absolument rien quant à son orientation sexuelle.

12. Faire un cunnilingus à une fille n’est pas viril

Faire un cunnilingus à une fille ne fait pas de vous une « femmelette », ça fait de vous un bon coup. Par ailleurs, des études ont montré que la principale motivation des hommes qui pratiquent le sexe oral n’est pas la réciprocité, mais la volonté d’entretenir une relation. Amen.

13. Les hommes ne peuvent pas avoir certaines IST

Certaines rumeurs sauvages laissent entendre que certains hommes, tout spécialement les hommes hétéros, seraient immunisés contre certaines infections sexuellement transmissibles : c’est tout simplement faux.

S’il est plus difficile ou parfois impossible de tester les hommes pour certaines IST, comme le papillomavirus, les hommes sont tout à fait capables d’attraper et de propager ces IST, HIV compris. Ce n’est pas parce que les garçons ne présentent pas les mêmes symptômes que les filles qu’ils sont immunisés.

14. Si vous invitez une fille à dîner (et que vous payez le repas), elle couchera avec vous

Le sexe — sauf si l’une des parties est payée pour — n’est pas une transaction ni un échange. Régler l’addition lors d’un rendez-vous galant ne signifie pas que vous serez récompensé par une relation sexuelle. Ça ne veut rien dire, sinon que vous avez payé du poulet au parmesan.

15. Quand les hommes ne bandent pas, c’est qu’ils n’ont pas envie d’avoir un rapport sexuel

Parfois, les hommes n’ont pas d’érection. Ça peut être parce qu’ils ne sont pas d’humeur, parce qu’ils ont trop bu, parce qu’ils sont sous traitement médicamenteux, ou en dépression. Il existe un million de raisons pour lesquelles parfois, un homme n’a pas d’érection.

Certaines études estiment à 52% la part d’hommes qui ont connu un dysfonctionnement érectile au cours de leur vie ; il est donc important de souligner que la présence ou l’absence d’une érection dans la chambre à coucher n’a parfois aucun rapport avec le désir sexuel. Et ça n’a rien absolument rien à voir avec la virilité.

16. Les hommes pensent au sexe toutes les sept secondes

Allez. Soyons sérieux. »

– Merci encore à Kate Hakala de nous avoir autorisé à traduire son article ! 

Et toi, quels sont les mythes sur la sexualité que tu aimerais sortir de la tête des garçons ? 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MelodyPond_
    MelodyPond_, Le 2 décembre 2016 à 13h43

    Et puis... Ce serait bien que les mecs ( pas tous mais beaucoup de ceux que j'ai connu ont agi ainsi ) arrêtent de croire que les femmes aiment forcément être dominées / brutalisées, parce que c'est ce que montre la pornographie mainstream. Enfin j'aime quand c'est soft, mais pas avec n'importe qui, n'importe comment, il me faut une confiance absolue, totale. Souvent, première fellation, ça loupe pas, le mec appuyait sur ma tête, cherchait à s'enfoncer le plus loin possible sans vraiment se soucier de mon confort, me tirait fort les cheveux, mots crus...

    J'ai besoin qu'on me demande avant de me faire des trucs pareils, qu'on en discute, que je puisse poser mes limites clairement ( parce que c'est pas parce que j'aime ça que j'accepte tout, j'ai des limites et c'est essentiel de les connaître et d'en tenir compte ). Voilà. Ca va pas de soi du tout, et chaque fois qu'un mec faisait ça, j'avais juste envie de lui en foutre une et de me barrer en courant... C'est irrespectueux, mais grave. J'avais juste le sentiment d'être dans un mauvais porno. Faîtes pas ça sans demander, sans en parler, il y a des femmes qui ont horreur de ça, ou qui n'en ont juste pas envie la avec vous. Comme le reste.

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