Les trolls de la « vie réelle »

Le troll est une espèce bien connue sur Internet, mais le concept s'applique aussi à la vie de tous les jours. Qui sont ces gens qui viennent troller notre quotidien ?

Les trolls de la « vie réelle »

L’avocat du diable

Espèce très répandue (on en a tou·te·s eu un dans son groupe d’ami·e·s), l’avocat du diable est toujours contre les autres dans les discussions. En fait, quel que soit le sujet, il attend que les autres aient donné leur avis pour en exprimer un contraire. Jeune, cela peut s’expliquer par un besoin d’anti-conformisme (cf. les gothiques dans South Park), plus vieux cela peut être simplement parce qu’il aime les débats. Malheureusement, il finit souvent par être le seul.

Variante : le nuanceur, qui est d’accord avec vous sauf qu’on ne peut pas dire les choses comme ça, parce qu’en fait… Cas typique des discussions où deux personnes ont le même avis mais se disputent quand même.

Comment s’en débarrasser ? Facile : il faut lui donner raison (un peu plus compliqué dans le cas du nuanceur puisque vous étiez déjà d’accord…).

Le monomaniaque

Le monomaniaque a un sujet de prédilection et rapportera toutes les discussions à ce sujet. Par exemple j’en connais qui finiront par parler du méchant sexisme au bout d’une demi-heure, quel que soit le thème de départ (c’est moi) (avouez que de nombreux débats fournissent des occasions de dénoncer le méchant sexisme). Autres monomanies courantes : le vilain système capitaliste, les incapables qui nous gouvernent, le bon vieux temps…

Variante : la victime, qui ramène tout à une de ses caractéristiques personnelles (« Tu dis ça parce que je suis noir·e/arabe/une femme/un chameau »).

Comment s’en débarrasser ? L’ignorer et discuter avec les autres membres du groupe.

L’huître

Comme son nom l’indique, l’huître se ferme dès que l’on évoque certains sujets (le méchant sexisme, le vilain système capitaliste, les incapables qui nous gouvernent…). En fait, l’huître a des préjugés et ne veut surtout pas qu’ils soient remis en question, d’où un rejet en bloc des argumentations adverses : « Non mais laisse tomber, toi t’es une féministe mangeuse d’enfants / un coco / trop jeune pour comprendre ». Deux caractéristiques essentielles : la mauvaise foi et le refus de discuter.

Variante : le fan, une sorte d’huître culturelle qui ne supporte pas que l’on critique son groupe/auteur/réalisateur préféré.

Comment s’en débarrasser ? Si vous ne voulez pas vous embarquer dans une heure de pédagogie… changez de sujet, ou d’interlocuteur.

Le prof de philo

J’ai une théorie selon laquelle Socrate aurait été le premier stallo (terme peu usité que l’on retrouve parfois pour désigner un troll constructif – mais d’abord faut-il admettre qu’un troll puisse être constructif…). Le prof de philo commence par lancer des affirmations provocantes, puis vous relance régulièrement de manière tout aussi provocante pour vous faire arriver par vous-même à la révélation. On appelle aussi ça le raisonnement par l’absurde, mais n’est-ce pas une forme de trollage ?

Variante : le psy, qui fait à peu près la même chose pour vous faire extraire des vérités sur vous-même (prononcez ces derniers mots avec un air mystérieux).

Comment s’en débarrasser ? Voulez-vous vraiment vous débarrasser du seul type de trolls constructifs ?

Le dragueur de rue

« Hey madmoiZelle t’es bonne ! Hey madmoiZelle ! Hey vazy, salope ! »

Le jeune homme qui tente cette approche a-t-il vraiment l’espoir d’entamer une relation (ne serait-ce qu’un simple « Bonjour, comment t’appelles-tu ? ») ? Difficile à savoir, mais que ce soit volontaire ou non le dragueur de rue est un troll : il spamme notre espace vital, nous harcèle jusqu’à la lassitude (la sienne) et n’est pas sensible aux arguments de raison (« – J’ai déjà quelqu’un – Pas grave, je ne suis pas jaloux »). Un concentré de blocage de discussion.

Variante : le groupe d’ados qui se moque des passants – sorte d’équivalent IRL du Blabla 15-18 ans sur Jeuxvideos.com.

Comment s’en débarrasser ? Garder son casque sur les oreilles et accélérer le pas.

Le petit frère pénible

Le petit frère pénible, c’est un peu la version IRL de la Meow Wars (le plus grand troll de l’ère numérique, où des étudiants avaient fichu le bazar dans tout l’Usenet en postant des « meow meow » partout). Il est collant, vient systématiquement interrompre vos discussions et vous provoque plus ou moins consciemment selon son âge. Un de ses sujets favoris pour vous troller : votre vie amoureuse, source intarissable de commentaires mi-curieux, mi-dégoûtés (« Et tu l’embrasse sur la bouche ? Beeeeeurk »).

Variante : la petite sœur, le petit cousin, la petite cousine… tous ces individus de moins de quinze ans qui vous communiquent leur affection par des moqueries.

Comment s’en débarrasser ? Solution soft : attendre qu’il grandisse. Solution dangereuse : tenter de le traumatiser en lui racontant votre vie sexuelle (danger n°1 : qu’il soit traumatisé et le dise à ses parents, danger n°2 : qu’il ne soit pas traumatisé et en redemande). Solution méchante : le virer en lui criant dessus.

Voilà, j’espère que vous êtes maintenant armé·e·s pour affronter les trolls de la vie quotidienne… mais dites-moi, de la même façon que nous sommes tous un peu des trolls sur Internet, n’est-ce pas le cas IRL ? Et si vous voulez rager un peu, (re)découvrez les articles de P. Trollette sur Twilight ou Harry Potter !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lady Von Duck
    Lady Von Duck, Le 20 février 2014 à 6h00

    *soupir* Ne peut-on pas être sincèrement en désaccord avec un groupe de gens sans être un troll ?

    Bon je plaide coupable, je suis une troll monomaniaque, nuanceuse et avocate du diable  ... mais en vrai je vous jure je suis sympa :hello: D'ailleurs en tant qu'avocate du diable, mon pire ennemi est le troll huitre, je ne supporte pas qu'on n'accepte pas le débat =='

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