J’ai un IMC faiblard et non, je ne suis pas anorexique

Pondu par Une madmoiZelle le 7 septembre 2014     

Oui, Elise est grande et oui, Elise est mince. C’est pas faute de manger mais elle ne prend pas le moindre gramme. Ça fait quoi de vivre avec la suspicion sociale d’être anorexique ?

Article initialement publié le 27 juillet 2011

Qualifiée de chanceuse par certaines, de maigre par d’autres, je pèse 56kgs pour 1m83. En général, tout le monde finit par me demander combien je mesure dans la demi-heure qui suit notre rencontre ; l’heure pour les plus timides. Pour mon poids, c’est plus délicat, mais on finit par me le demander aussi avec une étonnante aisance.

Je tue le suspens dès le début : je ne suis pas anorexique. J’ai l’habitude de cette question alors je clarifie les choses d’entrée de jeu. Au lycée, on me convoquait chez l’infirmière parce qu’après un 3x500m très correct, je m’allongeais dans l’herbe (inutile de préciser que les plus corpulents que moi mais qui soufflaient comme des bœufs n’ont pas été inquiétés).

À la cantine, la dame en charge des plateaux me demandait si j’étais anorexique un jour où personne n’avait mangé, mais moi, sait-on jamais, ce n’était peut-être pas lié au menu ignoble. À la cafét’ de la fac, j’ai toujours droit à une double ration et un « vous pouvez prendre un second dessert si vous le souhaitez… » sans jamais rien demander.

Lors de la visite médicale, j’ai reçu un livre de recettes et un cours d’1h de la part du médecin. Dans la rue, on me pose directement la question : « c’est normal que tu sois grande ? Et pourquoi t’es maigre ? C’est une maladie ? » quand c’est un enfant, « eh toi, t’es anorexique ? » pour les adultes et autres « ça t’arrive de manger ? ». J’en passe, et des meilleures.

Je ne suis pas complexée par mon physique. Je suis juste lasse des remarques des gens. Non, grossir n’est pas une chose facile. Non, faire un 36 n’est pas mon obsession, juste un fait dont je me contrefous. Non, manger tout ce qu’on veut sans grossir n’est pas toujours génial. Non, je ne ferai pas mannequin. À ce propos, non, je ne me maquillerai pas. Non, je ne me cale pas des doigts en travers de la gorge dès que je sors de table. Non, quand je ne finis pas mon assiette, ce n’est pas pour ne pas grossir, j’ai aussi un estomac qui se remplit jusqu’à un certain niveau. Non, ça ne me dérange pas d’attraper le pack d’eau de mamie parce qu’il est trop haut pour elle mais oui, ça me saoule quand cette mamie me dit merci avec un regard réprobateur et en me conseillant de manger de « bons plats consistants ». Non, je ne ferai pas de basket/volley et autres sports de « grands ». D’ailleurs, non, je ne fais pas de sport. Non, je ne me pèse pas tous les jours. Non, non, NON.

A force d’entendre des conneries, j’ai essayé de grossir. Plus pour faire taire les remarques que par conviction personnelle. Que ce soit le régime McDo, la cuisine équilibrée, le régime à base de féculents à tous les repas, rien n’a marché. Je perds même du poids en période de fêtes sans savoir comment, vu ce qu’on mange.

Comme si mon poids se foutait de ce que je mange, comme s’il était indépendant. Et comme je me fous de mon poids, on fait un peu chambre à part lui et moi. On ne se croise que lorsque l’on me demande de monter sur la balance. Par moments, j’ai l’impression que les gens s’intéressent plus à mon poids et ma taille qu’à moi.

En fait, ce qui me choque le plus, ce n’est pas tant la question mais la façon dont elle est posée. Je conçois très bien que l’on me trouve maigre et que les gens se demandent si je suis anorexique. Mais non, je ne comprends et ne comprendrai jamais comment des gens arrivent à poser la question à une inconnue.

Parce que je ne suis pas anorexique, je ne m’en formalise pas et rigole en relatant mes rencontres à mon colocataire qui lui, serait d’avis de leur coller une baffe. Mais bordel, et si je l’étais ? La prochaine fois, promis, je répondrai que oui, je suis un mannequin anorexique qui joue au basket entre deux crises d’anémie. Je vous raconterai les réactions si on ne m’embarque pas dans une cure.

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  1. laura421laura421

    Le 07 septembre 2014 à 18:14

    Bonjour!

    J'arrive après la bataille mais c'est la 1ère fois en 26 ans que je lis ce genre de témoignage.

    Je suis très maigre (certains, par bienveillance, insistent pour dire "mince" mais non, 1m70 pour 42 Kg c'est de la maigreur, et c'est pas un gros mot).

    Même si en effet il ne s'agit pas de jouer à qui s'en prend le plus dans la tronche entre les "gros" et les "maigres", je constate tout de même qu'à chaque fois que j'entre dans une pièce, que je rencontre de nouvelles personnes etc … j'ai FORCEMENT droit à "Oh bah elle est pas bien grosse celle-là faut manger hein crevette! on va la remplir celle-là hahaha". Très agréable. Genre, t'as l'air d'un squelette quoi. Ma meilleure amie, elle, a longtemps été en surpoids et me confie que non, elle n' avait pas ce genre de remarques automatiques. Les gens ont plus tendances à se dire "Oh la pauvre c'est pas facile …" alors que quand on est maigre c'est "Elle est anorexo/obsédée par les mag féminins" donc elle l'a un peu cherché.
    Je vous épargne les purs moments de jalousie avec des regards noirs, scrutant de haut en bas, lentement … (et c'est bien dommage, parce-que les bourrelets qui dépassent du jean, je trouve ça méga classe moi ! oui chacun ses fantasmes…), uniquement de la part des femmes d'ailleurs, très rarement par des hommes.

    Et puis devinez quoi? Quand on est maigre, on a pas le droit au même espace que tout le monde figurez-vous : un jour, j'étais assise sur un strapontin dans le métro, tranquillement en train de lire - et croyez moi je ne prends vraiment pas beaucoup de place sur un strapontin- quand une femme s'assoit près de moi. Elle s'est sûrement dit qu'elle pouvait se permettre de s'étaler sur la moitié de mon siège vu mon poids. Je me suis permise (poliment, promis!) de lui demander de faire attention car elle m'écrasait la cuisse. Résultat = la honte de ma vie, elle s'est mise à hurler dans la rame que "Désolée qu'elle soit plus grosse que (moi), que tout le monde n'a pas la chance d'être aussi mince!!". Voilà voilà.

    Et attention, ne SURTOUT pas se plaindre d'être maigre parce-que grossir c'est fastoche y a qu'à bouffer. Ben voyons. Mon estomac fait certainement la taille d'un pois chiche, dans ces conditions le combo entrée-plat-fromage-dessert, c'est impossible pour moi. Essayez de vous forcer à bouffer quand vous êtes rassasiés, vous allez voir la partie de rigolade. L'avantage, je l'admets, c'est que je ne restreins pas ma gourmandise, certes. Mais je préférerais me mettre en maillot sans sentir mes os, ne plus lire dans les magasines féminins d'un hypocrisie sans nom "Stop à la maigreur, vive les rondes, les VRAIES femmes!" (illustrées par des mannequins 34 évidemment, pour rester cohérent hein). Oui parce-que je ne suis pas une vraie femme non plus. Alors CERTES il se trouve que je n'ai pas de seins non plus (décidément) mais je crois bien être une femme, en tout cas on me l'a toujours affirmé et j'ai un joli petit clito pour l'attester - parmi d'autres choses je vous rassure.

    Bref, désolée ce commentaire est très décousu, long, dans la plainte mais ça fait du bien. On se sent un peu seule en tant que maigre parfois.

    La maigreur, c'est pas un style, c'est pas être anorexique (et même si c'était le cas, c'est une grave maladie et ça se respecte), c'est aussi aimer la vie, la bonne bouffe … juste avoir du mal à grossir, pas plus.

    Pour l'anecdote, j'ai bossé 6 mois en quasi tps plein chez Macdo quand j'étais étudiante, donc 2 maxi best of Big Mac par jours et bah devinez quoi : j'ai perdu 4 Kg.

    Je suis allée voir moult nutritionnistes et diététiciens avec à chaque fois de merveilleuses propositions : bouffer des Snickers et du Macdo (je veux grossir, pas du cholestérol, merci…), ou prendre des anti-dépresseurs dont les effets secondaires sont la prise de poids. Ben voyons.

    Pour finir (pour de vrai cette fois, toutes mes confuses encore une fois!), il y a une explication à ce qu'on appelle la maigreur institutionnelle : le stress et l'angoisse. En effet, quand on est pas bien épaisse de base et qu'on est particulièrement sensible aux angoisses de la vie, la plupart des calories que l'on ingère, au lieu d'être normalement stockées en graisse pour nous rembourrer un peu les guiboles et le reste, et bah ça sert "d'essence" sans cesse pompée pour pallier à l'énergie que cet excès de stress engendre.

    Quand je serai grande, je serai zen, bien dodue, je me cognerai plus les hanches dans les portes et j'aurais des gros nibards. BIM.

    En attendant, on fait avec, la vie quoi :-)

    Tchüss!
  2. FreehugFreehug

    Le 07 septembre 2014 à 19:22

    Posté par laura421
    Bonjour!

    J'arrive après la bataille mais c'est la 1ère fois en 26 ans que je lis ce genre de témoignage.

    Je suis très maigre (certains, par bienveillance, insistent pour dire "mince" mais non, 1m70 pour 42 Kg c'est de la maigreur, et c'est pas un gros mot).

    Même si en effet il ne s'agit pas de jouer à qui s'en prend le plus dans la tronche entre les "gros" et les "maigres", je constate tout de même qu'à chaque fois que j'entre dans une pièce, que je rencontre de nouvelles personnes etc … j'ai FORCEMENT droit à "Oh bah elle est pas bien grosse celle-là faut manger hein crevette! on va la remplir celle-là hahaha". Très agréable. Genre, t'as l'air d'un squelette quoi. Ma meilleure amie, elle, a longtemps été en surpoids et me confie que non, elle n' avait pas ce genre de remarques automatiques. Les gens ont plus tendances à se dire "Oh la pauvre c'est pas facile …" alors que quand on est maigre c'est "Elle est anorexo/obsédée par les mag féminins" donc elle l'a un peu cherché.
    Je vous épargne les purs moments de jalousie avec des regards noirs, scrutant de haut en bas, lentement … (et c'est bien dommage, parce-que les bourrelets qui dépassent du jean, je trouve ça méga classe moi ! oui chacun ses fantasmes…), uniquement de la part des femmes d'ailleurs, très rarement par des hommes.

    Et puis devinez quoi? Quand on est maigre, on a pas le droit au même espace que tout le monde figurez-vous : un jour, j'étais assise sur un strapontin dans le métro, tranquillement en train de lire - et croyez moi je ne prends vraiment pas beaucoup de place sur un strapontin- quand une femme s'assoit près de moi. Elle s'est sûrement dit qu'elle pouvait se permettre de s'étaler sur la moitié de mon siège vu mon poids. Je me suis permise (poliment, promis!) de lui demander de faire attention car elle m'écrasait la cuisse. Résultat = la honte de ma vie, elle s'est mise à hurler dans la rame que "Désolée qu'elle soit plus grosse que (moi), que tout le monde n'a pas la chance d'être aussi mince!!". Voilà voilà.

    Et attention, ne SURTOUT pas se plaindre d'être maigre parce-que grossir c'est fastoche y a qu'à bouffer. Ben voyons. Mon estomac fait certainement la taille d'un pois chiche, dans ces conditions le combo entrée-plat-fromage-dessert, c'est impossible pour moi. Essayez de vous forcer à bouffer quand vous êtes rassasiés, vous allez voir la partie de rigolade. L'avantage, je l'admets, c'est que je ne restreins pas ma gourmandise, certes. Mais je préférerais me mettre en maillot sans sentir mes os, ne plus lire dans les magasines féminins d'un hypocrisie sans nom "Stop à la maigreur, vive les rondes, les VRAIES femmes!" (illustrées par des mannequins 34 évidemment, pour rester cohérent hein). Oui parce-que je ne suis pas une vraie femme non plus. Alors CERTES il se trouve que je n'ai pas de seins non plus (décidément) mais je crois bien être une femme, en tout cas on me l'a toujours affirmé et j'ai un joli petit clito pour l'attester - parmi d'autres choses je vous rassure.

    Bref, désolée ce commentaire est très décousu, long, dans la plainte mais ça fait du bien. On se sent un peu seule en tant que maigre parfois.

    La maigreur, c'est pas un style, c'est pas être anorexique (et même si c'était le cas, c'est une grave maladie et ça se respecte), c'est aussi aimer la vie, la bonne bouffe … juste avoir du mal à grossir, pas plus.

    Pour l'anecdote, j'ai bossé 6 mois en quasi tps plein chez Macdo quand j'étais étudiante, donc 2 maxi best of Big Mac par jours et bah devinez quoi : j'ai perdu 4 Kg.

    Je suis allée voir moult nutritionnistes et diététiciens avec à chaque fois de merveilleuses propositions : bouffer des Snickers et du Macdo (je veux grossir, pas du cholestérol, merci…), ou prendre des anti-dépresseurs dont les effets secondaires sont la prise de poids. Ben voyons.

    Pour finir (pour de vrai cette fois, toutes mes confuses encore une fois!), il y a une explication à ce qu'on appelle la maigreur institutionnelle : le stress et l'angoisse. En effet, quand on est pas bien épaisse de base et qu'on est particulièrement sensible aux angoisses de la vie, la plupart des calories que l'on ingère, au lieu d'être normalement stockées en graisse pour nous rembourrer un peu les guiboles et le reste, et bah ça sert "d'essence" sans cesse pompée pour pallier à l'énergie que cet excès de stress engendre.

    Quand je serai grande, je serai zen, bien dodue, je me cognerai plus les hanches dans les portes et j'aurais des gros nibards. BIM.

    En attendant, on fait avec, la vie quoi :-)

    Tchüss!


    De tous les commentaires affligeants que j'ai pu lire (affligeants à cause de ce que les madz ont vécu hein, pas de ce qu'elles ont écrit) c'est le tien qui me choque le plus. Des antidépresseurs pour grossir??? Et pourquoi pas des corticoïdes pendants qu'ils y sont? En plus c'est faux, les antidépresseurs j'en ai pris des tas et ils ne m'ont jamais fait prendre un kilo, pourtant je suis complètement dans la norme niveau poids, je ne suis pas maigre avec tendance à perdre du poids facilement. J'avais déjà constaté que les médecins ont une grosse tendance à prescrire des médocs comme des bonbons, genre après 15mn de consultation à expliquer que je suis stressée je repars avec une ordonnance pour un mois d'anxiolytiques. Mais y a des limites quand même.

    Sinon, les commentaires désobligeants, on y a droit dès qu'un truc sort de la norme. Moi par exemple c'est les seins, ils sont gros, et même disproportionnés par rapport à mon buste. On me demande sans cesse leur taille, on m'accuse de porter du rembourrage pour aguicher les mecs, des inconnus me font des remarques graveleuses et si j'ose m'en plaindre on me dit que c'est normal vu ma "silhouette" (slutshaming bonjour). On m'a même conseillé plein de fois de me faire opérer. Et "on", c'est bien souvent d'autres nanas, comme si les femmes ne s'en prenaient pas assez plein la gueule. J'ai une copine qui aime bien se mettre beaucoup de noir autour des yeux et qui se teint les cheveux en rouge, elle pose aussi dans des tenues un peu victoriennes/gothiques pour des photos amateurs qu'elle publie sur son Facebook parce que, ben, ce sont des belles photos. On lui a déjà demandé si elle dormait dans un cercueil et une crétine finie au pipi lui a déjà jeté une gousse d'ail au visage.

    Tout ça pour dire que, pour citer Brassens, "quand on est con, on est con" et que même si vous n'étiez pas maigres/grosses/grandes/rayez la mention inutile, ce serait autre chose. C'est dur mais mieux vaut les ignorer et voir ça comme une force: votre particularité physique fonctionne comme un détecteur à cons, si un quidam vous fait une remarque, bim, repéré, vous pouvez faire une croix dessus!
  3. Shady_RainShady_Rain

    Le 07 septembre 2014 à 22:25

    Bonsoir,

    Je viens, moi aussi, apporter mon petit témoignage à ce sujet.

    J'ai toujours été mince et garçon manqué. Quand j'étais petite, une fille de ma classe un peu enrobée, et plus grande que moi, se moquait toujours de moi parce que j'étais trop mince. Des années après, je m'en souviens encore et quand je la vois, je ne peux m'empêcher d'y repenser^^

    Ado, quand on se changeait dans les vestiaires à l'école, j'entendais des "on voit ses os, c'est dégueulasse", "elle est vraiment maigre, c'est moche" mais aussi (soyons juste!) "t'as vraiment de la chance". De la chance? bof… C'est là que le côté "garçon manqué" a été utile. Je portais des baggys bien trop grands pour moi (oui, large, ça me semblait pas encore assez). Des gros pulls bien larges, etc. Vous voyez le truc. Mais c'était pas que pour me cacher, j'adorais m'habiller comme ça, donc ça tombait bien.

    Arrivée à l'université (oui, j'essaie d'abréger l'histoire) : visite médicale. L'infirmière a eu cette réaction stupide (et totalement disproportionnée) quand elle m'a pesée. Elle a dit "c'est pas possible" et m'a demandé de recommencer.

    Autre exemple : j'ai un jour mangé chez une amie dont le père m'a dit, en fin de repas, "je suis content de voir que tu as mangé tout ça, ne le prend pas mal, mais au départ je t'ai prise pour une anorexique". Et sa fille a cru bon d'ajouter "bah t'en sais rien, si ça se trouve, elle va tout vomir après" (sympa :stare:).  Et à tous les gens qui disent qu'il suffit de manger : NON, ça ne marche pas comme ça. Je mange, et même beaucoup. Et il y a quelques années, j'avais beaucoup trop de cholestérol, allez comprendre…

    Après un déménagement (je vivais seule), à cause du stress, j'avais perdu beaucoup de poids (là, même moi je trouvais que c'était moche^^). Et je me souviens que la première fois que j'ai ramené un mec là je me suis dit "quand il va me voir, il va voir qu'je ressemble à rien et il ne voudra plus revenir". Bah oui, les gens trouvent ça tellement "dégueulasse" "pas normal", etc. que je m'étais convaincue que j'étais horrible. Heureusement, il n'était pas du genre à penser ça, même si on ne se voit plus aujourd'hui.

    Bref, il y a peu, j'ai voulu m'acheter un jeans "de fille" et "à ma taille". Chose que je n'avais jamais fait^^. Il était en promo, donc je me suis dit qu'au pire, si j'assumais pas, ben c'était pas bien grave. Depuis, j'en ai acheté pas mal et viré une grande partie de mes pantalons "trois fois trop grands" parce que j'ai décidé que personne n'avait le droit de me faire me sentir mal dans mon corps. Je suis trop mince, c'est comme ça, même mon médecin a fini par comprendre que c'était pas de ma faute.

    Poids normal, trop bas, trop élevé ou même beaucoup trop élevé, il n'y a pas de quoi juger, se moquer, etc. On est comme on est (et oui, il a fallu 27 ans pour que j'arrive enfin à passer au dessus des remarques et pour que je m'assume telle que je suis).
  4. Suricate suricattaSuricate suricatta

    Le 08 septembre 2014 à 10:02

    Posté par buho
    Je trouve pas ça délicat de la part de personnes qui ne te connaissent pas de te demander directement comme ça si tu l'es. Je me mets à ta place (sauf que moi je suis vraiment boulimique), si ça se voyait aussi et qu'on me demandait "ah ben t'es boulimique ou quoi ?" ça serait super destructeur donc soit les gens sont pas éduqués soit ils sont vraiment cons. Je comprendrais jamais ce genre de personne à la curiosité malsaine qui cherche à savoir le pourquoi du comment mais imaginons 30 secondes que tu aies vraiment été anorexique, c'est extrêmement blessant.
    Tu n'as effectivement qu'à leur dire que tu l'es, comme tu dis à la fin de l'article. Tu risques de bien rire et ça leur fermera le clapet.


    Je me permets de te citer parce que je suis entièrement d'accord avec toi sur le fait que les gens sont d'une indélicatesse crasse parfois! Je suis anorexique depuis près de 10 ans, avec des hauts et des bas au niveau de mon poids et dès que je reprends quelques kilos, les gens se sentent obligé de faire une remarque style "ah c'est bien, tu as grossi!", comme si on avait besoin de ça :facepalm:
    Il y a aussi, comme tu dis, une forme de curiosité malsaine. Quand on te demande "et alors tu te fais beaucoup vomir?", c'est franchement déplacé (et sa témoigne d'une méconnaissance complète des différentes formes de la maladie)… Sans parler des "on dirait que tu sors d'Auschwitz!", remarque toujours très sympathique :hesite:
  5. mymoonamymoona

    Le 08 septembre 2014 à 13:07

    Tous vos commentaires me sidèrent et je me dis que nous sommes vraiment entourés de gens horribles.

    Je fais 1m74 pour 51kg, un IMC qui tourne autour de 16/17 d'après internet et je n'ai jamais eu affaire à des remarques, ou alors plutôt à des compliments. Je ne me trouve pas maigre et j'ai même un peu de ventre dès que je mange copieux. Je ne sais pas si le fait que j'adore manger et cuisiner joue en ma faveur mais mon poids ne m'a jamais dérangé et surtout n'a jamais intéressé personne.
    Il y a 1 an je tournais plutôt autour de 56kg mais je n'ai rien fait de spécial pour perdre et obtenir mon poids actuel. J'ai quitté mon 38 pour une taille 36 mais je me contrefiche de mon poids, je mange quand j'ai faim, certes un peu moins qu'avant mais je me fais plaisir et souvent de bonnes grosses bouffes. La seule différence est qu'il a fallu que je rachète des jeans et que mes fesses sont (malheureusement) moins rebondies haha.
    J'étais très bien dans mes 56kg et je suis toujours très bien dans mes 51kg. Mon docteur me trouve en pleine forme et en bonne santé, c'est l'essentiel non ?
    Du coup je me demande comment les gens peuvent être aussi cons de juger et de se permettre de commenter l'apparence de l'autre. Chacun a un métabolisme différent, un passé et une vie intime, certains souffrent effectivement de maladies, mais personne n'a le droit de se laisser rabaisser par un imbécile. On se crée déjà assez de complexes soi-même, pas la peine que d'autres en rajoutent.

    Ceci dit mon expérience témoigne que, à 20ans, avec ma minceur, je n'ai jamais eu à subir toutes les horreurs que vous racontez, donc peut-être qu'il y a encore de l'espoir !
    Aimez-vous comme vous êtes et sentez-vous belles pour vous, avant tout.
  6. GrimGrim

    Le 08 septembre 2014 à 15:34

    C'est moche de dire ça mais ça me fait plaisir de lire tout vos commentaires parce que je me sens moins seule.

    J'ai toujours été mince, au lycée j'avais un imc correct.
    Je suis pas très grande (1m58 aux dernières nouvelles) et à l'époque je pesais 47kg environ.

    Et mes copines de l'époque étaient complètement contradictoires, elles me faisaient souvent la remarque que je ne mangeais rien, et que j'étais maigre. Mais bien souvent arrivées aux vestiaires de sport, elles devenaient un peu jalouses en me disant que j'avais de la chance parce que j'avais pas de ventre etc.

    Bon après le lycée ça s'est dégradé, j'ai perdu 7 kg et là je suis devenue maigre. Mais bon, j'avais quitté la maison, j'étais en appart' je bouffais n'importe quoi, n'importe quand et j'avais aucune activité.

    On m'a qualifiée d'anorexique très tôt (début collège), et ça ne m'a pas pas trop quittée. Il semblerait selon ma psy que je l'ai été (pas dans une obsession de minceur, mais à cause de soucis familiaux et d'une phobie), mais en attendant quand j'ai repris l'école y'a 5 ans, j'ai recommencé à grossir (et quand j'ai arrêté les cours, bah j'ai reperdu).

    Comme toutes les madz concernées par le souci, j'ai aussi eu droit à des remarques de merde de la part de plein de gens.

    Au collège, un petit con m'a emmerdée pendant des mois à me traiter de squelette, et de cachets d'aspirine (oui parce qu'en plus je suis blanche comme un cul).

    Une cousine de mon copain m'a fait remarquer il y a quelques années que "j'allais perdre un os", comme ça devant tout le monde, à un anniversaire, alors que j'avais même pas eu le temps d'aller lui dire bonjour.

    Ma belle-mère (la mère de mon copain donc) ne m'a pas épargnée non plus. Un jour où on mangeais chez elle, je fini mon assiette et je vais aux toilettes (j'ai une petite vessie et des calculs dans les reins alors forcément…), eh bah en revenant des toilettes elle m'a demandé si j'étais allée me faire vomir.

    J'étais sur le cul, qu'elle me demande ça comme ça, qu'elle m'accuse presque, puis bon elle est pas réputée pour sa diplomatie…

    A cause de tout ça, j'ai longtemps été complexée et en guerre avec mon moi-même.
    Mais depuis quelques temps ça va mieux.

    Je pèse 41- 42kg (après un passage à 38kg dans une période bien pourrie de ma vie, je me suis un peu fait peur là quand même, et pourtant ça n'étais pas voulu), je suis toujours considérée comme maigre selon mon imc, et bon, oui faut bien l'avouer, je suis maigre, je le vois bien.

    Mais je m'en fous. Me dénigrer toute la journée ne m'aidera pas à me sentir bien dans ma peau, au contraire, et dans mon cas ça empirerai le problème.

    Alors je m'aime, avec mes poignets tout fins, et mes côtes saillantes, et mes clavicules bien visibles, et mes jambes toutes fines. Et j'emmerde les gens à qui ça plaît pas. :paillettes:
  7. tiissemtiissem

    Le 08 septembre 2014 à 23:37

    aaah enfin je ne suis pas seule merci vous me rassurez. Moi je fais 1m57 pour 38kg et ça ne m'a jamais choquée car je mange comme "un ogre" mais le regard des gens et leur remarque désobligeante à réussi à me mettre le doute au point d'aller voir le médecin et de me retrouver à prendre des compléments alimentaires. Mais même avec ça je ne grossissais pas alors maintenant je mange ce que je veux quand je veux et je n'écoute plus personne tant que nous somme en bonne santé rien ne sert de se prendre la tête avec ce genre de personnes qui ouvrent leurs bouches sans savoir. Et merci encore pour ton article ça m'a fait plaisir de voir que je suis pas la seule.
  8. FenotteFenotte

    Le 09 septembre 2014 à 17:39

    Posté par suricate-suricatta
    Je me permets de te citer parce que je suis entièrement d'accord avec toi sur le fait que les gens sont d'une indélicatesse crasse parfois! Je suis anorexique depuis près de 10 ans, avec des hauts et des bas au niveau de mon poids et dès que je reprends quelques kilos, les gens se sentent obligé de faire une remarque style "ah c'est bien, tu as grossi!", comme si on avait besoin de ça :facepalm:
    Il y a aussi, comme tu dis, une forme de curiosité malsaine. Quand on te demande "et alors tu te fais beaucoup vomir?", c'est franchement déplacé (et sa témoigne d'une méconnaissance complète des différentes formes de la maladie)… Sans parler des "on dirait que tu sors d'Auschwitz!", remarque toujours très sympathique :hesite:


    Je cite à mon tour ton témoignage parce qu'il y a un truc très important aussi, ce serait qu'on arrêter de faire du mot "anorexique" une insulte qu'on lance à la tête de toute femme un peu trop maigre à son goût… Parce que l'anorexie c'est une maladie, c'est une souffrance, ce n'est pas un caprice d'idiote qui veut ressembler à un mannequin…

    Quand on est maigre mais qu'on sait qu'on a pas de problème avec la nourriture et qu'on est bien dans sa peau, on peut passer facilement au-dessus des remarques méchantes des autres. Mais celles qui ont vraiment des problèmes pour s'alimenter, ou vraiment des problèmes de santé, ne méritent pas plus que les autres ces remarques. Quand on me faisait des remarques sur mon poids, je me défendais "mais je ne suis pas anorexique"… Et? Si je l'étais? Ce serait plus de ma faute? Ce serait plus ou moins grave? Quand un type est essoufflé après avoir monté 2 étages, je ne vais pas lui lancer "pff on dirait un cardiaque, la honte"… Pas de raison que ce soit acceptable pour d'autres maladies.
  9. Xylo'Xylo'

    Le 09 septembre 2014 à 18:55

    Cet article tombe à point je me reconnais bien dedans! 1,64m pour 43 kg… Et pourtant je mange souvent bien plus que mes pote de 60 à 110 kg, je fais du sport, mais dans la tête des gens le/la maigre c'est: l'anorexique, une personne obnubilée par les canons de beauté actuels ou un/e malade physique… Et sans parler de petites remarques "agréables" et bienveillante sur le poids etc…Depuis peu je tiens plus trop, je rembarre automatiquement le gens qui me font des remarques là dessus tellement ça m'énerve, encore plus s'ils me connaissent depuis longtemps et savent que j'ai une santé nickelle et sans aucune carences!
    Je me sens moins seule du coup :paillettes:!

    PS: désolée s'il manque des S dans mon message y'a une miette de pain sous la touche et des foi je vois pas qu'il manque une lettre
  10. Suricate suricattaSuricate suricatta

    Le 15 septembre 2014 à 10:25

    Posté par fenotte
    Je cite à mon tour ton témoignage parce qu'il y a un truc très important aussi, ce serait qu'on arrêter de faire du mot "anorexique" une insulte qu'on lance à la tête de toute femme un peu trop maigre à son goût… Parce que l'anorexie c'est une maladie, c'est une souffrance, ce n'est pas un caprice d'idiote qui veut ressembler à un mannequin…

    Quand on est maigre mais qu'on sait qu'on a pas de problème avec la nourriture et qu'on est bien dans sa peau, on peut passer facilement au-dessus des remarques méchantes des autres. Mais celles qui ont vraiment des problèmes pour s'alimenter, ou vraiment des problèmes de santé, ne méritent pas plus que les autres ces remarques. Quand on me faisait des remarques sur mon poids, je me défendais "mais je ne suis pas anorexique"… Et? Si je l'étais? Ce serait plus de ma faute? Ce serait plus ou moins grave? Quand un type est essoufflé après avoir monté 2 étages, je ne vais pas lui lancer "pff on dirait un cardiaque, la honte"… Pas de raison que ce soit acceptable pour d'autres maladies.


    Exact! Totalement d'accord avec toi! "Anorexique" est presque devenu une insulte dans la bouche de certaines personnes alors que, comme tu le dis si bien, c'est une maladie mentale grave! Mais c'est une maladie qui est entourée de beaucoup de préjugés (comme la boulimie d'ailleurs) et peu de gens prennent la peine de réfléchir deux secondes au fait que chaque personne atteinte d'anorexie est en souffrance et ne le fait pas exprès! Toute personne malade devrait avoir le droit d'être respectée et non pas jugée et insultée…

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