Comment je suis devenue « l’autre femme »

Cette madmoiZelle entretient une relation avec un garçon... qui est en couple avec une autre. Une situation très difficile pour elle, tiraillée entre la culpabilité et l'amour.

Comment je suis devenue « l’autre femme »

J’ai rencontré ce garçon, qu’on appellera Julien, à l’université. Nous étions dans la même classe.

Pendant la deuxième année de licence et le mouvement social qui a marqué l’année 2016, nous avons commencé à avoir des sujets de discussion communs et cela nous a rapprochés.

De la complicité au flirt

À la rentrée 2016-2017, ce rapprochement s’était transformé en une certaine complicité. Nous nous entendions bien, rigolions et sortions régulièrement ensemble avec nos amis.

Et petit à petit, lentement mais sûrement, la zone « floue » a fait son chemin entre nous deux. Je l’appelle comme cela car je ne sais toujours pas mettre de mots exacts dessus.

Il a commencé à flirter avec moi, sans que je sache vraiment ce que cela signifiait. Pour moi c’était plutôt un jeu, je n’étais pas attirée par lui : c’était un pote, rien de plus.

Ça a continué plusieurs mois, jusqu’à ce qu’il m’embrasse pendant une soirée. Et c’est à partir de ce moment-là que les choses se sont gâtées.

Une relation très particulière

Perso, je ne m’intéresse généralement pas aux mecs qui me draguent : quand je ne les choisis pas, je ne m’en occupe pas.

Et le détail qui a son importance ici, c’est que Julien a une copine, une jolie copine blonde partie un an à des milliers de kilomètres pour ses études.

Et pendant ce temps, Julien flirte, parce que flirter c’est fun — c’est tellement bien d’avoir le beurre et l’argent du beurre tant qu’à faire !

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Sauf qu’après avoir passé la nuit avec lui (sans qu’il ne daigne toutefois réellement coucher avec moi « parce que bon, ce serait aller trop loin »), l’horrible réalité m’a frappée de plein fouet.

Il me plaisait vraiment, il sentait bon, il était intelligent, et nous avions un socle commun de valeurs (malgré peut-être une grosse divergence au sujet de l’infidélité…).

La situation avait beau me déranger, je ne pouvais pas m’empêcher d’aller vers lui, de passer du temps avec lui.

Et c’est ce que nous avons fait, à la fac et en dehors, et j’ai appris à connaître ses ami•es qui étaient aussi ceux et celles de sa copine — avec laquelle j’ai d’ailleurs apparemment des traits communs, ce qui est perturbant.

La semaine dernière, nous avons enfin fait l’amour pour la première fois, et je sais que je suis irrémédiablement en train de tomber amoureuse de lui, sans pouvoir en parler parce que je suis le vilain secret.

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Être celle qu’on cache et vivre dans la culpabilité

Quand on est ensemble et qu’un de ses potes appelle, il met son index sur mes lèvres pour qu’aucun bruit n’attire les soupçons sur ma présence dans son appartement à une heure indécente.

Je ne sais pas quand sa copine rentre, je n’ai pas demandé parce que je ne veux pas savoir, je ne veux pas cocher les jours sur le calendrier, les jours avant le cataclysme…

Et je ne sais quoi penser quand il ne me sollicite pas pour que l’on se voit. Je crois que la culpabilité l’étouffe, en tout cas moi elle me hante.

Je pense à sa copine tout le temps alors que je ne la connais pas du tout ; je pense à quel point il a le beau rôle, à quel point je serai seule quand elle reviendra alors que lui aura profité à la fois de son absence et de son retour.

Je lui en veux énormément, car il a osé me faire ce que je m’étais jurée de ne jamais faire : devenir une maîtresse, une fille avec laquelle on trompe, un secret, une honte.

Je lui en veux aussi d’avoir gâché notre amitié, qu’on ne ravivera jamais parce que je ne me vois pas aller prendre l’apéro chez sa copine et lui et la regarder dans les yeux tout en sachant ce qu’on lui a fait.

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Et après ?

J’espère réussir à couper les ponts avant qu’elle ne rentre, chose compliquée puisque si tout se passe comme prévu, il sera dans la même promo que moi l’année prochaine…

Je ne me suis confiée qu’à deux amies à ce sujet, et elles me disent que je n’ai rien à me reprocher, que c’est lui qui a fait ce choix, et que je dois me protéger car la situation est déjà trop douloureuse.

Sauf que je reste bloquée entre une grande culpabilité et l’incapacité d’arrêter de le voir.

La nuit je ne dors pas car j’angoisse à l’idée de le voir en cours le lendemain, de me sentir prisonnière de cette situation.

Et le joli visage de sa copine me pourchasse à chaque instant…

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Melissa

Mélissa fait les témoignages, mais ce n'est pas elle qui vit toutes les histoires qu'elle raconte - et heureusement parce que sa vie serait un peu compliquée ! Elle aime les pois et s'empiffrer de Kinder en sirotant son thé.

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Commentaires
  • Apacha
    Apacha, Le 19 novembre 2018 à 4h31

    J’interviens juste pour dire que moi aussi, j’avais beaucoup de principes, j’ai toujours pensé qu’il ne fallait pas faire aux autres ce qu’on ne voulait pas qu’on nous fasse et pourtant j’ai fini par faire des choses dont je ne me sentais pas capable de faire. J’ai agi de façon irrationnelle alors que j’ai toujours beaucoup réfléchi avec ma tête ou à deux fois avant de faire quelque chose. Vous savez pourquoi ? Parce que je suis tombée amoureuse, sans m’en rendre compte. Et je ne me le suis avouée à moi même que plus tard, je ne peux toujours pas l’expliquer. Donc d’une certaine façon, je comprend l’auteure quand elle dit qu’elle n’arrive pas à arrêter de le voir malgré sa culpabilité. C’est facile de porter un jugement de l’extérieur, mais quand tu es dans la situation, tu penses toujours que tu agira de façon rationnelle mais parfois ton cœur a un coup d’avance sur toi et c’est difficile. Courage, fais-le bon choix. Si c’est trop douloureux, d’abord parle avec lui de tout ça puis pars. Plus facile à dire qu’à faire, je sais.

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