L’été où j’ai appris à aimer mon corps

Cet été, Myriam H. a décidé de faire péter la cellulite, les vergetures et les poils. Et elle s'est rendue compte que ce n'était pas si difficile de se faire dorer le cuissot sans complexes !

L’été où j’ai appris à aimer mon corps

— Publié le 29 juillet 2013

Un peu de contexte pour commencer. Après des années à me sentir globalement à l’aise dans un confortable 38, j’ai commis début 2012 l’erreur fatale de tenter un certain régime très protéiné agrémenté de son d’avoine pour perdre cuisses flasques et poignées d’amour.

Ce n’était pas une bonne idée.

Les treize kilos perdus sont revenus d’un coup d’un seul et ils ont amené quelques copains avec eux, histoire de bien me faire regretter ma bêtise. Résultat ? Une taille 42, des vergetures, de la cellulite, et un été 2012 passé en jean à force de complexer sur mes jambes. Bravo le veau.

Mais ça, c’était avant.

Scoop : ta cellulite est normale

Entre ma meilleure amie (taille 42 aussi) qui se balade en culotte chez moi et qui reste überbonne, entre cette pote toute mince aux fesses ornées de cellulite tout comme les miennes, j’ai fini par comprendre qu’avoir un séant loin d’être lisse et bombé ne me condamnait pas à le couvrir tout l’été. (En plus ça rime.)

Et t’as bien raison Nicki.

J’ai donc, peu à peu, osé sortir le short (voire le mini-short) et rester en maillot de bain sur la plage — au lieu d’enfiler quelque chose dès que je sortais de l’eau. J’ai osé me balader en culotte chez moi même si ma meilleure amie était là, sans complexer sur mes fesses ni tenter inconsciemment de les planquer en marchant en crabe.

Et je me suis rendue compte que ça allait, en fait. Que oui, mon popotin et mes cuisses étaient marqués par la cellulite, mais que globalement, tout le monde s’en foutait. Personne ne m’a traitée de cétacé à la plage. Ma meilleure amie a complimenté mes plus jolies culottes. Ma silhouette n’avait rien de disgracieux et j’étais quand même plus à l’aise en jupe qu’en jean sous 35°.

Laisse-moi kiffer la vibe avec mes fesses.

Moralité ? Déjà, quasiment toutes les femmes ont de la cellulite à un moment ou à un autre de leur vie — et les ventes de shorts seraient au plus bas si elles s’interdisaient toutes de sortir leur cuissot pendant plusieurs étés.

De plus, surtout pendant les grosses chaleurs où on a tendance à FUIR la compagnie d’autres êtres humains qui prennent beaucoup de place avec leur température corporelle et leur sueur, il y a fort à parier que personne n’en aura rien à cirer de vous voir « oser » porter un short dévoilant votre cellulite. Mais alors vraiment RIEN.

Au pire, si vous n’avez pas envie que les regards s’attardent sur votre cellulite (ce qui n’est de toute façon pas le cas, mais on ne sait jamais), vous pouvez faire comme moi et détourner l’attention vers vos chevilles très sexy car couvertes de croûtes issues du grattage intensif de piqûres de moustique. Garanti 100% efficace.

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vergetures ennemies !

Pire que la cellulite, qui me collait aux fesses depuis quelques années et à laquelle j’avais fini par m’habituer, les vergetures m’ont flinguée.

Mon état mental il y a un an, à peu près.

De jolies (pas vraiment, non) lignes roses qui ornent mes hanches, mes fesses, mes cuisses et le début de mes mollets. Il m’aura fallu un an pour les apprivoiser et me sentir bien, jambes nues, sans serrer nerveusement les genoux pour les planquer, sans me retenir de m’assoir en tailleur — ma position préférée de tous les temps — de peur qu’on ne les voie trop.

C’est un combo grosse chaleur + nouveau short + sortie nocturne qui m’a décidée à lâcher les collants et à sortir mes gambettes. Dans le métro, j’étais focalisée sur mes cuisses et le regard des autres… uniquement pour me rendre compte que là encore, tout le monde s’en fichait.

J’ai fini par demander à ma petite soeur (überbonne elle aussi, décidément) si elle pensait que j’aurais dû mettre un jean pour qu’on ne voie pas mes vergetures. Sa réponse ? « Tes quoi ? Ah, les trucs sur tes cuisses ? Mais on les voit pas du tout là tu sais ».

Si votre mec a un problème avec vos vergetures, je vous suggère d’arrêter de baiser des cons, voilà ce que j’en dis.

Et finalement, non seulement on ne les voit (presque) pas — ça reste des lignes rose pâle sur l’intérieur de mes cuisses, pas vraiment l’endroit le plus visible de mon superbe corps — mais en plus, ce qu’on ne m’avait pas dit, c’est que presque toutes les femmes ont des vergetures.

Les vergetures, ce n’est pas que pour les mamans

Pour moi, c’était un truc de femme enceinte, ou de maman. C’est pour ça que ça m’a déprimée d’en avoir, de savoir que c’est en bonne partie à cause d’un régime stupide, et de savoir qu’elles ne partiront vraiment jamais. C’était comme si ces vergetures étaient la preuve vivante que mon corps vieillissait trop vite, que j’avais une dégaine de mère de famille à vingt ans à force de ne pas prendre soin de moi.

Une tenue estivale fort peu pratique.

Mais c’était faux ! Les vergetures concernent une énorme partie de la population féminine et il n’est pas nécessaire de pondre trois mouflets pour les voir apparaître. Ce n’est ni un symbole de surpoids, ni de mauvaise hygiène de vie… et en sachant ça, c’est tout de suite beaucoup plus facile de les assumer, et même de les oublier.

Si je pouvais, d’un coup de baguette magique, me débarrasser de mes vergetures, je pense que je le ferais. Mais c’est impossible, et finalement, je réussis à vivre avec. Vous savez quoi ? Parfois, je les trouve même… jolies. Comme une tache de naissance ou une cicatrice. Et ce qui est sûr, c’est que personne ne m’a jamais fait la moindre réflexion dessus. Comme quoi j’étais bien la seule à les remarquer à ce point !

Poil outragé, poil martyrisé, mais poil libéré

Mon rapport aux poils a toujours été globalement détendu du slip : on élague vaguement en hiver, on épile jambes, aisselles et aine en été, et basta. Par contre, hors de question de me montrer avec du pelage sous les bras ou sur les mollets (si je sors jambes nues), faut pas pousser mémé dans un vieux singe non plus.

Qui a dit qu’on ne pouvait pas être féminine avec des poils sous les bras ?

Une fois n’est pas coutume, c’est ma flemme qui a servi à quelque chose puisque quand je dois sortir, j’ai toujours tendance à traîner sur le canapé jusqu’à environ 4 min. 32 avant mon heure de départ, ce qui me laisse le temps de me brosser les dents en enfilant mes chaussures et de faire mon sac en changeant de culotte, mais pas davantage.

Je me suis donc retrouvée à devoir partir en short et débardeur, sans m’être rasée depuis six jours, sous peine de rater mon train (donc mon RER) (donc ma navette OrlyVal) (donc mon avion) (c’est tout de suite plus ballot). Un voyage placé sous le signe du stress, puisqu’en plus de la peur de manquer mon vol, je serrais les coudes contre mes flancs et je tentais de planquer mes jambes derrière ma valise.

Et ta soeur, elle pique ?

Forcément, une fois dans le rush des transports, c’était impossible de cacher mes poils en permanence. Ou de m’épiler pendant les deux heures d’attente avant mon vol, parce que je ne suis pas assez bête pour emporter un rasoir dans un avion.

Le bilan ? Tout le monde s’en moque !

Si vous avez suivi le fil de cet article, vous vous doutez de ce que je vais dire : rien-à-foutre. Personne n’en avait rien à foutre. Je sais que beaucoup de femmes témoignent de regards dégoûtés, de réflexions, voire d’insultes lorsqu’elles ne s’épilent pas, et je ne nie absolument pas ça. Mais puisque je parle d’une expérience personnelle, je peux dire que je n’ai eu droit à rien de tout ça, en maintenant un mois de « naturel ».

Cette fille ne s’est pas épilée depuis un an. On est loin de Chewbacca.

C’est vrai que j’ai la chance d’avoir des poils globalement fins et assez discrets. N’empêche que même maintenant, parfois je ne vois que ça… et puis je me rappelle qu’on s’en fiche. Que les mecs se baladent toute toison à l’air sans souci. Que j’ai mieux à faire que de passer une heure dans ma salle de bain avant d’enfiler la moindre jupe.

Après tout, personne ne devrait décider de la façon dont je m’épile, et si j’ai envie de m’étirer comme un chat malgré mes aisselles poilues, pourquoi me retenir ? Et si j’ai envie de faire bronzer mes vergetures, est-ce que je gêne quelqu’un ? Qui sera offensé-e par ma cellulite tremblotante ? Pas grand-monde, finalement.

Aimez-vous quoi qu’il arrive. Ce qui importe ce n’est pas ce que les autres pensent, c’est ce que vous pensez de vous-même.

Quel est le but de tout ce blabla ? C’est de vous dire que si un complexe vous pourrit la vie, vous pouvez vous en débarrasser — ou en tout cas essayer. Le sortir au grand jour pour prendre conscience de son insignifiance. Vous rappeler de tous ces autres trucs que vous aimez dans votre physique.

Et si vous avez déjà réussi à poutrer un ou plusieurs complexes, venez nous raconter tout ça dans les commentaires !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ariel rebel
    Ariel rebel, Le 9 juin 2016 à 13h18

    @Mam'zelle Marianne Merci pour ton message :cupidon:, j'ai eu le même problème d'anorexie de l'enfant, et ma morphologie s'en ressent aujourd'hui, je ne suis pas maigre, mais je suis quand même très fine, pour une taille "moyenne" (1.65m), et souvent je me prends des réflexions, l'autre jour une vendeuse a dit à mon mec que j'avais une taille enfant parce qu'une robe en 34 était trop grande pour moi :mur:.... Et je mange ce que je veux, dans la quantité que je veux, malgré cela il y aura toujours une personne pour s'interroger sur ce que contient mon assiette. Quand j'indique au gens que je ne prive en rien ils tombent des nues généralement...
    Et j'assume mon corps, mais des fois à force de voir et d'entendre que la féminité passe par des formes généreuses et des courbes, je complexe un peu :sweatdrop: ...

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