Émétophobie mon amour

Pondu par Jack Parker le 11 août 2011     

(Chers émétophobes qui seraient arrivés sur cette page en croyant y trouver le salut, sachez que vous y retrouverez le mot « vomi » (ainsi que ses synonymes) un bon nombre de fois. Considérez que cet article a pour but de servir des vertus thérapeutiques. J’previens, solidarité mes frères, big up, on se serre les coudes)

L’émétophobie, une phobie de merde que pratiquement personne ne connait ou ne comprend. Jack, qui ne fait rien comme tout le monde, a décidé de l’adopter.

Publié initialement le 19 avril 2011

Au lieu d’avoir le vertige, une tendance claustro ou même je sais pas moi, peur de prendre l’avion (ah merde, ça je l’ai un peu aussi hohoho), j’ai choisi la filière émétophobie. J’ai peur de vomir. La lose hein ? Non mais ça aurait pu être pire, j’aurais pu avoir peur de respirer.

Alors souvent, quand j’annonce ça, je suis bombardée de regards incrédules mais aussi de réponses comme “AH MAIS MOI AUSSI !” qui me donnent un peu d’espoir : je ne suis pas seule ! Mais c’est généralement suivi par  “ouais non mais j’te comprends, moi aussi, quand je vois quelqu’un vomir, je vomis”. Ah ouais. Mais non. C’est un peu plus compliqué que ça (j’ai un côté hipster quand je parle de ma phobie, façon “non mais tu peux pas compreeendre, han”).

Moi quand je vois quelqu’un vomir, je me roule en boule dans un coin, je tremble, je pleure, je fais une crise d’angoisse interminable et j’y pense pendant des semaines. C’est une peur paralysante difficile à faire comprendre à ses congénères, qui parviennent difficilement à concevoir qu’on puisse avoir peur d’un truc aussi naturel et banal. Le jour où quelqu’un me fera une crise d’angoisse quand j’éternuerai, j’pense que ça me fera relativiser un bon coup.

Émétophobie : mode d’emploi

J’ai réellement peur du vomi, peur de rendre, et tout ce que ça implique, c’est à dire : peur des nausées, des manèges à sensation, des voyages en voiture ou en bateau, des épidémies de gastro, de trop boire, des gens bourrés, des aliments pas frais, des médicaments, etc. La liste est longue.

C’est pas une phobie marrante, parce qu’il se passe rarement une journée sans que j’y sois confrontée. Par exemple, quand je sors le lait du frigo, même si j’ai ouvert la bouteille la veille, je suis prise d’une montée d’angoisse. “Et si il était plus bon ? Peut-être qu’il a tourné… Ça sent bizarre quand même… P’têt j’vais mourir !” sachant que le lait, même ultra frais, a une odeur forte de maladie (ça n’engage que moi).

Du coup, jusqu’à il y a quelques mois, si je ne buvais pas la bouteille de lait dans la journée, elle finissait à la poubelle. Maintenant je n’achète que des bouteilles de 50cl, et du lait bio (depuis que j’ai fait une expérience : faire bouillir du lait bio qui était dans une bouteille ouverte depuis plus de deux semaines sans le voir cailler). Je traite toujours mes bouteilles de lait comme si c’étaient des produits radioactifs hyper dangereux. J’ai trop l’impression d’être Indiana Jones quand je mange des céréales.

Une phobie-ceinture de sécurité

Pendant les soirées, je suis insupportable. Si quelqu’un est bourré au point de bafouiller, tituber, s’endormir sur sa chaise, je le fuis comme la peste et je n’éprouve plus que du mépris pour lui pendant au moins 48 heures. Je passe dans le même temps pour la grosse casse-burnes de service. Normal. « NAN MAIS FRANCHEMENT SE METTRE VOLONTAIREMENT DANS DES ÉTATS PAREILS MAIS MOI J’COMPRENDS PAS C’EST LA-MEN-TABLE ! ».

Je suis en réalité jalouse de ceux qui peuvent se mettre une mine sans flipper et qui arrivent même à s’enfoncer un doigt dans la gorge quand ça va pas et hop làààà c’est repartiiii pump it up WOOHOO. Salauds.

D’un autre côté, ma phobie m’a servi de ceinture de sécurité. A l’époque où je prenais de tout, tout le temps, sans modération, je ne m’en inquiétais pas plus que ça, jusqu’au jour où j’ai fait mon premier et dernier bad trip. J’avais 16 ans, et j’ai passé trois heures dans une salle de bains, accroupie à côté des toilettes en répétant inlassablement “faut pas que j’vomisse, faut pas que j’vomisse, faut pas que j’vomisse…”.

Je n’ai point dégobillé, j’ai dormi sur le tapis de bain en pleurant doucement et en appelant ma mère. Trois semaines après, j’ai pris la décision de tout arrêter et traversé la majeure partie de mon adolescence sans avaler une goutte d’alcool ni tirer sur un seul joint. C’était GROOVY, la seule gogole avec un verre de coca en soirée goth, j’peux vous dire que ça m’donnait l’air vachement cool. Think different, y disaient.

J’ai tout repris à 20 ans et depuis ça va mieux, je me suis réconciliée avec l’alcool consommé avec modération et je suis bien contente de pouvoir à nouveau danser sur les tables sans me tenir le ventre, l’air moitié-foncedé, moitié-inquiet. Je connais mes limites et ne les dépasse jamais, mais je ne flippe plus quand je suis bourrée.

La confrontation (avec une voix de bande-annonce)

Le plus chiant dans cette histoire, c’est que je suis incapable de remonter aux sources de cette phobie. Je me revois à 4 ans me lever en pleine nuit pour me gerber dessus, et laisser toute une traînée dans le couloir avant d’aller rejoindre mon père pour dormir avec lui, pas du tout perturbée par ma chemise de nuit recouverte de mon repas de la veille (coucou papa ! c’était cool ton réveil ?).

C’est arrivé plus tard, vers la fin de l’école primaire je pense, et je ne sais toujours pas d’où ça vient – ce qui doit sûrement être une des raisons pour lesquelles je ne parviens pas à m’en débarrasser.

Ma dernière vraie crise d’angoisse remonte à mes 20 ans, je me souviens avoir fait une crise tellement violente que j’avais des spasmes qui me soulevaient du lit, façon L’Exorciste.

Émétophobie mon amour cavapastresbien

"Ça va un peu pas très très bien"

Quelques semaines plus tard, j’en ai refait une après m’être gavée de poivrons à l’huile et cette fois j’ai senti que j’y couperais pas. Je pense sincèrement que cette soudaine envie de bouffer 500 grammes de poivrons en rajoutant sans cesse de l’huile et du vinaigre était un message de mon inconscient, fatigué de ces années de lutte contre ma phobie. Je l’entendais presque me hurler « TIENS BOUFFE CONNASSE ! TU FERAS MOINS LA MALIGNE DANS UNE HEURE ET ÇA VA T’CALMER UNE BONNE FOIS POUR TOUTES ! ».

Après deux heures d’allers-retours dans le couloir à m’asseoir un peu n’importe où en essayant de reprendre mon souffle, je me suis assise sur mon lit, j’ai attaché mes cheveux, je me suis accrochée aux montants et je me suis dit “c’est parti, c’est le grand jour, accroche-toi ma poule, on y va !”. Et j’ai tout rendu. J’ai regardé ce truc par terre et ma tête a repris la parole : “souviens-toi, ça vient toujours par deux, courage !”. Après la deuxième offensive, j’ai admiré mon chef d’oeuvre, explosé de rire, et puis je me suis évanouie. Je n’avais pas vomi depuis 1999.

« Si tu pokémones, pokémone là d’dans ! »

Depuis, je n’ai plus refait de crise d’angoisse. Ça m’arrive de la sentir venir, et de me dire immédiatement “calmos ma grosse, tu sais que c’est pas si grave au final, au pire t’expédies ça vite fait et tu feras un gros dodo réparateur, et demain on en parlera plus !”. J’ai toujours le réflexe de m’attacher les cheveux, au cas où. Je ne pleure plus quand je vois quelqu’un vomir à la télé, je ne m’écroule pas quand on dit le mot “vomi” devant moi (à une époque, des potes avait remplacé le verbe vomir par “pokémoner” dans leurs conversations, pour faire passer le truc), bref, ça va mieux.

Mais quand je sens la nausée monter, je me rends bien compte que j’ai pas fini d’en baver, ça me fout toujours une trouille mémorable. Le pire restant quand même le fait de voir quelqu’un vomir en vrai. Ça, je suis loin de l’avoir surmonté. Mes potes en sont encore à se jeter sur moi pour m’entrainer loin d’un désastre imminent, comme on évacue une victime d’un effondrement. Ce sont mes pompiers à moi, mes soldats du vomi.

Mais quand je vois à quel point ça a évolué depuis quelques années, ça me permet d’appréhender la chose avec plus de sérénité. J’ai vu un pote émétophobe s’en sortir complètement en quelques mois, et je sais qu’un jour j’arrêterai de flipper et que j’écouterai mon père quand il me dit “cesse de redouter ce que tu crains”.

En attendant je laisse ma conscience tenir le rôle de Maître Yoda quand je sens une rechute venir, j’ai fini par trouver quelques petites phrases qui me maintiennent du côté non-névrosé de la force et me permettent de garder le contrôle de mon esprit. Ouh yeah.

enfance

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380 BIG UP
 

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Jack Parker est rédactrice multifonction pour madmoiZelle depuis janvier 2009. Elle aime tout ce qui se rapporte à la pop culture américaine, aux animaux, aux trucs bizarres qu'on trouve dans le monde et se nourrit essentiellement de films d'horreur et de nouilles instantanées.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. SillSill

    Le 04 juillet 2013 à 02:12

    Posté par jack-parker
    Oui, j'en ai vu un y a 5 ans, et il m'a confirmé que c'était lié à ma peur de la perte de contrôle, et à mon sérieux penchant control freak - depuis je bosse là-dessus et ça va mieux d'année en année :).


    Et ce besoin de tout contrôler, sais-tu d'où il vient ? (Oui, je m'improvise psy à mes heures perdues.)
  2. Jack ParkerJack Parker

    Le 04 juillet 2013 à 19:26

    Posté par silver_
    Et ce besoin de tout contrôler, sais-tu d'où il vient ? (Oui, je m'improvise psy à mes heures perdues.)

    Oui oui, j'ai fini par trouver ;)
  3. somesome

    Le 18 mars 2014 à 22:17

    Kikouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu moi aussi je suis emetophobe !! et pas l'emetophobe qui dit qui l'est alors qui l'est pas t'sais (genre une copine qui m'a dit "ahhhh moi aussi" et qui derrière va tenir les cheveux de sa copine pendant qu'elle vomit ou alors qui se gêne pas de boire jusqu'à en bé-ger… )

    J'voyais une psy un moment, mais à chaque fois que je lui parlais de ça, elle changeait de sujet. C'est peut-être moi qui aurait dû lui faire une thérapie !

    En attendant ba, je vis avec depuis toujours (il est fort probable que ça vienne de quand j'avais un ou deux ans, toute ma famille a mangé des oeufs avariés.. je vous laisse imaginer la suite) et….J'ai peur d'être enceinte. Bon, pour le moment ça risque pas d'arriver, mais pour plus tard.
    Ba.. On vit avec hein ! Je fais moins la maligne quand je me retrouve à chialer et faire n'importe quoi à 4h du matin (comme des tocs genre, j'allume la lumière, j'ouvre la fenêtre, je bois plein d'eau).

    Bisous à toutes mes copines emetophobes <3
  4. CeylaanCeylaan

    Le 01 avril 2014 à 18:26

    Ah je me demandais si une madmoizelle avait déjà écrit la dessus justement !

    Alors voilà moi ça fait un moment que je souffre de ça et je ne sais même pas d'où ça vient.

    Le pire c'est qu'effectivement les gens ne comprennent absolument pas : "ben oui mais personne n'aime vomir" ou "ça sert a rien de rester la tête au dessus des toilettes tu vomiras pas c'est dans ta tête"

    J'ai peur de tout : les gens qui sont malades, la vue (y compris a la télé, je dois tourner la tête et boucher les oreilles), l'odeur du vomi (ou toute odeur que je trouve "suspecte" genre parmesan ou autre odeur chelou écœurante).
    Je peux devenir une vrai parano, le pire c'est quand je suis  dans un endroit clos avec des gens : ça va des transports en commun (parce qu'en plus j'ai le mal des transports) à l'hypermarché (sortie beauuuucoup trop loin si jamais je me sens mal). Je me fais mais des ÉNORMES films (genre je vois un enfant qui tousse je flippe)
    Et ce qui me rend très nerveuse, c'est les gamins… Eh oui parce que les gamins sont plus susceptibles de gerber alors qu'un adulte serait plus à même de se retenir.

    Les crises d'angoisses c'est la grosse galère et ça peut me tomber dessus d'un coup! La grosse crise la plus récente que j'ai eu c'est en prenant le train, pourtant un voyage d’à peine une heure MAIS il n'y avait qu'un seul wagon et sur cette ligne eh ben ça secouait violent. Résultat j'ai vu une maman donner un sac a son gamin et hop la c'est parti crise d'angoisse, roulée en boule par terre (j'ai même préféré m'assoir par terre a coté d'un chien juste pour ne rien voir) jusqu’à ce que je sois arrivée…

    Au quotidien, dès que quelqu'un se sent mal, je me sent mal, dès que j'ai mal au bide je flippe et les épidémies de gastro n'en parlons pas…

    J’évite tout ce que je peux : de faire les courses dans des grands magasins, de prendre les moyens de transports, les soirées alcoolisées…
    Je n'ai pas échappé à l'épidémie de cette hiver, je me suis sentie horriblement mal (dû aussi au fait que je n'avais rien mangé puisque j'avais peur de vomir et du coup, ben c’était pire : joli cercle vicieux)

    Pour le moment je n'ai pas encore de solution, je prend un Vogalib (BFF :chat:) dès que j'ai trop la nausée, même si à force je me demande si ça fait vraiment effet vu le nombre … En plus, souvent si j'ai une trop grosse crise (j'attache mes cheveux au cas ou aussi, j'ai trop chaud je pleure, je couine, je sais plus ou me mettre) ça ne sert absolument à rien.

    J'ai essayé une séance d'hypnose qui n'a malheureusement eu aucun effet. Et le psy qu'on m'a envoyé voir je n'arrivais pas a lui parler je me sentais pas à l'aise du tout.

    Bref, ça pourrit bien souvent ma vie, j’espère réussir a contrôler ça un jour… Peut-être avec une quelconque thérapie.
    D'autant que pour le moment je pense que ça me bloque totalement pour avoir un gamin (je vois pas comment je pourrai supporter un bébé, qui va dégueuler tout le temps)

    Je suis de tout cœur avec vous, madmoizelles émetophobes !
  5. CleoPatatraCleoPatatra

    Le 17 août 2014 à 23:23

    Posté par jack-parker
    Oui, j'en ai vu un y a 5 ans, et il m'a confirmé que c'était lié à ma peur de la perte de contrôle, et à mon sérieux penchant control freak - depuis je bosse là-dessus et ça va mieux d'année en année :).

    C'est marrant parce que moi mon besoin de tout contrôler m'a fait au contraire vomir - volontairement -  pendant plusieurs années ..

    Comme quoi le cerveau des fois !! :ko:

    J'en suis venue à bout, so YOU CAN DO IT JACK :rainbow:
  6. LolatébasLolatébas

    Le 17 août 2014 à 23:44

    Merci Jack Parker, d'avoir écrit cet article!

    Je n'ai aucune idée d'où me vient mon émétophobie, ni depuis quand j'en suis atteinte.

    Ce que je sais c'est que je me suis très longtemps crue la seule, je me suis longtemps crue "folle". Bien aidée par mes parents qui, lors de "crises" (angoisses qui me donnent des nausées) m'assénaient que j'étais "complètement jetée" et que ma place était "à l'asile !" .
    (Bon ils continuent à le dire ça mais… BREF)

    Un petit mal de ventre? Bim, angoisse, doooonc nausées.
    Les épidémies de gastro l'hiver? Je panique, je deviens parano.
    L'hygiène de mes mains est irréprochable, je nettoie un peu trop régulièrement les poignées de portes chez moi pour éviter toutes contamination. J'ai toujours du gel hydro-alcoolique sur moi pour me "laver" les mains.
    Quelqu'un qui vomit? Crise d'angoisse, j'suis même souvent plus "mal" que la personne malade.
    Les soirées avec trop d'alcool? Je cible direct qui risque de lâcher un quiche & je l'évite au max'.
    Les manèges à mouvement répétitif, on oublie!
    Je ne sors jamais sans anti-vomitifs.

    Et c'est sans parler des nombreuses crises d'angoisses qui jalonnent ma vie (car évidemment je suis une angoissée chronique) & qui me collent des nausées…
    Combien de fois est-ce que je me mets à tirer mes cheveux en arrière "au cas où", je respire fort, je bois de l'eau (si je peux), j'ouvre les fenêtre, j'allume les lumières…
    Ou je finis roulée en boule dans un coin en pleurant.

    Combien de fois je n'ose pas manger de peur de vomir… Avant un voyage en bus/voiture (bien que je n'aie jamais eu le moindre mal des transports), quand quelqu'un est malade ou (pire) a une gastro…

    J'ai songé à en parler à un psy… Mais disons que j'ai d'autres "problèmes" plus importants à gérer avec le psy que cette phobie que je gère plus ou moins :3
  7. Blue Is The Warmest ColourBlue Is The Warmest Colour

    Le 18 août 2014 à 00:00

    J'ai la même phobie depuis que je suis petite, je pensais être une des seules ! Je fuis comme la peste les personnes qui ont la gastro, et si un aliment est dans mon frigo depuis plus de 3 jours, il a exactement 0.01% de chances que je le bouffe. Par contre en grandissant cette phobie a atteint le niveau débile suprême parce que vomir volontairement ne me dérange pas, (Quand j'ai trop bu et que je sais que si je ne le fais pas, ça va se faire tout seul dans un grand élan désagréable par exemple) mais la gastro, ça me fait tellement peur que quand quelqu'un l'a dans mes proches, j'essaie de persuader tout le monde (Principalement moi) que c'est une indigestion, et quand je l'ai, ça me stresse à un point que j'ai l'honneur et la joie de la garder 1 à 2 semaines, en vomissant le moins possible, mais avec le plus de nausées possibles genre "Hé, ça va venir, prépare toi à courir. Ah non. Ah si. Hihihihihihih". Résultat j'ai toujours un max de médicaments avec moi, que je prend avant même d'être malade, tellement ça me panique, et quand je vomi sans l'avoir provoqué, je pleure, j'arrête de respirer donc je m'étouffe, et je panique. Ô Joie. :cheer:
  8. LolatébasLolatébas

    Le 18 août 2014 à 00:07

    Ah parce que tu arrive quand même à gerber sans flipper si c'est "de ta faute"?
    En ce sens j'te trouve presque chanceuse x)
  9. maisouimaisouimaisouimaisoui

    Le 18 août 2014 à 09:36

    Je viens de m'inscrire juste pour pouvoir te répondre. Figure toi que j'étais pareille, et en y réfléchissant, je vois plusieurs causes à cela. L'une d'elle étant que j'étais malade en voiture quand j'étais petite, et que je vomissais presque à chaque fois que je montais dedans.

    Je me suis reconnue dans ce que tu as écrit….ces endroits ou l'on va et vers 1h du matin, quand les gens commencent à être bourrés, c'est la panique, l'angoisse.

    si je voyais quelqu'un vomir à la télé, ça me faisait des espèces de palpitations et je mettais une semaine à m'en remettre…

    Ma seule et unique cuite (c'est à dire pour laquelle j'ai vomi) est arrivée à 29 ans!! et je ne suis même pas passée par la case "bourrée", c'est dire….C'était du "pas fait exprès", en fait. Je l'avais pas vu venir.

    Bref, je voulais écrire pour te dire que ça passe, en vieillissant. J'ai l'impression que c'est passé en ayant un enfant, aussi.
    Aujourd'hui voir les gens vomir ne m'effraie plus comme avant, dans un film ça ne me fait plus rien du tout, et en réalité ben, je préfère pas regarder évidemment mais ça ne me fait plus de palpitations comme avant.

    Ce qui reste, un peu, c'est le fait de vomir. Je n'aime tellement pas ça que j'essaye d'éviter au maximum (même si je sais que ça me soulagerait) avec des méthodes de respiration. C'est con hein?

    Mais en tout cas, ça ne me gâche plus la vie comme avant.

    Courage, et…..fais un bébé! :-D
  10. ArzakArzak

    Le 18 août 2014 à 13:37

    Le truc de s'attacher les cheveux … typique chez moi aussi, dès que je commence à angoisser sévère, je relève mes cheveux …


    Attention pavé !!!

    Moi aussi je fais partie du charmant cercle des émétophobes, plus précisément je suis hémétophobe social. C'est à dire que j'ai surtout une peur panique de gerber en public.

    Ça a commencé en terminale, ça s'est carrément "déclenché" à mon arrivée à Paris, avec la scène marquée à jamais dans mon cerveau d'un SDF qui vomi dans la rame de métro entre Gare de l'Est et Gare du Nord …
    Après ça: grosses crises d'angoisses, peur panique de prendre tous les transports en communs, de rester "enfermée" (en classe, au cinéma, faire la queue dans un magasin ou autre), impossible d'aller au resto même si je ne mangeais rien, en soirée tu ne pense qu'à ça, tu profite pas, etc … Tu vis plus quoi …

    Ça s'est calmé un peu, j'avais toujours quelques réflexes bizarres mais bon … Je pensais que j'allais pouvoir m'en débarrasser à la longue.

    Et une ou deux années après c'est revenu (je pense que ça fluctue aussi beaucoup en fonction des événements qui se passe dans ma vie), mais 100 fois pire !
    Donc là j'ai décidé que ça suffisait, qu'il fallait que je prenne les choses en mains. Je suis allée voir une sophrologue (avec une formation psy), et petit à petit tu apprends à gérer ton stress (stress qui à la base te déclenchait ces envies de vomir et donc ta phobie) , à comprendre et calmer les "émotions" de ton corps.

    Maintenant ça va beaucoup beaucoup mieux, je sors sans me poser aucune question, sans même que "l'éventuelle envie de vomir" m'effleure l'esprit.
    J'ai dans certaines situations (la plupart du temps inattendues, rien à voir avec l'émétophobie), une petite crise d'angoisse, que je parviens à gérer.
    Mais je pense que pour ça c'est un vrai suivi avec un psy dont j'aurais besoin. Mais pour l'instant je n'en vois pas l'utilité.

    Bref, tout ça pour dire, la sophrologie à sauvé ma vie :)
    N'hésitez pas, pour celles qui n'ont pas encore essayé. Au début ça me paraissait très "étrange", n'empêche que, quand ton corps commence à témoigner de son bien être, tu commence à y croire ^^

    Je sais pas si j'en suis débarrassée pour toujours, je pense que ça reviendra. Mais en attendant, je sais que j'ai les clés en mains pour gérer la situation. Et rien que ça c'est déjà énorme…

    Et il y a beaucoup plus d'émétophobes qu'on ne le crois, c'est une phobie qui se """repend""" de plus en plus, je trouve.

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