Eloge du rasoir par un Yéti Mécontent

Du haut de mon jeune âge je prêche déjà comme un vieux sage philosophe en matière d’épilation. Il faut dire que je trame cette affaire depuis longtemps : brune d’origine espagnole à la peau blanche de poule qui ne rôtit jamais, autant dire qu’éradiquer les poils m’obsède depuis ma prime puberté. Passé 12/13 ans, porter […]

Du haut de mon jeune âge je prêche déjà comme un vieux sage philosophe en matière d’épilation. Il faut dire que je trame cette affaire depuis longtemps : brune d’origine espagnole à la peau blanche de poule qui ne rôtit jamais, autant dire qu’éradiquer les poils m’obsède depuis ma prime puberté.

Passé 12/13 ans, porter des robes devient un exercice périlleux : on découvre la honte d’avoir du poil aux pattes. Honte qui s’accentue en découvrant que la bombasse de la classe (tu sais, celle qui a déjà de la poitrine et qui a fait une coupe dégradée avec des mèches avant le reste du monde) possède des jambes lisses. Ton innocence se perd dès lors que tu cherches de manière acharnée à renier Mère Nature.

Quelle est la première chose qu’on t’enseigne ? Que le rasoir, c’est le mal. Nourri de légendes urbaines (du type « un jour j’ai passé le rasoir sur mon bras et depuis, j’y mets des bigoudis ») et de masculinité (ah, il s’en est écoulé des années avant l’apparition des Vénus !), le rasoir n’a pas la cote. Après une expérience forcément foireuse (coupures, sang sur les jambes, tout ça pour devenir un cactus le lendemain), la pilo-warrior se réveille et cherche toutes les techniques possibles :

– La crème dépilatoire. Ah, belle invention ! Une crème qui, posée une dizaine de minutes, rend la jambe douce et satinée (bah oui, les filles dans les pubs pour les méthodes dépilatoires ont toujours la jambe satinée, font-elles partie du clan Cullen ?). Bon, déjà, soyons honnêtes : ça pue. Mais vraiment, un peu comme si tu venais d’administrer un traitement destop à ta fosse sceptique sauf que là, c’est tes jambes qui prennent, ce qui amène forcément la deuxième constatation : c’est méga chimique. T’as déjà regardé la composition de ce genre de crèmes ? Autant dire que les contre-indications sont nombreuses et que se tartiner d’un peu d’Hiroshima est aussi sain que laver ses fruits à la javel. Enfin, je le dis haut et fort : ça ne marche pas. Nan mais, à part le duvet de bébé, qu’est-ce que ces crèmes épilent ? Après avoir longtemps pensé que j’avais des lianes le long des membres, ce qui expliquait mes nombreuses déconvenues, j’ai affronté la réalité : la science m’avait menti.

– La cire froide. Plus accessible que la cire chaude (car ne requiert pas de technique particulière… juste savoir décoller deux bandes soudées), sans aucun risque de brûlure ou autre, j’ai testé avec une confiance aveugle le scotch de la muerte. Passée l’excitation consistant à dédoubler la bande et coller la face tue-mouche sur l’armée pileuse, le doute s’installe… « Et si ? » n’est soudainement plus réservé à Lady Laistee (« et si jt’avais dit, combien jt’aimais mon frère ? », hein ?), et si moi j’te disais combien tu vas avoir mal ? Du genre douleur diffuse et fluctuante, passant du « putain sa mère » au « pourquoiiiiiii » en quelques secondes. Tout ça pour découvrir non seulement qu’il reste une dizaine de poils réfractaires qui refusent de se barrer, mais en plus, il y a tout le reste de la jambe à faire.

– La cire chaude. Même combat que sa cousine la froide, sauf qu’en plus tu as une chance sur deux de te brûler, et 99% de chance de coller la moitié de ton appart. En plus d’une crise de nerfs et de quelques affaires poisseuses, l’arnaque ne s’arrête pas là : les « 4 semaines de douceur » promises foutent le camp à l’aube du septième jour (sans doute parce que le vieux barbu se repose et donc s’en tape de savoir que toi, pendant ce temps, tu piques déjà du mollet). Depuis, je crois à une secte des imberbes ou des blondes qui décident de se moquer allègrement des brunes en leur disant d’un air mi-mutin mi-grosse pouff « cap sur la douceuuuuur hihihi » et vendent à prix d’or leur pate qui colle. Jamais ne n’engraisserai des gens qui ne connaissent pas le « non » au mec canon qui veut dire « en fait oui, mais uniquement si tu aimerais retrouver en moi ton chinchilla perdu ».

– L’épilateur électrique. On passe au stade ultime car là, c’est un investissement. En moyenne 70€ l’appareil, autant bien réfléchir. Intriguée, aventurière, je me lance tête la première dans l’achat en imaginant ma tranquillité sans poils. Une fois l’engin mis en route, mon cerveau m’alerte : un truc qui fait le bruit d’une moissonneuse batteuse est-il fiable ? Que va-t-il advenir de ma jambe ? (ou mon aisselle ou PIRE, mon maillot ??). Après avoir serré les dents et réduit mon espérance de vie de quelques mois à cause de la douleur, j’en ressors néanmoins la tête haute : mon expérience du matos agricole pourra plaire au prochain candidat de L’Amour est dans le Pré, option « cte fille là, l’a pas froué aux yeux, s’pas dla midinette ça m’sieur ».

C’est alors que je suis tout naturellement revenu à mon premier amour : le rasoir. Petit, pas cher, pouvant s’emmener partout sans paraître louche (la crème dépilatoire quand tu pars en week-end avec ton mec, ça le fait moyen) et surtout, utilisable à tout instant en cas d’imprévu (un retour de flamme de Mister K qui appelle pour sortir ce soir ? aucun soucis, j’ai déjà l’engin en main) (le rasoir, hein…). Alors oui, ça s’utilise sous la douche et ce, tous les jours, mais je suis bien censée prendre des douches quotidiennes, non ? Alors oui, toi aussi assume d’être un yéti, mais lève haut ton rasoir en prônant la non-douleur ! Enfin, jusqu’à ce que tu aies assez d’argent pour tenter le laser, hein…

Petite sélection shopping, destinée aux accros de la jambe lisse :


– Body Scrub The Body Shop (ici, à la cerise car il sent vraiment trop bon) car comme tu le sais, pas d’épilation sans un bon gommage afin d’éviter les mauvaises repousses.


– Cire froid Laurence Dumont. Selon moi, La meilleure cire froide puisque parfumée… au chocolaaaaaaat !!


– Cire en Gel Veet. Enfin une cire qui ne colle pas trop.. Mais qui invite tout de même à savoir maîtriser les bons gestes d’épilation, super débutantes s’abstenir.

– Rasoirs Venus et la mousse Gilette Satin Care, spécial femmes. La référence en terme de rasoirs féminins. Libre à toi d’utiliser un truc pour hommes, mais les risques de coupures sont alors accrus…

– Gel Anti Repousse Body Minute (la ligne des instituts franchisés), qui permet aux poils de repousser moins vite, histoire que tu n’ais pas fait tout ces efforts pour rien.

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