Pourquoi je me suis mise dans la peau d’une effeuilleuse burlesque

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SPOILER : Alison ne s'est pas glissée dans la peau d'une effeuilleuse burlesque uniquement pour jouer avec des plumes et des cache-tétons à paillettes et à pompons.

Pourquoi je me suis mise dans la peau d’une effeuilleuse burlesque

Il y a cinq mois, j’ai rencontré Minnie Valentine, une effeuilleuse aussi douce que badass !

On a vite commencé à discuter de nos vies et à se livrer sur nos parcours. J’ai toujours eu un rapport très compliqué avec mon corps, dont je n’assume pas toujours les courbes, et l’entendre parler de sa passion pour le burlesque et comment elle était épanouie dans cet art me fascinait.

En réalité, j’ai toujours été captivé par ce monde spectaculaire et sensuel. Enfant, j’avais Satine pour modèle, Satine l’émouvante meneuse de revue du film Moulin Rouge de Baz Luhrmann (bon, je n’avais pas tout à fait compris à l’époque qu’elle se prostituait).

Quand Minnie m’a proposé une immersion dans l’univers rétro du burlesque le temps d’un jour, j’ai dit oui !

Photo prise par Minnie Valentine, qui est également photographe 

Déjà parce ce que tout ce qui touche de près ou de loin à des plumes et des paillettes me bottent pas mal, mais surtout parce que je voulais en apprendre plus sur cette culture du show fascinante et mystérieuse.

À travers cette « master class » burlesque, je voulais vivre une expérience body positive puisque tous les corps, toutes les silhouettes, ont leur place dans le burlesque.

Je te partage aujourd’hui les réponses à mes interrogations ainsi que ce que je retire de l’expérience.

Mais avant ça, je voudrais te parler de mon amie Minnie car c’est elle qui m’a appris toutes ces choses et m’a aidée à écrire l’article.

Minnie Valentine, ma copine effeuilleuse burlesque

Minnie était modèle pin-up depuis quelques années quand elle a commencé à s’intéresser au burlesque.

Un reportage sur le sujet durant la fin de ses études a été un élément déclencheur.

En allant assister à un spectacle, elle a su qu’elle voulait faire ça.

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Minnie est une autodidacte depuis sept ans maintenant, elle a appris énormément en faisant et en observant des effeuilleuses faire leur show.

C’est quoi l’effeuillage burlesque en fait ?

L’effeuillage a une image rétro et glamour mais c’est aussi un état d’esprit; une performance dans laquelle chaque artiste exprime sa personnalité et délivre son message. Autodérision, glamour, humour, provocation, toutes les formes sont permises, et même encouragées.

Femme ou homme, chaque artiste est libre d’exprimer ce qu’il souhaite, de la manière qu’il souhaite. Et surtout, le burlesque est là pour bousculer les codes car il ne répond à aucun canon de beauté. Il n’y a pas de prérequis ou de conditions d’entrée.

Quels sont les origines de cet art qui révèlent et dissimulent les corps ?

Issu de la grande tradition du cabaret parisien de la Belle Epoque, le burlesque a su trouver écho aux Etats-Unis après la Première Guerre mondiale. Underground dans les cirques itinérants Freaks et glamour à Hollywood grâce à de légendaires pin-ups comme Betty Page et Tempest Storm, le burlesque fascinait….

Jusqu’à tomber dans l’oubli avec la montée de l’industrie pornographique. Il n’y avait plus ce jeu entre « révélér et dissimuler ». Il fallait tout révéler.

Dans les années 1990, un collectif d’artistes, le Velvet Hammer, a décidé de faire renaître le burlesque de ses cendres avec une nouvelle identité, le New Burlesque, pour signifier sa métamorphose.

Il n’est plus question de séduire maintenant, mais de jouer des codes du glamour pour raconter une histoire ou servir un propos.

Aujourd’hui, cet art du déshabillé revient de plus en plus, poussé par l’attrait renouvelé pour le rétro et la recherche assumée de féminisme à travers la féminité. Et il semblerait qu’une certaine Dita Von Teese ait également permis de remettre davantage le burlesque sous les spotlights.

Préparation et routine beauté d’une effeuilleuse burlesque

Le burlesque, c’est un peu une forme exagérée de soi. Car sur scène, il faut tout accentuer : maquillage, costumes, gestuelles. Même la féminité exprimée est une caricature.

En gardant cette idée en tête, la préparation avant de monter sur scène devient donc une sorte de rituel de transformation. Minnie voient les effeuilleuses comme des « Transformers de la paillette ».

La plupart des techniques de maquillage burlesque viennent tout droit du monde du théâtre ou des drags-queens.

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De quoi se compose un maquillage burlesque ?

Chaque effeuilleuse a sa routine, mais laisse-moi te présenter celle de Minnie. Elle contient :

  • De la crème hydratante et une base de teint, qui sont ses meilleurs amis pour une bonne tenue du maquillage toute la soirée.
  • Trois fonds de teint différents pour sculpter le visage et accentuer la structure
  • Du contouring à mort
  • De l’highlighters pour attraper la lumière
  • Des faux cils qui allongent le regard : s’ils vous incommodent et vous masquent trop la vue, coupez-les à la moitié et ne les mettez que sur la moitié extérieure de l’œil.
  • Un smoky eye
  • Une nuée de paillettes sur les lèvres

Tout est dans le too much. Mais le moment magique, c’est lorsque ce maquillage si outrancier à la lumière naturelle (voire qui parait avoir été appliqué à la truelle), se révèle si parfait et juste une fois sur scène à la lumière des projecteurs.

Costumes, accessoires DIY et cache-tétons à paillettes

S’ils peuvent s’enlever en un claquement de doigt (car ils ont été conçu ainsi), la fabrication des costumes est un sacré ouvrage.

C’est le côté « self-made woman » qui a plu à Minnie. Du coup, elle a toujours voulu s’occuper de la conception de ses costumes.

« Cela part généralement d’une idée délirante : Et si j’arrivais sur scène avec des lumières scintillantes pour symboliser l’arrivée d’une fée comme une étoile filante ? OK, mais comment j’arrive à ce résultat ? Avec des guirlandes de Noël électriques, bien sûr !»

L’aspect DIY n’est pas obligatoire dans le burlesque mais je trouve que cela contribue à son charme.

Quant à la pièce maîtresse de tout effeuillage burlesque, ce sont évidemment les « pasties », c’est-à-dire les cache-tétons.

Les inspirations, références et icônes du burlesque

A peu près tout peut être une source d’inspiration dans le burlesque : une musique, un maquillage, une gestuelle, un personnage historique, un élément de costumes ou un accessoire…

En ce moment, Minnie est fascinée par la recherche esthétique et l’extravagance des drag-queens qui ont énormément de points communs avec le monde burlesque. Mais parmi ses idoles burlesque, se trouvent Vicky Butterfly ou Miss Dirty Martini.

Chaque artiste apporte sa pierre à l’édifice burlesque et sa touche personnelle. Chacun•e apprend des un•es et des autres. Bercée par ces vieux films aux actrices à la beauté ultra contrôlée, elle s’inspire des icônes du cinéma hollywoodien comme Jean Harlow et Marilyn Monroe.

Est-ce qu’il faut être entraîné ?

Tout dépend de ce que l’on vient chercher dans le burlesque et du rapport que l’on a avec son corps.

Si le but est de surprendre sa moitié en entreprenant quelque chose de différent, quelques cours d’initiation suffisent pour apprendre quelques gestes sensuels de base.

Pour apprivoiser son corps et explorer sa féminité, il existe différentes écoles de burlesque qui enseignent techniques et chorégraphies à l’année en France.

Pour en faire un métier, Minnie conseille de rester bien accroché•e, car c’est beaucoup d’entraînement, de challenges et de sacrifices.

La recette d’un numéro burlesque : les gestes de base

  • Une posture bien droite est importante.
  • Il faut penser à bien rester les pieds en pointe, jamais de pieds flex.
  • Les doigts doivent être souples et graciles, un peu comme en danse classique.
  • Le sourire doit être expressif, il y a toujours une part de comédie dans le burlesque.

En quoi le burlesque permet-il de se sentir bien ?

Dans le cas de Minnie, le burlesque la fait se sentir bien car c’est un espace de liberté artistique infinie dans un environnement sain et positif.

C’est à la fois un laboratoire de tests dans lequel elle repousse ses limites mais aussi une parenthèse enchantée dans son quotidien.

La particularité de Minnie, c’est sa voix. Elle chante parfois lors de ses effeuillages.

Comment le burlesque joue-t-il un rôle dans le rapport au corps ?

Il y a un phénomène libérateur quand on commence le burlesque. Le fait qu’il n’y ait pas de mensurations idéales décomplexe énormément. Ce n’est pas notre corps qui nous définit mais ce que nous en faisons. De là, on éprouve plus de bienveillance envers notre corps. Et c’est aussi un message à faire passer au sein de notre société si normée et formatée.

La sensualité est un prétexte pour raconter une histoire et non la finalité d’un numéro burlesque. Les effeuilleuses sont là pour divertir et amuser avant tout, pas pour éveiller la sexualité du public. D’ailleurs, le public burlesque est aussi bien féminin que masculin.

C’est un spectacle qu’ils viennent voir, un spectacle interactif. Car le public est invité à réagir à notre histoire et à nos mouvements.

Bilan de mon expérience dans la peau d’une effeuilleuse burlesque

Le burlesque est un art, un spectacle élégant qui joue avec les spectateurs. Les effeuilleuses révèlent et dissimulent leur corps à leur guise sans jamais véhiculer une image de femme-objet.

Je ne sais pas ce que j’attendais quand j’avais dit oui à Minnie pour me mettre in her shoes. Le but était d’être costumée, maquillée, prise en photo. Minnie m’a montré des gestes de bases du Burlesque, comme une master class.

J’ai passé l’après-midi dans sa loge; être en jartelles devant quelqu’un n’était pas un exercice hyper simple pour moi, encore moins d’être prise en photo ainsi.

Parfois, je fais des trucs.

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Mais j’étais de plus en plus à l’aise au fil des heures. Minnie avait bien pris soin de moi, j’étais toute chouchoutée et pomponnée et ça m’a encore plus donné envie de prendre soin de moi, pour me plaire à moi, pas aux autres.

Je ne pense pas que je finirai sur une scène, mais me mettre dans la peau d’une effeuilleuse m’a donné un shot de body positivisme, et rien que ça, ça valait tellement la peine.

Maintenant je comprends véritablement pourquoi le burlesque a tant apporté à Minnie en matière de développement personnel.

Ça m’a fait du bien de me voir sous un jour différent, ainsi que de voir que je peux repousser les limites de ma pudeur et de mes complexes. J’étais fière de moi en rentrant chez moi, les paupières encore scintillantes dans le métro.

Merci Minnie !

Et toi qu’est-ce que tu penses du burlesque ? Est-ce qu’aller voir ou faire un effeuillage est sur ta liste ?

Si le burlesque attise ta curiosité, n’hésite pas à poser des questions dans les commentaires, je serai ravie de parler, de films, livres, d’accessoiristes et d’écoles burlesques avec toi !

À lire aussi : J’ai testé pour vous… la pole dance !

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Commentaires
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  • Cutie ju
    Cutie ju, Le 24 octobre 2017 à 11h51

    Dans mon école, nous avons une troupe de cabaret (dont je fais partie :cheer:). Avant ça j'avais fait 15 ans de classique doncle choix fût facile d'intégrer ce club. J'ai appris plein de choses sur moi et sur la danse aussi :-3 maintenant je me sens badass H24 et j'ai énormément gagné en confiance et pas seulement par rapport à mon corps, plutôt timide au départ, maintenant j'ai beaucoup moins de mal à dire ce que je pense :free:

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