Droguée à l’amour et volontairement abstinente… j’ai vite rechuté

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Queen Camille tente de battre le record de la plus longue rupture du monde, deux semaines après avoir choisi le célibat et l'abstinence.

Droguée à l’amour et volontairement abstinente… j’ai vite rechuté
Résumé des épisodes précédents...

Journal de célibat d’une droguée à l’amour

Queen Camille s’accorde six mois sans drague, sans relation et sans sexe pour se retrouver, et ça promet.

Episode 1 : Accro à l’amour, j’ai choisi le célibat (et l’abstinence)

Episode 2 : Bilan d’une semaine de célibat et d’abstinence pour une droguée à l’amour

Après quinze ans de frénésie amoureuse, j’ai choisi d’entamer une période de célibat et d’abstinence volontaire.

Pour ce faire, je dois avant tout mettre un terme à cette énième relation insatisfaisante, que je vis actuellement… et il semblerait que cette étape dure un peu plus longtemps que prévu.

Pourquoi quitter mon mec actuel ?

J’ai passé des moments de pur bonheur grâce à ce garçon mais avec lui, j’ai aussi connu déceptions et doutes, j’ai buté sur des divergences inconciliables et j’ai traversé des disputes comme j’espérais ne jamais en revivre.

Pas ce que je m’imagine d’un début de relation durable.

Aujourd’hui, malgré toute l’affection que l’on se porte, je ne pense pas que nous soyons amoureux.

Je ne peux pas dire que j’aime chaque fibre de son être, il y a même des trucs qui me dérangent vraiment, et lui ne semble pas décidé à approfondir davantage notre relation.

Certain·es ami·es, qui ne connaissent ni la bête, ni les tumultueux détails de notre histoire, mais voient clairement mon attachement, se sont étonnés de ma décision de rompre.

Pourquoi laisser ce mec qui semblait me convenir, dans l’ensemble ? Parce que je n’ai plus envie de faire de concessions quand il s’agit de mes besoins.

Oui, ça marchait bien, mais je rêve de plus.


Un truc simple, pas trop cliché…

Je me suis parfois enfermée dans des relations qui ne me rendaient pas pleinement heureuse et ma porte de sortie a souvent été le trop-plein, le ras-le-bol, la violence verbale ou physique.

Je n’ai pas envie d’attendre d’en arriver là. Je ne crois pas que nous soyons vraiment fait pour être ensemble, quoiqu’en dise notre indéniable et suprême alchimie physique…

Mais puisque je suis accro, pourquoi ne pas me laisser aller à la passion ? Parce que la dépendance affective n’a rien de passionnant.

Le problème de toutes les dépendances, c’est qu’elles sont subies, et traduisent souvent un malaise plus profond, comme, AU HASARD, un manque de confiance en soi.

Voilà pourquoi il y a deux semaines, j’ai décidé de tout de même briser mon cœur et le sien. Non sans quelques difficultés.

La rupture…

Après une première semaine de flou artistique, j’ai porté mes ovaires pour lui annoncer au téléphone que c’était la dernière fois que je l’appelais. Je crois qu’il m’a raccroché au nez.

Le lendemain matin, nous sommes samedi, l’aube de mon tout premier weekend de célibataire.

Dehors, il fait beau, je n’ai rien de prévu en particulier et beaucoup de mes potes sont partis de Paris jusqu’à lundi. L’occasion idéale de me recentrer sur moi, je, personnellement.

Mais je n’ai le goût de rien.

C’est alors qu’au détour d’Instagram, tandis que midi approche et que je suis encore sous ma couette, une story vient éprouver ma détermination.

L’homme sera tout l’après-midi à un événement pro auquel j’étais censée l’accompagner.

J’avais oublié mais maintenant, je ne peux plus penser qu’à ça. La douce drogue de l’amour coule dans mes veines et prend le dessus. Mes résolutions s’envolent, plus rien ne compte que me rendre à cet endroit.

J’ai envie de le surprendre, j’ai envie de me pavaner à son bras, j’ai envie de lui parler et de le toucher. C’est plus irrésistible que reprendre une deuxième poignée de cacahuètes.

Contenir ce désir me paraît trop douloureux pour ne pas y céder.

…et la rechute

Vous saviez que lorsqu’on s’attache à quelqu’un, des zones du cerveau se désactivent partiellement à son sujet ? Il s’agit du cortex préfrontal latéral qui régit les émotions négatives, et du cortex préfontal médian, siège du jugement critique.

J’aime à justifier mon inconsistance par des données neuroscientifiques.

Ce mécanisme censé garantir la survie de l’espèce me poussa ce jour-là à faire une heure de transport pour rejoindre celui que j’avais largué la veille. 

Pendant le trajet, deux parts luttent bruyamment dans ma tête.

L’une se demande :

« Mais qu’est-ce-que tu branles ? Descend à la prochaine station ! Rentre chez toi ! »

L’autre divague :

« Une dernière fois, après j’arrête. Peut-être qu’en me voyant, et parce qu’il aura eu si peur de m’avoir perdue hier, il réalisera à quel point je suis fabuleuse et me traitera enfin comme la déesse que je suis ? »

Je reste paralysée sur mon siège. Je fais mes changements en pilote automatique, mon cœur palpite à mesure que la destination approche.

Arrivée sur le lieu du crime, je le cherche des yeux avant de réaliser, programme de l’événement à l’appui, que j’ai 3 HEURES d’avance sur son intervention.

Je suis donc à une heure de chez moi,  enfermée dans un lieu où je ne connais personne, alors que le soleil brille et qu’une amie m’envoie :

« J’espère que tu tiens le coup bb. Passe un bon weekend.»

J’ai honte.

Mais il est trop tard pour reculer, et j’ai plus que jamais envie de le voir. Je patiente.

Une grosse dose de love, direct dans les veines

Quand sa silhouette apparaît enfin dans le hall, c’est la libération. Un bon shoot de love. L’apaisement éphémère caractéristique du délire romantique qui ne vit que pour l’anticipation de ce moment.

Mais quand le fantasme prend corps, la réalité fait parfois mal.

Il est surpris, heureux, il me prend dans ses bras. Personne ne revient sur la discussion de la veille, tout roule comme si rien ne c’était passé.

Il se murmure même que je l’entraîne aux toilettes faire des trucs pas catholiques. Adieu chasteté, ce fut bref mais intense.

Après quoi, je me fonds dans mon rôle de groupie et le suis en souriant tandis qu’il serre des mains. L’ambiance est bonne, l’après-midi se passe et ma frustration habituelle resurgit en même temps que ma lucidité.

Je me demande un peu ce que je fous là.

Sale descente après une rechute

L’événement se termine vers minuit. J’espère qu’il va m’emmener au resto, ou boire un verre, preuve irréfutable qu’il aurait enfin réalisé à quel point je suis fantastique de l’adorer ainsi, et divine à tout point de vue.

Mais il a d’autres projets, à savoir voir ses potes.

À nouveau, j’ai honte. On se quitte comme d’hab, à demain pt’être, la routine, et je rentre chez moi seule.

Tous mes cortex se réveillent une fois la porte de mon studio refermée. La liste de tout ce que j’aurais pu faire aujourd’hui me frappe en pleine face.

J’ai passé près de dix heures dans cet endroit pour être près de lui. J’ai sacrifié une journée, au mépris de tout ce que mon esprit rationnel avait ambitionné pour moi.

Je me sens déprimée, et la seule pensée qui me réconforte est celle de… peut-être le voir demain. Je ne cherche plus à comprendre.

Encore une petite couche de contradictions

Si mes incohérences vous ont désespérées jusque-là, accrochez-vous à vos slips pour la suite.

Pour compenser la journée dédiée à celui qui habite mes pensées, je passe un dimanche 100% moi-même, à base développement personnel et autres trucs de hippie.

Enfin, plutôt 80% moi-même. Je fais du yoga, je lis Elizabeth Gilbert… Mais en réalité, je m’occupe en attendant patiemment le soir… et la visite de mon futur ex.

Je lui ai proposé de passer la soirée chez moi, en dépit de tout bon sens. L’idée de rompre avec lui provoque dans mon esprit des ambivalences typiques de l’addict : j’aimerais arrêter sans arrêter.

Je compte donc faire à dîner, mater un film, faire du sexe et avoir enfin cette conversation dont je rêve pour clore notre relation.

Tout se déroule comme prévu, sauf pour ce qui est du dernier point.

Comme à chaque fois que j’essaie d’aborder le sujet, la conversation prend un tour agressif et j’en sors frustrée de ne pas avoir su communiquer ce que je ressens.

Idem le lendemain au téléphone. Je ne veux pas finir sur une dispute. C’est peut-être égoïste, mais j’aimerais qu’il comprenne et que cela se fasse en douceur. On dirait que  j’attends sa bénédiction.

En bonne infirmière,  l’idée d’attaquer sa confiance en lui et de causer sa souffrance par cette rupture m’est insupportable. Mais on ne peut pas briser le cœur de quelqu’un et le soigner en même temps.

The talk : c’est fini entre nous

Depuis près d’une semaine, notre relation est déjà plus distante. Les textos quotidiens ont disparu et il n’a plus aucune affaire chez moi.

Nous sommes mardi. Une fois de plus, c’est moi qui initie la conversation dans la soirée. Je m’excuse de lui avoir envoyé des signaux contradictoires.

Pour la première fois, le ton reste posé et il me déballe à quel point l’incohérence de mes paroles et de mes actes l’a fait souffrir. Je lui répète que j’ai besoin d’être seule et que ça ne remet pas en cause tout ce qu’il y a de vrai entre nous :

–  Je préfère que tu penses que je suis zinzin plutôt que de te faire douter de ta valeur.
– T’inquiète, je connais ma valeur.
– Parfait alors.
– Pense à toi plutôt. Et si d’après toi, c’est ce qui peut te rendre heureuse, c’est tout ce que je te souhaite.
– Merci beaucoup.

Là, c’est propre, c’est bienveillant. Là, on parle.

Il me dit qu’il ne me répondra plus, puisque je semble incapable de tenir ma résolution de couper les ponts. On raccroche.


Moi

Mercredi. Cette fois, je sais que je ne le recontacterai pas, parce qu’il m’a dit toute la peine que lui avait fait ce comportement incohérent.

Pendant tous mes jours de délires vaudevillesques, je ne m’étais pas mise à sa place. J’aurais aimé lui dire que si j’ai fait le yoyo comme ça, c’est aussi parce qu’une part de moi n’a pas du tout envie de le quitter, parce qu’elle l’aime fort…

Mais on ne peut pas rompre avec quelqu’un et lui dire qu’on ne veut pas le quitter en même temps. Apparemment.

Le lendemain, je traîne ma carcasse pour boire des verres et rire un peu avec mes fabuleuses collègues. Je regardais la rue par la porte ouverte de ce bar, non loin du boulot…

Et je l’ai vu passer.

Mon cerveau s’est éteint, je me suis mise à courir derrière lui.

Qu’est-ce qu’il fait ici ? C’est un hasard ? Non, bien sûr. Il me cherche. Il veut que je lui répète en face ce que j’ai dit la veille au téléphone. C’est plus difficile quand ses yeux me regardent mais j’essaie de me dépatouiller, non sans mal. Il dit « OK ».

On se serre dans les bras sur le trottoir grouillant de monde, on se quitte sur une private joke.

Merde, il va me manquer.

À suivre…

À lire aussi : Comment bien rompre avec quelqu’un ?

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Commentaires
  • Belcandiel
    Belcandiel, Le 13 septembre 2018 à 15h53

    Wow tous ces témoignages ! Franchement je me sens ridicule avec mes rechutes et mes incohérences à gratter tout ce qu'il est possible. Une capture d'écran par-ci, la relecture d'un pamphlet par là... De vous lire c'est cool et je me sens plus "normale". Mais je ne sais toujours pas comment faire pour passer à "autre chose"; parfois on veut tellement donner du sens et de la valeur à une relation qu'on oublie qu'il s'agit de personne comme nous. "La tristesse s'envole sur les ailes du temps" ou quelque chose comme ça. En vrai ce qui m'aide c'est d'essayer de me concentrer sur le "maintenant". Ca m'allège sur le coup et je retombe dans l'attente mais c'est un progrès ! Je me dis que dans cette relation je ne le voyait pas lui mais son potentiel, son aura. Amoureuse d'un ange en somme... Du coup je me FORCE à prendre soin moi et à demander de l'aide. Beaucoup de chose se sont améliorer comme le fait de comprendre qu'il s'agit de projection, de peur. Que je ne peux pas dire que j'aime quelqu'un quand je me dégrade ou m'abandonne. Pas de solution concrète mais une furieuse envie d'apprendre à vivre poseYment.

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