La Belle au Bois Dormant
Là encore, Disney avait su donner une dimension inquiétante à ce dessin animé qui m’avait laissée perplexe étant petite. La scène où Aurore est sous l’influence de la méchante reine qui l’attire vers le fameux fuseau sur lequel elle se piquera le doigt par exemple, m’avait méchamment marquée. Mais malgré tout, l’histoire finit bien, puisque le prince vient la réveiller d’un doux baiser, et que tout le monde fait la teuf au château. On imagine bien sûr que le mariage et les nombreux enfants font partie du futur proche du jeune couple.
MAIS, c’est pas vrai en fait. Contrairement aux croyances populaires, le conte (raconté chez nous par Perrault) ne s’arrête pas au réveil d’Aurore. D’ailleurs, comme souvent, la princesse n’a pas de nom dans la version originale. Accrochez-vous, y a du lourd.
Une première version raconte que le prince épouse la princesse en secret et lui fait deux beaux enfants (la petite Aurore et le petit Jour) dont le prince cache l’existence parce que sa mère en plus d’être une reine, est une Ogresse qui a un goût développé pour la chair humaine. Une fois sur le trône, le prince confie la princesse et ses enfants à sa cannibale de mère (un petit malin ce prince hein) et s’en va faire la guerre. A la surprise générale, l’Ogresse décide de faire cuisiner le petit Jour par un cuistot dans une cabane au fond des bois. Mais le cuistot n’est pas de cet avis, il décide donc de faire cuire un agneau à la place du garçon, avec une petite sauce spéciale pour tromper la reine. Suite à ça, elle demande à ce qu’il s’occupe de la fille, que le cuisinier remplace par une chèvre, cuite dans la même sauce. La princesse n’étant pas dans la confidence, elle demande au chef de lui trancher la gorge pour qu’elle puisse rejoindre ses enfants dans la mort, mais lorsqu’il lui montre que ses enfants sont toujours en vie, ils se font griller par la reine, pas contente du tout.
Elle ordonne alors qu’ils soient tous jetés dans un fossé rempli de créatures mortelles, mais le roi revient à temps de guerre pour sauver sa petite famille, et la reine décide qu’il vaut mieux pour elle qu’elle se jette dans le fossé.
Une autre version change complètement la donne puisqu’elle nous apprend que ce n’est pas un baiser qui a réveillé la princesse. En réalité, le prince l’a trouvée endormie et décide donc de la violer dans son sommeil (ce que tout prince charmant digne de ce nom ferait, bien entendu). Elle se retrouve enceinte de deux enfants et c’est l’un d’entre eux qui la réveille en suçant le doigt qu’elle s’était piqué sur le fuseau, aspirant le poison. Entre temps, le prince s’est marié avec une autre et lorsqu’il apprend que sa victime s’est réveillée, décide de garder le secret. Mais sa femme le surprend en train de crier les noms de la princesse et de ses deux enfants dans son sommeil, et décide que ses enfants doivent être cuisinés et servis à leur père.
Le cannibalisme était donc chose courante dans le temps.
Cendrillon
Ah, Cendrillon. Pauvre petite fille maltraitée par une vilaine marâtre et ses pestes de filles. Pas de grand changement côté Disney, si ce n’est la scène du soulier de vair. Alors que dans la version de Perrault, Cendrillon décide de pardonner le comportement de ses soeurs, chez les frères Grimm ça rigole nettement moins.
Alors que toutes les filles du royaume s’acharnent à faire rentrer leurs vilains pieds banals dans le fin soulier, les soeurs de Cendrillon décident d’y aller à la sauvage. La première se coupe le gros orteil, mais un petit oiseau fait remarquer au prince que la chaussure dégouline de sang, et elle est disqualifiée. La deuxième se scie le talon, mais se fait également griller, ce qui permet à Cendrillon de prouver qu’elle est bien l’inconnue du bal.
Mais ça ne s’arrête pas là. Comme punition, les deux soeurs sont condamnées à se faire picorer les yeux par des oiseaux puis à mendier aveuglement pour le reste de leur vie. Parce que marcher sur des pieds mutilés à vie, c’était pas suffisant.
Pinocchio
Pour finir, on sort un peu des histoires de princesse pour se pencher sur le cas de la petite marionnette qui voulait devenir un vrai petit garçon. Là encore, violent traumatisme vers l’âge de onze ans, lorsque j’ai découvert l’œuvre originale de Carlo Collodi.
A l’origine, c’est loin d’être une histoire pour enfants. La vie de Pinocchio était cent fois moins marrante que dans nos souvenirs fabriqués par Disney. Gepetto a la réputation de haïr les enfants, alors il est envoyé en prison, tout le monde étant persuadé qu’il maltraite Pinocchio. Ce dernier est bien content parce qu’il voit là l’occasion de vivre sa vie comme bon lui semble, sans avoir à obéir à un père qui ne peut même pas subvenir à ses besoins. Point de Jiminy Cricket ici, il s’agit d’un véritable criquet sans nom qui tente de raisonner Pinocchio en lui rappelant qu’il ferait mieux d’obéir à Gepetto, et qu’après tout il est fait de bois et que franchement, il mériterait une bonne correction. Après ça, Pinocchio le tue accidentellement avec un marteau.
Puisque son père est en prison, Pinocchio en est réduit à mendier dans les rues pour gratter un peu de nourriture, sans succès. A vrai dire, il se fait balancer de l’eau glacée sur la tronche, et rentre chez lui tout gelé. En tentant de se réchauffer près de la cheminée, il s’endort, et ses pieds prennent feu.
Gepetto finit par être relâché et retrouve son fiston pour enfin… continuer à vivre dans une extrême pauvreté. Gepetto est même forcé de vendre son manteau pour acheter des livres d’école à Pinocchio (qui est loin d’être un élève assidu). Mais il doit bien y avoir une fin heureuse pour une histoire comme celle-ci non ? Faux. Après avoir vécu toutes les aventures qu’on lui connait, Pinocchio finira pendu pour toutes ses fautes. Zi end.
Et pour 5 autres vérités, c’est par ici !








Le 30 avril 2013 à 12:42
Pour cendrillon,D'après balzac, ce serait une chaussure de vair (fourrure d'un petit écureuil gris il me semble) et non de verre.
Fort peu probable que Perrault se soit trompé plusieurs fois quant à l'orthographe mais cette histoire a beaucoup fait parlé d'elle.
Le 30 avril 2013 à 12:42
Pour cendrillon,D'après balzac, ce serait une chaussure de vair (fourrure d'un petit écureuil gris il me semble) et non de verre.
Fort peu probable que Perrault se soit trompé plusieurs fois quant à l'orthographe mais cette histoire a beaucoup fait parlé d'elle.
Le 06 mai 2013 à 11:41
A l'origine, c'était bien une pantoufle de vair, mais la chaussure en peau de bête, ça devait pas être très vendeur pour Disney, alors ils ont changé !
Le 06 mai 2013 à 13:22
J'adore cet article ! Dans les commentaires tu parles d'une suite mais je ne la trouve pas, ça ne s'est pas fait finalement ?Le 06 mai 2013 à 14:57
Sisi, elle est bien là !
Le 06 mai 2013 à 15:02
Es tu sûr car pour une fois il me semble que ce n'est pas disney qui est en tord
Je dis ça car dans le conte original il est bel et bien écrit "verre".
De plus les versions traduites en anglais datant d'avant le dessin animé parlent de "Little Glass Slipper"
Le 06 mai 2013 à 16:18
Oh merci
Le 06 mai 2013 à 16:25
Vu toutes les versions qui existent, j'ai du en lire une qui parlait de chaussure en poil d'écureuil, quand j'étais petite ! C'est vrai que la version avec la pantoufle en verre semble être la plus ancienne, mais comme on se racontait les histoires oralement, elles ont évolué, c'est pareil pour celle là ! Honnêtement, on trouve tellement de versions différentes, avec des chaussures en verre/vair/fer… Dans tous les cas, ça doit pas être hyper confortable !
Et puis imaginer la Cendrillon de Disney avec ces godasses… comment dire…
Le 06 mai 2013 à 16:55
Et voilà, maintenant j'imagine le Prince Charmant qui chante "Je suis fou de toi Cendri-Cendrillon".
Le 06 mai 2013 à 16:57
Arggg! Beaucoup moins glamour.
Je vais essayer de garder en tête la jolie pantoufle de verre de disney mais ce n'est pas gagné ^^