Comment des citrons ont sauvé la vie d’une femme touchée par le cancer du sein

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Le cancer du sein est celui qui touche le plus grand nombre de femmes en France. Et pour le dépister, des citrons peuvent être d'une grande utilité.

Comment des citrons ont sauvé la vie d’une femme touchée par le cancer du sein
C’est la Journée mondiale contre le cancer : l’occasion de (re)découvrir cet article.

– Article initialement publié le 13 janvier 2017.

Se palper les seins pour détecter une éventuelle bosse qui serait le signe d’un cancer en guise de dépistage, on nous l’a répété, on l’a intégré. Pourtant on ne sait pas toujours exactement ce que ça signifie.

Et le dépistage organisé en France, avec un professionnel de santé, ce n’est qu’à partir de 50 ans, tous les deux ans. Ça fait un paquet de femmes qui peuvent passer au travers des radars si elles ne sont pas suivies. 

Toute seule, on a beau toucher, serrer, les seins sont naturellement plein de petites grosseurs, qui sont très souvent anodines. Alors comment sait-on que celle-ci ne l’est pas ?

Et quid de tous les autres signes avant-coureurs dont on entend très peu parler ?

« Know your lemons » : connais tes citrons !

L’auto-dépistage, c’est bien, mais encore faut-il savoir quoi dépister. Et c’est là qu’interviennent les citrons.

Une photo, postée récemment par Erin Smith Chieze sur Facebook, même si elle date d’il y a quelques mois comme le précise Bustle, répertorie les signes dont il faut s’inquiéter pour dépister un cancer du sein.

Le post est émouvant et puissant, car Erin Smith Chieze explique que c’est grâce à une photo comme celle-ci qu’elle a détecté son cancer de phase 4, et qu’elle a pu suivre un traitement.

« Un jour, quelqu’un a posté une photo comme celle-ci, montrant ce à quoi peut ressembler un cancer du sein. Pas ce qu’on ressent lorsqu’on en a un, mais bien ce à quoi ça ressemble.

En décembre 2015, lorsque j’ai vu un renfoncement dans mon sein qui ressemblait à ce qu’on peut voir sur cette image, j’ai immédiatement su que j’avais un cancer.

J’avais essayé l’auto-dépistage par palpation, mais ma tumeur était non-palpable. J’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein cinq jours plus tard, et le mois suivant ils l’ont identifié comme un cancer de stade 4. »

Cette photo est issue de la campagne Know your lemons (Connaissez vos citrons), lancée par World Wide Breast Cancer, qui sensibilise au cancer du sein. Erin tenait à rendre hommage spécifiquement aux personnes derrière cette initiative :

« Il faut absolument donner du crédit aux personnes merveilleuses qui travaillent si dur pour rendre cette information accessible au public.

Je suis tombée dessus et je l’ai utilisé pour expliquer mon opinion, mais je suis SI reconnaissante que d’autres femmes et hommes puissent la voir à leur tour et sachent ce qu’ils doivent surveiller, pour éventuellement chercher un soutien médical immédiat. »

Le cancer ne doit pas être invisible

Car ce post, c’est aussi une mise en garde contre les discours que l’on entend habituellement sur le cancer du sein.

Ce qui a poussé Erin à poster cette photo, c’est d’avoir reçu dans les jours qui précédaient des messages issus d’une chaîne de soutien comme il en existe depuis la naissance d’Internet : un cœur accompagné d’un petit mot pour la sensibilisation au cancer du sein.

« Ce cœur n’a pas éveillé ma conscience au sujet du cancer du sein. Je savais ce qu’était l’auto-palpation, mais c’est une photo de ce que je devais rechercher qui m’a indiqué que j’avais un cancer de stade terminal.

Nous devons donner de la VRAIE information, pas envoyer de mignons petits cœurs. Sans avoir vu une photo qui donnait une information réelle, je n’aurais pas su quel signe rechercher.

Faites nous une faveur : arrêtez de jouer avec ma vie et commencez à aider vraiment les gens. »

Et pour atteindre cet objectif, l’autre avantage de cette photo c’est qu’elle peut être diffusée largement sur les réseaux sociauxsans la censure que rencontreraient de vrais seins. Même si certaines passent au travers en cachant le téton, comme celle-ci :

C’est aussi un autre problème que cela pointe : censurer les photos de seins parce qu’ils sont sexualisés dans beaucoup de contextes, c’est aussi nuire à la prévention du cancer et par ricochet à la santé de ceux qui ne sont donc pas sensibilisés.

À lire aussi : Facebook va-t-il enfin autoriser les photos seins nus ?

Comment reconnaître un cancer du sein ?

Sur la photo, on peut lire pour se rassurer la chose suivante :

« Ce à quoi peut ressembler un cancer du sein. Tu identifies quelque chose ? Ne paniques pas, certains changements sont normaux, mais si ça perdure, consulte un médecin. »

Mais quoi qu’il en soit, voici ce qu’il faut rechercher, et les symptômes sont illustrés par les citrons de gauche à droite et du haut vers le bas :

  • Sentir une grosseur dense, dure
  • Un renfoncement
  • De petites plaies
  • Des rougeurs, de la température localisée
  • Des liquides inhabituels ou nouveaux qui s’écoulent du sein
  • De légers enfoncements, comme de petites fossettes
  • Une bosse
  • Des veines plus grosses que d’habitude
  • Le téton qui s’enfonce
  • Un changement dans la forme ou la taille du sein
  • Une texture de « peau d’orange »
  • Une bosse cachée à l’intérieur

Concernant les petites bosses à rechercher par palpation, le poster précise également comment ne pas les confondre avec les grosseurs normales qui peuvent se trouver dans les seins :

« Une tumeur cancéreuse est souvent « dure et impossible à déplacer » (comme un pépin de citron). Alors que les grosseurs banales ressemblent plus à des pois, mous. »

Quant au meilleur moment pour faire son auto-examen, c’est quelques jours après les règles, « lorsque les choses sont le plus normales ». Et maintenant, place à la prévention et au partage !

À lire aussi : Ma mère a un cancer du sein, et on traverse cette épreuve ensemble


Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Voici le dernier commentaire
  • Naurore
    Naurore, Le 4 février 2017 à 16h14

    @Sassegra

    Les métastases, tout comme la tumeur primitive, vont se développer et empêcher le fonctionnement normal des organes où elles se trouvent. Donc avec les métastases, tu n'as pas seulement un seul organe qui va en pâtir mais plusieurs. Bon, après, comme le dit Aconiti, si ce sont deux ganglions, à côté, ça va. Mais si ça a métastasé au niveau du cerveau ou du foie par exemple, c'est carrément plus chiant. En plus, dans certains cas, ça rend la chirurgie + compliquée, ce qui alourdit les séances de chimiothérapie pré et/ou post chirurgie. Si la personne était déjà sous chimio mais que ça a quand même métastasé, ça veut dire que la personne répond mal au protocole donc qu'il faut en trouver un autre et donc que c'est encore + la m*rde.

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