Borley Rectory – Tour du monde des maisons hantées

Borley Rectory, le manoir le plus hanté d'Angleterre, c'est le premier volet du "Tour du monde des maisons hantées" de Jack Parker !

Borley Rectory – Tour du monde des maisons hantées

J’sais pas vous, mais l’arrivée très prochaine de l’automne, ça me donne envie de raconter des légendes urbaines et des histoires de maisons hantées sous la couette à la lueur d’une lampe-torche. Après les cinq endroits glauques à visiter pour Halloween, faisons le tour de quelques-unes des destinations les plus hantées du monde. Enfin, il paraît. Enfin, si on y croit quoi. Enfin bref, hein, je vous laisse juger (appelez-moi Jack Bellemare).

Premier arrêt, l’Angleterre o/

Borley Rectory – Angleterre

Il existe un manoir victorien à Borley, dans l’Essex en Angleterre, qui est considéré comme la maison la plus hantée de tout le pays. Construite en 1862 par le Révérend Henry Dawson Ellis Bull (HDEB pour les intimes) à côté de l’église de Borley, il ne lui a pas fallu plus d’un an pour gagner la réputation de grosse baraque hantée qui fait peur. En effet, dès 1863 des gens se plaignirent d’entendre des bruits de pas dans la maison, sans jamais en trouver la source. Bon, jusque là, on peut vaguement l’expliquer – une maison, ça craque, ça vit, ça bouge, enfin en tout cas c’est ce que nous disent nos parents quand on se pisse dessus de trouille quand on est gamins.

Mais en 1900, les quatre filles du recteur déclarèrent avoir rencontré le fantôme d’une nonne près de la maison, au coucher du soleil. Elles essayèrent de lui parler, mais comme ça arrive bien souvent avec les spectres, la nonne ne daigna pas répondre. À croire que les bonnes manières se perdent dans l’au-delà, j’veux dire ça y est, t’as touché à la lumière et tu te sens plus pisser. Bien sûr, la religieuse se fit la malle dès que les filles tentèrent de l’approcher. Ça vient foutre les jetons aux glandus du coin et c’est pas foutu d’assumer, conneries d’apparitions.

Forcément, l’anecdote a tourné dans le bled et tout le monde y est allé de sa petite histoire. Par exemple, certaines personnes ont assuré avoir croisé un carosse fantôme tiré par deux cavaliers sans tête. Pourquoi faire simple quand on peut faire du gros n’importe quoi, en somme. L’histoire a traîné pendant quatre belles décennies pendant lesquelles l’ambiance a dû être à son comble.

Le crâne dans le placard et les cloches fantômes

En 1928, alors que le Révérend Guy Eric Smith et sa femme venaient d’emménager dans le manoir, ils eurent l’immense joie de tomber sur un crâne humain dans un placard – crâne qui appartenait vraisemblablement à une jeune femme. Comme toute personne sensée l’aurait fait dans ce cas de figure, ils se sont quand même installés confortablement dans leur nouvelle demeure sans trop s’inquiéter. Mais peu de temps après, ils se mirent à entendre les cloches des servants sonner – bien que leurs cordes aient été coupées et que donc techniquement, à moins de mettre un coup de tête dedans, elles avaient peu de chance d’émettre un son. Des lumières apparaissaient aux fenêtres, et des bruits de pas retentissaient à nouveau dans le manoir – et comme si ça ne suffisait pas, Mrs. Smith vit elle aussi un carosse faire le malin dehors au milieu de la nuit.

Comme déménager était toujours hors de question, les Smith contactèrent donc le Daily Mirror en leur demandant de les mettre en contact avec un groupe de recherches psychiques. Le 10 juin 1929, un reporter fut envoyé chez eux pour pondre une petite séries d’articles sur les mystères du manoir de Borley et un chercheur en paranormalitudes (ça s’dit laissez-moi tranquille), Harry Price, décida de se joindre à la petite fête pour y apporter son grain de sel. Une nouvelle qui a visiblement bien saoulé les fantômes du coin puisqu’ils se mirent à balancer des cailloux, des vases et d’autres objets (des poêles sûrement, ça fait un bruit rigolo les poêles) un peu partout dans la baraque. Cependant, ces manifestations cessèrent dès qu’Harry Price décida de foutre le camp de cet endroit maudit.

Le 14 juillet 1929, les Smith décidèrent enfin d’en faire de même en se cassant rapidos vers d’autres horizons moins glauques. Étrangement, les remplaçants ne se bousculèrent pas au portillon – il a donc fallu attendre octobre 1930 pour que le Réverend Lionel Foyster s’installe à son tour dans le manoir avec sa femme et sa fille adoptive. À son tour, Lionel fut forcé de faire son petit rapport à Harry Price concernant les phénomènes paranormaux qu’il rencontrait au quotidien. Cloches qui sonnent, carreaux de fenêtres qui pètent, cailloux qui volent, jets de bouteilles, et écritures étranges sur les murs, les Foyster eurent de quoi s’occuper pendant cinq ans (non mais cinq piges quoi, y a un moment où faut admettre sa défaite et se barrer de là, condamner la baraque et tout faire péter).

Lapidation ectoplasmique et gros mythos

Mais non, même quand leur fille Adélaïde se retrouva enfermée dans une chambre SANS CLÉ, et raconta qu’elle s’était faite attaquer par « une chose horrible », ils ne bougèrent pas. Marianne, la mère, affirma même s’être faite tej de son lit comme une malpropre par un poltergeist. Le Révérend tenta la technique pourtant imparable de l’exorcisme (à deux reprises) mais ne reçut en échange qu’une grosse pierre de la taille d’un poing en plein dans l’épaule. Y en a qui savent défendre leur territoire, y a pas à dire.

L’affaire faisant de plus en plus de bruit, plusieurs chercheurs du paranormal (avec des grosses moustaches et des étoiles dans les yeux, probablement) ont décidé d’aller foutre le nez dans tout ce bordel, histoire d’en démêler le vrai du faux. Et surprise, surprise ! Ils en arrivèrent tous à la même conclusion : ces évènements étaient causés – consciemment ou non – par Marianne Foyster. Qui s’amusait donc à jeter des cailloux sur les gens, se jeter hors du lit en criant « CIEL ! QUE M’ARRIVE-T-IL ?! ÇA ALORS, PAR TOUTATIS ! » et à attaquer sa fille en scrèd en courant très vite se cacher après pour avoir l’air super étonné.

Pas super ravie à l’idée de passer pour une tarée, Marianne déclara donc qu’en réalité, c’était son mari qui foutait sa merde, à l’aide d’un des chercheurs – mais que quand même, certains évènements lui paraissaient bien authentiques. Mais elle admit finalement que c’était que des mensonges, et qu’elle avait inventé tout ça pour cacher sa liaison avec un locataire, Frank Peerless. La famille quitta la maison en octobre 1935. Après avoir bien fait flipper tout le monde, c’est cool, merci à eux.

Photo d’une prétendue apparition

Quand les morts se mettent (enfin) à parler

Mais notre chercheur en paranormalitudes, Harry Price, n’avait pas dit son dernier mot. Après le départ des Foyster, il décida de s’installer dans la baraque pour continuer son enquête et embaucha 48 « observateurs officiels » pour l’aider dans sa tâche. Tout au long de l’année, certains de ses assistants venaient faire un petit séjour dans la demeure pour l’aider à prouver si oui ou merde c’était bien un squat de fantômes ou si c’était que des conneries. Et en mars 1938, Helen Glanville (hahahahahaha) (pardon) sortit sa petite planchette de ouija pour entrer en contact avec les zesprits. Et selon Price, deux d’entre eux mordirent à l’hameçon.

Le premier était une nonne (celle qui jouait à cache-cache avec les filles du recteur, peut-être ?) répondant au doux nom de Marie Lairre. Elle raconta qu’elle avait été assassinée sur le terrain de la maison. Selon sa petite histoire (racontée, je le rappelle, sur une planche de ouija hein), c’était une jeune nonne française qui avait quitté les ordres pour se marier et s’installer en Angleterre. Son mari n’était autre qu’Henry Waldegrave, le propriétaire du manoir. Elle raconta avoir été tuée en 1667. Price décida donc qu’il s’agissait de la nonne que tous les péquenots du coin avaient soi-disant vue dans le coin et qu’elle se promenait là depuis le 17ème siècle (trop supaire la vie de fantôme). Malgré une bonne grosse dose de recherches, aucune preuve historique appuyant cette théorie n’a jamais été trouvée.

Le second esprit contacté déclara s’appeler Sumex Amures (mais p’tet aussi qu’Helen Glanville avait fumé les orties et s’était trompée en lisant les lettres sur sa planchette, parce que faut pas trop nous prendre pour des cons avec des noms inventés par des enfants de 7 ans qui trichent au Scrabble hein). Il affirma d’ailleurs qu’il avait bien l’intention de foutre le feu à la baraque à 9 heures ce soir là, et qu’il en profiterait pour révéler aux mortels présents sur les lieux l’emplacement d’ossements ayant appartenus à une personne assassinée. C’est ce qu’on appelle un gros troll de l’au-delà.

Alors, fantômes ou pas fantômes ?

En réalité, il avait raison. Il était juste un peu en retard. Ces révélations ont été faites la nuit du 27 mars 1938, mais il fallu attendre le 27 février 1939 pour que la maison prenne effectivement feu. Le nouveau proprio du domaine était en train de défaire ses cartons lorsqu’une lampe à huile se renversa – ce qui est quand même vachement moins impressionnant qu’un fantôme qui court partout avec une allumette en riant grassement, vous l’admettrez. Une enquête révéla finalement qu’il s’agissait d’un acte frauduleux, et en août 1943, Harry Price (qui ne sait décidément pas lâcher l’affaire) découvrit deux os, vraisemblablement ceux d’une jeune femme. Gros gros sens du timing pour Sumex Amures. Les os furent alors enterrés proprement, pour apaiser l’esprit de la nonne qui devait être VACHEMENT soulagée de voir son fémur et son cubitus reposer en paix.

Après la mort d’Harry Price, d’autres enquêtes furent menées et tout le monde en arriva à la même conclusion : le chercheur avait fumé la moquette et rien de paranormal ne s’était jamais produit, tout avait été manigancé ou imaginé, fin de l’histoire, allez hop, tout le monde au lit, allez lire un Sciences et Vie ça va vous calmer un peu.

C’était l’histoire de Borley Rectory, un bon gros coup de « beaucoup de bruit pour rien », merci, ce sera tout pour moi, rendez-vous au prochain épisode !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • October Rain
    October Rain, Le 16 septembre 2012 à 15h55

    ils eurent l’immense joie de tomber sur un crâne humain dans un placard – crâne qui appartenait vraisemblablement à une jeune femme.
    Petite précision, seul le bassin permet de donner une indication sur le sexe d'un individu. Un crâne permet de savoir le stade de développement (et donc nous donner une indication sur l'âge de l'individu) mais c'est tout. Pareil pour les deux autres nonos. Donc à moins que les découvreurs n'aient eux-mêmes dessoudé la nonnette en question (ce qui expliquerait qu'ils fussent aussi bien renseignés), on ne peut pas savoir si il s'agit d'une femme ou d'un homme.

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