Petites astuces pour faire croire que tu écoutes quand on te parle

Comment faire croire qu'on écoute quelqu'un nous parler d'un sujet dont on a rien à carrer ? SPP te donne la réponse à cette question essentielle.

Petites astuces pour faire croire que tu écoutes quand on te parle

Publié initialement le 30 mai 2012

Quand un proche se met à te parler de Diablo III (« Et tu vois, Nouvelle-Tristram est en déclin depuis que la Cathédrale a été pillée. Mais le plus fort c’est que le gameplay est très fluide*« ), de la théorie de la prononciation du « s » dans les noms propres (« Non mais les gens qui s’évertuent à dire « Mérine », j’aimerais bien savoir comment ils appellent Proust« ) ou des limites de la théorie électromagnétique lambda en physique quantique (« Tu vois, moi, je suis plus Einsteinien que Maxwellien. La théorie de ce dernier est bien trop péremptoire*« ), il peut arriver que notre attention s’aventure dans des contrées bien éloignées de la conversation.

Car avant d’être des madmoiZelles, nous sommes des êtres humains et ne pouvons nous intéresser à tout, si bien qu’il arrive parfois que nous n’ayons – passez-moi l’expression – absolument rien à foutre de ce que peut bien nous dire notre interlocuteur. Par politesse et par anticipation de la protestation (« MAIS JE RÊVE, TU M’ÉCOUTES PAS« ), nous ne voulons généralement pas que l’autre comprenne que nous ne sommes pas en train de l’écouter. Pour t’aider à donner l’illusion à ton interlocuteur aussi passionné par son sujet que Michou l’est par la couleur bleue, je te propose de partager avec toi mes astuces pour faire croire que tu écoutes quand on te parle.

La technique adverbiale

Les adverbes sont les instruments phares de la méthode de repli la plus prisée par les débutantes qui ont l’esprit vagabond quand on leur parle. Tout ce que tu as à faire, c’est de guetter les fins de phrase et de profiter du silence pour répondre « Évidemment« , « Effectivement« , « Absolument« , « Certainement » ou que sais-je encore.

La technique de l’onomatopée

C’est le grand classique de la conversation à sens unique : la technique de l’onomatopée est à la conversation qui nous ennuie ce que la Tropézienne est à la chaussure quand la température avoisine les trente degrés.

L’onomatopée, c’est ce petit son qui sort de notre gorge quand on a rien de vraiment intéressant à dire. Ainsi, en ponctuant chaque fin de phrase de ton interlocuteur de l’interjection « Hum hum« , ou « Hin hin« , tu lui envoies un message clair : tu comprends ses doutes, tu entends ce qu’il te dit, tu partages son scepticisme. L’effet est doublé si tu accompagnes ton onomatopée d’un doigt sur le menton, d’un froncement de sourcil et d’un hochement de tête. Exemple : un(e) ex a décidé de te parler de sa relation avec sa nouvelle copine alors que tu as décidé d’aller faire tes courses mais que tu as oublié ta liste et que tu ne voudrais pas omettre un seul ingrédient de la recette des pâtes au gruyère :

« -Et alors tu vois, je sais pas, j’ai vraiment l’impression qu’elle simule quand je lui fais ça.
– Hum hum… (froncement de sourcils et hochement de tête)
– Elle me dit qu’elle aime bien, mais je sais pas, j’ai peur de mal m’y prendre.
– Hin hiiiin… (pression du doigt sous le menton). »

« – Et alors en fait, j’ai calculé le ratio au pro rata Deuméfez du nombre d’employés et je me suis rendu compte que toute la comptabilité était à refaire. – Haaaaa »

La technique « Christophe Barbier » améliorée

Christophe Barbier est directeur de la rédaction de l’hebdomadaire L’Express. Lorsqu’on lui pose une question, il a pris l’habitude de répéter la fin de l’interrogation pour se donner le temps de réfléchir à sa réponse.

Appliquée aux conversations dont tu n’as cure, la technique du « Je répète la fin de ta phrase », assortie d’un « D’accord » ou d’un « Ok » des plus convaincus donnera l’illusion que tu suis avec intérêt le cheminement d’idées de l’autre.

Attention, warning, peligro, tout ça tout ça : cette technique ne fonctionne que si tu as la faculté de pouvoir entendre ce qu’on te dit sans écouter. Si ce n’est pas le cas, abstiens-toi, auquel cas tu te feras griller en tronquant la phrase de l’autre. Exemple :

« -Mais le problème avec la quatrième République, c’est l’instabilité gouvernementale…
– La cavité gutturale, d’accoooord… »

La technique « Toddlers & Tiaras« 

Toddlers & Tiaras est une émission de télé-réalité qui suit les concours de beauté pour mini-miss qui font fureur aux États-Unis. Un show télé dans lequel des petites filles hautes comme trois pommes de terre ratte ont des choucroutes pailletées en guise de coiffe, des robes meringuées pour cacher leur peau et arborent sur leurs lèvres un sourire forcé et peu convaincu.

Je ne te propose pas ici d’aller enfiler la robe de princesse qui t’a fait gagner le concours de déguisement du Mammouth de Gif-sur-Yvette en 1995 ou de te faire un effrayant chignon si tu commences à sortir que la conversation tourne à la vinaigrette allégée, mais bel et bien de te forcer à sourire si la conversation s’y prête : si ton ami te raconte que son chien est mort, par exemple, c’est moyennement le moment. En revanche, s’il t’explique qu’il s’est trouvée une nouvelle copine alors que tu es célibataire depuis la veille et que tu n’as pas envie de l’écouter raconter combien il est heureux et épanoui alors que tu pleures intérieurement, le sourire façon Toddlers & Tiaras est tout à fait adapté à la situation.

La technique « Perceval »

Dans Kaamelott, Karadoc apprend un jour à Perceval qu’il a l’habitude de répondre « C’est pas faux » quand il ne comprend pas ce qu’on lui dit.

En adaptant cette réplique à la vie quotidienne, on se rend bien compte que « C’est pas faux » est le Graal de la phrase à double sens qui signifie à la fois « J’en ai rien à carrer » pour celui qui la prononce et « Elle cautionne ma théorie et s’intéresse à mes propos » pour celui qui l’entend. Une bien bonne alternative au « Ah ouais d’accord ok« .

*Comme tu peux le constater dans ces deux fausses citations, je ne sais absolument pas de quoi je parle.

Il va de soi que plus tu mettras en pratique ces cinq méthodes, plus tu les maîtriseras, plus tu pourras les alterner dans une même conversation et plus tu seras convaincante.

Et toi, quelles sont tes astuces personnelles pour faire croire que tu écoutes quand on te parle ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Yamaata
    Yamaata, Le 8 mai 2014 à 13h25

    Je travaille en pharmacie, donc je peux vous dire, que j'en vois passer des mamies qui s'ennuient, aux mecs bourrés qui disent 3 mots qui n'ont rien à voir ensemble, des femmes qui se plaignent de leur vie amoureuse et des mecs qui se vantent de leurs conquêtes, jai mes petits secrets :
    - pour les mamies, adopter un air sérieux et pleine de compassion et répondre : oh nooon c'est pas vrai ? , mmmh vraiment ? , je comprends oui ... blablabla  et surtout SOURIRE ++++++
    - pour les autres , les "bien sur " , "mmmhh oui oui ", et entre deux un rire ou une main sur la joue désignant le fait que j'écoute, ça marche à tous les coups !
    - pour les mecs bourrés ? --> " excusez moi j'ai du travail" ... je prends meme plus la peine =D

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