The Vivi, le rappeur aux propos sexistes, racistes et homophobes, viré de « The Voice »


Ce week-end dans The Voice, le candidat The Vivi a fait parler de lui non seulement pour sa performance mais aussi pour des propos racistes et homophobes exhumés sur Twitter.

The Vivi, le rappeur aux propos sexistes, racistes et homophobes, viré de « The Voice »

La présence de The Vivi, rappeur aux propos racistes, sexistes et homophobes dans le programme The Voice aura fait long feu.

ITV Studios France, l’agence productrice de l’émission, a réagi aux tweets polémiques du jeune homme plus rapidement que ce à quoi on pouvait s’attendre puisque l’entité s’est fendue d’un communiqué annonçant l’arrêt de la participation du rappeur à l’émission de TF1.

Article publié le 22 février 2021

C’est le candidat de The Voice qui a fait se retourner quatre coachs… et aussi nos estomacs.

La semaine dernière, on s’était frotté déjà les yeux en voyant le petit Vianney verser ses larmichettes devant un slam aux relents réac, tout dégoulinant de culpabilisation sur l’avortement.

On a donc été moins étonnée de voir ce week-end le gendre idéal de la chanson française exulter et bondir de son siège pour clamer les quelques versets bien homophobes du morceau d’Orelsan Suicide social, tout content qu’il était de connaître les paroles, face à la performance d’un candidat, The Vivi.

Si la séquence a provoqué plusieurs réactions sur Twitter, certains ont aussi rapidement diffusé des captures d’un compte twitter qui semble être celui du jeune rappeur (le compte semble avoir été supprimé depuis) : on y découvre des tweets d’une homophobie et d’un racisme sans équivoque, sans compter des allusions sexuelles à l’encontre d’une mineure.

Un air de dejà-vu ?

Ce n’est pas la première fois que des candidats de The Voice sont au centre de l’attention pour autre chose que leurs performances scéniques. Il y a trois ans, on se souvient très bien que c’était Mennel Ibtissem, une autre candidate de The Voice, qui avait été au cœur d’une polémique pour des messages issus de son compte Facebook en réaction aux attentats de Nice, puis de Saint-Etienne du Rouvray.

Elle avait finalement renoncé à poursuivre sa participation dans l’émission.

Les messages de Mennel auraient-ils été déterrés si elle n’avait pas été une femme musulmane et voilée ? La polémique aurait-elle été aussi importante si elle n’avait pas été alimentée par la fachosphère à grands renforts de sous-entendus islamophobes prêtant à la jeune femme des acointances avec les milieux islamistes ?

Sa présence en tant que jeune femme, chanteuse, musulmane et voilée sur la scène de The Voice était en soi tout un symbole, tant la télévision reste un espace où les minorités sont tenues de se faire toutes petites. Souvenons-nous des réactions provoquées par la présence sur Instagram d’Imane, étudiante en communication et créatrice du compte Recettes.échelon7 qui avait été trainée dans la boue.

Quelles conséquences pour The Vivi ?

Va-t-on voir s’exercer un deux-poids-deux mesures ? Là où Mennel Ibtissem a été harcelée, menacée et a dû quitter l’émission, qu’en sera-t-il de The Vivi ? Ses propos seront-ils excusés par sa jeunesse, puisque c’est là sa ligne de défense dans le communiqué publié sur son compte Instagram ?

 

De façon plus générale, ces situations posent question : Nul doute que The Vivi n’imaginait pas en 2017 devoir répondre de ses “blagues” d’adolescents quelques années plus tard, après être passé devant quelques millions de téléspectateurs. Les aurait-il supprimées de son compte s’il avait anticipé les conséquences de les voir être exposées sur la place publique ? Se retrouver sous le feux des projecteurs du jour au lendemain a des conséquences qui ne sont pas toujours anticipées.

Mennel Ibtissem, elle, a du faire face à ce déferlement et analyse aujourd’hui cet événement de sa vie :

« Ce que j’ai écrit il y a deux ans ne concernait que moi, je n’étais pas une personne publique. Tout a changé : avec 230 000 followers, je fais beaucoup plus attention. »

Interviewée dans 7 à 8 en décembre 2020, elle avait par ailleurs regretté de n’avoir jamais eu la possibilité de s’expliquer :

« Je regrette juste d’avoir été jugée aussi rapidement. Je n’ai même pas eu mon mot à dire en fait. Et quand bien même je m’exprimais pour dire qu’à aucun moment je ne cautionnais quoi que ce soit, je n’ai jamais eu ma chance. C’était déjà trop tard. »

Reste qu’une femme musulmane qui porte un voile à la télévision n’a probablement pas le même droit à l’erreur que n’importe qui. Tout le monde n’est pas à égalité quand il s’agit de faire face à ce type de révélations. Il s’agira de voir à qui le public va pardonner… et à qui il ne va rien laisser passer. Qui aura l’excuse de la jeunesse, et qui sera banni à tout jamais.

À lire aussi : Le cas d’Imane est symptomatique de l’islamophobie institutionnelle

Maëlle Le Corre

Maëlle Le Corre


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Commentaires

EvaEva

@EvaEva Moi aimer toi ?
Refrain: "Si moi aimer toi, blesser moi " :nerd:

Oui c’est ça ! Avec le refrain en « petit nègre« (c’est comme ça qu’on appelle la façon stéréotypée des blancs d’imiter la façon dont soi-disant parleraient les Africains)... mais pitié quoi
 

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