Faut-il voir The Great, la série (presque) historique avec Elle Fanning ?

The Great, c'est la série récemment sortie dont tout le monde fait l'éloge. Mais que vaut vraiment ce programme vendu comme drôle, cynique, cruel et acidulé ?

Faut-il voir The Great, la série (presque) historique avec Elle Fanning ?

L’année 2018 a été riche en films très forts, dont l’excellent La Favorite, œuvre crue et incisive mettant en scène un trio amoureux royal entre des femmes qui ne reculent devant aucune ambition.

À l’époque, j’avais été le voir 3 ou 4 fois au cinéma, absolument charmée par l’originalité parfaite de cette création en costumes d’époque de Yórgos Lánthimos.

Un an et demi plus tard sort sur les écrans The Great, une série en 10 épisodes par laquelle j’ai été subjuguée au premier coup d’œil.

Rien d’étonnant puisque derrière cette toute nouvelle production destinée à la chaîne Starzplay (que tu peux découvrir en France sur Hulu via Amazon Prime Video) se cache Tony McNamara, le scénariste de La Favorite !

D’où le ton enlevé et la cruauté indéniable du programme…

The Great, de quoi ça parle ?

Catherine est une douce jeune femme de 16 ans avec des rêves d’amour et de littérature plein la tête.

Élevée dans les livres, passionnée par Diderot, elle a un esprit vif et éclairé, qu’elle compte bien mettre au service de la Russie, dont elle doit épouser l’Empereur.

C’est donc guidée par ses rêves de romance qu’elle débarque en Russie, prête à séduire cet homme dont la dernière lettre l’a absolument subjuguée.

Mais surprise, une fois arrivée au palais, elle fait la rencontre d’un Empereur tout sauf affable, qui dénigre ses sujets, les frappe, est totalement mégalo, et tire des coups de feu dans les jambes de ses fidèles, pendant que toute la cour se gausse.

Cette cruauté, Catherine ne s’y attendait pas le moins du monde.

Mais elle décide de s’en accommoder, persuadée qu’elle saura adoucir cette tête de con.

Aussi, elle attend sa première nuit avec Pierre III avec impatience, sa mère lui ayant promis des ébats qui résulteraient à une parfaite fusion de leurs corps.

Là encore, il n’en est rien.

Captive, prisonnière de ce bourreau et de ce château habité par les femmes et les hommes les plus abjects qu’elle ait jamais rencontrés, Catherine, après une brève phase de dépression, décide de prendre son destin en mains…

The Great, et la justesse du tragicomique

La force de The Great tient en grande partie à son esthétique poudrée et à son humour, fortement contrebalancés par la cruauté avérée de la plupart des personnages.

Ainsi on rit, on s’insurge, et on rit parfois même en s’insurgeant.

Impossible alors de ne pas reconnaitre la patte de Tony McNamara, qui avait déjà joué de son talent pour le tragicomique dans La Favorite, au point de valoir au film plusieurs nominations aux Oscars 2019, et un trophée à Olivia Colman, formidable dans le rôle de la Reine.

Ici, dans ce programme en 10 épisodes, les mêmes profils de personnages que dans La Favorite se dessinent :

  • La douce et innocente brebis
  • Les loups infâmes et violents

Sauf qu’au beau milieu d’un tel bestiaire, la brebis ne reste pas brebis bien longtemps, et mute elle aussi en créature aux vils desseins.

Desseins cependant toujours justifiés par sa volonté de rendre toute sa grandeur à l’empire de Russie.

The Great a donc des airs de La Favorite dans l’élaboration de ses personnages, mais tient visuellement plus d’un film de Sofia Coppola, avec une esthétique très acidulée, flirtant avec celle de Marie-Antoinette.

The Great, une série librement adaptée de l’Histoire de Russie

À chaque début d’épisode, lorsque le titre de la série apparaît, il est accompagné du sous-titre : « Une histoire vraie, occasionnellement ».

Quelques mots bien choisis pour justifier la grande liberté qui a ici été prise avec la vérité.

Car dans The Great, il est plus question de raconter une histoire que d’être fidèle à l’Histoire.

Ainsi, les anachronismes sont multiples, et toutes les règles de bienséance que l’on imagine propres à l’époque sont totalement mises en pièce par le comportements des gens de la cour, ce dont il n’est pas fait mention dans les manuels scolaires.

The Great a toutefois ceci de bien réel qu’il fait le récit d’un coup d’État majeur dans l’Histoire de la Russie mené par Catherine la grande, dont je ne veux pas t’en dire plus, si tu as sauté cette information en cours, car cela reviendrait à te spoiler.

The Great, un casting hollywoodien de premier choix

Pour incarner le couple de jeunes mariés que tout sépare et qui tantôt se haïssent, tantôt se laissent aller à un début de sympathie réciproque, tu noteras la présence de Elle Fanning et Nicholas Hoult.

L’actrice américaine et l’acteur britannique sont célèbres pour apparaître régulièrement dans de grosses productions comme Maléfique pour Elle et Mad Max: Fury Road pour Nicholas.

Toutefois, s’ils sont connus du grand public, les deux comédiens se produisent aussi dans des films indépendants et pointus. Surtout Elle Fanning, qui est particulièrement friande de drames indés comme The Neon Demon ou Galveston.

Ce duo porte le programme avec brio, en prenant grand soin d’apporter sa patte personnelle à l’Histoire.

Bref, The Great, c’est drôle, méchant, cynique et inventif, et c’est sans aucun doute l’une des meilleures séries que j’ai vues depuis des mois.

Je te conseille d’y céder sans plus tarder !

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