On avait bien besoin d’une dystopie cucul comme « Love and Monsters » dans cette année pourrie


Le succès de Love and Monsters est impressionnant. Le film, lui, l'est beaucoup moins. Mais pourquoi cette aventure mignonne à l'excès fait-elle craquer tout le monde ?

On avait bien besoin d’une dystopie cucul comme « Love and Monsters » dans cette année pourrie

La recette du succès ? Un héros mignon et empoté (interprété par Dylan O’Brien), des monstres, un chien (mignon lui aussi), une histoire d’amour et une bonne dose d’humour. Ah oui, un univers post-apocalyptique aussi. En tout cas, pour Love and Monsters, ça marche : ce film Netflix pour ados fait craquer tout le monde depuis sa sortie, le 16 octobre 2020 aux États-Unis et le 14 avril 2021 partout ailleurs !

Pour la petite histoire, Love and Monsters conte le périple de Joel, un jeune homme prêt à affronter des fourmis et des grenouilles géantes pour retrouver sa petite amie Aimee, qu’il a perdue de vue sept ans plus tôt — lorsque l’apocalypse a frappé.

Ce synopsis sonne mi-enfantin, mi-gnangnan, vous dites ? Ah, mais c’est parce que le film l’est ! Bon OK, on est un peu dure : ce n’est pas le film du siècle, pas même de l’année, mais on peut comprendre pourquoi il déchaîne les passions.

Le monde post-apocalyptique adorable de Love and Monsters

Au début du film, Joel nous raconte le contexte de sa vie actuelle. Au fil de ses dessins, il explique à grands renforts d’humour que sept ans plus tôt, des missiles ont fait exploser une météorite qui allait frapper la Terre.

Malheureusement, ces missiles étaient remplis de composants chimiques qui, en retombant sur la planète, ont transformé l’ADN de toutes les bestioles qu’on peut trouver. Elles sont alors passées de petits animaux inoffensifs à créatures géantes extrêmement dangereuses ! Et à cause de leur nature vorace, 95% de la population mondiale a été éradiquée.

Au moment de l’action, Joel habite une colonie (sorte de communauté souterraine pour survivants) qu’il souhaite quitter pour retrouver sa chérie Aimee, basée à 130 kilomètres de chez lui. Problème : le monde à la surface regorge de fourmis et sangsues géantes auxquelles il va devoir échapper. Or, notre héros n’a aucune notion de survie…

Comme vous vous en doutez, le film est tout doux, tout choupi, et c’est relaxant. Mais aussi étonnant.

Parce qu’on n’a clairement pas l’habitude de ce genre de monde post-apocalyptique ! Où sont les séparations déchirantes, les larmes, la dilemmes cornéliens pour survivre, les courses angoissantes ?

Nulle part : dans Love and Monsters, on est bien loin des sociétés dystopiques de Hunger Games ou Divergente.

Les monstres (des amphibiens et insectes de toute sorte) sont répugnants, certes, mais pas effrayants. Les survivants de l’apocalypse sont bienveillants et tous (ou presque) s’entraident. La survie a l’air peu agréable, mais pas insurmontable. Bref, ça va, quoi !

Et ça marche : le succès est plus qu’au rendez-vous. Le film s’est hissé dans le top France de Netflix, jusqu’au numéro 1, et les commentaires élogieux à son sujet pleuvent sur les réseaux sociaux.

L’univers plus que familier de Love and Monsters

On peut vous assurer que vous avez déjà vu Love and Monsters 1000 fois. Enfin, presque. On s’explique.

Le monde post-apocalypse vu par des ados n’a plus aucun secret pour nous : de The 100 à Divergente en passant par The Rain, c’est bon, on connaît le décor !

Le duo touchant d’un aventurier et son chien est un poncif aussi, comme en témoigne Je suis une légende.

L’histoire d’amour, bon… par où commencer ? Il y en a partout, tout le temps ! Un homme et une femme qui s’aiment mais sont séparés malgré eux, ça n’a rien de novateur.

Et Dylan O’Brien, on commence à le connaître par cœur puisqu’il enchaîne les films depuis la fin de Teen Wolf — il a notamment tourné dans, vous l’aurez deviné, une fiction post-apocalyptique pour ados, Le Labyrinthe.

Même en ce qui concerne l’aspect comique, Bienvenue à Zombieland nous avait déjà introduites à la dystopie racontée avec humour !

Vous voyez ? Regardez et vous verrez : on connaît la fin de Love and Monsters dès les cinq premières minutes du film. Clairement, ce n’est pas le genre d’œuvre qu’on regarde pour l’intrigue. Et ce n’est pas grave !

Love and Monsters, un succès bienveillant

Si on le regarde jusqu’au bout, c’est probablement pour le réconfort que Love and Monsters procure. Et on en a sacrément besoin, visiblement, puisque le film pète tous les scores ! Même les Oscars sont en admiration : le long-métrage a été nominé cette année dans la catégorie « Meilleurs effets visuels » (c’est vrai qu’ils sont pas mal).

Selon nous, ce film est autant couronné de succès justement parce qu’il est simple et optimiste, à en devenir presque ridicule. Love and Monsters c’est un film-doudou qui nous ramène en enfance non seulement par ses poncifs, mais aussi par son innocence et la joie de vivre qui s’en dégage.

Peut-être sommes-nous fatiguées des scénarios catastrophes déchirants parce qu’on est… en plein dedans. Dans la vie réelle, on veut dire. Certes, le film a été tourné en 2019, mais il se trouve qu’en 2021, on apprécie sa légèreté et on aurait peut-être réservé un autre accueil à Love and Monsters s’il avait été aussi déprimant que La Route !

Peut-être avons-nous besoin de voir que fin du monde ne rime pas forcément avec horreur et désespoir. Même si c’est dur, on sait qu’il faut qu’on apprenne à vivre et à faire avec notre apocalypse. Et Love and Monsters nous montre qu’on peut.

À lire aussi : C’est quoi La Plateforme, le film Netflix hardcore dont tout le monde parle ?

Sylsphée Bertili

Sylsphée Bertili


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Commentaires

T.K.

Mais ouiii ! Je suis tellement contente que vous parliez de ce film. C'est la bonne surprise du catalogue Netflix, c'est simple, sans prétention et tellement feel good. Tous les personnages sont adorables et je vais pas spoiler mais j'ai trouvé super mature, intéressant et actuel la façon dont la relation entre Joel et sa bien-aimée est écrite. Donc ouais foncez !
 

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