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Mort en direct de Jean Pormanove : comment parler à son ado de « Lokale » et des dérives du streaming

Le décès du streameur Jean Pormanove, survenu en plein direct devant des milliers de spectateurs, met en lumière un phénomène inquiétant : l’attrait des ados pour des contenus extrêmes comme ceux diffusés sur « Le Lokale ». Pour les parents, l’enjeu est désormais d’ouvrir le dialogue sur la mort en direct, les dérives du numérique et la manière dont leurs enfants consomment ces images choquantes.

C’est un drame qui a glacé le web. Le streameur français Jean Pormanove, figure suivie par de nombreux jeunes, est décédé en direct lors d’une diffusion sur « Le Lokale ». Des milliers de spectateurs ont assisté à sa mort brutale, transformée en spectacle numérique. Le parquet de Nice a ouvert une enquête, tandis que l’Arcom a été saisie par la ministre chargée du Numérique pour examiner les responsabilités des plateformes de diffusion.

L’émotion est immense, mais elle soulève aussi un enjeu intime et urgent pour les parents : comment aborder ce sujet avec son adolescent ?

L’univers du « Lokale », mélange de provocation et d’humiliation

Comme le rappellent plusieurs analyses, « Le Lokale » s’est imposé comme un espace de streaming où l’audience se nourrit d’humiliations publiques et de mises en danger. Une psychanalyste interrogée par Doctissimo souligne que ces contenus reposent sur une mécanique de voyeurisme : l’adrénaline et le choc attirent, même si la frontière entre divertissement et destruction est franchie. Jean Pormanove s’était lui-même construit une communauté autour de cette logique de provocation, jusqu’à ce que le pire se produise en plein direct.

Les autorités alertent sur les risques pour les mineurs

La Haute commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a réagi vivement après le drame, rappelant l’importance d’une vigilance accrue. Elle a appelé les parents à parler avec leurs enfants, à ne pas minimiser l’impact psychologique de telles images. L’Arcom, de son côté, a été saisie pour examiner la diffusion d’un contenu aussi violent, tandis que des spécialistes du numérique, cités par Europe 1, y voient un symptôme d’une société où la mort elle-même devient consommable.

Comment ouvrir le dialogue avec son ado

Si votre enfant a entendu parler de Jean Pormanove, ou s’il fréquentait déjà « Le Lokale », le silence est à éviter. Même sans avoir vu les images, il a probablement été exposé à des discussions en ligne. Les psychologues rappellent qu’il faut amorcer la discussion de façon simple, sans jugement. Une question comme : « Tu as vu ce qui est arrivé à Jean Pormanove ? » peut suffire à engager l’échange.

Écouter avant de réagir est essentiel : laisser l’ado exprimer ce qu’il en pense, ce qu’il a ressenti, et si ces images l’ont marqué. Ensuite, il est possible d’amener une réflexion critique : pourquoi tant de spectateurs sont restés connectés jusqu’au bout, depuis toutes ces années ? Qu’est-ce que cela dit de la manière dont nous consommons les images ?

Donner des repères face aux images choquantes

Le rôle des parents n’est pas d’interdire Internet, mais de redonner des repères. Même si la mort de Jean Pormanove est bien réelle, la manière dont elle a été montrée en direct ne reflète pas toute la réalité de ce qu’est un décès : derrière l’écran, il ne reste qu’une image brute, coupée de son contexte, qui transforme une tragédie humaine en spectacle. Cette distorsion est précisément ce que les adolescents doivent apprendre à identifier.

Encourager son ado à se déconnecter lorsqu’un live devient insupportable, à en parler avec des amis ou à venir vers ses parents reste crucial. Derrière chaque écran se cache une vie réelle, et c’est ce rappel fondamental que ce drame tragique impose de réaffirmer.

Boîte à outils parentale : des clés pour parler avec son ado

Face à un événement aussi choquant, les parents peuvent se sentir démunis. Une première étape consiste à poser une question simple et ouverte : « Tu as entendu parler de ce qui est arrivé à Jean Pormanove ? ». Cette entrée en matière, loin du ton accusateur, permet de sonder ce que l’adolescent sait déjà et comment il l’a vécu.

Vient ensuite l’accompagnement émotionnel. Il est important de légitimer ses réactions : être choqué, triste, curieux ou même indifférent face à ce type d’images est normal. Les parents peuvent mettre des mots là où l’adolescent n’en trouve pas, en partageant leurs propres émotions : « Moi aussi, je trouve ça très violent », « Je comprends que ça puisse donner envie de regarder, mais c’est aussi inquiétant ».

Enfin, donner des repères clairs permet de fixer un cadre rassurant. Expliquer que ces vidéos exploitent un événement réel mais le déforment en le transformant en spectacle. Encourager son enfant à s’en protéger en quittant le live, en en parlant, ou en signalant le contenu est un moyen de lui redonner du pouvoir face à ces images.

Plutôt que de diaboliser Internet, il s’agit de montrer à son ado qu’il n’est pas seul face à ce qu’il voit. Derrière chaque buzz, il y a des vies réelles – et c’est cette vérité que les parents peuvent l’aider à retrouver.


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