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Sexo

Lettre exaspérée à mon périnée

16 avr 2019

Cette lectrice de Rockie âgée de 25 ans a décidé d’écrire une lettre à son périnée avec qui elle entretient une relation tumultueuse, et tu vas voir, elle a plein de choses à lui dire.

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“A vingt ans, on est invincible, à vingt ans, rien n’est impossible” disait Lorie. Sauf pour moi et mon vagin visiblement. Tout a donc commencé à vingt ans, avec mon premier copain et une première tentative ratée de pénétration. J’étais stressée, avec beaucoup d’appréhension et de peur, donc je ne m’étais pas inquiétée outre mesure de cet échec.

Des années plus tard, des copains plus tard, et voilà que ça recommence, cette impression qu’un mur et toute une garde se tiennent entre mes jambes et empêchent le sauvageon d’entrer. J’ai même pas mal, j’ai juste : rien. C’est là que tu as commencé à sérieusement m’enquiquiner.

Un long parcours du combattant

Je commence donc un long parcours du combattant, enchaînant les consultations chez des gynécologues et des sexologues, qui ont été plus ou moins compréhensifs. “Examen impossible”, “Masturbe-toi ça ira mieux”, “Vas faire du sport avec ton partenaire” (j’ai jamais compris celui-là), “Détends-toi”. Tu m’en as fait dépenser, de l’argent.

En parallèle, je lis beaucoup de témoignages qui m’apprennent le mot “vaginisme”. J’applique quelques conseils. J’essaye de mettre des tampons et même ça, t’en veux pas. Puis je rencontre un garçon, LE garçon. J’ai envie de lui (et lui de moi). Et là, non seulement ça marche pas mais en plus, cette fois, tu me fais mal. Je m’agaçe : non, ce n’est pas le stress. Non, ce n’est pas un manque d’envie. Non, je n’ai pas peur, j’ai juste la douleur et l’impossibilité. Tu es un mur.

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Heureusement, le garçon est compréhensif et a envie de m’aider. Il m’aide, je respire, j’applique des conseils. Je suis adulte bon sang, je devrais y arriver c’est pas compliqué ! Et là, ça marche. Ça y est, le mur a laissé place à une porte. Aujourd’hui, ça fait maintenant plusieurs mois que ta porte existe. Je suis ravie. Tu es coopératif dis-moi ! Tu as enfin accepté le sauvageon. Mais je ne t’ai pas dit ? Ta porte, elle grince. Traduction : j’ai mal. Tu me fais mal. Encore, et à chaque fois. Ça m’exaspère mais je continue, je ne lâche pas. Jusqu’à ce que ça me fasse trop mal. Et alors, on arrête, frustrés.

Il me faut de l’aide

Là, c’en est trop : il me faut de l’aide. Je retourne sur ces sites qui m’ont fait découvrir le vaginisme et je découvre la dyspareunie. C’est donc de ça que tu souffres ? Je décide d’aller voir un autre gynécologue que celui qui m’a répondu : “Ah ! Mais pas d’inquiétude, c’est normal. Puis après l’accouchement, vous ne sentirez plus rien.” Ah, merci. J’ai mal et c’est normal… Depuis je n’ai qu’une seule chose en tête : découvrir pourquoi j’ai mal. Ce n’est PAS normal.

Je consulte donc une autre gynécologue, sensibilisée à ces problèmes, qui me renvoie vers une sage-femme (et une sexologue). S’ensuit alors le meilleur rendez-vous médical de ma vie. 50 minutes de pur bonheur, où elle me comprend, me pose les bonnes questions, m’écoute. Elle, elle sait te parler : elle te comprend, elle t’écoute, et même elle t’étire !

Elle me dit enfin les mots : “Ce n’est pas que psychologique”. Le mur existe bel et bien, non pas dans ma tête, mais dans mon corps. Toi, mon périnée, tu es juste très tendu. Et c’est normal : j’ai un problème de dos qui fait que tout mon corps est tendu. Je n’aurais jamais pensé que mes semelles orthopédiques, mon asymétrie des épaules et mon périnée seraient liés ! Mon corps (ce filou !) a toujours été tendu et toi, tu fais partie de mon corps. C.Q.F.D.

Je suis vraiment désolée de ne jamais t’avoir écouté. D’avoir tardé à comprendre ce que tu avais. D’avoir été frustrée que tu ne sois pas coopératif, alors que tu étais en souffrance. Alors aujourd’hui, je m’écoute, je m’étire, je respire, je continue d’aimer le garçon et je commence à t’aimer, toi. Surtout, je continue le parcours que j’ai engagé et qui n’est pas terminé. Je vais prendre soin de toi parce que notre chemin ensemble continue.

Pour aller plus loin :

Comme l’explique cette Rockie, ce n’est pas normal d’avoir régulièrement mal pendant les rapports sexuels, et en particulier pendant la pénétration. Si tu es dans ce cas, n’hésite pas à aller consulter. Et si tu cherches un·e soignant·e féministe, tu peux t’appuyer sur la liste Gyn&Co pour le ou la trouver.

Tu te sens concerné·e par ce témoignage ? Viens partager ton expérience dans les commentaires.

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