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5 films aux enjeux sociaux qui te feront réfléchir

Étudier le monde qui nous entoure, penser ses grandes problématiques, mettre l’humain au centre de toute chose : c’est la volonté de certains réalisateurs, qui en quelques coups de caméra font avancer les choses.

En partenariat avec Jour2fête (notre Manifeste)

Un film n’est jamais juste un film. Derrière une création, il y a toujours un souffle, une idée, une intention, voire de l’engagement.

Le cinéma n’est pas qu’un divertissement, il est un vecteur d’apprentissage et un moyen efficace d’engager une réflexion.

Certains films ont même pour vocation d’éveiller les consciences. En voici 5 qui devraient te faire cogiter sur le monde qui t’entoure…

Meltem, de Basile Doganis

Meltem, c’est l’histoire d’Elena (Daphne Patakia), une jeune Française d’origine grecque qui retourne pour des vacances dans la maison de sa mère décédée, sur l’île de Lesbos.

Elle n’a pas l’intention d’y aller seule et s’entoure de deux très bons potes, davantage habitués aux bancs de leur cité qu’aux paysages paradisiaques. 

Nassim (Rabah Naït Oufella) et Sekou (Lamine Cissokho) misent beaucoup sur ces vacances, et ne s’attendent pas à ce qu’Elena se comporte avec aigreur, notamment avec son beau-père, à qui elle déclare une guerre quasi-silencieuse.

Tous les trois passent donc un séjour en demi-teinte, jusqu’à ce qu’ils fassent la rencontre d’Elyas, un réfugié syrien qui vient d’arriver à Lesbos…

Une amitié naît entre eux, qui ébranle leurs certitudes et leurs considérations habituelles.

Meltem, c’est un film dont on se souvient de manière limpide, même plusieurs semaines après l’avoir vu.

Impossible pour moi d’oublier les premiers éveils d’Elena, Nassim et Sekou à l’altruisme, à la violence des inégalités, à l’injustice.

Je suis persuadée que leur récit te marquera toi aussi. Pour le découvrir, fonce au cinéma dès le 13 mars !

Moi, Daniel Blake, de Ken Loach

Si tu n’as jamais vu les films de Ken Loach, tu as au moins entendu parler de lui.

Ce réalisateur d’aujourd’hui 82 ans axe son travail sur la misère sociale au Royaume-Uni.

Moi, Daniel Blake est pour moi l’un de ses meilleurs films. Il a d’ailleurs été couronné en 2016 de la Palme d’Or.

C’est l’histoire de Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, qui souffre de problèmes cardiaques. Il est obligé de faire appel aux aides sociales de son pays mais se retrouve confronté à des aberrations administratives…

Tout comme Katie, une mère célibataire qui a dû accepter un logement à 400km de son lieu de travail pour ne pas être placée en foyer d’accueil.

Pris dans la tourmente d’une administration mal pensée, Daniel et Katie vont devoir se serrer les coudes.

Je te conseille vivement de regarder Moi, Daniel Blake, qui en plus d’être profondément humaniste s’avère hyper didactique.

Personnellement, je ne connaissais rien au fonctionnement des aides sociales au Royaume-Uni, et j’en sais désormais beaucoup plus. Malheureusement…

La Belle et la meute, de Kaouther Ben Hania

Réalisé par la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, et adapté du livre éponyme (de Meriem Ben Mohamed paru aux éditions Lafon), La Belle et la meute fait le récit d’une nuit cauchemardesque.

Celle vécue par Mariam, qui craque pour Youssef lors d’une soirée étudiante.

Soirée de laquelle elle s’échappe quelques instants, pour se promener avec Youssef quelques instants sur la plage.

Seulement, des policiers l’interpellent et l’obligent à monter dans leur voiture. À bord, les représentants de l’ordre la violent. 

À l’image, rien n’est visible. La réalisatrice utilise une ellipse pour suggérer plutôt que de montrer.

Une fois sortie de la voiture, Mariam va vivre une longue nuit durant laquelle il lui faudra se battre pour faire valoir ses droits et conserver sa dignité.

La Belle et La meute met les codes de l’horreur au service de la conscience humaniste et rompt le silence sur les violences sexuelles en Tunisie. 

120 battements par minute, de Robin Campillo

120 battements par minute a été présenté au festival de Cannes en 2017 et en est reparti avec le Grand Prix.

Rien de plus normal à cela, car ce film met des gifles à tour de bras.

120 battements par minute suit le combat quotidien d’un jeune activiste d’Act Up, une association de lutte contre le sida, dans les années 90.

Robin Campillo, le réalisateur, fait un focus sur les actions de jeunes gens bien décidés à faire changer les choses, qu’ils soient séropositifs ou non.

Dans 120 battements par minute, on retrouve deux acteurs formidables qui émerveillent le cinéma français par leur talent : Nahuel Pérez Biscayart (Je suis à toi) et Arnaud Valois (La fille du RER).

Si tu ne l’as pas déjà vu, je t’encourage à le faire plutôt deux fois qu’une.

C’est un grand film qui a marqué son année, et marquera sûrement son époque.

Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand

C’est LE film qui a fait du bruit ce début d’année.

Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand a même remporté quelques trois César, dont Meilleur film et meilleure actrice pour Léa Drucker.

L’actrice est montée sur scène récupérer sa récompense et en a profité pour livrer un discours intense, lors duquel elle a dédié quelques pensées à :

« Celles qui sont parties, celles qui veulent partir, celles qui ne partiront pas, celles qui auraient dû partir. »

Car Jusqu’à la garde s’attaque au sujet épineux et trop souvent tu des violences conjugales

Léa Drucker joue Miriam, une femme qui accuse son mari de violences et demande la garde exclusive de son fils. La juge qui s’occupe de son affaire accorde pourtant la garde partagée à son mari.

Julien, l’enfant du couple, se retrouve pris en otage entre ses deux parents et fait de son mieux pour que la situation ne s’aggrave pas davantage.

Jusqu’à la garde, c’est un film qui m’a heurtée, m’a secouée très fort. C’est une œuvre grave et nécessaire, dont il est important de parler, et qu’il faut montrer au plus grand nombre.

Tout comme Meltem, de Basile Doganis, à découvrir dès le 13 mars au cinéma.

Et toi, douce lectrice, quels sont tes films sociaux préférés ? N’hésite pas à partager ta liste personnelle en commentaires !

À lire aussi : Comme si de rien n’était, l’histoire d’une femme violée en plein déni

Les Commentaires

1
Avatar de grenouilleau
11 mars 2019 à 13h03
grenouilleau
Mais tellement Ken Loach. Tous ces films sont tellement bien. I, Daniel Blake est un film difficile, parce qu'il n'épargne pas vraiment la sensibilité des spectateurs (rien de gore, mais une description sans filtre de la situation au Royaume Uni).

En plus léger, moins "brut", voire parfois comique, il a réalisé The Angels’ Share (mon préféré, avec du whisky dedans), ou encore Just a Kiss : de la "comédie" romantique à la Roméo et Juliette, histoire d'amour entre un écossais d'origine pakistanaise et une écossaise catholique, rare chez Ken Loach : il montre bien qu'avant d'être une histoire de préjugés, les freins que rencontrent le couple sont surtout une histoire de personnes chiantes et abusives qui ont du pouvoir.

Sinon j'aurais cité les films de Costa-Gavras :
- Z (le classique), sur la répression étatique des mouvements de gauche
- Missing, sur ce qu'est une dictature (ici Pinochet au Chili)
- Le Couperet, un mec décide d'aller buter tous ses potentiels concurrents à l'embauche. Thriller et humour noir.

J'avais bien aimé aussi Ma part du gâteau, de Cédric Klapich, avec Karin Viard et Gilles Lelouche (étonnée de voir un tel film émanant d'un cinéaste comme lui, ça nuance les orientations qu'il faisait prévaloir dans d'autres films). Ça se passe dans le Nord, et ça change de Bienvenue chez les Ch'tis.
Toujours dans le Nord, sur la situation des migrants de Calais qui cherchent à atteindre l'Angleterre malgré les risques : Welcome. Date de 2009, malheureusement toujours d'actualité.

Et puisque les documentaires sont aussi des films, j'ajoute encore, pour celleux que ça intéresse :
- le très drôle Merci patron de Ruffin ;
- DSK, Hollande etc., de Pierre Carles, où les journalistes mettent en lumière le fait que les journaux font "monter" un candidat au détriment des autres, durant les campagnes électorales. Une bonne partie des entretiens sont réalisés par des journalistes femmes.

Edit : orthographe
6
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