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Et si à force de trop fantasmer ma vie, je ratais l’occasion d’en profiter ?

12 juil 2017 11
Avoir de l’imagination et être optimiste, c’est bien. Mais est-ce que, des fois, ça nous éloignerait pas un peu trop de la réalité pour mener sa vie à bien ? Sophie a son idée sur la question.

J’ai vachement d’imagination. C’est plutôt une bonne chose, j’avoue.

Ça m’arrange pas mal dans la vie, notamment dans mon job (puisque j’ai besoin d’en avoir) ou dans mes divertissements (je veux dire, je m’ennuie JAMAIS quand je suis seule avec moi-même), mais y a des moments où c’est chiant.

C’est une qualité un peu trop encensée à mon goût, parce qu’elle a vraiment un pendant un peu pervers : celui de préférer ce qu’on imagine plutôt que ce que l’on vit.

Que ce soit quand on croit un peu trop fort à une opportunité professionnelle ou lorsqu’on s’emballe beaucoup trop vite de manière générale.

À lire aussi : 4 situations où l’imagination n’a pas que du bon

Fantasmer les situations par anticipation

Il y a quelque temps, j’ai réalisé que j’étais incapable de me préparer à une situation sans la décortiquer, sans la fantasmer et l’idéaliser.

Et je suis donc hyper déçue quand les choses se déroulent différemment de ce que j’avais prévu, et j’en oublie parfois de profiter du moment présent.

J’ai réalisé que j’étais incapable de me préparer à une situation sans la fantasmer.

En cas de rendez-vous pro ou autre, je peux pas m’empêcher d’imaginer une version idyllique de la situation, en chemin pour me rendre sur le lieu.

Une version complètement romanesque où j’excelle. C’est complètement contradictoire avec mon manque de confiance en moi, mais je me dis que c’est peut-être justement lié : c’est probablement un refuge.

À lire aussi : Comment avoir confiance en soi quand on est une femme ?

Je me souviens, quand il fallait que je passe des examens ou des concours, je réfléchissais tellement à la joie que je ressentirais en les réussissant que… bah je les bossais pas, quoi.

Et quand j’essaie d’écrire un roman, une série ou un film, je passe plus de temps à m’imaginer recevoir des retours de tous les gens que j’admire une fois que le projet sera sorti, qu’à travailler dessus.

Et c’est là que ça pose problème : laisser mon imagination craquer son slip, ok, pourquoi pas. Mais ça ne doit en rien empiéter sur la vraie vie.

À lire aussi : Comment écrire un roman ? Conseils d’écriture

Ça a toujours été comme ça, et même à des degrés bien plus tsouintsouin.

Quand j’étais petite et que j’allais en balade pour la journée à Paris, je me faisais des films. J’imaginais que j’allais tomber par hasard sur un agent, qui allait faire décoller ma carrière de comédienne et que je ferais la une de tous les magazines qui titreraient sur cette enfant si jeune et pourtant si juste et bouleversante.

De « je vais faire une balade à Paris » à « peaufiner son discours de remerciements pour son quatrième Oscar », y a quand même tout un monde, voire douze, que je traversais allégrement en quelques petites minutes, hop la.

Et puis je prendrais même pas le melon.

L’imagination ne doit en rien empiéter sur la vraie vie.

Maintenant que j’en suis consciente, ça va mieux et je me dis qu’au final, c’est comme si je vivais la même situation deux fois, de façon différente.

La première, c’est la réalité, qu’elle soit plus ou moins bien que ce que j’ai imaginé. L’autre, c’est une source d’inspiration qui pourra, ou non, me donner une idée pour un court-métrage, une nouvelle, un chapitre de bouquin ou que sais-je, un de ces jours.

Quand l’imagination prend trop de place

Je suis tellement optimiste qu’il y a quelques heures, le cœur bondissant, je m’imaginais déjà en train d’écrire la leçon de la semaine qui dirait qu’il ne faut jamais renoncer, que lorsqu’on sent qu’il y a un truc, faut toujours y croire et être patiente.

Quelques heures après, une large déconvenue me mettait un bon petit pain dans la gueule et j’étais obligée de changer en vitesse mon fusil d’épaule.

À lire aussi : Comment réaliser ses rêves ? #YouGoGirl

Oui, il faut y croire, mais disons qu’il y a un moment où il faut savoir renoncer. J’ai longtemps cherché à comprendre quand.

Quand est-ce qu’on doit laisser tomber et cesser de croire en cet objectif, ou ce rêve fou qui nous habite et qui revient chaque fois qu’on laisse l’imagination nous porter.

Et est-ce qu’il faut le faire au final ? J’en suis arrivée à la conclusion que, peut-être, la réponse se fait au cas par cas.

Mais, globalement, je distingue deux courants. Je m’explique : quand cet objectif implique quelqu’un d’autre, et que l’autre n’est pas d’accord, bon bah ça sert à rien de s’acharner.

Que ce soit pour bosser avec quelqu’un qui ne veut pas bosser avec toi, ou sortir avec quelqu’un qui ne veut pas sortir avec toi : next. Pas de temps à perdre.

C’est plus facile à dire qu’à faire, j’en ai bien conscience. Je t’imagine en train de m’insulter derrière ton écran pour être aussi péremptoire sur un truc intime. Eh bien, sache que moi-même, derrière mon écran, je me boude super fort.

À lire aussi : Optimisme et pessimisme : comment percevons-nous ce qui nous arrive ?

Fantasmer sa vie ne suffit pas, il faut aussi la vivre

Si on a un vrai gros rêve et que l’imaginer ne fait pas avancer le truc plus vite, ça ne veut pas dire qu’il faut renoncer.

Faut pas se dire, selon moi, qu’y croire suffira. Faut pas laisser sa place au hasard.

Je prends un exemple concret : je rêve de vivre en étant comédienne. De gagner ma vie comme ça. De jouer, tout le temps, le plus possible. Mais c’est long, notamment parce que c’est difficile de se faire une place dans un tel milieu.

Je pourrais attendre et rester frustrée dans mon coin (en déprimant), mais je préfère pas : j’écris des fictions, en me disant que quand j’aurais un bon dossier comme il faut, je pourrais chercher des financements et les réaliser, tout en me prenant un rôle au passage, pour YouTube.

Un pas devant l’autre, étape par étape.

Et ça marche, au final, pour tous les objectifs professionnels. On se fait une petite to do list et sans pression, on coche les cases : contacter un mec qui pèse, monter un dossier, appeler telle institution pour avoir des renseignements…

 

J’avoue, c’est moins glamour que les réussites professionnelles que je fantasme quand je laisse l’imagination me sauter dessus, mais une chose est sûre : le jeu en vaudra largement la chandelle.

Allez, sur ce, je te laisse, je vais aller chez le coiffeur me faire couper la frange.

Si ça se trouve, ça va tellement bien m’aller que je vais taper dans l’œil de producteurs qui cherchent justement une actrice pour un biopic sur France Gall.

Et je reprendrais La Déclaration sur scène aux César 2019 et toute l’assemblée pleurera d’émotions. Et puis Martin Scorsese il v-stop.

À lire aussi : « Clear », l’appli pour s’organiser qui m’a sauvée du chaos

Les Commentaires
11

Avatar de Soomaya
1 octobre 2017 à 00h24
Soomaya
Je me suis beaucoup retrouvée dans cet article, à la différence que pour moi le fantasme ne m’empêche pas d'avancer, mais me fera tomber de très haut si ça échoue...
Là où pour moi ça devient problématique, c'est dans les relations amoureuses.J'ai savouré mes premières années de passions, je m'imaginais aimer comme ça toute la vie ( avec le mariage, les enfants et tout ), et quand la passion c'est éteinte pour faire place à un amour plus sain.. j'ai déprimé. C'était donc ça la vie ? On aimait quelqu'un, et même si tout était bien, si tous les remèdes du couple idéal était là, la passion partait. Aujourd'hui je revis parfois cette passion, mais dans ma tête avec quelqu'un d'autre ( je suis toujours en couple, et tout se passe parfaitement bien ).
Je tombe amoureuse de quelqu'un, de préférence un amour bien impossible ( un homme marié, un patient, un ami avec qui je sais pertinemment que rien n'est possible ), je pense sans cesse à lui, je m'habille et me coiffe en pensant à ce qu'il aime, je le cherche des yeux ect.. et un jour tout s'arrête ( vu que je ne passe jamais à l'acte ), le garçon part ou se met en couple, et je repasse par une phase de deuil d'une relation qui n'a existé que dans ma tête. Et le pire étant que la souffrance est bien réelle, elle.
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